ALLONGEZ-VOUS
Air : Ça va bon train.
Hier, rentrant à la sourdine, J'entendis près de ma cloison S'écrier ma jeune voisine A son mari déjà grison :
— Monsieur Pinard, notre couchette Est presque sens dessus dessous ; Droit comme un I que l'on se mette :
Allongez-vous I (ter)
— Allongez-vous I... ma chère amie, Le mot me plaît, répondit-il ; Mais tu sais que j'ai la manie
De me mettre en chien de fusil.
- Votre raison est dérisoire.
N'avez-vous pas, frileux époux.
Près de vous une bassinoire ?
Allongez-vous l
tère de l'Intérieur, que ila Révolution de 1848 lui enleva et que Napoléon III lui restitua en 1852, l'année où il fut élu à l'Académie. Malgré les révélations les plus diverses et les plus sensationnelles, on ne connaît pas d'une manière précise les raisons de sa scandaleuse rupture avec George Sand, au cours du voyage en Italie qu'il fit, en 1833, ave.: l'auteur de la Petite Fadette, et dont les suites ont eu une si grande influence sur son esprit, môme sur sa vie. On l'a. pendant quelque temps, appelé le poète de la jeunesse.
— Ah ! quelle exigence indiscrète î Ton cœur serait-il comme un roc ?
Demain, je te promets, poulette, Petit bonjour au chant diu coq.
— Monsieur Pinard, cela m'excède.
Vous allez me mettre en courroux :
Dans le lit on doit être raide,
Allongez-vous !
Maître Pinard, que ceci touche, Devient ferme et prend le dessus ; De son épouse il clôt la bouche Afin qu'elle ne gronde plus.
Mais notre femelle moins prude, Bien qu'ayant alors le dessous, Disait encor par habitude :
Allongez-vous (1) !
(1) Dans les recueils où flsçurp cette chanson, q\i\ date du début du dix-neuvième siècle, elle est, la plupart du temps, signée : <• Un menibie de l'Académie dt*s Dames. •