‹ Choix de chansons galantes d'autrefois; avec une introd. et des notes. Ouvrage orné de deux planches gravéesChapitre 54 sur 97 · LES MÉTAMORPHOSES · texte numérisé non relu

LES MÉTAMORPHOSES

Air : Sur les travers de ce bas monde.

Iris, pouvez-vous bien le croire, — .

Ah I que n'est-ce une vérité I — Ce que tous deux, dans l'ombre noire, Tour à tour nous avons été ?

Morphée, en fermant ma paupière, De moi fit l'acier le plus doux ; D'aimant vous étiez une pierre Et vous m'entraîniez après vous.

Ce dieu, par un bon stratagème, De cet aimant fit un écho ; J'étais couplet, je disais : j'aime.

Et vous me répétiez ce mot.

Par un caprice plus insigne, Je devenais petit poisson ; A mes yeux vous parûtes ligne Et je mordiis à l'hameçon.

Le bon Morphée, à ma prière,

M'ayant fait voyager par eau,

Vous devîntes une rivière

Et je vous fis porter bateau.

Le froid prit, vous voilà de glace :

Pour tirer parti de ce tour,

— Hl —

Sur deux semelles je me place Et je patinai tout le jour.

Pour dernière métamorphose.

Je devins nectar des plus doux :

J'étais dans un vase de rose, Iris, et je coulais pour vous.

Sur vous une goutte s'attache ; Vous étiez alors tout satin...

A mon réveil, j'ai vu la tache, Mais j'ai cherché l'étolFe en vain.

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