‹ Choix de chansons galantes d'autrefois; avec une introd. et des notes. Ouvrage orné de deux planches gravéesChapitre 90 sur 97 · CHANSON DES MÈRES · texte numérisé non relu

CHANSON DES MÈRES

Ah ! que les mères d'à présent Ont du tourment avec leurs filles I Elles ont toutes un amant, Surtout lorsqu'elles sont gentilles.

Pour un amoureux Jeune et vigoureux, Elles briseraient fers et grilles.

Coline, un soir, à son amant Qu'elle adorait à la folie, Donnait un rendez-vous charmant Pour satisfaire son envie :

« Colin, mon espoir, Je t'attends ce soir ; Mais ne manque pas, je t'en prie.

Tiens, voilà le passe-partout :

Je demeure au sixième étage ; Et ne va pas manquer, surtout.

De n'faire le moindre tapage.

De mon cabinet

Tu sais le secret ; Je ne t'en dis pas davantage. )>

La mère avait un fort soupçon,

Car «lie avait été gentille.

Elle se doutait qu'un garçon

Etait couché z'avec sa fille.

Eir mont' doucement, Frappe : pan, pan, pan !

Colin dans les draps s'entortille.

« Maman, ne le découvrez pas ; Il fait plus froid que de coutume, Laissez-le couché z'avec moi, Il pourrait attraper un rhume.

Si vous l'découvrez,

Maman, vous aurez Le cœur aussi dur qu'une enclume. »

Ah ! que les mères d''à présent Ont du tourment avec leurs filles I Elles ont toutes un amant, Surtout quand elles sont gentilles.

Pour un amoureux

Jeune et vigoureux Elles briseraient fers et grilles (1).

(1) Le dix-neuvième siècle a doiiiK'* au folklore le plus grand développement : de tous côtés on a publié des recueils de contes ou de chansons locaux, d'un intérêt considérable. Et de tous côtés aussi, on a fait à ces publications nombreuses des emprunts caractéristiques. A l'époque où le chansonnier Aristide Bruant dirigeait en personne son cabaret du boulevard Rochechouart, il a publié, dans son journal le Mirliton (1887), toute une série de <• vieilles

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