‹ Choix de chansons galantes d'autrefois; avec une introd. et des notes. Ouvrage orné de deux planches gravéesChapitre 67 sur 97 · LE BAISER · texte numérisé non relu

LE BAISER

Sur le gazon, dans la prairie, Lucas, au déclin d'un beau jour, Demandait à sa douce amie Le salaire de son amour.

Elle se tait ; c'est faire entendre Que son ami peut tout oser :

Lucas aimait d'amour bien tendre ; Il se contenta d'un baiser.

0 volupté I bonheur suprême !

Combien leurs cœurs furent émus I Un baiser vaut mieux, quand on aime, Que tout, sitôt qu'on n'aime plus.

Couple charmant, dans ton délire, Garde-toi bien de tout oser ; Ce doux moment doit te suffire :

On est heureux par un baiser.

-Mais plein du feu qui le dévore, Lucas, heureux et non content, Se plaint, demande et veut encore...

Hélas I nous en ferions autant.

du fameux GeolTroy. Pour ne pas laisser influeiiciM- ses appréciations par des camarades, il se condamna j'i une véritable retraite et refusa un fauteuil à IWcadthnie.

De Cloris l'œil humide et tendre Lui dit qu'il peut encore oser :

Mais cette fois ce qu'il sut prendre Ne se nomme pas un baiser.

Depuis ce jour, j'entends la belle Dire partout avec douleur Que son Lucas est infidèle, Qu'il l'abandonne à son malheur.

Je plains l'ennui qui te dévore ; Mais, hélas I pourquoi tant oser 1 Ton Lucas t'aimerait encore S'il n'avait reçu qu'un baiser.

Et vous, si, près d'une maîtresse, Vous sentez croître le désir.

Ah I prolongez sa douce ivresse ; Sachez qu'attendre c'est jouir.

Malgré le feu qui vous dévore, Gardez-vous bien de trop oser :

Vous aimerez demain encore Si vous n'obtenez qu'un baiser.

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