L'INSTRUMENT
Air : 0 gué lan la (1).
Une jeune nonnette
En s'éveillant.
Du haut de sa chambrette Vit, dans un champ, Un garçon qui jouait gaîment D'un bel instrument Long comme cela...
0 gué lan la '
Lanlaire, 0 gué lan la.
Se mit à la fenêtre,
Le regardant,
Puis d*un air très honnête
Va demandant :
« Beau garçon, dites franchement
Quel est l'instrument
Dont vous jouez-là ?
0 gué lan la, etc.
(1) Vers le milieu du dix-huitième siècle, ce refrain eut une vogue extraordinaire dont on rencontre le témoignage dans tous les recueils de chansons publiés à cette époque. Voici, entre autres, une de celles qui parut, sans nom d'auteur, en 1762.
Vous jouez d'un air tendre
Qui me plaît tant I Je voudrais bien l'apprendre Tout promptement ; Ce serait grand contentement Pour tout le couvent De savoir cela. »
0 gué lan la, etc.
Regardant la pucelle Fort tendrement Et, la voyant si belle, Dit en riant :
« Descendez, car mon instrument, Quoi qu'il soit bien grand.
N'atteindra pas là. »
0 gué lan la, etc.
Ne se fit point attendre.
Vint promptement.
D'abord il lui fit prendre Son instrument.
Et joua si parfaitement, Si gaillardement, Dès ce moment-là...
0 gué lan la, etc.
Cette leçon finie
Trop brusquement,
Notre nonne jolie Dit doucement :
a J'en aurais joué plus longtemps. »
Puis elle fit tant Qu'il recommença.
0 gué lan la, etc.
Voyant quelqu'un paraître,
La pauvre enfant Remercia son maître En lui disant :
« N'oubliez donc pas le couvent.
Revenez souvent :
On étudiera. »
0 gué lan la, etc.
LA FIANCEE
— Ma fiancée, ô ma gentille Annette 1 Bientôt l'hymen comblera tous nos vœux.
Huit jours encore I... à chaque instant j' répète : Qu'il tarde à v'nir le moment d'être heureux I
— Tout ainsi qu' vous, ami Charle, j' désire L'instant qui doit à jamais nous unir.
Le jour, la nuit, chaqu' fois que je respire, Comm' vous j' répète : Ah I qu'ça tarde à venir I
— Oui, nous ferons le plus joli ménage : Tout nous promet d'embellir notr' destin. En attendant, d'amour il m' faut un gage : Laiss'-moi cueillir que'qu' fleurs de ton jardin.
— Bien volontiers ! Choisissez les plus belles, Cell's dlont 1' parfum vous semblera 1' plus doux.
— Je n' veux cueillir que deux roses nouvelles.
— Oh I si c' n'est qu'ça, Charle, contentez-vous.
Eh quoi 1 votr' main soulève ma col'rette !
— C'est pour cueillir les boutons de ton sein.
— Ciarle, écoutez : je n' suis prud' ni coquclle ; Mais je n* saurais permettre un tel larcin.
— A mon bonheur ainsi donc tu t'opposes ? Moi qui faim* tant ! Annette, c* n'est pas bien.
— Si j' vous laissais cueillir ainsi mes roses, L'jour d* not' mariage, il ne m' rest'rait plus rien.
Filles, suivez l'exemple utile et sage Qu* la fiancée ici vient vous offrir.
Si vous voulez du bonheur en ménage A vos amants, n' laissez pas tout cueillir.