LES MÉTAMORPHOSES
Air : Sur les travers de ce bas monde.
Iris, pouvez-vous bien le croire, — .
Ah I que n'est-ce une vérité I — Ce que tous deux, dans l'ombre noire, Tour à tour nous avons été ?
Morphée, en fermant ma paupière, De moi fit l'acier le plus doux ; D'aimant vous étiez une pierre Et vous m'entraîniez après vous.
Ce dieu, par un bon stratagème, De cet aimant fit un écho ; J'étais couplet, je disais : j'aime.
Et vous me répétiez ce mot.
Par un caprice plus insigne, Je devenais petit poisson ; A mes yeux vous parûtes ligne Et je mordiis à l'hameçon.
Le bon Morphée, à ma prière,
M'ayant fait voyager par eau,
Vous devîntes une rivière
Et je vous fis porter bateau.
Le froid prit, vous voilà de glace :
Pour tirer parti de ce tour,
— Hl —
Sur deux semelles je me place Et je patinai tout le jour.
Pour dernière métamorphose.
Je devins nectar des plus doux :
J'étais dans un vase de rose, Iris, et je coulais pour vous.
Sur vous une goutte s'attache ; Vous étiez alors tout satin...
A mon réveil, j'ai vu la tache, Mais j'ai cherché l'étolFe en vain.