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do floMI levant , est une eanq[Higne et pals de ldM)ur«ge,desoouvefte,de bien huiot cens ou miHe pae d'esteodue, non encore tant plein que ne aiUe tonsjours en deaeendant qodque peu jimjoes à la viHe, çyanl aucun petit fond entre doux; mais je l'aigle piaine pour œ qu'elle B'eet «tobragée d'arbres ne boissofis , ou autres Ueux empesekans la descouverte. Du coslè de panent oà elle est Ja plus basse, ou est aussi le fisuxbourg, sont jardinages et saubayea mxr la rivière ^ et quelques prairies et marets. Devers midy , est une petite plaine pendant devers la viHe, et, un peu par delà, sont eollines et vallées. A costé de septentrion est une petite montagne sur ondes eoingsde la ciudelle, lacpxHe est de ceoostè là construite sûr lepluft haut de toutelartte,où eonloit eetre , ee dit-on, une ahbayeou église cathédrale. BUeaauconenent la forme de quadrature ; toutrfois l'un dos coings est i^eegé plus devers ceste petite montagne qu'es autros lieux, estant un eooMon en faemi d'esperon « servant de^défcAse aux deux fiancs, avec une pbte forme. Qoant à la situation et feBdement de œste citadelle, en la jugerott extérieurement estre subjede à la mineet sape, estant terre blandie comme la marne. Si lededans estoit perrière , je la dirois tendre et fort anée k estre tadiée , ainsi qu'on peult cognoistre de la pierre de taille dont sont ibtfs les édifiées, qui estphstost craie que pwrre. J'estimerois ceste dtadelle avoir esté édiâée plustoai pomr tenir oesl« viHe neutre en sQh)eefion,.que pour en feire vie forteresse nnprenable^ om*, estant conjointe à k vile comme eHe eA, seroit besoing de la fortiier pour se secourir l'un l'autre, à raison qu'estant oee«pée la ville, ^urroit grandement ladtadoUe estre intéressée ç bqueile aussi , estant forcée , eeroit eau» de tmrt perdre la vfHe. Mais rempereur, tant pour considérer ceste grande vttle foit dittdie à estre fertHlée, pour te moins qu'avec grands frais et un long temps, qw pour n'agfavor les kabitans soudainement de surcbarges , bastit en premier ceste petite ciiadeUe là dessus, pour avoir un pied là dedans, et obvier aux motinements et rAellions , à fin que , peu à pen, rfy fcist maistre du tout. Et croy fermement , si on les eust assiégés , qu'ils n'avoiétit e^)éranoe qu'en l'un de ces poinds , à sçavoir : au grnnd d'hommes quicstoient logés là de<hns, ' VSIe ahnndammmt munie <ie vi*
vres et toates chose» an surpltis de Panaée impériale , qai ae fortifioit ptèft «feux povr noas coupper les Tivres et donner totia empesche^ mees; finabiement, aux pinyea q^i eOiMaen-^ cent eémmunémevit en ceste saison en ce PayK^ Bm. T^nt y a qti*on lenf donna diveinses p^* compilons d'avoir le «ége ^ car , avec ce qn'eti leur tfonnoit diverses ailarraest et estolent dres^ sées esearmouclies joamellement devant , on fieit partir de nostre camp ane partie de TartUlefie de campagne , et feisoit-on conrlr le bmf t qu'on en amënoltdeptas grosse d'Amiens, €orbie, Sainct-Qneotin et Oatelet, estant dressé desjà on nombre de gabions, et tes traineaux fkitapour les portée Jnsquesanx lieax oè les approches sefoîent fitites , et les mareschaux de cainp allèfeni remarquer et compartlr Tassiette. Touteibls je doute que n'estoit f intention <te nostre conseil , comme oh a depuis, ven ; mais eslolont fiiites toutes ces ruses afin de les tenir en ceste verdeur et opinion que nous romproient et consumeroient lentement, dont s'estoient eslargis les Impériaux, et séparés. Nous, au contraire, sans nous séparer, n'aflbiblir, les voulions diercher et combattre. Parquoy, sans davantage j temporiser , estans tous les forts des environs rompus et ruinés , Jusques. aux églises , tours et clochers sapés et abbatus , et le feu mis par tous les viRages , granges et cassfnes, Toire jusques aux faulxt>ourgs et près des
GUERRES Î>E BELGIQUE, LIV. V
portes de la ville, en deslogeasmes tenans le Raux, parent d'icetuy évesque, noB-se«^<
chemin droict au Chasteau-Cambresis. Eb che* min lurent forcés dieux forts opiniàstrcs k petite occftsfoi% , dont ils ressentirent aigre punition. Le premier endura trente-six coups de canon, et ouverture y estre laite grande et large sans se vouloir rendre; devant lequel ftit tué le capitaine pierre Longue et doilite ou quinze soldats françois , que tués que Messes; toutefois que dedans ne fdt trouvé homme que ce fhst, ^estans retirés et sauvés par desëoubs terre, ou cachés dans quelques cavins et minières. Pourqtroy forent ëstoopés et bouchés tous les conduits qu'on y );)eut trouver. L'autre estolt moins fort que le premier , pôurtee que c'eSfdlt «Ml meschànt pofMier de terfè, en «ppemtf s eon^ tre 1* moitié d^one vieffle fm» ruînée, où y àwft ^lelque fossé à Fentoui^ à see. Pourtant avolenl tnolïidres railsons ou apparence de refoser dès ht p;^emièi« fois à se rendie, et fkire response à ta première et seconde semonœ i^u'Us ne se
rendroten^Jamais sans canon. Encore Tavoientils veu braçqué, et deijà y avoient esté tiré» deux coups' de moyeimes^ quand Us feirent signal de se rendre , mais o'estoit Vtop tard ; car les soldats françois^ non encore refroidis de leur première foreur , n'attendirent que te canon eust dtehargé une seule fois^ qu'ils se jettè^ t^enl là dedans comme enragés , et rnifoncèrent la porte. Après , la pitié fot grande de veolr le carnage qui y fut feit , et n'en fot un seul pria à merey.
Tout à Tentour de ceste petite ville du Cbas^' teau-Cambresis esloit campée la batalUe, sans que personne entrast dedans qu'une enseigne i laquelle y fot logée pour en repoulser lea ms^ tre mesmes, s'ils y eussent voulu faire aucun effort. Et péult-on aisément penser que les ha-^ bilans estoient en grand doute de ce que leiif estoit 11 advenir. Toutefois à la fin trouvèrent l'humanité de ce grand roy estre ^nt débon^ naire, qu'aux' humbles et débiles est propîeé et miséricordieux, aux rebelles et présomptueut est altère et plein de toute Hgueur. 8a Majesté estoit logée, et la pluspart des princes et grands seigneurs , en une maânMqùe et triomphante maison de plaisance pris de là» qui esloit à Vi^ vesque de Camb^ay; où davantage fot et^eué sa grande bénignité, pource qu'au lieu de se venger du bruslement de son ehasteaude^u^ lembray, fait à la poursnitte du seigneur du
ment défendit èetroitementn'y estre mislefe«iv mats, bien davantage, de n'en estre aucune chose transportée ne ravie. Un peu au dessus^ le long de la rivière, estoit M. le eonnestable avec l'avant-garde.
Or,toutces tourset menées que nôusftiisiiaiis n'estoient qtie pour eonsidérer la contenance des enhemid; car, estnns ad vertis qu'ils ne e'es^ mouvoient en sorte que ce fost pour nous suyvre sans alarmes, ne &ire seiublant de donner sur nostre queue, se 4oulans peult estre de quel^ que entreprise, ayant un seul Jour fi»é{oumi en ce lieu, dévaHasmes au dessoubs du Queenoy, approchansàdeux Heoesprèsde Valenciennee, ob l'àirmée impériale estoit parquée en un fort.. Le lendemain, qui esteft le dix-septiesme de septembre, estans demeurés tous les bagages en eë lieu, et deux cens hOAMiies d'aruM» ai^ environ deux tniHe hommes de f\eà pour ta garde et défense, alkismes les chercher pour
eoo
FRANÇOIS DE RABUTIN
lear présenter là bataille. Leur fort estoit à la portée d'une coulevrine près de cette grande et riehe ville,' sur cette mesme rivière de Lescau qui passe à Cambray , estant compassé en forme quarrée , circuy de tranchées çt levées de la hanlteor près d'une picque, et creusées près de dix à douze pieds, estait aussi de nostre costé une petite colline qui alloit en avallant jusques à ce fort; sur laquelle pouvoit estre «olloquée nostre artillerie qui pouvoit tirer en plomb là-dedans, et leur faire beaucoup de mal. *Bont ainsi que toute l'armée marcholten bataille son pas ordinaire, les avant-coureurs et chevaux légers, qui estoient devant pour attaquer Fescarmouche , trouvèrent un grand nombre de leur cavallerie déjà en bataille sur ceste petite colline, en estât de combattre, et près de là prindrent un cbntadin en habit de marchand, à cheval ( que j'eusse plustost jugé espion qu'autrement ); lequel leur certifia que l'avant-garde des ennemis passoit la rivière pour nous venir combattre. Parquoy fut mené i M. le connestable, et de luy renvoyé au roy , et àjtous deux en dit et asseura autant ; qui fot cause d'avancer l'armée, et au plustost ordonner les bataillons en leurs lieux. Cependant l'escarmouche s'aigrissoit continuellement, estant sorti du fort certain nombre de gens de piedf braves hommes, qui faisoient grand devoir de soustenir nos avant-coureuts etenfans perdus, sans ce que leur gendarmerie, laquelle se t^oit un peu au-dessus d'eus, se.bougeast, que quelques uns qui se débandoient de leurs jranes pour venir donner le coup de lance où ils voyoient leur portée. Autant en faisoient nos chevaux léçers, qui estoient front à front durant ces escarmouches. Leur armée se meit •une [Atrtie en un seul bataillon quarré dedans ce fort, et le reste furent partis par les flancs, principalement leur harquebusc^rie, à la mesqie façon qu'est disposéeà un assaultde ville. Leur Artillerie estoit mise une partie sur cavaliers de terre, qui tiroit par dessus ceste colline que j'ay dit estre de neutre costé, et le reste aux défenses, et potir tirer le long des tranchées.
Nostre année estoit ainsi ordonnée, si bien 'm'en souvient : à l'avaot-garde estoient deux bataillons quarrés; en la main droite estoient vingt-quatre enseignes françoises, estant sur ceste aisle M. le connestable, le duc de Montpensrer, M. l'admirai avec leurs régimens de
gmdarmerie , qui estoient six cens hommes d'armes; et un peu au-dessus, une partie des nobles , et aooore un peu plus hault tous leurs harquebusiers à cheval. Celuy de la main gauche estoit de dix-neuf enseignes de lansquenets; ettans en ceste aisle messeigneurs les priaces et ducs de Yandosme , de Nevers et d'Ânguian, avec pareil nombre de gendarmerie )|ue le susdit,' et une partie des nobles, lesquels estoient un peu plus reculés de nous que les autres pour couvrir une petite montagne qui nous estoit au costé gau(^, et nos harquebusiers plus avant, près d'un petit village qui brusloit, pour empeàcher que les ennemis ne coulassent à couvert par cest endroit jusques sur nos bras. A la bataille estoient deux autres bataillons quarrés : celuy du costé droit estoit des vieilles enseignes, en nombre de vingt-cinq^ si bien m'en souvient; et en ceste aisle estoit le roy avec toute sa maison et ses gardes, M. le mareschal SaînctrAndré avec son régiment de gendarmerie; à la main senestre estoit celuy des Suisses et Grisons de trente enseignes, faisant belle et furieuse monstre, estans la plus part armés de corselet, brassais, cabassets ou secrettes, et, à bref dire, les mieux en équii4)age quivlndrent long temps y a en France. En oesie aisle estoient messeigneurs le prince de Ferrare , le duc de Guise, le prince de La Roche-sur - Yon , avec leurs r^;imens de gendarmée, qui estoioit six cens hommes d'armes. Les capitaines Momas et ËnaTd,4»uL des plus vieux expérimentés, dDnduîsoient les enfans perdus. Et fault entendre qu'ayant le pays fort à propos vuide et descouvert de près d'une grande lieue, le tout estoit si esgallement oomparti, qu'il branrioit d'un mesme pas et mesure, et estoient les limites et espaces, qui dévoient demeurer entre les bataillons de gens de pied et les rancs de gendarmerie, avec tant parfaite industrie compartis, qu'estoit impossible, sinon avec un malheureux désastre, d'y advenir désordre ; car , pour commencer aux bataillons de gens de pied, c'estoit une (Htk»- Bance taat bien dressée, qu'estansles premiers mncs repoulsés, se dévoient retirer dedans les seie<mds, et les premiers.et seconds dans les troisièmes ; ainsi se pouvoient par trois fois raissembler et combattre jusques aux derniers, à la mesme façon que j.'ay quelque fois leu^que lésinions latines aiaciefineinent estoient* or-
GUERRES DE BELGIQUE, LIV.-V
données, Ay«iit,ohacim balMHon ses flancsfde long bois et harqu€;buserie» qpi pouvoieat &ife teste à toos ei^droits, et seoonrir tant la geiidanneriê que les corps de lenrs balsiUons, le tout tant bien armé et couvert qa'ainsi les veoir et la lueur du soleil réverbérante dessus, oneust dit toute ceste contrée estre d'argent Quant à. la gendarmerie, chacun régiment estoit eatendu d'un long, tellement^qu'U y avoit tousjours deux cens hommes d'armes d'ua front, et leur suitte d'arcbers au dos d'un mesme long. £n sorte que si l'homme d'armes eust esté renversé, le second se'remettoit en sa place ; ainsi pouvoient tous combattre jusqnes aux derniers. Les «iseignes des hommes d'armes estoient au milieu, et les guidonsau milieu du rang des archers. Quant à la cavallerie légère, elle estoit en quatre escadrons : celuy des avant-courêurs, qui estoit ài'escarmouche; estoit conduit par le seigneur Paule Baptiste ; l'autre, M. de Sansac le tenoit embusqué dedans on petit cavin, au pendant d'une petite mcotaigne, à main gauche; M. de Nemours ea avoit un autre derrière une cassine entre nosUre armée et leur .fort; M. le prince de Condé en avoit un embusqué en un petit fond, sur le chemin de la ville, pour empescher l'advenue de ceste part. Quant à nostre artillerie, une partie, scavoir celle del'avant-garde, estoit sur le front de l'aisle droite, et celle de la bataille estoit sur le pendant d'une petite colline, à main gauche des Suisses et Grisons. Telle estoit la belle ordonnance de nos batailles. Mais pource que c'est petite forcequetoutecestemonstred'bommes sans la vertu et asseurance, j'en diray ce que j'en sçay, qui est selon l'apparence et démonstration extérieure. Je proteste sur la foy chrestienne, en laquelle je veux vivre et mgurir, ^ppellant tous ceux qui y estoient à tesmoings, qu'il n'est possible.de veoir hommes en meilleure volonté et ardeur de bien &ire leur devoir quils estoient, tant les François que les estrangers» mesmement les Suisses» lesquels avoient jà &it leurs cérémonies en intentions de combattre et moiiirir jusques à ua seul, avant que d'y faire une iaulse poincte ; et quant à moy, encore .que je Cusse l'un des moindres soldats de toute l'armée , je n'eus en ma vie plus grand désii: que de veoir donner ceste bataille; ayant ceste ferme opinion que, si les impériaux n'eussent voulu chercher ces excu- XVI» iiicLi, La PI. et La PI.
seset jai^on» pour se dire en plus petit nombre que nous, sçachant bien et estimant hommes . vaiUàns et vertueux, au moins nous nous fus^ sions bien fixHtés et battus à qui demeureroit la plpieeet le camp. Lors de plus en. plus nous* enfloit le cueur nostre magnanime roy ; lequel, accompagné de grands princes, nous yenoit visiter et enhorter, tant de sa présence qa avec son affable tangage , avec telle véhémence et affection, que chacun prenoit la mort aggré^le pour son service.
Or, «stant ainsi toutenostre armée en bataille, et s'aigrissant de plus en plus l'escarmouche à'une part et d'autre, ceste cavallerie des ennemis se tenoit et monstroit tousjours en bataille sur cesté petite colline, et fusmes ainsi attendant leur venue plus de trois grosses heures entières, voUetant parmy nous ce bruit : « Ils viennent ! ils viennent ! » et tant longuement que la nuiet approchoit , et chacun s'ennuyoit de. tant attendre. Enfin M. le connestabie, prévoyant qu'ils temporifloient sciemp^nt jusques à l'obscurité de la nuict, pour nous mettre ou surprendre en désordre, £eit advertir nostre cavallerie légère de se joindre pour charger ce host de cavallerie impériale ; ce que fut fait promi^eipent, lùais avec une taxA grande allégresse et dextérité, qu'ils les repoUlsèrent et rembarrèrent vivement, en moins de rien, jusques siçr le bord de leurs tranchées, les faisant culbuter pesle mesle là-dedans, où furent tués, d'hommes de réputation des François, le seigneur de G^nUs, de la duché de Bourgongne , . gentilhomme qui avoit esté nourri page en la maison du roy. A ceste heure là leur artillerie, tant celle des flancs que celle qui estoit sur les levées de terre, commença à &ire son office ; laquelle en tua et blessa plus des nostres qu'il ne s'en trouva attaiots des coups de main ; dont y furent tués^ entre autres hommes d'estimation, le capitaine Steph, gentilhomme italien, lieutenant de la compagnie des chevaux légers du capitaine Sennetaire, et le seigneur de Ferrières, lieutenant de la compagnie de chevaux légers du seigneur de Givry , de la maison d'Fstauges. Ceste meslée dura plus d'une grosse heure, y estant mort des François, tant de cheval que de pied, environ cent hommes, quand la retraite fut sonnée, queje soleil estoit jà couché et la nuict close. Longuement avoit esté débattu si on les devoit aller assaillir jusques dans
thANÇOIft DE RABUtlN.
leur fort ; téiKeifoU, ki flMtllMirê part da côâMH fat d'adris qa'on se devoit contenter de leur avoir fait cesie boote en leur pays propre, non sênlement d^àvoir eiéeoté une partie de nostre volonté, mais bien, nous estant offert en leur • pr^ntant ceste bataille dont ils nous menaçoient dès le commencement, assez froidement et à petite excuse l'auroient refusée. On considéroit beaucoup de dangers; premièrement que nos^soldats estoient lassés et ennuyés, unt du cbemin que de l'attente, estans cbargés d'ar* mes, et les ennemis frais et reposés ; que le pays estoit pour eux et leur propre héritage, pourquoy combattoient plus courageusement , et comme gens désespérés, et ne les pourroit on assaillir qu'à leur grand advantage, estans pour exemple les batailles de Poictiers et de la Bicocque; aussi que n'avions seulement à combattre à ce premier fort, lequel encore que nous eussions forcé, se pouvoient les ennemis retirer iSadlemeiit dans la ville ; parquoy n'eus- Éiùim rien fait, et eust esté à recommencer. Et prenons le cas que nous eussion» peu parachever FuB et l'autre, on peuh aisément penser que les François eussent les premiers porté la paste au four, et y en fust beaucoup demeuré, peult estre tous, tant à raison que ce n'est le propre lie le naturel du Suisse, ne du lansquenet, d'assaillir viHes ne forteresses, que ne sont aussi tant affectionnés ny éndins comme les ftibjects sont à leurs' princes. Dont sMl fust advenu que le roy se fqst trouvé dans .un pays ennemy, destitué de la meilleure part de ses forces, estoit k douter grandement divers malheurs luy advenir. Et pourunt fût arresté et résolu qu'il talloit mieux se retirer avec honneur qu'avec perte et^ipocquerie. Ainsi se remeirent les bataUlons de fanti^rie en simple ordonnance, re-> prenant lé chemin où estoient demeurés lès bagages ; et M. le connestable, aveetoute la gendarmerie et cavalerie de Tàvant-garde, demeura le dernier à partir, en attendant etpour veoir s'ils voudroient faire les mauvais sur la fin, et damner sur nostre queue ; ce qu'ils n'osèrent toutefois entreprendre; et, à la clarté et lumières des feux des villages qui brusloient à trois lieues fc Pentour, retrouvasmes nostre logis précédent.
Derechef, ce soir mesme, par aucuns grwaiB seigneurs fut proposé au conseil y avoir moy^ et cause de retourner une autre fois recheroher
les ennemis pour les asèaiHir et combattre jusqties dans leur pare, selon le rapport d'aucuns prisonniers qui en estoient venus fîrandiement, disans n'eatre en telle défense comme on le cul* (toit; asseurant que, du cosié du midy, par le bas de la rivière, estoit foible, et que là leur tranchée n'estoit parlklte n'enlevée^ de dnq pieds de liault; parquoy on pourroit , en cest endroit, dresser et ordonner nos batailles, et le fkire assaillir par les enfans perdus, cependant que nostre artillerie seroit assise surlescoUines que nous aurions aux flancs, qui tiroit à plomb dedans eux, estant cause ou qu'ils sortiroioit en campagne pour combattre, ou quitteroient le jeu. Et fut cest advis promptement, et selon le premier mouvement , trouvé bon ; mais, après que les bien vieux et expérimentés en eurent dit leur mot, et ce que bon leur en sembloit, on trouva que la dernière opinion estoit encoresia plus seure , suy vaut laquelle ayant un Jour séjourné en ce lieu pour nous rafraischir, nous retirasmes devers Chasteau Cambresis, oè semblablement séjouniasmes \m jour, sans mettre le feu, ne en ceste beHe maison, ne en la ville; seulement en furent mis hors tous les vivres qui estoient dedans, affai que les ennemis ne s'en aydassent . Puis reeulasmes jusques à Fonaomme, à deux petites lieues près de iSainet^Quentin. Et là fut départie nostre armée, environ le diteeufviesme et vingtiesme de septembre. €ar estans les Suisses bien payés et contentés, leur fut donné congé pour se retirer en leurs pays, et partie de la gendarmerie logée es garnisons le long des frontières, ou renvoyée es gouverne- , mens de leurs capitaines. Autant en fut ikdt de }ous les nobles et rière-baus.
L'autre partie de la gendarmerie et cavaDerie l%ère avec le» vieilles enseignes, et les Allemans , fût retirée et assemblée à Auc£y le Chasteau, au dessoubs de Hédin, et, peu de temps après, conduite par M. le maresehal de Sainct^ André devers la comté de Sainot-Pd, pour la destruire de fond en racine, et parachever le dégast et totale ruine, unt du iMdllagede Bédin que de la comté de Ponthieu, et du reste du pays d'Artois. Ce que fut par luy exécuté à la veue des ennemis, sans trouver résistance oà il ne demeurast tousjours supérieur, avec une tant admirable fbrie et désolation qu'il ne fut pardonné seulement aux taiets et kgéâ des bergers»
(I] IR eihaoïsée.
GUERaESDË BELGIQUE, ÙV. V.
[ISSâ]
que tout ce plat pays ne fiuft mi* en feu et cendres à Teatour d'Aire» Sainct-Omer, Lislars et Peme, de ItqueUe le ehasteau fot fFism par force, et eaviroa cifiqaante «oidats espagnols tméê et BMs ea pièees là-dedans. En ce voyagé ne fut fait anlre cbose de grand efEect, maii pliifitost mouvante à pitié que méritant d'estre mise par eserit, si-non une hrave esearmoache qm le vidame de Chartres (duquel la vertu est assea publiée par tout le monde) dressa devant Liplars avee quinze enseignes de fanterie franfoise et presque deux mille chevaux, surxiix-% neuf enseignes de fiinlerieespagnoUe; lesquelles esioient demeurées campées à Tentour de ceste patite ville, pouree que les babitans leur avoient fermé les portes, craignans d'estre saecagés par em» comme en eatoit adveau à Ie«rs voisins.
Cette esearmoache dura presque un jour entier, estant chacune partie obstinée à obtenir et gaigner la victoire; laquelle (après avoir longpement bien combattu, et en doute) advint auK François, y estans morts et blessés peu d'entra euY, et des Espagnols d'avantage, desquels pareillement en fut beaucoup amené de prisonniers. Après ces orages , les François retournèrent à Auchy, ou les AUemans, et à Fentour de Hé^ tlin, demeurèrent, en garnison ; duquel le hallage avoit esté donné par le roy au comte de Ringrave. Et sur la fin du mois de octobre, ei^ tans cassées aucunes compagnies, tant de fiinterie françoise que de cavallerie légère, les autres furent départies et mises aux garnisons, pour passer lliyvcr qui eistoit prochain.
8IXIESME LIVRE.
*i ce fri s'M fait es Antennes, liéget, Renault, Braban et AKois, tint psr rarttëe du foy que celle de l'empereur, en Fan 1551.
(1&54) Peu de temps après, sur la findu mois d'octobre, que Tannée du roy fut retirée du pays d* Artois pour estre départie es garnisons des frontières du pays de Picardie, Fbyver comanença, qui» pour les grandes et longues pli^y es, avec sur la fin autant aspres gelées qu'il est mémoire de nostre temps avoir esté, osta tout moyai à Tennemy de se revaocher, et attêodre chose nouvelle contre nous. Et nonob* stant que les armes fuss^t retirées de la campagn«, ne désistoit couvertement de préparer la guerre contre nous à Testé prochain. Cependant Tempereur se meit à poursuivre le mariage du roy d'Espagne son fik avec Tinfisnte Marie^ nouv^ royne d'Angleterre, avec telle solicimde, q^'il n'ouUioit chose aucune qui peust senâr k la co^nsommiuion d'iceluy, se voyant pr««mue hors de toute espérance.d'avoir «nonrs d'ailleurs et recouvrer aident; ee cpie pinaieurs grands et «otaMes seigneur» dn royaume s'e(toeèrtat d'empescber, prévoyant Timmortelle guerre qui par les François leur esloit et à toute lenr postérité prq^é^, ayant aussi aopa* mvunt exi^imenté qii^k pwte « dommage leur avoit esté d'avoir si Icmguement somtiBÉ
la guerre cwtre «ne nation tant beUiqnense, et de laquelle le paya d'Angleterre tiroit innpnérables commodités de vivres et toutes mfurcbandiBes.Toutesfois, tant peurent les penuasions de Tempereur, avec l'instigation de^ roynes Marie et Ûéonore^, et autres grands seigneurs ses confédérés, que la jeune royne, oubliant la misère et calamité de son pays, vaincue de nouvel amour et d'une ambition pour se veoir femme d'un fils d'empereur, contre les adviset volonté des plus grands de son royaume, qui plus fidèlement la conseilloient, après lesVvoir fait décapiter et mnurir ignomi^ niei«Bement, d^enaat aussi prisonnière sa smur et ^Ue de. son père, oonsentit à ce mariage; puis, le plus lost que ie moyen se présent^, fiança par fMt>cureur, qui estoit le comte d' Aiguemont, Pbiiippes, roy d'Espagne* espémnt peu après parfiûre el consommer le surplus. Le roy, oagnoissant toutes ces choses ne» tendre seulement qu!à luy oaire et Tendammager, feit grands amas dfe deniers, appellent k^nm aide et
(1^ StcQrB ^ Cb9rle^ui9t ; la première, gouTeruante dés Pâyi^è&s; ta secondé, veuve dé mnt^ôk I, cl retirée A
FRANÇOIS DE RABtTIN
secours ceux qu'il cognoissoit luy estré plus obéissans et ^dèles, et qu'il pensoit avoir le moyen de plus luy préjudiciêr ou faire service. Dont le pape Jules, voyant non seulement l'Europe, mais universellement tout le monde griefvement'esmeu et troublé, le peuple chresUen misérablement foulé et oppressé ( non, comme je croy, sans grand remors et synderèse de sa conscience d'en avoir esté le premier autheur), envoya le cardinal d'Angleterre, son légat,' devers le roy et l'empereur pour adviser par tous moyens à une bonne paix et union entre ces deux princes. En quoy ce bon et vertueux • personnage, avec grande intégrité et zèle de la tranquilité publique, s'employa si vertueusement que , mettant arrière toute ambition et crainte de haine ou captivité, ne'cessa de leur remonstrer les infinies misères desquelles le pauvre peuple chrestien est afQigé, l'incertitude et misérable estât auquel TEglise catholique , pav leurs dissentions , est maintenant réduite. ït n'estoit vraysemblable,quoy qu'aucuns ayent voulu dire que ce fust une sainte dissimulation , que ce bon cardinal favorisast plus à l'empereur qu'au roy. Quant à moy, je n'en veux croire que la commune et généralle opinion , qui lors estoit d'une asseutiance de pai% si grande, quç les pauvres gens des frontières^ de l'un et l'autre party, se l'estoyent ainsi persuadé, et s'en asseuroient tellement, qu'ils rebatissoient et commenooient à rebabiter en leurs cazettes et petites maisons, fumantes encore du feu dont ^les avoient esté ruinées; tant que chacun se promettoitun bienheureux repos, s'il eust pieu à Dieu amollir les cueurs de ces deux grande pnncds. Mais,tout ainsi que tous les signes deMoyseetÂaronenduretssoientplos fort Fobstiné courage de Pharaon, afind'a|>rès faire apparoistre les grandes merveiUesdu Seigneur, aussi croy -je que, non encore satisflait et content de si petite punition de nos énormes péchés, n'a permis qu'on ayjt voulu entendre à recevoir une bonne et asseurée paix. Parquoy ce tégat, après maintes allées et venues de chacun coslè; s*ea retourna fort triste devers le pape^ hissant es cueurs des deux prinees cesie tant invétérée inimitié que les-clamaurs du peuple misérable, le travail de la noblesse, ne les troubles de toute l'Église chrestienne, n'ont oncques aucunement peu divertir ; combien que je puis dire, après l'avoir ouy affermer à frfiù-
sieurs grands personnages, que le rdy se soubmit aux plus raisonnables conditions qu'il estoit possible de demander, non de peur ou aucune crainte de son ennemy, ains de pitié et commisération du pauvre peuple et désir qu'il aroit du repos et tranquillité de l'Égliae. .
Cependant, de» le commencement du printemps, la rumeurde la prochaine guerre s'esleva, et furent despendues les armes pour commencer à les fourbir et aprester, afin de se mettre tantost à la campagne, estant par toute la France puMIé le bruit que l'empereur dressdt grands amas de soldats et toutes provisions devers les contrées de Lièges et es Ardennes, pour descendre du eosté de Champagne; et proposoitassiéger la ville deMésières,ayantestably celles de Mariambourg et Avesnes pour magazins et estappes. Parquoy le seigneur de Bordillon, qui lors estoit à la court, fut là soudainement renvoyé afin de donner ordre à munir et renforcer ceste petite ville de tout ce que seroit de besoing pour attire leur venue. D'autre eosté le roy, pré? oyantsagement, et sans qu'il en fust lait autre bruit, au dessein et délibération de l'empereur, feit tott devoir d'amasser grandes forces pour luy aller au devant et le lever de ceste entreprise. Ayant envoyé en Pledmont et devers l'Italie assez grand secours, afin de poursuivre et continuer le bon commencement que fortune luy présentolt ceste part ; ayant aussi despeschétapitaitteset commissaires pour luy amener gens de guerre, tant des Allemagnes que des cantons et villes des Suisses ses confédérés, qui Ait sur la fin et issue du printemps, quand le soleil, s'eslevant en grandes chaleurs au commencement du mois de Juin avec une sécheresse estrange, brusloit et consommoît les fruits çle la terre; de sorte qu'avec le long travail de la guerre le pauvre *peuple, pour rengrégementde ses misères, n'attendoit qu'une très grande faminequi, toutefois, par la grâce du Seigneur, ne luy advint. El ainsi passèrent quelques jours, que le roy, voyant toutes ses forôes prestes à estre «lises en besongne, ji soit que son ennemy ne mon* trast aucun semblant de vouloir fcire antre chose, e^ant, comme je pense, occupé irta oonsommaticm du mariage de son -fils, délibéra le devancer, et, par le mesme endroit que le me-* nassoit, de le venir assaîKr , l'entamer et entrer dedans ses pays. <
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GUERRES DE BELGIQUE, LÎV. VI
Pourtant feit assenibler toute son armée, en trois divers quartiers, à soavoir: en Picardie, à Fentoiur de Sainct-Qnentin, où estoH dirf le prince de h Rocbe-snr-Yon ; en la vailée de Laon, Ters Crecy, où estoH chef M. le connestaMe; à l'entoor de Mésières, où. estoit chef le doc de Niveraoîs. En eeste petite armée où estoit lieutenant de my le prince de laftochesnr-Yon, ponvolent estre environ neof on dix mille hommes de pied, la plnspart picards, et le reste des vieilles enseignes, trois cens hommes d'armes et cinq cm six cens chevaux légers, m barquebusiers à cheval. En celle de M. le connestable estoient vingt-cinq enseignes de faixterie francoise, vieilles et nouvelles, deux régi mens d'AUenMms du comte Ringrave et Reifberg; et vingt-<cinq enseignesde Suisses, quatorze cens hornnies d*armes, près de dix-huict cens ou deux mille que chevaux légers , que har^ quebusiers à cheval, desquels estoit général M . d' Aumalle ( qui , fea auparavant, estoit venu de prison), et bien près d'autant de nobles et rière^buis, estant toiqours le seigneur de La JatDe leur général. Il y avoit ainssi quelques compagnies de cavalierie angl<H8e etescosBoise: En celle du due de Nivemois, estoient vingt vieilles enseignes de fanterie fifonçoise tirées des gamiions de Metz, Verdun, Thoul, Banville, Yvoy, et Montmédy, y comprenant quatre enseignes d'Anglois et Escossois, et, au lieu de ces vieilles compagnies, on y en mit d'autres nouvelles. Plus, y avoit deux régimèns d'AUemans du comte Rocdolphe, et du baron de Fontenay trois cens hommes d'armes; oultre cela, près de hnict cens que chevaux légers,. que harquelHisiers à cheval^ desquels estoit général M. le prince de Condè, et deux cens pistoHiers allemans. J'escrirois plus par le menu l'équippage et oràre de ces trois armées; mais ne se- Toit qu€ reditte, car par ce qu'en dtray cy* apfèsi on le oognoistra plus facilement.
Estant donc l'armée ainsi divisée en trois di^ vers lieux, afin de tenir l'ennemy en doute de I ce qu'on avoit délibéré exécuter, etde quel costé on le voudrait surprendre, par trois divers endroits aitfèrent dedans ses pays. CeHe .du prince delà Roehe*4iir-Yon, ayant passé la rivière de Sonnne, donna dedans F Artois avec un commencement fort â*uel etforieux, brusiant et ruinant toute la contrée m il passoit. Celle de M. le cmi|[ijestable, la plus grosse des trois,
.ayant pris le chemin devers Maubert-Fontaine le vingt-troisiesme de juin^ faingnoit's'addres- 8erdevèrsÀve8nes,estantIecommunbruitqu'on l'alloit assiéger. Et sitost que les enseignes de France forent recoghues parceux du plat pays, abandonnèrent villettes, bourgs, chasteaux, forts, et furent contraîncts pour leur seureté se retirer dedans les Ardannes, avec la meilleure part deleurs meubles et bestail, estimant, parce que les lieux estoient inaccessibles pour la difficulté d'y pouvoir mener et conduire armée et artillerie, estre exempts et hors de tout péril. Dont plus facilement on peut ruiner de rechef la villette et chasteau de Cimets, les chasteaux de Trelon, Glaîon, Convins et autres petits forts de l'environ, nonobstant que peu leur servit leur reiraitte ;• car le doc de Nevers, prince très magnanime, s'estant dâibéré dompter et réduire à son obéissance ceste gent presque barbare, pour estre peu conversée et fréquentée, fes contraignit de desplacèr et s'enfuir, abuidonnans ces forts lieux, comme peu après sera au kmg déclaré.
Pour ce au desloger de Mésières feit camper son armée à l'entrée des Ardennes,en tme vallée assez scabreuse et mal plaisante^ au bout de laquelle il y a un petit village appelle Yielmesnil, qui luy est nom bien convenable à raison que c'estoient plustost vieilles raines de mànoire que maisons habitées. Et dès ce soir despeselia avec son trompette le seigneur des Marets, gentilhomme de son pays de Nivernois, des plus vieux et expérimentés hommes d'armes de sa compagnie, pour aller sommer le chasteau d'Orcimont à six grandes lieues de là. A qui fdt faittereqH)nse parceluy qui estoit demeuré là dedans dief , nommé Colas Loys, lieutenant du sieur Barson, gentilhomme du pays de Lièges, principal capitaine dudit lieu, qui, peu auparavant, ne se doutant de ceste venue, en estoit sorty, qu'il ne se rendroit ja<mais s'il ne voyoit le canon ; non pour sentir ce chasteau tenaUe, sinon pour la hauteur du rocher où il est situé, qui est presque inaccessîbie par deux costés ; mais en une petite plaine qui est devers les bois, on assiégea l'artillerie pour lé battre ; ce que ceux de là dedans n'eussent jamais pensé. Ce chasteau est au siemr de Bariemont, général des finances de Pempereur.
Ceste response ouye, ce prince délibéra de ks aler veoir de plus près, et de loger son ar-
mée ee joTir à une lieue dé ce chastean, si la difficulté des lieux ne l'eust reUrdé et arreeté à moitié du chemin, pour entre en auedns en** droits tant difSeile et pierreul qu'il estoit im-' possible que les hommes ne les chevaux s'y peussent tenir fermes; en autres, tant estrotts, qu'estions contraincts d'y passer à la file» un après l'autre ; en aucuns, tant droits et difficiles que, pour y monter, Fbaleiae nous y fait^ loit; et en d'autres, estoient les descentes si droittes, qu'il y falloit dévaUer pas à pas^ et encore se tenir et asseurer bien fort, si on ne vouloit culbuter la teste la première. TeUeinent que là peu servoient les chevaux à charrier l'artillerie, y estant beaucoup plus néoessatre la force des bras pour la manier eC conduire plus seurement. Yray est que par tout estoil mis tant bon ordre, qu'il estoit malaisé que les ennemis y eussent sceu donner grand destour* hier n'y empeschemrent, pour estre tous les che^ mins garnis dé harq«eb«rsier8 de doi à dik pas« à l'escorte de toute la luitte. Ce soir^ vingtneufviesme de ce mois, ce prince avec tonte son armée campa en une autre vallée encore plus estrange que la première, appellée le val dt Su* randa^ auprès le rocher ou souloit eitre le fort de Linehant, maintenant la pluspart rumé; au dessoubs duquel, et le long de ceste viJlée, décourt une rivière ou plustot torrait, appelle Semoys, qui Vient devers BouîUon, et se va rendre dedans la Meuse, au dessuade Chasteau Regnauld. De ce lieu, sur le vespre, envoya le sieur de Jamets avec un régiment de CanteHe françoiee et artiHefie peur battre le chasteau d'Orcimont, lequel, sitost qu'il fot salué de deux ooups de canon, ceux de dedans, eoitimis bien esbahis, sans conclure autrement (ie se vouloir rendre-, ne se meirent en défense; mais le chef seorettement serra toutes leé clefs, et, par une secrette.poterne qui sortoit dedans ceste vallée entre œs roehers, se sauva avec douse €u quinaedeses plus ikvo^is soldats, délaisflaat les attires pauvrets bien estonaés et doutera de ce qu'avoyent à faire ^ qui toutefois peu «près se rendirent à la merey du prince, et ftk vent aneaés prisonniers.
Quand les capitaines des autres forte, le long de nos brisées* eurent àdvertisseoient quepeor certain ce prinee ameiioît avec luy artiÛerle^ cÉ qu'aupàtaKrant n'a voient jamais v^ulu croit-e, sans se melti^ en devétr ne4f hiy «npenhtr lé
FRANÇOIS DE RàBUTtN. [1554]
pas, ne de luy coupper et rompre les ehemins,' comme ils ont de coustume, avec gros arbres abalut, êbandonnans leurs ferts^ munilÎBBB d Ueôx où se sonloioït retiFar, a'enfuyrent de toutes pafis. Et, estans arrivés & Loaette la firandç, où estions venits hitger ati partirdm val deSuranda, trouvasmeaun peMt fort, appeHé Yittarry, eiHistniit de terre el de bols, vûklt, lequel Vf ngl-otnq on trente voUeurs qui esUHeni dedans avoftent quitté, desquels estoit eapitalpe un noomié La Losse, natif de Mésièrss, ^i ^ son jeune aage avoit esté qourry au aervice dÉ aeignev^ de Lûmes» itt, après ai mort, tpn^oÉrs avoit suivy le paity de son mûstre, qui, abandonnaal ainsi ee fort de œrtaine delibéraUon, meit te feu par toutes seé a^iiaoM, et tout le surplus du village, dont &iMii défr* vrés de peine nés vastadeurs » qui, pour es faifff, eatoient imlonnés* Une ^ae awsi qns ces Ardennois aboient fortifiée, appellée le fort de Jadinas» Ait trouvée ouverte et «baadoDnée, qui fat de mesoM sappéé f t akbastue^ fer$ pne grbsse trar quarrée, de laqnéUa les qiMrres et Uaiaana fotvnt rsospnes au psoq» et eaeartiiicft à eoupa de canoia quels pfeînœ enpaaaantpar devant y feit titerw Les villages d'alosteiir, as* ses beaux, ven la stérilité du pays» fateil brusiéa et destruicta. Et pouree que le fort de Jadines estoit le phi^ dommageable de tous iel autres aux François leurs voisins» les gouverneurs de Mésières souvent s'estoieni mis à l'easay de le prendre et forcer, el peu y avoîént (ait, tt n'àroit on eu jamais si grand moyen de l'exterminer du tout comme à èeste dernière fols. On peut aisément eroire que k eommon populaire ne devoir estre aaseuré, voyant fnea* memeni les soldats et ceux qui eetoteni dedails les forte les délaisser avant estre asaiégiés «I battus. A oeste oause, tout le remède qif Hs pouvoteBt choisir estoit 4e se retirer et oacber avec le peu de meublée et bestati qie ila pu»* voieiu emmener au plus profotid des bois et forests, etdedana le éreâcxdes montagnen et r»* ebers, Buiuâ)SUntquepeusesMivas8ait^pirie que DOS soldats, poqrsulvans la proye el bea», se mettoient à suyvpe koVs trasaea à eachettea, etsMvent prenoientqielqiies^aMdeceux nen^ mes du pays, ^ul, pour s^aMeoipter de mort, leur servoient de gttide. Ainsi lealéit renqpli nm* t#e camp d'un merveiHeu nombee de nsisérftbiès4a|KMiv bouinwh^ fowÉte c| petitii enfoan.
GUÉRkjÉd bfi BELGIQUE, LiV. VÎ.
iimo«ttes un èfaâcim à primée pitié et comnA* aération; et pois assMref y avoir vea donner le taurillon pour vingt sols, la vaebe pour iil, et h beste I Isiiie d'un an à deu pour einq et SU.
LepétttthieMe Jour de Jiiiii, et prince campa en «n hÈstt beau village, a^^llé VaMmont, an fond d*iine vallée où découn une rivière on torrent, n^mmé Touye, qoi sort des montagnes, et se ta rendre dedans la Meuse près de là; où Mtost qd'il Alt arrivé, envoya le héranid AngMlesme avec son trompette, poor sommer 6b chaateati de Beanrin, es confins des Ardennea, et sur les limites dn pays de Lièges, qoi est atisBi au sienr de Bartemont, bien aymé et ebérf de Tempereor. En ce lien de Yalsîmom, à Tendrolt de» ennemis nsa d\me amant grande bemaaité qu'on poorroit dired'nn prince ehreslien { car, suivant ce que f ay dit, hiy estant ftiit rapport comme nos soldats avoient amené des bcH^ grands bitins avec grand nombre de jtemmes et jeunes flUes, sçachant qu'en ceste foreur de la guerre difficilement se pollrroient^ eMessaiiver et.garentir de forces et ravissemens, les feit tontes ramasser et resserrer, avec commandement, à peine de la vie, de ne lenr faire aMime forée ne violence, ains de les ramener truies en ton certain logis; où ayant d'nne li^ béraUté grande et digne d'nn si vertneox et magnanime prince usé envers les soldats, les foit seurement garder jnsques an lendemain, que tent le camp fot party de là.
Estant de retour, le bérauM Angoulesme rapportas que oeu3t de Beanrin n'avoient point envie û^ se rendre, an moins s'ib ne voyoient le eanom; parqnoy, an partir de Yabimont, fot pris le chemin tirantdroit ceste pact, et, en ipproehAnt, een qui allèreat au-devant pour lé reeognoistre forent receus airec force barqudMindes à croè et coups de mousquets, monstrans par cela se sentir mieux munis que depuis ne forent trouvés, et attendirent que quatrecanonsd'abordée leur fossent présentés, prests à y donneft* le feu. Depuis, reeognoissans k danger atMftiel estoient, et advertis que s'ils tiese rendoioit passeroient au fli de Pespée, et deui qui en escbapperoient par la main du bourreau, après avoir quelque peu parlementé H demandé à sortir bagues sauves, flnablement forent réduits à ceste eitrémlté de se rendre M boB ptaisîr et mlsérleotdedurpriace'^leqnei
feit retooir les prineipaui d^x t)risëmiiers, et renvoya les autres petits compagnons un bas* ton blanc au poing. Le capitaine de ce chasteau, Jean Colicbart, natif de Bains en Hé« nault, fot amené prisonnier avec quarante de ses plus apparents soldats, entre lesquels estotent le capitaine du. fort de Jadines, nommé le grand Gérard, et La Losse, dont j'ay parlé cy^derant, capitaine de Villarzy, qui ne fot point mis à ranç(Hi ainsi que ses compagnons, ains renvoyé peu après à Mésières pour , comme je croy, estre puny comme traistre. M. de Nevers logea dedans ce chasfeau unç compagnie de gens de pied des vieilles enseignes et cinquante harquebusiers à cheval. Au' partir de ce siège, qui peu dura, chacun com^ mença à se resjouir de sortir de ce triste et 6ischeux désert pour entrer au pays de Lièges plaisant et délectable, prenans la descente aux ports de Givets, des plus beaux qui soyent sur foute la rivière de Meuse, et, selon monadvis, des plus renommés. Mais, avant que passer oultre, je ne veux oublier comme, tant pour nous rendre facile et ouvert le navîgage de ceste rivière qui descend le long de ce pay^ de Lièges et Braban, que pour forcer aucuns petits chasteaux et forts assis le long du rivage de ce fleuve, on avoit laissé le capitaine Salsède, commissaire général de tous les vivres et munitions, avec six compagnies de.fanterie françoise et deux canons ; auquel, après avoir pris par forée le chasteau de Fument af^r* tenant au duc d*Ascot, céluy de Hierge, qui est au sieur de Bardemont, fot quitté et abandonné.
^ Et pource que, pour ne rendre aucunement confose mon histoire, ne pouvant entremesler toutes choses les unes avec les autres, j'ay laissé cy-dessus à dire ce que les deux armées du prince de La Roche-sur- You et de M. leconnes^ table pour lors foisoient es parties de Picardie et devers Mariembourg , après avoir au long narré les mémorables et victorieux faits du duc de Nevers, je reprendray le discours et hautes entrepris» de ces deux armées, soubs lesquelles tous les pals de Tennemy se plioient; car le prince de de La Roche-sur- Yon, avec sa petite armée bien fournie de vaillans soldats, faisoit trembler non-seulement les plus fortes villes» ains toute la Flandre sans qu^eDe osast dresser am»t et mettre sus gens de guem poat empea%
PRANÇOÏS, DE RABDtlN.
cher qu'il ne bnidaft et nimast la plus grande partie de l'Artois et lieux circonvoisins.'
M. le connestable, ainsi que j'ay desjà dit, selon le commun bruit (bien toutefois qu'autre fust sa délibération), estoit sur le chemin d'aller assiéger Avesnes,quand la cavalierie légère avoit jà plus d'une fois escarmouche au-devant, comme si on l'eust voulu recognoistre, qui l'asseuroit tellement devoir estre assiégée, qu'elle s'estoit renforcée de garnison et de toutes munitions, demeurant Mariembourg avec sa seulle garnison ordinaire, encore bien petite. Or estoient les choses conduites tant secrettement et de si longue main , qu'estant mondit sieur ,1e t^onnestable adverty du petit nombre de soldats qui estoit dedans ceste ville plus forte que l'autre, et de plus grande importance, sans faire bruit, et le plus couvertement que fut possible, feit partir M. le mareschal de Sainc^An(lré avec les Suisses et quelques compagnies de gens de pied françoises, environ deux ou trois mille chevaux et lapluspart de l'artillerie; lequel feit si bonne diligence, ayant toute la nuict fait esplaner et délivrer les chemins et traverses des bois que les ennemis avoient haie et empesché, que le matin, vingt-troisiesme de juin, environ les dix. heures, se trouva avec toutes ses troupes devant Mariembourg; dont furent ceux de là dedans soudainement fort estonnés, et plus encore la nuict d'après, ayant esté advertis comme le secours qu'ils attendoient avoit esté rcpoulsé, et n'y avoit ordre ne moyen que plus y peust entrer. Néantmoins, pour se desmoqstrer plus asseurés qu'ils n'estoient, tlroient infinité de canonnades sur nos geps ; lesquelles toutefois . ne les peurent retarder de commencer avec promptitude les approches et tranchées. Leleifdemain, estant M. le connestable arrivé avec le reste de l'armée, voyant le bon commencement de ce siège, pour l'acheminer à meilleure fin feit tousjours et avec telle diligence continuer les approches, que le troisiesme jour de ce siège, ayant fait tirer cinq ou six voilées d'artillerie pour rompre seulement les défenses, fut requis à parlementer par les assiégés ; et , après plusieurs de leurs articles refusés, enfin condescendirent à rendre la place au roy, vies et bagues sauves, fors les armes, munitions et artillerie; et demeureroit le sieur de Rinsard, gouverneur de laditte ville, prisonnier avec les capitaines et principaux d'icelle ; laquelle, rem-
plie de toutes numitions de prix inestimable^ fut ainsi rendue le vingt^initiesme de juin mil cinq cens cinquante-quatre.
Dont le roy, très aise, peu après partit d'auprès de Laon, et en ce lieu vint retrouver son armée le dernier jour de ce mois, laqudle, en signe de resjouyssance, à son arrivée fut mise en ordonnance de bataille, et toute l'artillerie deschargée, rendant un merveilleux bruit et retentissement dedans les bois et rodieis des Ardennes, et donnoit advertissement aux autres villes impériales de la reddition de ceste ville, qui, pour estre le fort rempart de tout ce pais, avoit esté pour les François merveilleusemeot fortifiée. Autrefois, où elle est maintenant construite, estoit un petit village (selon qu'aucuns prisonniers me l'ont raconté) où estoioit adressées les assemblées de la grosse chasse , en quoy la royne Marie ptenoit singulier plaisir ; mais, pource qu'elle trouva T assiette de ce lieu fort délectable et accommodée, print affection d'y édifier ceste nouvelle ville, et n'espargna chose aucune pour la beauté et fortification d'icelle; ce qu'eust fait davantage, si le roy ne l'eust prise et soubmise à son obéissance ; lequel a proposé non-seulement parachever ce qui n'est encore parfait, ains de la mieux munir et remparer es lieux et endroits où la royne n'avoit eu le temps de le pouvoir faire, estant jà changé le nom de Mariembourg en Henriembourg. Or^ pour rendre le chemin de là plus fecile et descouvert jusques a la petite ville de Maubert- Fontaine, quienestlaplusprochaine,onfeitfiortifier un petit village appelle Rocroy, dedans lequel on logea le capita'me La Lande avec son enseigne de trois cens hommes de pied, demeurant dans Mariembourg le capitaine Breul, de Bretagne,. avec trois compagnies françoises. Peu de temps après y fot renvoyé de Disnan le seigneur de Gonnor, auparavant gouverneur de Mets, qui receut l'ordre du roy pour résider lieutenant général dedans ladite ville de Mariembourg.
Puisque j'ay dcscrit à là vérité les choses comme elles se sont passées entre ces deux armées, je retoumeray à celle du duc de Nevers; lequel, au sortir des Ardennes, peu après la prise du chastetfu de Beaurin, avoit envoyé le bérauld Angoulesme avec son trompette, pour spmmer le chasteau et ville de Disnan, et sçamr de ceux qui estoient dedans s'ils délibéroient
[VoU]
GUERRrES DE BELGIiJUE, LIV. VI.
^e.oootiiuier en leur neutnUlé aeeordée au pays de lièges, ou s'ib vooloient tenir, fort, pour et aa nom de qui, on de Feoiperear on de ïenr évesqœ, aus^oels, au lieu de rondrequel* que honneste reqponse, s'oublians, feirent une injure que, pour l'indignité d'iceUe, je ne veux passer soui» silence. C'est qu'ils leur dirent que s'ils tenaient les cueurs et foyes du roy et de M. de Nevers, ils en feroient.une fricassée pour en manger à leur deqeuner ; et, non contons encore d'avoir esté si fols et si téméraires, laschèrent sur eux plusieurs coups d'harquebuses, crians après, et les appeUans traistres, estimanis par tds fols propos s'estre bien vengés : ce qu'à bon droit leur tourna à grand opprobre et confusion, non<d)stant qu'estant réduits à la puissance du roy (tant fut grande son humanité ! ) ne receurent le chastiment et punition qu'ils avoient mérité.
. le duc de Nevers estant le dimanche, premier jour de juillet, avec son armée, descendu aux ports de Givets, trouva que le chasteau d'Agimont, qui est deçà Meuse, à un quart de lieue de l'autre Givets, n'estoit encore rendu, bien qu'il eust esté sommé ; et pource qu'il avoit si sagement et avec si bonne police advisé à nos vivres, qu'ils ne nous estoient foiUis es plus grands et aspres déserts de toutes les Ardennes, et que lors se trouva sans nul raisfraichissement desdits vivres pour ses soldats, n'estant encore nouvelle du capitaine Salsède, commença grandement à se fascher, de peur que par ce défault les ennemis se peussent tant plustost renforcer devant nous, et interrompre nostre entreprise. Néantmoins ce jour mesme feit passer l'eaue à un nombre de cavallerie légère avec certaines compagnies de gens de pied, pour envelopper et eoclorre ce chasteau, attendant l'armée du roy qui marchoit de Mariembourg pour se ve- 9Îr joindre là.
Le Inndy ensnyvant, ainsi que l'avanl^arde ^ Tannée du roy arriva près de ce chasteau, les gens de pied feirent semblant de se mettre en devoir de le vouloir escheller et donner assaolt, qui toutesfois tourna à bon escient; car nos soldats entrèrent enjeu si avant et furieusement, que ceux de là-dedans ne peurent longuement soustenir leur eflom, de .aorte qu'ils forent Qpntralnts quitter et aband<mner les défenses et leur donner ouverture; dont estans ff^tséê de jchaode choie, feirent passer au irpnr ^VI- éiicLB, U PI. et La PI.
chant de leurs espées tous ceux qui vodnrent faire résistance, qui n'estoient en grand nombre, ne gens d'auth<»'ité,; et furent foits prisonniers le capitaine du diasteau, Evrard de La Marche, fils naturel du comte de Rochefort, père de cehiy.qui vit à présent, seigneur de ceste place, et la pluspart des autres pauvres soldats renvoyés. Ainsi fut surpris et forcé ce chasteau, sans avoir ouy le canon, et tout le butin pillé et saccagé.
Le mardy, lendemain de la prise de ce chasteau, toute l'armée du roy se trouva assemblée à Givets deçà, et campa la pluquirt, entre le boui^ et le chasteau, en une longue et spatieuse plaine. £t nonobstant que ceste grosse rivière feist une séparation entre nos deux armées, si est-ce que continuellement les parents, amis, voisins et compagnons la traversoient tous les jours pour s'entrevoir et festoyer les uns les autres. Le roy mesme, meu du bon rapport que l'on luy avoit fait de nostre armée, la passa, pour la veoir en bataille, le mercredy sixiesme de ce mois, et la trouva en fort bon ordre et équippage, dont se contenta merveilleusement.
Or, ne restoit plus qu'un petit fort, appelle le chasteau Thierry (qui est au baillif de ^amur), que tout ce qui estoit à l'entour de nous ne fust soubmis à l'obéissance du roy. Pour^ tant ce mesme jour y fut envoyé un régiment de gens de pied irançois, avec artillerie et quelques compagnies de gens à cheval. Mais ceux qui le gardoient, ayant sceu le traitement qu'on avait fait à ceux d'Agimont, sans attendre leur venue quittèrent la place de bonne heure. Ainsi fut trouvé ce chasteau ouvert et abandonné, au demeurant remply des plus beaux meubles qu'est possible, et grande quantité de tous grains, et croy que tout cela n'y demeura pas.
Les deux armées séjournèrent aux deux Givets six jours entiers, et le septiesme en deslogèrent. Celle du roy suyvit le chemin deçà Meuse, et celle de M. de Nevers, pour la difficulté des chemins, ce soir campa en une vallée à deux lieues près de Disnan, au-dessus de laquelle estoit un petit chasteau appelle Valvin, qui fot trouvé ouvert, où ce soir il coucha en Ja basse-court. Le lendemain, jour de dimanche, toutes les deux armées arrivèrent à l'entour de^ villes et chasteau de Disnan et Bovines^
frRi^NÇÔlS tiE RABUTil*
Sondafai qàe celle du roy ftit près de Bo^&es, fiit assise et ftffatée râftitlerte an plos haut d'tm earin, dedans lequel passe le grand chemin qui monte en la plaine au-^dessns, et ladite ▼îflè fiirteosement canonnée jusqdes à trois heures après midy, qti'estant la bresAe faite à un portail et dedans tme tour, fut donné qtiant et quant Tassault, et emportée avec petite résistance, estant seulement défendue par ceux de la ville mesme, ausquels en pHnt mal, et en fht Aiit d'une première fuHe grand carnage. Aucuns dMceux, se pensans sauver, se jettïrent à la mercy de Teau ; toutesfois pour cela ne se peurent exempter de mort, estant tués la plus grande part, à coups d'harquebuses, en se plongeans dans le profond de Teaue ; les autres, encore que ils eussent traversé ceste rivière, et prins prisonniers par les François, furent depuis pendus et estranglés pour avoir témérairement résisté et tenu fort contre la puissance du roy.Vray est qu'en recognoissance de la bonne guerre que les Espagnols avoîentfiiite aux François à la prlnse de Théroueime, le roy pardonna et sauva la rie à certain nombre d'eux qui s'estoient retirés dans la grosse tour qui est au-dessus de ladite ville ; et, usant de soA humanité accoustumée, feit sauver les filles et petits enfans, et leur donna pour les conduire un héirauld d'armes et tin trompette.
Ce matin que M. deNevers arriva auprès du cbasteau de Disnan, voulant luy-mesme, avec le sieur de Jamets, de plus près l'aller reco^ gnoistre, fut occis d'une harquebusade à croc, tout joignant de sa personne, le cheval dudU sieur de Jamets; luy estant par cefcl donné advertissement que tels grands princes et chefe d'armées ne se doivent si hazardeusement exposer à tels périls. Pour ce jour toutesfois ne fut commencé la batterie, à cause qu'on n'avoit amené rartilierie assez à temps* et seutentent tout le reste du jotir fbrent tirés phisteurs coups de canon pour commence!' à fompte les dé- , fenses et aucurts gabions qui estoient sur le portail, et aune petite tour rbnde assise au-dessùS de la ville, qui nous endommageoit fort en nostre quartier. Et toute ceste ttuict fbt mi*e extrême diligence à faire les approches et iran^ chées, non sans grand danger, pour les Inmimérables coups d'artillerie et harquefousadeS à croc qui furent tirées du cfaasteaiu. Mis meur*
tre et perte d'atitreépëhdhhésJitléflès tnMrîi- Mës vètétèdMM:
Le lehd^hMtti âti ^Oinét du fM^, ce ëhasteàd fdt mnê et ti^tite grëhes ]^èëei «'àitiHè- H(*, quinié <M iiditfe cdMé H àutMt de eetut de rb% &t VkHm pari ae M fiVftrt, qM ûéWhà^tûi le k)n|f en c^x et âedMs M cBasteèttt dbiit fût peréeè k jotli* fa ttstr^ dé bHcqtlè h phs hMte. Oii bkttoit àuss! ëii ihche nÉt grosse tëui^ rèh4é M <:ioii% d'uni corps âe logis qui regai^Oft dëvW^ septcntrioii; f)ë costé de M. de Neverà, dn bâttolt une iaàïitt grosse toui* ronde assise au Met de èè meéttie togiè, tenant ati boulevert éà portiU $ et continua ^tis cesse, le joui^ et la imlM Ce ttHérvèilleol tontlerfé,jus^ quës in mahly èniih)n les trois bébres àprèi midy, que fttréilt fk^disséés et déiholles ceèr deux tours, et hrëséhe fiitite au bout du dessus de ce logis, longue èhVirdil é\i jpàs, toutesfohi encore malaisée k y mmit# pource que lé èanon ne pocrvolt pi'eàdiiËi àù pkéd de ta ihiirâfilé, estant roche vive; àtissi H t hïMi ^vir le bault d'une pflc<pie, et eitoit'la Montée encore gMssante et peu ferme soubs les pieds, à raisdti de la terre et dn ciment qui découtolt contl^ nuellement dessus. Ce nonobstant, dès rhetire mesme, fet i-ésolu de donner l'assault, et amehM M. l'admirai leé compagnie^ françoi^ ordob* nées pour ce faire jUsques au pied de la èi>eéche ; les priant et admonestant, avet; bonites^ tes et ^adeuseS remonstràncesi de se sotrré^ nir de la grandeur de la nation ftadtieoîsei ^i un devoir auquel estoiënt obligée poul* la foy et aèseutance que le ivy atoiten ëtnc.Ctsproposftiis, quelques capHaines, suf visdëleurS[Haé VàHtes soldais, s'achèrttinèrent et advancèréflt potir y ttionter et fut le capitaine Maugertm des pré^ miers; parqùoy lesetwïemîs, lepehsahssulvy dé près,etquele8 Fttittçois,hi tëàtebét8àée;s'yhoienl eux mesmes enfourner là dedans, diinnèirHit foti à une traînée qu^iIs avoient appareillé d*éntrfe ; laq^rite esiàinte, si no^ soldfets, pbiirsuyvari^ leur ëhtrtîprise, àirtsi que ceux ^i eSbletit dédans, ont depuiài con^sbé, èus^nt ftH dfoft ffy entrer, le^ ehilerttîs ne pouvolèût phis ttftât (fttMh hé les ëusseht ekiipohës, estant deiHk ttet rbmpusl et éhdbmtttagés déS abatts et mbÊStiÈÈCté de là mtiraiKe que fikisolt Tai^tMief lé tottV* ber sur etix; qtfH* he pmrh)teiit pRiè dHtfér. MAIS si aticunS ftiMht biéil Hùi^ devèi^, il y en cMd'Mt^ijttîis'y^onèf^ht fhMétaient, qui
GUERRES BE Btl^GîQUË, UV. VI.
Mt limé uns fart siMvaiK apimon d'en . Le ttpililn Simflifltf « porter 4'«iiB»gKe (WO^ Mllt, 7 »Uft fort bfiHir6i|ieiâ,«tl«tUesë fit wû MHHitlet e»pit«teM Goifrde^i U liMiff ei U JoK^dn^oei lej^ortertaMMffneififiniméLel^ !^,7 ftit ifié ei mmm in btali eo btSf at MB «weigM relevée pftfuas fai$, ee^ane Wpiifja«nabiMitqs«f«x 4«i la f0lf voient, taotqo'eUe dMiMira m pM^ A'mx^ «dWit «««ooii appelle FeMgMKt.
M. rtelmlnd, gé»éval d« «ooi* la fa&tme fraofoitt» wyaot aet aoldats aiofii refroidis» ^p*v lev donner tuetir, ooomieDfa oA pett pHis éévèv0H)epAàlcs€Ktocter,learmoaelraot q«'4o la préaeaoe da foy > s'ib m fmoieai praive de bau ■w^^ywmltéethfcfdieiiCti» bopoerép^tien qu'Us avoîeat par 0y devant aefaise k^r Itif neroît à on très fP«Ml itpyoche et infiMUîe peipétoeUe. Ce ditont^ hÊf-me$me le prenier MBtDfloça de «lonter eaoefre peur plut lee eneovrager ; Qft grand setgneor, nommé leaieur de Mempesat < bkm ^'il n'entit l^^eme obarge « lean bandée), «mpoigM «ne de lenve enfeignee, etbvavement devant «ous eniiaports jmqnpi tonte anrdenuie, ou en meii à wweri dairière aoowieqnarlienietririneade lii nnfniile 4oeikée> las appetlnnt^^t lawr kum^ eignal avec ireneeîgpe de k venloîr euy vie^etiaUerapiès Iny . Ijo néanirooin» pe fatone poi^eqn'ilsreprins eent cnorafe; dont ancnns napininei ac^ara- MMi tten efltimée Umiièrml en tfon «mauvaise :eeliciiatinn..Ei pooroe qnela nsini e'npprpoboit, fat aennée U renraidr.
Gn jeor, «enide la vîUede|)i8»an., ^ est andeen^hn deiee «baeteaa sur ta fitiènay se vin- . d«mt f«9dre à U nierey et ini^éHeimjledH roy, enti»lptmato»4eM^We)rem4liri»ppMi»nttors MbM eUéniéeaÂreepa^oleaflmniiinmient leenefceBttet essenrad'areèrlawesnwrM'qoe leur ^ttene 8etoîtpoiittl»malée>y»nteeyfawMienvoyèsleneapitaines Dpraeei Biihic» aivee ienrs compegnîéi de toÉsntéiaDjoten. Mêle Bien^ne wnlaat qto'taaonn péelié demeom hnpnny, bien qn'anonne Ma la pnnîtie» sait dMtéPte, eneore 4jee «et x^ompagiries y fiisnent logéei pour lepr neeeneanee ei sanvet^^ ne Je ipsorent garaniiir nl^<e«ninpier faHle ne faesei^'eeeeagés. Car les iJUnans noiyyeam de i»nitve eaiofi» «enidans ^piexM enminignîfity fileseAt^ntréaspottreen- . ka en atotff le eae»f déirailèf««it a U loolie ; «t» . npfèanvnirenfenenlaepovtesnneehnnhfls^ooi-
9ftées et grosses sidives, les «Bs 7 entrèrent par isev^e gnvertnre; les iintres, qui n'eurent pa- Uenoe d'attendre» grimpèrent ^ escbellèrent les mnraiUes^ se iaaceans dedans par divers endroits» où ils feiientun n^erveilleux mesnage; et, noneneore cootens^ ayens esté advertis que dedans la grande église on avoit fiait retirer toutes les femmes, filles et jeunes en&ns avec anonns citoyens, à tourbes s'amassèrent là devant, ot, après avoir, par grande violence, abbaittq les portes et entrées de ce lemple ( quelque résistance que' feissent aucuns François qui estoient là dedans ), ravirent et entraînèrent maints hommes, femmes* filles et jeunes enfans; et fut, pour ceste cause, suscitée une oruelle «aeslée et d'eu& et des Frao^ois fuiles en vouloi«at déjetter, qni dura toute la nnict et jnsqnes au lendemain matin, que le roy 7 envoya expressément pour appaiser ce mutinement. Et dc^Hiis, par toute son armée feit crier, à peine de la vie» que ehacon eust à rendre toutes les f^mes de IMsnan, comme de plusieurs fut feiot, lenfueUes feit nourrir, jusques à son partement de là, de ses munitions, jà soit que nos soldats en eussent grande néeessilé.
Aptes qne las François furent retirés de Taseanlt, notée artillerie recommença à battue ce ehssteea« et continua la batterie toute la nuict, cependant qu'on cberchoit autre moyen de l'avoir, et iaiaôitron, ainsi qu'on m'a dû^ saper le pied de la muraîUe à l'radroit de la breschcpour la esndre tant pins facile et mée à nKmter. Tnolesftm le jour mMsiesote de juillet, environ les etpt baures du matb^, ceux de dedans s'offrirent à parlementer, et, estans receus à cela, aeirtirent potmiàrement le seî^Mnr de Floyon, igouvemenr de ce diasteau, et un capitaine d'AHemansnemiaé Haonal, qui furent. conduits à ia tnnte de M. de Bievers, auquel ayant proposé leufs articles, et leur estant résolument eefasé d'emmener armes, artillerie et ensei- Ignety aMcrda qu'Hs sortiroient avec i'espée, la dague» et (faelqueaautnes menues bagues. Depuis, le neîgiBiÉQr Jolian, capitaine des Espagnolsi qfà pour garder Tauthorité, de laquelle ^aeetenatieiisepréftreàtouteslesautres au Met des afmeB,rtqnéroit avec grandes remonstran- «es que bi7 et ses gens en sortissent avec les ftrmes,be que touittfoif M. le coonestable ne Iny voulut one accorder, néantmotns qu'en sa einuy il Woobiia grandement ; car, cependant
Bii
rïlANÇOIS liE R\BOTm.
(pie' phûîenrs pHnetael grands seignears 8*«r* raisônnoient sur ce faict et metloîeat &i divers antres propos, on ^voya secrettement les seigneurs deBordUlon et de Rabaudanges pour sçavoir et conclure avec les Espagnols' s'ils en voutoient sortir à la condition des autres; à quoy ils consentirent très volontiers, ne demandans qu'estre mis en liberté. Par quoy, estant yportée à M. ieconnestable leur capitulation signée et accordée, fut monstrée au seigneur Jolian, qui, à la façon espagnoUe, Msant grandes exclamations, disoit, comme l'un des premiers et principaux de tous, n'y point consentir ne l'approuver, et requéroit avec grande importunité qu'il fiist remené audit chasteau , lequel il vouloit garder avec ses seur les compagnies espagnolles, ce que de grâce luy fut ottroyé, avec protestation que s'il estoit pris de force, n'espérast moinsque d'estre pendu le premier à la porte. Dont fut tout à loisir modérée sa choière, ayant occasion de penser plustost au danger auquel estoit qu'à se renfermer avec ses soldats, qui ne demandoient que sortir de ce lieu ainsi que feirent les uns après les autres, le roy toujours présent, qui en avoit grande commisération, estant la pluspart tant deiSftits et exténués qu'ils sembloient corps désenterrés ou images de mort. Néantmoins qu'avec eux emportèrent ce loz, d'estre autant vaillans hommes qu'on eneust sceueslire. Desquels le nombre je ne le puis asseurer ; vrayest que,lors qu'ils sortirent,faisoient monstre d'environ huict cens hommes de toute sorte, et euxmesmesont confessé qu'unset autres enestoient morts là dedans, environ huict vingts ou deux cehs.La compagnie deM.de Tavannesfut ordonnée pour les ccmduire enseureté sur le chemin de . Namur, et fatcecapitaine Julian retenu prisonnier,non-8eulementpourlarespon8equ'il avoit faite, mais pour autre plus grande occasion.
Ce chasteau est nombre pour estre entre les phs fortes et belles maisons de l'évesché de Lièges, que Evrard, évesque de la maison de La Marche, oncle du si^r de Jametz, à présent vivant, rédifia sur les anciennes ruines , plus excellent et fort que n'avoit onc esté ensemble plusieurs autres , comme Hue , Franehemont , Stoquehan , Bouillon et Floranges. Il est situé sur un gros rocher , qui peult avoir de tour et circonférence environ quatre cens pas, sortant de la coste d'une montaigne de longue estendue,
sur la rivière àe Meu^ en forme d'ovalle on {>ariongue» inaecessibie par deux endroits , du costé de la ville et de la rivière , fiiNrt malaisé aussi du costé où fut faite la brèche. Sur lesdeux fronts sont deux bouleverts on demy cercles, ou, comme on dit à présent, en fers de cheval: l'un regarde et (téCend toute la plaine de ceste montagne, servant de plate forme ; l'autre, dessus la viUe et la rivière, est presque smnblable, sinon qu'il n'est pas du tout si hault, et le dessus est fait de bricque , sans estre en rien remparé. Dedans ce chasteau est une court quarrée d'environ quarante pas de diamètre et d'eslendue, environnée de trois grands corps de mal^ sons de belle structure et &brique , soustenos parle bas de grosses colonnes, la phispart doriques, d'tine pierre fort dure , ressemblante le marbre noir, madrée de taches blanches et grises; de laquelle aussi tous les fondemens sont faits, et le dessus de bricque. Au-dessoubs est environné de beHes et spacieuses galeries et promenoirs; dessus y a plusieurs grandes salles propres et merveilleusement bien accommodées de chambres et d'une triomphante chapelle, qui prend la clarté devers la ville. Au dehors vers septentri<m, tenoient ces deux tours rondes, qui forent à coups d'artillerie démolies et ruinées jusques aux fondemens, etau bas y avoit une courtine ou faulse braye, flanquée de torriens, qui fot presque toute sapée et abbatue. A la racine de ce gros rocher, le long de la rivière, est la ville bien bastie et ornée d'édifices, d'assiette propre pour y amener toute sorte de marchandises , mesmement cuivre , airain , et toutefontederoseUe.Del'autrepartdela rivière, l'espace, d'environ deux cens pas, est la ville de Bovines, ^ui n'est de beaucoup moindre que Disnan, de la comté de Namur, et se trouve qu'ancienoemeat ces deux villes se feisoient la guerre gnerroyaUe; celle de Disnan tenant le party de La Marche , qm e^oit pour France , et ccîle de Bovines cduy de Bourgongne.
Je ne me puis tenir de direct plaindre le tort que ceste ville de Dtenan , neutre avec tout le pays de Lièges , s'est fait délaissant sa neutralité pour, à l'appétit et instigation de leur évesque, onde de l'empereur, s'assiqettir à un particulier, qui, ainsi qu'on dH, par vloloiee et par tyrannie a usurpé l'évesché de Lièges à' Tabbé de Beasdieu, auquel son onde susdit l'avdt résigné. Et peuU-on veoir combien grande fot
GUERRES DE BELGIQUE, LIV. Vl.
rfauminité et doueeur du roy , qoi ne vodut qo'oQ deftrottiit et bnisUst la ville de Diamn comme Bovines, eu esgard à la subjectioD en laquelle le chaatean de la viUe meime la tenoit, qm encore loy commandoit, dent ao pins beau et fort endroit fot par sa &ulte sapé et ahbato, ponrà jamais estre exemple que les terres neutres, spécialement de FÉglise, ne doivent estre partiales, et adhérer plus à Tun qu'à l'autre.
Cependant que ces deux armées estoient arrestées à Tentour de Bovines et Disnan , celle du prince de La Roche-sur -Yon , faisant merveillfiusement au pays d'Artois, fut par quelques jours cavallée * par un non^re de Flamois qui la costoyoient e| suivoient pour toujours interrompre son dessein. De quoy ce prince adverty, et des brbées qu'ils tenoioiit entre Ârras et Bapaubne, leur drrâa une partie si à poinct, que, les ayant enveloppés sur le chemin , les chargea de telle sorte qu'il y en demeura plus de deux- cens des leurs; et forent amenés prisonniers de leurs principaux chefs, le seigneur de Fama, gouverneur de la citadeUe de Cambray, et son lieutenant, et un grand seigneur deiaehambre de l'empereur, nommé le seigneur de Varluset , capitaine de chevaux légers. Et dit-on que, sans un bon cheval sur lequel estoit monté te sieur de Haubimont , gouverneur de Bapanhne, il estoit en danger d'y demeurer avec eux et leur tenir compagnie. Deux cornettes de leur cavallwie y fiûrent desfaittes et prises, lesquelles mondit seigneur envoya au roy en celieu, pour plus l'asseurer de l'avaiAage qu'il a^t eu sur les ennemis.
Le qainsiesme de ce mois de juillet, plusieurs marchans firançois, qui avoient, par la rivière, amené vivres en nostre canq), après les avoir vendus , remontans à Mésières avec leurs bateaux chargés de butins et d'aucuns soldats et capitaines Sarragosse, Gourdes et la Molle, blesséiès aasanlts desdites ville8,farent rencontrés par les Bourguignons assez près des ports de Givets; et , les ayans contraints de venir à bord, partie tuèrent et p«rtie emmenèrent prisonniers, oitre lesquels estoient ces trois capitaines ausquels iéirent bonne guerre et gracieux traittemcnt, et les renvoyèrent sur leur fby . Au part^ de là^ advertis qu'à GiveU estoient quelques compagnies de nos Anglois et Escossois, à l'improuvra les allèrent surprendre et contrai- . (I)
gnirent se retirer en une maiâoii ftMex tenaMe, doni emmenèr^t quatre-vingt et six de leurs chevaux.
L'empereur, qui estoit à Bruxelles, assez près de nous, adverty de toutes ces choses, et que le commun bruit de nostre camp estoit au partir de Disnan d'aller assiéger Namur, feit premier loger dedans la ville tant de soldats qu'il vcit y estre de besoing, la sçachant autrement peu fortifiée d'autres fortifications artificielles, et qu'à telles grandes villes, comme il faut grand nombre d'hommes pour les assaillir, aussi y est requise une grande et soigneuse diligence pour leur défense. Voyant aussi toutes les communes du plat pais esmeues, de sorte que tout estoit abandonné,' envoya d'autre part le duc de Savoye , son nepveu et lieutenant général , avec tant de soldats qu'il peust recouvrer , pour promptement se parquer à costé de ceste ville, en un lieu appelé Givelou, entre les deux rivières de Meuse et Sambre, et feit serrer et amasser son armée en extrême diligence , ayant mandé soldats luy estre amenés de tous endroits de ses pais. Sitost que ce prince se fot fortifié en ce lieu, il escarta sa cavallerie sur le chemin d'où pensoit que vivres nous pouvoient venir , tant pour nous affoiblir et donner occasion de nous retirer, que pour prendre langue et savoir nostre délibération ; faisant semer un bruit qui nous estoit rapporté par nos espions et prisonniers, que si nous adventurioas de poulser plus oultre, ou de passer la rivière de Samln^e pour entrer dedans le pals de Hénault, sans faillir l'aurions en teste, délibéré de nous donner bataille. Mais, ainsi que depuis a esté veu, le roy n'estoit point entré si avant dedans les terres de son ennemy, pour s'en retourner sans passer plus oultre ; et , laissant le chemin de Namur, conclud de passer la rivière de Sambre et de brasier et destruire le pais de Hénault,. où désiroit grandement trouver son ennemy, et venir si, en luy défendant le passage de la rivière, le combattroit, comme de long-temps l'avoit menasse. Donc estans de retour ceux qui estoient allés recognoistre les lieux et chemin que l'armée devoit suivre , après avoir renvoyé le sieur Bordillon avec sa compagnie pouf retourner devers Mésières faire retirer aucuns Bourguignons qui brusioient quelque» villages là autour , le roy leva son armée de ce lieu le fondy , seiziesme de juillet, pour continuer sa
fc^RAlirÇOlS DE RÀBtlTtni.
^Stt8dite déKbéi^Oâ. Sçachant toutefois la di^ floolté dé pouvoir recouwer vivrez, et tfSt Iéb enoemis mesmes les avoient retirés ded&fiA teft iriÛes fortes, et rompu et ruioé tous les fours etnÉouliâs, advîsa d'advertir toutes les eompaguÂ^ feire provision de tant de vivres «fue leur weroit possible; et en feH-on tant qu'on peust ebai^eir les chariots de munitions; estant demeuré M. de Nevers sur le 4)ord de Meuse, tant pour faire distribuer le sui^us des munitions ^e pour 'attendre la démolition du diasteau de Disnaan, et de tous les autres petits forts de l'en- ;^'>îran^, d'où partit le mercredy dtx-buktiesme '4udit mois , et alla retrouver le roy en un village appelle Stome , auoud y avoit Une assez belle maison d'un gentilhomme , ^i y fot par ttosire cavaHerle légère su!l;yris, voulant disner. lie lendemain, au desloger, le fçu y fat mis , et piar tous les villages eircoiavoisins; et avions ce jour trouver le duc de Savoye sur ta rive de ^mère , qu'on disoit avoir délibéré nous emtoëscher de passer ceste rivière; eft jà est oient les capitaines et soldats advjertis de ce qu'ils "Aev^oi^nt faire , se prépstant un chacun d^emapitoyer toute sa force à se foire chemin , aous estant o»lé tout espoir el moyen de ftiir , pour eswe endos entre deux rivières. Donc toute l^Wwée ma^Aa^ft IWiUiîlte'drokàcestèTivttw;; «} nos coureoPTâ ayans doimé Jtisques èWê le bord, ne troirvèf^nt un seul homme qui leur féit résistance, et passèrent librement otfhre; q«e k>Ufte la cavallerie légère peu après suy vit, puis la fanterie et gendarmerie, sans pewed'un vallet, tel ce ne fot par autre accident ; etBCCUswies )ious depuis, que les ennemis se oontenoient ton bien «erres dedans le^r fort, et au Keu de nous venir cfhierdie¥ s'y éMoient eM dfttgenee i^nformés et fottîftés kvec graiodcis tiunehées. Toutefois ee 90tr furent desco^itièrtes aucunes troupes de leur cavallerie, qut tost se rei*eir€»it dedans les boîs, ayaïis àpteroeu ceriiânefi compagnies des nostres qui les vouteiem accoster. A!n^ demeui'a abusé le pauvïie populaire de l'autre part de la rivière de Sambre, se confiant que leiïf armée tie nous permeitroit la traverser sans es^tre combattus; et fdt une grande piirfiè surprîs dans les maisons, avec gi^ nom- Ifre de bestaîl et divers meubles , «on sans gfMie pitié, ëltant tout ce piM pays mis «n fou et ^ye,mesmement une petite ville appefléeFortciSy'au^K^omffe d'Âssdjais. Ce soir nous campas^
me» au-deçà de ceate rivière, m un ttM» , ai Mott l'armée biM aenés (et \am; cir n'otion Ion» qu^à vne tieue et demie <1« nos emraon.
Le lendaniain, vingtîestne et ee tnois, {"armée fipanooise oommença faire son entrée tkdffls le pays de Hénautt^ si foneusement, qu'estant ruinée et mise jà perdition toute k çcmtrée, brusloit et dtatruisoit tous tes bourgs, chisteaojK et villages, et sans qu'il y tn cmst un seul qui osast faire résistance^ foyant tout le populaire la rencontre 4e ceste horlriMe fone, qui fut continuée jusques «u vsspre, que nous cawpasmcsB en un vûlage appdé iunwts; anqud y avoit deux ehastcaux^ (st fut dit dedans l'un avoir fonguement séjourné «n oajpttaisie 4% l'esÉpcreur, kipiti s'y estoit logé avee quelqtse cavaHerle pour rompra nos vitn*es; mais, avoir seau nostre vunne. àboiuaeheun en estait deslogé. Ces ebasteaax farSBt es ptes forts aadroios ééssolis et ruinés.
En ee lieu le roy leit on aetd d'an vurtucua 0t très chrestîen ^^ce ; car, Ivy estamt n^ porté par le guidon de la eempagaie de M. de Noversqu'ime pauvre fenim6« son hostesse,«Tisit «ooovebé d'un beau ftts, luy^inesme vonlot estre le parrain, et le porter sur les fons de bapieame« le nonamant de son nom HBmrr, et fat baptisé par M. le vévéreodîsaiiBe carcfinalde Lomdne. #e tte pmts atoauMr du pmcnt qne Sa Xfaj^esté tuy fM ^ seulemem je seay et vej qu'à la porte du fogis foft escrit que e'csttiit ta maison où le roy avoit cbrestleoné INJa&nt, à ce qu'efle ne fbst deatmlle «k rsÉn^. Cesie nuict, le comte Rocdolphe airefc «ses ptstoHers^ son régiment d'AUemans, la cosipagnîe de M. ie duc de Bouillon, et deu moyteanespîèoes 4'artitlèrfe de oastfpagne, entreprit d'aller sorpretyd<re la petite ville de Ni veiie, peemlire viHe de Bi*aban. Tautesfois, la «rotivant mieux Bannie de gem de guerre que ne peasoit, retewma sans foire autre chose q«e brasier les fasixbourg» et villages <fo l'^nrîpan, donft amena on grand butin.
Au desl^r de ce Ueu, oontinuasmes le diemin droit à Bains, l'une des prinoipaiies viUes de liénault, laissant louijouni afe^noos, penr nos brisées, foux, fkmmies, fatzîées et toiite calamité ; lesquelles suyvoit fo due de Sawye avec rarmée impériale de fogIs on logis » drtseant sur nostre queue «toutes les alarmes qo^il pou voit pour nous ennuyer et afibifclir ; <
GUERRES DE ÈÉtGIQUÊ, LIV. VI.
eomme je croy , lay-mesne assez ennuyé (F onyr et Yeoir les ptftîmtcfs âe eb mùériMe popnlsire aâttsl destmit et rainé, auqud ne pottvoftt dstf* ner antre consolation, sbHm éé lenr dir^ que nons foyons devait liiy, et qn'fl nons snyvok pour les venger. Mais ée ^i^me jour nous fèf^ toes apertehient cognoistre le contràtîre ; car ce «oir tout nostre àraiée àKà camper à f enfovr de BàHtÈf et là flirent allumés des féuit encore plus gi'àilds qtte les premiers, pour y e^tre enflamiiiés et embrasés des plus beaux efaasteaux et kiiaisohs des gentilshommes qu'on pourrait bastir n'édifier. Entre autres ftit mis le feu en la magnifique maison de Marimont, constrartte curieusement pour le singuliet* plaisir et délectation de la t^yne Marie, appropriée de tant de sIngulbHtés qifil est possible dé penseï^. Un autra excellent chasteàu appelle trigény, fut Inruslé, et la pluspart miné, où furent trouvés
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qu'il feit conduire ef ntfettrè en saureié fést un hérauM et toi troiapette. t^uls,- tn malin meèRMe, ftit entoyéte sieur de Gfry, lietitenairt de la cottfjrttgnie de M. de Nèver^, avec qtiatra aiitres compagnie» de gendattfieHe, peur tent*^ ekéàhé à cétix qui me^nt le feu par tout te cbastéau dtt lleul, qde le fieu seigneur àw(M fait ivbëdtH* et miec^x ihaçonner que n'ésldit quand la première fbis fat braslé, e^ant voultè dl^uis le ba6 jus^ues en batrt, néatnmdfnàr qùMI fht beaucoup etidômmagé du fëù qcf on y mît, et à ttraè lès édifices eireeyiïvoiëns. El lurent ces choses parachevées en si çfeu de tempB» que le jour mesme nostre ahmée passa une ïiew plus avant, et campa ce soir en un vîMage appelle Bains-soubs-Bains, oà y âvoit un grand
I nombre de pauvres càptifiëi et prisonniîérs, tan^ de ceux qtii y flirent trouvés que d'autres que
i tbÈ soldats amenèrent des autres Reul; de^
d^horomes que femmes. Ainsi fut fkit de plusieurs autres, lesquels nommer ne seroît que remplissage de papier, et ennuy à ceux qui té Kroient; et ii'en puis escrire qu'avec grand regret et compassion, voyant ainsi raer jus et exterminer tant de beaux édifices.
Le jour ensuyvant ,vingt-deuxfesmedé jtiillet, feste de Saincte Magdaleine, la Ville de Bains, après avoir esté sotnmée, et ne s'estent voulu rendre , eommenca d'estre canonnée tbrt fu- Heoseiâent , et d^autra sorte que lot^ que le sieur d*^ Allègre y perdit la vie ; laquelle, après avoir enduré cinq ou six voltées de canon, se rendit ft la mercy et miséricorde du roy, qui, toutesft>is, coinmanda la deStruire et iHnsler, se ressentant encore de son chasteàu de Fôulembrft-yfet vHles de Picardie, quelareyne Marie avolt fait auparavant mettre à f^ et raine pendaat qu'il estoit en Allemagne. Autant en fé!t on de dil très beau et magnifique cbastéau qn^elle y av6it fait nouvellement enlever, remply et aohié de txHites choses exquiéeè, comme de plusieurs vartétés de marbres, taMeau^c, pefnistuH» plates et élevées, statues, coloîmes de toutes iorteà, desquelles toutefois ftrt Mi en pett de heures gi'ànd (Kgast et destruction ; et lé sieur de Mosse, qui en estoit gooveraeur; ftit «mené pHionnier avec des plus apparens qui f^tfeflt tnHJivés là-dedans et en ht VîHe : tisatti le ray de sto aoeoustumée dodlcettr envers kSB fenimes, jettneaflUes et petits enfms
divers meubtes et richeik accoustremens, tant I quek hs despOuilleS fdrent après vendues à v41
et petit prix, pour aioit et ètcheter vivres qui I estoient fort chers ; qui fut catise de diligente^ nostre armée pour la mettre hors de ce pays.
Le lendemain, au partit' de là contiuûasme^ tousjours te gast de pis eti pis, tenans te chè^ nrin devers une petite ville maintenant Appela lée Bavets, fort antique, édifiée prèmièi'en^ d^ Troyens, qui passèt^nt delà la fbrèSt dé Mormactlt, la nommant du nom de letir prineë BavO) ores peu habitée, à laqtièlle, pour dâ-^ vantage la ruiner, fut mis le feu en dfVét^ ëii-^ dt*Oits. L'armée impéi4alè nous àuyvélt adonc de fbrt près, s'estant renforcée tant du Seeours des AUemans que te duc de Brun&vic àtoii amenés avec deux mille reîstres, qu'on ap^ pelle en fhinçois pistolliers, que pour y estrë retirées toutes les garaisons que ('empei^ui^ livoit départy es villes que nous laissions derrièt-e nous. Par qûoy estoit bien riéieeèsalre qtié nostreafmée tinàrf uii grand ordre, et marchas! eh telle otttonnance qti'elle ferst tousjbui^il preste pour combattre de Heu ëh auttt, poUi^ là doute qu'on avoit qde Tennémy vigilant, subtil et couragetil où il sentiroit advantage pour nous assâiflit ne laisserait escbapper roccasion. A tiuoy àdvisànt Sagement M. K connestable, f>oUr sotistenif les ehâf^s et entirpirises que fcs ennemie etlMïnt peu d^èsNer siit nostt^ quetie, demeurait ordiMétrémèfit aVee Favant- gardé, et dekbgeoit (èuÀ|(KiH W dermer. Ge soir nëus eampasmiés entre eeste
FRANÇOIS DE RABLTIN.
petite ville de Bavets et le Quesnoy, en un village appelle le Yilley, où ne fosmes si tost descendus des chevaux que nous fallut remonter, encore que fussions grandement tourmentés de vents et grande abondance de pluyes, nous estans de tous costés données alarmes ; de quoy ne se faut esmerveiller, veu que lors estions au milieu de cinq ou six villes des ennemis, grandes et fortes, et pleines de gens de guerre, savoir : Mons en Hénault, Avésnes, Landrecy, Le Quesnoy.'Yalenciennes et Cambray, et Parmée impériale qui nous tallonnoit, et eust assailly, cooune par un désespoir, ne fust la bonne et flgilante condiiitte de nos chefs et gouverneurs, s'estans desjà les ennemis adventurés jusques k vouloir en plein jour forcer nostre guet, ayans surpris une des sentinelles de la compagnie de M. de Tavanes. Toutefois n'osèrent enfoncer plus avant, et furent, dès lors que les apperceusmes, rembarrés accortement jusques dedans Le Quesndy, où ce soir mesme nostre cavallerie légère escarmoucha longuement de grande hardiesse et dextérité, qui fut cause de les faire contenir et nous donner quelque peu de repos le surplus-de cestenuict. Nous campasmes le lendemain deçà Le Quesnoy, en un fort beau et gros village appelle Soukine, et, au partir de là, y mismes le feu, comme aussi par toufe ceste contrée. Entre autres y fol brusié et destruit le beau bourg et chasteau de Goumigny.
Le lendemain vingt-quatriesme de ce mois, les ennemis, comme désespérés pour nous veoir à leur présence destruire et fouidroyer leur pays, sans douta de leur suyte ne crainte d'estre affamés, proposèrent nous appareiller une charge à la faveur du temps pluvieux et couvert de brouillarts, cognoissans aussi qu'avions à passer deux assez &scheux ruisseaux, qui s'estoient ceste nuict enflés, où espéroient nous retarder et mettre en tel désordre qu'ils auroient bon marché de nous. Ainsi toutes les compagnies et garnisons de leurs grosses villes, qu'avions laissé derrière nous, réunies ensemble, feirent partir en deux troupes environ quatre mille chevaux de leur cavallerie la plus dijipose que peurent choisir, et embusquèrent partie dedans quelques bois sur le chemin, partie dedans certains villages prochains, selon la commodité qu'ils avoient pour le soustenement des uns et des autres, demeurant Iç
duc de Savoye plus en arrière avec quatre ou cinq mille autres cl^evaux et quelque nombre de gens de pied, et avdt laissé à la campa^ près de quatre ou cinq cens coureurs, pour attirer nos chevaux légers, par lesquels ayans esté premièrement descouverts, par M. d'Aumale en fut donné advis à M. le mareschal de Sainct-André, qui estoit demeuré sur la queue avec deux régimens de gendarmerie, pour sçavoir s'il seroit bon de les charger ; lequel luy renvoya qu'il n'estoit de ceste opinion, se doutant de plus grande suitte. Par quoy forent envoyés les sieurs Paule Baptiste et le c^>itaine Lancque pour les reoognoistre de plus près, qui feirent rapport, chacun de son costé, avoir descouvert deux autres troupes, chacune de deux mille chevaux ; lesquels peu après que le temps se fut mieux esclarcy, d'eux-mesmes se descouvrirent pleinement et de si près, qu'ils attaquèrent l'escarmouche avec nostre cavallerie légère assez près de nostre camp, sans toutefois oser aborder à bon escient les autres rangs de nostre cavallerie, ne de la gendarmerie, qui leur feirent assez longuement teste, et à leur veue se retirèrent et passèrent^ce dernier ruisseau, dont s'en retournèrent les ennemis, sans reporter l'honneur d'avoir eu aucun advantage sur nous. Le régiment de M. de Nevers adonc avoit esté envoyé d'autre costé où furent desfaits quelques-uns de leurs coureurs qui emmenoient grand nombre de bagages, lesquels furent en partie recouveirts. Nous campasmes ce soir en un village qui l'année précédente avoit esté brusié, appdlé Yielly, le pire logis que nous ayons fait tout le long du voyi^e, s'estant la pluye renforcée, qui dura toute ceste nuict, et nous contraignit de laisser et abandonner par les chemins chariots, chevaux et tous autres bagages.
Ce jour mesme, un trompette que M. de Ncvers avoit envoyé au camp de l'empereur pour sçavoir nouvelles d'un homme d'armes de sa compagnie, nommé le seigneur de Cbellé, en retourna presque tout nud, et dévallisé par aucuns soldats ennemis, téméraires et peu expérimentés au fait de la guerre. Mais à l'inslant fut renvoyé en ce mesme état, avec une trompette de Bourgongne, qpi avoit charge da roy de dire au duc de Savoye, lieutenant général de Tempereur, que si doresnavant vouloît user d'u^e telle foçon, et que tou^eç les libres dç la
GUERRES DE BELGIQUE, LIV. Vt
foerre Ausent abolies» il ferolt le semblable aux sieoB. Ce qa'enteDda par ce généreux prince» en fet grandement âtsché, et soudain feit diligemment chercher par tout son camp ceux qui avoient commis un si hsche et poltron acte , pour en faire punition exemplaire, et après avoir recouvert les hardes et cheval de ce trompette, et ravoir récompensé des autres dioses qui luy avoient esté ostées, le feit seurement reconduire par le sien. Ce soir aussi s'esleva un grand murmure, qu'un trompette boui^ignon, venant chercher de leurs prisoni^rs en nostre camp, avoit dit à M. le connestable qu'au leur on tenoit asseuré que nous fuyons devant eux, et se vantoit leur générai ' que, si le voulions attendre vingt-quatre heures seulement, qu'il nous donneroit la bataille. Auquel fut Ciite responce qu'ils n'avoient cause d'estre si présumptueux, et d'usurper si légèrement telle gloire , leur ayant esté présentée assez de fois l'occasion de combattre s'ils en eussent eu envie ; nonobstant que, si ledr prince en avoit si grand désir, demandant si peu de temps, il l'asseuroit de la part du roy qu'on l'atteikhroit vingt -quatre heures entières, et non plus longuement, pource que nostre armée estoit jà fort harassée, et avoit faute de vivres, ou s'il vouloit le venir trouver près de Cambray, qu'il s'asseurast qu'on" luy attendroit huict Jours entiers où ne luy seroit refusée la bataille.
Et pensois-je qu'on doutast que telle fust la délibération de l'ennemy pour le séjour que nous feismes en ce mesme lieu tout le lendemain» nonobstant la nécessité qu'avions de vivres ; aussi qu'on alla visiter et recognoistre les lieux des plus commodes pour y loger les batidilons avec toute la gendarmerie; mais nous cogneusmfs puis après que les Impériaux n'estoient en telle volonté qu'ils nous ikisoient menasser, s'estans retirés en leur premier logis près de Bavets. Et nous, au partir de là, vinsmea d'une traltie jusques à Crévecueur près de Cambray, ou les ennemis avoient délibéré de fortifier et ranparer le chasteau, et commencé éesj^ à iUre quelques tranchées et conduits pooresgdbster Peau afin d'y asseoir les fondemens, que ce jour mesme , le vingt-^ixiesme 4e joWet, nos vastadoors commencèrent à démoUIr, ei fut renouvellée la premièi;^ playe des miséribtes Gambrésiens, qui avoient deqà red- XVP tiicLV^ La PI. et La PI.
dressé et rdMtsty aucunes petites logettes pour se mettre seulement- à couvert, estimans que de long temps ne leur adviendroit une si grande ruine et ii^ortune, et avoient resemé selon leur petite puissance unepartiede leurs champs, pour avoir dequoy se nourrir et alimenter, et éviter la famine; et ne croy que les plus riches et opulents (bien qu'ils se fussent avec leurs meilleurs meubles retirés dedans les villes fortes ) ayent esté exempts de toutes ces pertes et adversités ; car, quand le subject est pauvre et affligé, le seigneur n'améliore ny emichist en rien. Or, cependant qu'en ce plat pays on fiisoit le dégast des Meds jà meurs et prêts à estre moissonnés, journellement estoient faites plusieurs braves sorties et escarmouches de ceux dç Cambray et des nostres, faisant la citadelle troubler et obscurcir l'air des coups de canon qu'elle tiroit sur les François, sans toutefois fftire meurtre de personne de renom, et se fiiisoient tant seulement pour, par tous moyens à eux possibles, empeseber de consommer et mettre à perdition leurs fruits et vivres. Nonobstant, le plus souvent estoient repoutsés et rembarrés Risques dedans les portes de leur ville; et continuèrent ces entremeslées l'espace de huict jours que nous y demeurasmes campés.
L'armée impériale, au lieu de nous aborder et combattre, s'estoit lors parquéeetfortifiée en un lieu appelle Ârcon , entre Cambray , Le Quesnoy et Valenciennes, sur la petite rivière de Moutet, qui vient devers Chasteau-Cambresis, et s'assemble plus bas à celle de Lescau ; et finisoit tous les jours maintes courses pour empesdier.les chemins et coupper nos vivres. A quoy advisant, M. le prince de la Roche- ' sur-Ton se vint en ce lieu avec son armée joindre à la nostre, amenant grand secours de soldats et grande quantité de vivres, desquels avions aussi grande nécessité.
Le dix-neufviesmede juillet, en une spacieuse campagne, entre Crévecueur et Cambray, fut fitire la moitftre généralle de toute la gendarmerie et cavaHerie fhmçoise, et la voulut le roy advrâer assez long-temps, recevant un incrédible plaisir et contentement pour se veoir suivy et défendu par une si grande et -courageuse noMesse, soubs laquelle sembloit que toute la terre tremUast et s'humiliast ; et croy que ceux de Cambray estoient en doute de
eis
PRANÇOIS DE RABOÎIN,
Y^ toHte feftfî «ftiiNm9i9 owv0rte d'wê %i §rande et ifuriei^e fimiée, ^ peoapi^* alo»i que aoQfl » esté rapporté» que mus df dogfoos et estions là atteodftas <|oç ops gqos de pi^ et ^ii^ges jBttsseot ge^ié advwtage et paesé la fivièr^„ qar, m^m «u«iu>es eoinpi^mes de l^qsjtre d^valterie L^ère à la g^e et deiao^- Yfirte, reaveyèrent feirp rapport qu'Us av<iieot descoivert pitès de qwtre k oioq mille cbeyw^ et grand contre de gsois de pied, et teur seipbloii que tout k jcamp de Tempcareur marfîbpit, tei^nt le eheipia pour venir devers |Cajp9bray. Dont imissî test que fusmes au iogi«, ^\ fftusmes posé les araies, de maîB en main on nm^ adyerti^ de nou^ tepir prests et mettre fp devoir de recevoir la bataille , qui ce jour 4i^tirémea]t nous seroit dpnuée. Et estoit tout )^ conseil d'Qpiuiou que les devions plustost çim^ttre à ù eapopaigne, que leur permettre f t donner loisir de se venir fortifier si près de P9P8, avec Tayde et secours de ceste posse viUe, et qu'autant 4e inal nous en pourvoit advenir oomme au protestiuM de toute la j&ermai^ devant {nghil^tat. Pourtant M. d'A9fnalle soudain remonta à ehaval avec la cavalferfe légère à œ qu'il s'asseiu^t mieui» de la vén^ ; et trouva que l'armée impériale s'estait remuée en délibération de venir camper auprès 4^$ Cambc^y, 4iak que l'eaopereur, Ayant 9ceu que ne Ihh^îcnp d^ là, craignant d'estre mis m contrainte de con^battre à son grand déaa- . Vf^f^àge» se logea m un autre lieu, prochain du premieTi a|4>eUé La Neuvillci qu'il £ait soudainement renforcer de tranchées du. co^é Kiu'il n'eetoit flanqué de la rivière. Ceste nniet, fÊ^ diverses fois funenH envoyées quelques ^i^fcnpagnies de cavallerie légère^ et celle de gendarmes de M. l'admirai, pour \m tenir deitens leur fiMrt en continuettes allarmes jusques nu poinct du jour du lendemain, que M. le connestable, avec ta pluspartde la g^ajfmerje 4e l'avant-garde et deux régimens de fiuçlerie A*anfOiise alla de près recognoistre et venir a'Uy auroitmoyen de les forcer dedans leur fort , 'OU de les attirer et donner oocasipn de snrtir ^ mm U trouva cela fort dilKcile pou^ estre ce iieu de deuit eosléa enclos.de la rivière» et aux a«tres bien fortifié et rd^ de trancbé^s^ Yray eit qu'en s'en r^<>urnai<kt s^apperceut de quel- 4|ues vieilles toivs, où aucuns des ennemis s'es* toiaot logés deçK leur camp« tant ppur faire
guet, que pour «odpmmager nos fesrragaurs : dont fut arcesté ce joivr mw^9 d'y mener le cation et les batiU-e» et, par ce iBiayen, inciier f emperrar de sertir pour l0s garder ^ défisndre; etdepuia git rapporté qu'ils les avnîeat qpIiUé^s, et s'estoient retirés dedans leur fort. Dontce fiitla troisiêsme fois que nous pensions en ce voyage ànÀr la bataiUe ; et croy que, si l'empereur eust esté est aussi grande volonté de la recevoir que le roy estoit de la luy donner, nous ne fiûssions passés plus oultre. Toutefois» pour luy présenter toutes les oecasions desquelles se pouvait adviser^ «ussi qu'on dontoit la descente des Apglois au pays de Boulonnois, estans jà parbit le mariage du roy d'Espagne et de leur royne, le roy déllbéca fisire acheminer son arfoée ceste part, ou, eekm que la commodité se présenteroit, asaiégeroît une des places de son enneoo^y, à oe que, s'il se mettoit en campagne et faisoit ^ont pour la vouloir secourir, l'empereur fost contraint de le combattre.
Ay ans donc s^onmé quelques jours à Crèvecoeur, près de Cambray, le deuaiesme d'aoust en partismes, et) ce jour meame> vinsmes camper à Qpdrecourt près Le Castelett de yioy l'evpper^r adverty , lev^ aussi son année (te lit Neuville, et^ prenantlechemin.v0rs AirajS,a'aUa parquer en un lieu appelle Marteau; puis, le jo^r ensuy vaut, allasmes à Mcpmencuurt, à deux lieues près de Péronne, et le lendemain passasmes devant ]^apaukne, oîi fiisines salués d'infinis coups de canon. Toutefois, noetre armée n'y séjourna longuement, pour rine<|mmodité que nou^ avions d'y pouvoir recpuvrer eaue, et escarmouchèrent seulement nos cbevaiux légers quelque ten(yis devant ceate place, pendant que tioute l'armée dévalloit pour camper oe soir le long de çeste petite rivière» au dessoubs de Miraumont; d'où partismes le fendemain, teaans le chemin à main droite, le long de la lisière de la cointé d'Artois, où peusines venir à l'eail le paerveilleux déga^t que l'année du prince de Ia Roche-sur- Yon y avoit fiiit, pluaieurs beaux chasteaux et villagfes ^ocore fumana, les bMs et iruicts de la terre abandonnés et mis à perdition; qui sont les misères et calamités que les guerres et dissension^ ep(Un8 les granda princes apportentaupauvrepeuple. Cesoir^çimiuîeaane d'aoust, cttupasmes à Paz en Artois, où quekigà& cavâeric 4e la gnmisop d'Ame» tnyvaDt
GUERRES DE BÉLfciQUE, LIV. VI.
le pays couvert, et lès bois qui sàùt cûtrt (fecrx, entreprint de voiler qneîqnes btrtîns éur nosti^ (ïoeue; laquelle, rencontrée parnostre cavallerîe angloîée et escossoîse, fut desfctîte, et la pluspart de Jeur^ soldats mis à pied, et autres amenés prisonniers, dont fat récompensée la perte de Givets. Le dégast ftit poarsnivy et continué jnsqties auprès de Pabbaye de Cercamp, où commence la comté <ie ftiînct-Pol. Là séjonriïasmes deux jours pour beaucoup de raisons, pHnéipalement pour ce qu'on âvoît délibéré et résolu d^àssiéçer le éftàsteaù de Ranty. M. de Vandosme paHFt de ce Heu avec gendarmerie, cavallerîe et bon nombre de gens de pied, avec quelque artillerie, pour aller devant le sommer; aussi pour sçavoit s'il y auroit gens dedans celiiy dé Foqucmberge qû^l déHbéroit forcer avec tous les autres petits forts de Tenviron; pour cadse aussi de faire amenet^ plus grand nombre d*artillerie, estant la ûostre partie ésventée et démontée » et beaucoup de pouldres et munitions consumées dans les vffles et chasteaut qu'on avoît prinç.
Le huictiesme d'aoust, au départir de Pérvan, près ceste abbaye de Cercamp, traversasmes toute la'comté dé Sainct-Pol, laissàns Dorlans et Médln i mairi gauche , et Thérouenne à la droite; et, le jbtn* énsuyvant, vinsmes camper & Pruges, où, dès ce soîr, fct de rechef sommé te chasteau de Ranty, et résponse ftiHe par le chef qui estoit léans qu'il ne le retidrôit jamais, s'asseurant du secours qu'en bref Pemjpereur hiy amènerôit. Lequel estant aèfeoré dé la venue du roy en ce lieu, et du vouloir qu*ft avoît de lay donner uh merveilleux assault, tant pource que ce fbrt est grandement préjudiciable au com té de Éoulonnoîs, que pour essayer sll se hazdirderoit de le combattre et chasser hors de son pays, estoit parti d'Arrafe, où avoit fait la reveue et monstre de toutes ses forces, avec lesquelles s^estoit approché de nous jUsques à Thérouenne le vendt^y au sbh*. Mais lé roy, Cognoissant sa délibération estre d'Aller occuper l'autre cbstê de fa rtvîère, Kfeu fort, à mnon de la fonceur et largeur des bots qui s'esféndent bfefi avant dédains ces pays, desquels hiy pourrolt venir tout recours, tant de vivres, soWats, que toutes autres munitions, et que, s'estant là fbrtfflé à nostre présence, pourroH ordinairement secwiilt et itaifbrccf ce ëhwteati de gens et de vivres, él de te^ii tmêêè&épp^
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et empeschèr Ms ùoeti*es, advlsà, ]pour le phiéf seur, que M. lé èôhnestaWe àteé Tavant-gartfà pasberoit ééste part et se fcrtifieroit dé tranchées, afin d'obvié!^ et prévenir à toutes abrprises, et pour coupper le chemhi aU secouirs' qui poufroit eStre envoyé poui^ se jetter là-dedans; et furent faits ponts de batteaux sur ée petit ruisseau, à ée que plus ftcilement M deux camps se peusseàt séizourir Tuà Pautrè^ et estôît toute la cavallerie légère campée à*Foqûemberge, dont estoit tellement ce ehastéau enveloppé, qu'un serf homme n'y eust sccu entrer sani estre descouvert. Ce néantmoins, pour mieux acertencr l'empéteut de ce siège, on ftit afftatei^ sur lé hauh de la montagne, du costé de Montei^l, quatre côulevrinéà poùi^ commencer à battre les défenses, pendabt q^W falsolt avancer là grosiié artillerie prlhsë et amenée de« ville* de dessus la rivière dé Sotatné, qli'oh afnena tm peu tahl, et l'etii^éa tttm seulement lé sumëdy au toir, auquel à toute diligence et solicitucfe ftirënt faites les appfoche* pour la mettre le lendemàîh eA batterie, non shtii y estre tirées infinies barquebusàdes, dont y Ait blessé le* capitaine Vàuguedemars, l'un des plus anciens et expéi^itt^éâ capitaines des vieilles enseignes.
Il est vraysemblable que l'empet^etir hri é«estoit en grand dovté et pensement, pont se reo\t hors de tout moyen et ëèpëir dé pbdvèir ftdre aitrer citi i^eul homn^e ùeSàni ceèhasteau ; âus^ ffatli co^noissoit aVoir àfRih-e à uii roy très puissant et niagnanbne, qui lÀ'avoit entrepris telle besongne sans estré certain et bien asseuré de ses forces. Mais à h fin le regret et honte qu'il avoit de laisser ainsi destrùîre et ruiner son pals, et devant ses yeux prendre et forcer ceste place, te mesièrent tdiement ensemble, que, se faisant entiemy de sa peur, i^ésolut tenter fortune, et faire totis ses eflbrté, quoy qu'il eh peust àdveitfr', poui' la secourir et gàrdeh PotnrtÀnt ce jour h^e^e vînt camper ùné lieue ptès dé uou*, néahtmoins ^ue pour cela nostre artSteriene cessa de battre ce chasteau ftirieusement par deux endroits, sçavoir r celuy de M. le connestable et cehiy du roy jusques sur le bord du fossés qui battoit uii boulevert à main gauche et une tour ronde dedans le donjon à la droite. Oa tlroit aussi du hault dé la atiohta^, un peu au dessoubs du cûâp été SiMiès, àvéë qà^m oMiIeVrinès,
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FRANÇOIS DÉ RABUTIN
pour rompre les défenses; et ne £anlt douter que ce chasteau ne fiost en peu de temps autant impétueusement battu et canonné que fut jamais place, qui molestoit et animoit tellement Fempereur, qu'il délibéra pour nous lever de là, s'approcher encore plus près; et ^ vint loger sur le hault en la plaine d'une montagne, entre un petit village appelle Marque et celuy de Foquemberge, où y avoit un grand vallon, large d'einiron cent cinquante pas, et pour le moins creux d'autant, qui faisoit séparation des deux armées, et la vallée d'un autre costé, où décourt le ruisseau qui fait un marets, et abreuve l'environ de ce chasteau à main droite et un bois à la gauche, entre eux et nous, au dessus de Foquemberge, appelle (comme on m'a dit), le bois Guillaume, que l'empereur délibéroit occuper pour puis nous empescher de donner l'assault à ce chasteau et nous contraindre à coups de canon, qu'il feroit tirer dans nostre camp, de deslôger et abandonner la place.
M. de Guyse, qui commandoit en la battaille, avoit toute ceste nuict veillé, comme aussi avoient fait le prince de Ferrare, le duc de Nevers, l'admirai et le mareschal de Sainct-Ândré; et, s'asseurant que les ennemis ne foudroient de venir recognoistre ce bois pour s'y loger, y avoit mis environ trois cens harquebusiers qu'il avoit embusqués dedans aucuns petits cavins, et quelques corselets qui estoient à plain (jlescouverts, afin que les ennemis, s'adressans premièrement à eux, se trouvassent enfermés et mieux à propos pour estre battus et tirés de nos harqud)usiers, comme il advint ; car, peu après, approchant le poinct du jour, eut advertissement des sentinelles qu'ils avoient entendu grand bruits et avoient descouvert quelques mèches d'harquebusiers ; que luy mesme, ayant puis après attendu et apperceu, admonesta les nostres qu'ils ne se descouvrissent pour cela, jusquçs à ce qu'ils verroient leur portée bien asseurée, et sur cela se retira au corps de guet, qui estoit plus reculé en la plaine devers nostre'camp. Dont tousjours s'acheminans les ennemis, et avec cris tirans de loing harqnebasades, entrèrent dedans ce bois, qu'ils suyvoient, selon le rapport que leurs descouvreurs leur faisoient tant avant, qu'ils furent enserrés dedans nostre ambusquade, que n'avoient encore descouvert. Parquoy soudain nos harque^osiers toi|s d'un coup deschargè-
rent sur eux, qui les estonna fort; et se trouvans plusieurs blessés, oommeocèraat à fuyr et tourner le dos ; et bien leur advint que le jour n'estoit encore guères apparent et que le temps estoit couvert. Cependant on ne laissolt loaguement refroidir l'artillerie, et fut dès le commencement du jour continuée la batterie beaucoup plus furieusement qu'auparavant; de sorte qu'en peu d'heures la bresche s'ai^re»toit de chacun endroit presque raisonnable a donner l'assault. Dequoy l'empereur adverty fut tellement fasché et despité , que ce jour mesme, treiziesme d^aoust, envircm midy, feit descharger une voilée d'artillerie pour advertir ceux de dedans d'avoir courage, et de son secours ; puis, ayant résolument arrestc de nous donner la bataille, contre l'advis , toutefois, et opinion de plusieurs princes et principaux de son conseil, prépara dès-lors et feit mettre tout son camp en ordonnance, délibéré jHremièrement de gaigner ce bois, et par toute sorte et moyen en chasser et mettre hors les François. Dont ayant choisi de toutes ces compagnies de gens de pied environ troi^ ou quatre mille harqudwsiers des plus expérimentés et mieux asseurés, quelques corselets et picquiers pour les soustenir, et environ deux mille chevaux et trois ou quatre pièces de campagne portées sur quatre roues, qu'on pouvoit promptement tourner à toute main, et depuis <mt esté appeUës pistoUets de l'empereur, feit marcher droit dans le bois la cavallerie légère soubs la conduite du duC4fe Savoye, et les harqudnisitfs soubs celle de dom Fernutid de Gonsagues. Le long du coustau, près de ce bois, en descendant sur Foquemberge, marchoit un bataillon d'Allemans conduit par le comte Jehan de Planasau et le mareschal de Qèves, au flanc duquel suyvoit un ost de reistres d'environ dix-huict cens ou deux mille chevaux à la conduite du comte Yulfenfourt^ qui avoit (comme m'ont dit quelques prisontiiers) promis à l'empereur de passer ce jour sur le ventre de toute la gendarmerie du roy; et, pour mieux ce faire et nous intimider, s'estoient tous faits noirs comme beaux diables, et estoient suyvis d'assez près d'un nombre de cavallerie légère d'environ mille ou douze cens chevaux, avec autres quatre pièces de campagne. Les harqoebusidrs donc, ainsi entrés ea ce bois, rencontrèrent ea (I) woMraiq ée Schwartaernberg.
GUERRES DE BELGIQUE, LIV. VI
teste les nofitres trois cens, aussi frais et en aur tant bonne volonté de les recharger qu'ils avoient foit à la première fois, dont se dressa nne foriense escarmonche. Et, bien que les ennemis y arrivassent en trop plus grand nombre, ce néantmoins les nostres se portèrent tant valeureusemaat, qu'ils les arrestèrent un long temps sur cul, dont y demeura beaucoup, de chacun costé, de morts, blessés et prisonniers. Entre autres, des nostres y forent prisonniers le capitaine Fort et son lieutenant appelle Courcelles. Sur ce, M. de Guyse, prince d'incrédible valeur, qui avoit dès le commencement entrepris la défense de ce bois, et qui estoit présenta toutes ces factions, ayant considéré tout le dessein des ennemis, en donna advis au roy, et que, selon leur contenance et la foreur avec laquelle ils venoient au combat, luy sembloitque ce jour ne passeroit sans bataille. Le roy lors estoit en la plaine deçà le bois, qui pouvoit estre d'estendue environ cinq cens pas, e{ de largeur de deux cens, où feit mettre en ordonnance les bataillons de ses gens de pied , pour les situer en lied commode et aisé à combattre avec la gendarmerie à cause que ce lieu estoit assez mal propre pour les deux ensemble, selon qu'il avoit, avec M. le connestable et plusieurs princes et capitaines, le jour précédent, d'un bout à autre visité et recogneu. Toutefois, pour monstrer visage et fiiire teste à l'ennemy, on y logea l'un et l'autre le plus commodément que fut possible. Dequoy ne puis asseurément parler, pource que le prince nous avoit menés des prenniers à la charge, dont n'eus le moyen de le pouvoir adviser ; vray est qu'après j'ay entendu de quelques capitaines que le premier bataillon de gens de pied estoit de François, le second d' Allemans et le troisiesme de Suisses, qui se suyvoient l'un l'autre, avec les régimens de gendarmerie ordonnés pour leur flanc de la main droite. Et pource qu'à la sénestre y avoit une combe ou vallée, qui depuis le quartier des Suisses devers Foquemberge , que devers le bois, s'eslargissant faisoit un coustau assez facile, tant pour y loger gens de pied que de cheval, en TestaMlue de ceste plaine on avoit assis la pluspart des autres régimens de gendarmerie pour Fautre flanc ; et tout au devant, tirant vers Foquemberge, estoit M. <f Aumalle avec toute la cavaUerie légère et quelques harquelyosiers a pied, pour combattre sans qu'ils tins-
sent ordre, afin de donner advertissement si les ennemis descendoient par ceste advenue. Et cependant M. de Guyse ne pouvant avoir promptement response du roy, pour attirer les ennemis et les amener en lieu plus à nostre advantage, ne voulant aussi perdre ces braves et vaillans soldats, et qui avoient desjà fait tant d'armes et si bien leur devoir, les faisoit retirer de lieu en autre, par les traverses de ce bois, les soustenanttousjours avec quelques compagnies de cavallerie; qui augmenta tellement le courage aux ennemis, que, s'asseurans de la victoire, feirent dUigenter et marcher leurs bataillons d'Allemans, qui les flanquoient tousjours du costé droit, selon que leurs harquebusiers s'avantageoient sur les François. Et lors mesme dom Ferrand manda à l'empereur qu'il feist haster le reste de son armée, car l'avantgarde des François estoit jà fort esbranlée et mise en désarroy. Dont incontinent suivit l'armée impériale, et passa ce vallon au-dessus et à l'un des coings de ce bois, où luy-mesme se trouva, ainsi qu'on sceut puis après.
Et lors M . de Guyse eut response du roy que, si l'occasion se présentoit de recevoir la bataille, ne la refosast point, et que de son costé il estoit en aussi grand vouloir de combattre que le plus vaillant de toute son armée. Parquoy mondit sieur de Guyse se vint rendre où estoit son régiment de gendarmerie le premier de tous, en ceste plaine devers Foquemberge, où commença, avec une grande douceur et un visage riant etasseuré, à remonstrer aux gentilshommes de sa compagnie que le jour estoit venu auquel fortune leur présentoit, en faisant service à leur prince etaagmentantleurhonneuret estimation, de se faire à jamais redouter et craindre de toutes les autres nations du monde, et que le roy s'en asseuroit tellement, qu'il vouloit honorer ceste glorieuse victoire de sa présence ; laquelle les enflammoit et animoit de telle sorte, qu'ayans invoqué le nom de Qieu, et recommandé entre ses mains leurs âmes, chacun s'appresta à bien et fidellement vouloir fitireson devoir, estlinans que mourir pour leur prince et la républicque, de beaucoup seroit plus honorable que la vie. Cepoidant M. le connestable passa la rivière devers nous avec un régiment de gens de pied du capitaine Glanay ; lequel feit quelque peu cbangerle premier ordre, et retira devers Ranty le bataillon des Suisses, qui , selon leur ancienne
FàANÇOTS DÉ RÀBUTIN.
constume , envoyèrent demander au i*oy gendarmerie ponr tes soustenlr. Ausquets !è toj mesme feît response que c'éstoit luy. qui en èè jour vouloît vivre et itooui'îr avec etri, et qu^l g'àsseuroît tant de leur prouesse et bonne volonté, qu'il délibéroit ne teé point âbandonnfer, lesqueb estîraoit comme iei parrîù* et fidèles amisdehiy et de sbn royaume; dorit fàreht tellement eschauffés leurs cueurs, qu'As tfavoîent autre intention que de virilement Combattre pour son service. Dequoy le roy se contenta grandement, et depuis a donné ordre de chevallerie au sieur de Mandosse, leur généra!, et aux capitaines Théodoric InderhaMen, colonel des cantons, et Pétroman Cléri, colonel des villes, etau8ieurd'Anois,qui depuis a éstépt)ifr Sa Majesté ambassadeur devers les Grisons.
Les ennemis lors s'estoîént tellement avancés sur nos getis, qu'ih les aVoîent reculés et rais hors de cé bois, tant que leurs harquebùsiérs commençolent à sortir aufroài ife nost^é jremteir bataillon dés François pteA^ I se joindre et aborder, et tiroient dedans eux avec un meN veilleux bruit lé long de ce coustau. Leur bataillon avec leurs j;)îstolliers de cavaHerîesfestôit approché à cent pas de la nostré, cl ne restolt plu» qti'à Chocqàei* et donnée dedanà q^stnd M. deCuvsedônria signeà M. dëNemdtirspouir, avec son régiment de cavaBef ië légère, chai^ger sut- Pun des coings d« ces plst6Wîers, et sw l'autre feit aller le gùléon de ëa cotnpagnfe et éeluy de M. de Tavannes, pour dôtiner en fhmc. Dont commença un rude et forîeui combat, et Airent à la fin les nostreè rudement repdubés, le jeune baron deCurton tué, le seigneui» de Randan fott bleèsé, et son lieutenant, nommé le siéigneur d'Amàniây, qui dépiiisen ^srt mort, son porte-cornette, nomriné le sieur d^Avéftcë, fort blessé, et soti cheval tuésoub^ luy, lé sieur de Forges, guidon de hi compagnie de M. de Tavannes, tué, lé viconite d'Auchy, g^alàotï de celle de M. de Gtïyse, fort blessé, et d^autt'es vaîllans hommes de toutes ces compagnies, comme le Û\i du siëui* de Piedpàpe, te sîeur de Jfoui, le jèuhe feourtlilly , te Jeûné Branchés, et plqsieurS autres; ce que éontm cueur tfut éft-^ liemli de mieux espérer qi^ jàriiàis. MaW M. dé Qnisë et lé sietrr dèTavanhës àtifané fêofiM à râiAassSes leurs trôupéài ausquètfes se vitit Joki^ dre M' «PAumalle âVeè (6ûtëlàëàVàlleHë»^k*e, cmnThencèrènt tbu^ d'tih fl-^Mk i^ àit4è«»él«è^
léÉ chai^r, qu'ils ouvrirent et efltofeèèrënt fe pIstètieW, tant (Jù'etftt-ihesrriS roftipl^ent après le bàtailteh dé leurs Alfarfiàns } et M. de I«le«rt, qui avoit son régiiient esrtèntfû te Tortg du cbtii^ tau deters Rârity, passa entré fe bdtàiQohf fk nàs ÀRemani et celuy deé Prtnë6fe, èî éh focfliS donna dedans toute Phatquebtiserie esjMi^ollë, qtif ësfoft, avec quelque âtValléHe, àârtié bori du boiêi, de telle Impétuosité, qttétèus fti?eiït referveraéà et mii & Vâu de fotite, et ëri tel désordre (ifiiMls tôuniîfèrént te èoi pour fhfé et se jetter dans te bols, où furent pWnses é( levées dix-sépl enseignes de gens dé pied, cln^ édhne<te^ de cavâHerie, et quatre pfèçes d^ârtllïetlè de èâmpâgne, qtJfàù trouva âbandbtiTiéès fe lohg de ce' cètislad. Lors M. Pkdmi^àl, qdi s'éstoH mfs à pied te ^rèihier dévafii lebatâTIloii dés Prançôîs, feit sorti? déSràhcsèfertàliihoflrbre de AoHats pouf tbuigouW ^lïwuyvt^ (à vtetoire; fe^uels ént/ans décfân* ce Kàfs, do commencement féirehï uh ^GiS meurtre ël occisTon des énhéiiVls, les pasMîrs tàxrà par % trenchant de léur^ épéfes, et âyaûs 18 trôdvé les pistolets de Pémperéur, lés iihërièifenf àti fcy. Les compagnies de gendarmerie pbui^u jrvoîeât la victoire fe long; de ëè côbstàu et' la If^r^ dtt bôfs, meismemeht Fà èavalferlë U^Hé et là contpagnîé de M. de "ftivàhnes, qdi dévalfëifent;fasques atl fond dé èé vÀlloh, où aussi fét â^^ urt grand nombre de éeùx qui désééïkfîrept âà ce bois pensans gaigner leur camp. Lei Àulréâ compagnies s*arrestèrént Kur le hiuH de ce val- Foh, ÉQT lesquelles comniença Incontînèîat à tiret* l'artillerte de Pempei-eifr, qui èstoU deraeàfèe sur l'autre biord, dé sôïi costé, poui* ddnnèr linéique peé dé ftlvéur et la retraite de ^ gens. Mats peu après la nostre fut athenéé au coin^ du boi^, qui soudain là feit reculer et osté** a*(A eHe estoît, et Mirer plus arrière tes bâtaiflons de geiië de pted, qbl s^estoient jà réalHés sù# jce haut eu la plaine, attendons ce qài êi^enârc^ du surplus. Et ftiisolt Pémpereui* èh extHstne diligence lévc^r tilanëhè^ et fWlîfl^ iùA camp, se doutant que te {k)drsuyWi(ins dftvantagé, eoinmé Je ét'ey qa'cftiisîoht fktt si là noW afe^st esté si pi(6c1)àfnè, HusSI é^à^éA ne tûéMl peJt tfè^ «éBtér nbOré t^thilè, àjkixi déëiisioà Ae néos (Contenter âë M bontwé et h&SnorêiSk ièisue de e^ê bataille, en IwjfueBëla gendarthè^ riè m MyiOMtiédé frë&àé tMjgiê^tâ tériemëht sor wv Ou es^fflaifOii, que les cmtciiiM uOcsoieSf
GCEttllÈS Bfi BELGIQUE, LIV. Vl
qw pftr eHe flonfesaotent atsir esté nnxipiu et ^Mfaiti^k tenait montime h pfauescMM^etooiimseoBû qu'il seroil pMsiMede pcnaer» Les tXNn- .jMigirics de gen^larineric ét^ dues de fitiyee, de îievers et de Bouilloft et do sieur de Tavasnes fcimt ks premières qui comhatlttieQt, d<mt le TQj M coatenu de lette aorte qu'il ùtk^ ce'fmr jaoiàsme, cbevaiieiieleii capitaînèset membres d'i- .«telles^ entre itatres^ h sieurde Tiram^es, lequel îhfiBOora gntndfsment^ et luy donna l'ordre que Il portoit à soh col; etewérs lesmntrea usa d'une ^ande lywnihé, j^riooipalement envers oeux qui luj présentèrent les aiseignes^ oemettes, •f itftttkiHe qu'on avoit prise ou trouvé abanlionnéew
Aporës la bataille inie, nos oiipîtames fiiirent Rvenes de Içurs bandes po«r a^toit cmoL qui é^woienl esté tués ou blessés ; et fat trouvé des fioaires estrè n)oits environ deux cens ou duuie Tîfi^, et de ceux de l'empereur, ainsi que depois nous mkt dit aucuns prisonniers, environ 'dix-buiot ceÉs 6u deux mille. Et fat la mesléedes F^an^ois au «omtnenoement si faneuse que , >aan8 respadt d'aucunes personnes, et s'amuser aux prisonuiere, tous ceux qui se présentènut «•devant fareiit taillés en pièoes; dpnt le duc , lia Sav^ye et dom Ferrand, pour se sauver, nbandonttans leurs obefvaux, se jettèreot haslivfment dedans le fart du èois, eu se tindrent m fangnement oaehés, qu'an fat longtemps sans apavoir nouvelles de dom Ferrand,*tu)t ^'on la penaeit mort ou prifannier; et fat ramené priaonaîer un colonel d'AUemaas, que un de nos Juunqiiebufflers trouva dedans ce bob fort blessé, qiiif cecogneu par le bacon de Fofttenay, mou- 'Hit pes de îaars après entre ses mains. Un autre qi^pâtatne espagn^ nommé k seigneur deCas- 4rea> qui ae dîMit avusr estépage de M^ l'admis . nait-qu-on avait ébaEpdoniié paur daort, fut atijsi mnené par im df nosàaijqiîebusiers, auqdel On fait«ibantiaiÉemettti|u'à peadejoul^aesplayes /eatans an bonne (bq>oBition, àbicsipielita rin- •çan k renvayatmes et fnsmes Pfoonfiuire jusliaeaibdans le ohaaieau de Ranty . Aussi fat fait prisonnier un fenlilhomaae de grande v«mi et af^ynôr^ de la chambre de l'empeoeur, nommé la simr de^Uf^ qui diepnia s'employa àmbyea- ÉMT one paix an trènes mxtreeea deaix prineea, «a dîne, tootefais aie fay fat poestUe de faire.
Après tfua ktMy avec la bataille ae fas ntirè «D aoD pnaîçr lo^ M. lennÉaiffiitahlii
ce poir dedans te bois avec toilte l'avant^arde an mesme lieu où le Seigneur nous avoit dom^ la victoire) avec peu de repos^ poaree que toute fe omet nos eiineans se tindrent m bauille, et estoient les deux armées en doute l'une de l'autre |ci|r nous pensions que l'empereur, autant tiourageux et magnanime qu'onoqueS César fat, n'endureroit telle honte sans s'elforcer et mettt« «s devoir d'avoir sa revanche. Mais luy, se voyant affi>U>Iy et tant défavorisé de fortune, eognotssant la puissance du roy^ craigwlit que ne retoumissions sur euj pour du tout les desfaire et accabler ; et pour «e, en extresme diljg«9oe faisait rehausser et renfermer son camp de grandes tranchées, qu'on ap)perceut le matin ^tre fort avancées. €e néantmoins, ce jour, le rvy , afin de parachever la pArtie, envoya M. le eonoastable pour reoognoistre s'il y auroit accès et mayen de les aller chercher jusques dans leur fort; qui luy donna advis de ne le pouvoir faire sans danger d'y perdre un grand nombre de vaiUans hommes ; par quoy se passa ce jour paiaibiement de chacun costé, eontiMant mu* tesfois tou^JQurs batterie devant ce chasteau jusques au soir qiss l'empereur feit descharger toute soti artillerie, en signe d'allégresse et resjouifisam^e des bonnes nouvelles qu'U avoit re- Qtu de la derfaite dn seigneur Pierre Strossy, et grand nombre des nostres au pays d'Italie, Lemercredy ensuyvuit,qoinziesme de aoust, tant pour ce que nous ne pouvions plus reeouvrer vivres pour les chevaux, que pour changer d'air, qui desjà ef toit infecté et corrompu de la puanteur des hommes et chevaux morts, dattt s'eofendre communément la peste et autrès maladies conugieuses, aussi ape le roy ne YOokMt perdre devant si p^tepiaee et de nulle valteur tant de braves bon^raea qui le suy« voient, desquels se veult ayder et servir en meilleure affaire^ fat arrest^ et ccHidod par le caklseil que devions décamper et desioger de là. De quoy tantesfois ie roy Toiifat premièremeat advertir l'empereul*, et kiy manda que ce n'estoil pour doutes de \af, et que s'il le vouloit apseurerde le venir trouver, Tattendroit quatre h^iwre» entièMs .pur le ehinnin^ comme il feit ; tar > après avotar feit partir Umss les bagages et otuiriils, toute neutre armée demeura plus de trois beures en bataille au mesine heu ou le )nady auparavant noos aviona eond^ta. Et le paraunne ne ae pvésenloît, et gue iea
FRANÇOIS DE RABUTINa