‹ Choix de chansons galantes d'autrefois; avec une introd. et des notes. Ouvrage orné de deux planches gravéesChapitre 56 sur 97 · ALLELUIA · texte numérisé non relu

ALLELUIA

Grand roi, que vous avez d'esprit D'avoir renvoyé la Mailly I Quelle haridelle aviez-vous là.

Alléluia I

Vous serez cent fois mieux monté Sur la Tournelle que prenez ; Tout le monde vous le dira.

Alléluia 1

Si la canaille ose crier De voir trois sœurs se relayer, Au grand Tencin (1) envoyez-la.

Alléluia !

d'Orléans, le futur Philippe-Egalité, à la fortune duquel il s'attacha. C'est lui qui rédigea avec Brissot la fameuse pétition qui provoqua le massacre du Champ-de-Mars (17 juillet 1791). Nommé peu après colonel d'artillerie, il fut adjoint au maréchal Luckner. qui commandait alors sur le Rhin, et enfin promu maréchal de camp (1792). Disgracié, emprisonné à deux reprises et relâché après le 9 thermidor, il rentra en grâce sous le Directoire, fut nommé secrétaire général de l'administration des hypothèques, puis général de brigade commandant l'artillerie de l'armée du Rhin. Quand il mourut, il était inspecteur général à l'armée du Sud-Italie. — C'est en 1782 qu'il a fait paraître les Liaisons dangereuses.

(1) Le cardinal Pierre Guérin de Tencin, archevêque de Lyon, membre du conseil du roi, frère de la célèbre intrigante Olaudine-Alexandrine Guérin de Tencin, la mère de d'Alembert.

— iU —

Le Saint Père lui a fait don D'indulgences à discrétion Pour effacer ce péché-là.

Alléluia !

Dites tous les jours à Choisi, A Vintimille (1) un libéra.

Avant que de vous mettre au lit.

Alléluia 1

Recueil Maurepas (2).

(1) Louis XV eut successivement pour maîtresses les trois sœurs de Nesle : Mme de Mailly, Mme de Vintimille et Mme de la Tournelle. — Cf. Gaston Duchesne, Mademoiselle de Charolais, procureuse du Roi. (H. Daragon, édit.)

(2) Il faut répéter ici ce qui a été dit plus haut (voir p. 60) à propos du Chansonnier Clairamhault. Dans un recueil de chansons galantes d'autrefois, il était bien difficile de ne pas faire une petite place aux chansons épigrammatiques qui ont été si en vogue sous la Régence et pendant le règne de Louis XV et dont la plupart furent recueillies, à l'instigation du ministre Jean-Frédéric Phelippeaux, comte de Maurepas (1701-1781), dans le célèbre recueil en 44 volumes qui est en quelque sorte le complément du Chansonnier Clairambault (Bibl. Nat., man. Franc., n°» 12616 à 12660). Ces chansons sont en général des couplets de circonstance offrant un grand intérêt anecdotique. Celles qui datent du milieu du dix-huitième siècle sont plus particulièrement dirigées contre les maîtresses de Louis XV. Pour donner une idée de cette littérature très spéciale, nous reproduisons ici la chanson qui circula à la cour, pendant l'hiver de 1742, quand le roi « congédia Mme de Mailly pour prendre sa sœur, Mme de la Tournelle ». (D'An- GENSON, IV, 39 et sq.).

LE SOMMEIL DE VÉNUS (i) Air : 0 fîlii, o filiie.

Mars trouvant Vénus à Paphos Mollement mise sur le dos :

Voyons, dit-il, tout ce qu'elle a.

Alléluia I

Il alla déranger soudlain Le voile qui couvrait son sein ; Plus blanc que neige il le trouva.

Alléluia 1

Sa main eut la témérité D'en palper la rotondité ; Le trouvant ferme, il s'écria :

Alléluia !

Enivré des plus doux plaisirs, Il forma de nouveaux désirs ; Ce qui s'augmente s'augmenta.

Alléluia I

(1) Les chansons en forme de cantique avec le cri à'Alleluia ! en guise de refrain ont été très en vogue au milieu du dix-huitième siècle. On en trouve en elfet un nombre assez considérable dans tous les recueils de chansons publiés à cette époque. Nous reproduisons ici la plus caractéristique de celles qui ont circulé sur cet air-là à la même date que la précédente.

A chaque pas il rencontra Attraits par ci, charmes par là Et de baisers les régala.

Alléluia I

Vénus, fermant toujours les yeux, S'arrangeait pourtant de son mieux Et le guerrier en profita.

Alléluia !

Grands dieux I disait Mars, qui voyait Qu'en dormant on le secondait, Voyons comment ça finira.

Alléluia !

On dit qu'amplement il fêta Son sein, sa bouche, et cœtera ; Trois heures le sommeil dura.

Alléluia I

Vénus, à la fin s'éveillant.

Dit au Dieu presqu'en rougissant :

Eh I monsieur, qui vous savait là ?

Alléluia !

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