PIERRE DE LA PLACE
Né VERS 1520 k ANGOULÉME. — ÉGORGÉ A U SAlNT-BARTltf LEMT, 1579.
Pierre de la Place, naquit vers 1520> à Aogouléme. Sa famille le destinait au barreau. Après avoir termine ses cours de droit à Poitiers , où il avait eu plusieurs conférences avec Calvin, il vint compléter son éducation à Paris. Dès l'âge de 22 ans, il sMtait fait connaître par une paraphrase de quelques titres des Institutes de Justinien {de aciionibus, exc^tionibus et interdictis)^ qui n'avait d'abord été communiqué qu'à quelques amis^ mais qui fut jugée digne de paraître ensuite sous les yeux du public. Nommé avocat à la cour des aides, il s'y concilia l'estime universelle et fut bientôt créé par Henri II , président de la même cour* Jus<ju'alors la Place avait étudié sérieusement les points contesta entre Rome et Calvin , mais ne s'était pas encore définitivement résolu à embrasser le calvinisme. Il est possible que les persécutions dont les réformés étaient victimes aient agi sur ce cœur noble et ferme et l'aient décidé plus promptement à passer sous la bannière des opprimés. Dès 1560, il commença à professer ouvertement les principes de la réforme. Les troubles religieux survenus cette année l'obligèrent à fuir Paris avec sa famille et à se réfugier dans ses terres, où l'étude occupa tous ses instants. Après l'édit de pacification il fut momentanément réintégré dans ses fonctions. De nouveaux troubles amenèrent une nouvelle fuite; sa maison fut saccagée; sa bibliothèque livrée au pillage , ses biens séquestrés , sa charge conférée à un candidat indigne, Etienne de MuUy, qui n'avait d'autre recommandation que sa violence et sa bassesse. Lors de la seconde pacification on feignit de vouloir réparer les injustices commises envers lui, mais NuUy employa les moyens les plus odieux pour conserver sa charge, et il savait bien se recommander par là aux puissances dominantes. La Saint-Barthélémy arriva enfin, qui donna cours à des passions ardentes tour à tour déchaînées et comprimées, et la Place y succomba sous le fer des assassins.
XVI* txicLE, La PL et La PI.
On trouve dans l'Estat de la France sous Charles IX (t I, p. 300) , un récit de ce dernier atten-^ tat commis sur la personne du respectable président la Place:
« Nous commencerons , dit le vieux narrateur contemporain, par M. Pierre de la Place, président en la cour des aides, et réciterons un peu au long ce qui lui advint, d'autant que sa vertu le mérite.
« Le dimanche , sur les six heures du matin, un nommé le capitaine Michel qui étoit harquebusier du roi vint au logis d'icelui, où il eut entrée d'autant plus aisément qu'on avoit opinion que cejfùst un des gardes escossoises du roi, àcause que beau^ coup d'entr'eux, lui estoient fort affectionnés et s'estoient offerts plusieurs fois àluy. Estant ainsi entré ce capitaine Michel, armé d'une harquebuse sur son espaule et d'une pistoUe en sa ceinture, et portant, pour signal qu'il estoit des massacreurs , une serviette à l'entour du br^s gauche, les premièrespiuroles qu'il tint , fiirent : «que le sieur da Guise avoit tué, par le commandement du roy, l'amiral et plusieurs antres seigneurs haguenots^ et d'autant que le reste des huguenots, de quelque qualité qu'ils fussent, estment desti»^ à la mort, qu'il estoit venu au logis dudit sieur de la Place pour l'exempter de ceste calamité, mais qu'il voaloit qu'on lui montrast l'or et Fargent qui estoient dans le logis. » Lors ledit sieur de la Place fort estonné de l'outre-cnidance de cest homme, lequel seul dans un logis, et au milieu de dix ou douze personnes avoit tenu tel langi^, lui demanda où il pensoit estre, et s'il n'y avoit point de roy. A cela ce capitaine blasphémant respondit : qu'il lui injoignoit donc de venir avec lui parler au roy, et qu'il entendroit quelle estoit sa volonté. Ce qu'ayant entendu ledit sieur de la Place, et se doutant qu'il j eut quelque grande sédition par la ville, il s'es* coula par l'huis de derrière de son logis, en dâi* bération de se retirer en la maison de qndque toi* sin. Cqtendant^ la plupart de tous ses servîtenn