XVI- çiàpu, La PI. fi U fL
guerre, advenfles et exécutées es premières saisons de c^ste année 1555, tant par-deçà qu'en Italie et Piedmont, pour soubsmettre au jugement de diacun le bonheur qui accompai^it
FRANÇOIS t)Ë RABÙtiN
adone les François dans là plospart de letrrs en^ treprises et expéditions militaife^, nonobstant diverses traverses et contrariétés qnî lenr é«roient advenus, selon Tinstabilité et inconstance de Iâ fortune, ne départant ses biénfitits et îk^ ycurs sans y entremesler le pins souvent de Fàfgreor et mécontentement, je reprttidfay tnaLin-' tenant le droit fil de mon histoire, suivant ma première et proposée intention, ^l c«t d'èàctiré plus amplement ce que f anroiîl veu et scen Cer* tainement en noslre Ganle bèlgfqnc* (Jo'ès Antres endroits de l'Earope, sinon là 06 11 tonibètoit à ph)pos, et qn'y serôis contraint ptnît fat nécessité et éclaircisseiaeùt de Phîstoire.
Ainsi je recommenceray ce hnictié^e Hvtié par ce qui est ensui vy sur la fin et dernière sai^n de ceste dite année et au commencement de l'hyver, pour fermer une ooncluiion et faire pàroîstre que le succès de tous ceii effects, comme depuis s*est apparu, fut cause des trefves accordées entre ces gratids princes, desquelles aussi, en continuant, nous dirons les catise^ de la rupture, et les maux et malheurs qui en sont advenus. Estant donc passée la saison dé Teàié et d'automne, jusqucs àla my-sèptembrè que le prince d'Orenges avec l'artnée itopérialé n'a voit rien entrepris de grande importance, s'estânt tousjours tenu fermé et resserré, tant hs fbrtë de Givetz qde de Philippè-ville ; après âtîsSi qtre nos forces, bien départies en tous endroits ou il estoit requis, pour remédier à toutes Surprises, eurent longuement attendu et temporisé pour veoir Hasue de la délibération et dernier exploict des ennemis, finalement la dètrte qu'on avoit eue d'eux si longuement vint à estre esclaircie, et cognut-on que^ la crainte qt^ilt avoient de perdre leurs nouvelles fol'tîflcâtiôni les faisoit tenir ainsi forts et unis pour les favoriser et attendre le temps qu'elles fds^ent pouf le moins hors d'eschelle et en défensey et qu'elles poussent estre gardées à moindre despease et peu de gens ; s'asseunms poilr certain, et ooinme' ils Tavoient peu apprendre par la précédente escarmouche devant Givets, que là oàfaudroîl l'occasion de la continuation de l'œuvre, et que les François scauroient y avoir aucun défault, n'oubliroient à s'y représenter à^leur dpnjmage et intérest. A quoy sur tous les Namurroîs ef liégeois soUicîtoient fort le prince d'Orenges, et n'y espargnoient aucune déspense pour estre (i) lÀs proTinces septentrionales de la France.
bfentost désiebàrgés ^ feèstë ^feêM wmèé ^ffOÊ àtoiehtdè» hM^éih^ siir IM Wtkii et à«t tfm dé làqdëDe mtmki ki {itai tfl«^ êi &mm^ bûàUeÂV q6i ne IMf èSf vM sèlde^fltt ipiep09P lèé coutrir et é'6pp^PItut«MrMde« PAisml^ tint de imt de MaHéttAMVg que ie RîMoy èi fl[âiri)APC-FoiiClffMr: Avé6 tOtlt €f te %tt&9té §§ pl^bmettéleiH léH ë^etfifil^Két piâiALtft te U^àÊfê qif ils reiidi^ëieM M» M^f^M dt fef*êemÈé el ^u^iH né'us tièfifliWètit §tl èëfttuiifeliè svi^-^ eton dé teoAf déBbé^t36d§^ Itèerolt fefti êiMne^ i&iAf ordfnÂiretilênf (fi&SSèê ^ttÀstshê èft ttkftiÈi fld§ plàCes dèflbfisëMéi^ iâèt^metseilt à MftHMK boufg,- et hM ièxtif f ^kmpAiïitë et (SumsuaicI
irififtité de ifiHéÉ H fDMitfdaby 4}til SefOfôttt M àpm trèft dlfi^y ï téèdÉv¥er Mk y fièriàcm^j et beàuèoup jdtk^ ^6 ii «lix, ^of^ ^tokSUt idoût maistres dé là eànil^M^ et ^f aitMt t km dos tout leur ^aftf Skvérii d*M te%r trFMfëftt toutes ^yfoftsi6M Ëktik ftifèbâ OâlpêiiSlWnlMMi Tellémeht qu'ëiitàiM nM thy^t, «iqMl Mrtlt impéssIMè y ëdfidbiféUfOoV^ÉMnt tfl^ftAiJlleflMK) fecilènieht fétitt^m eflMèM et Mârimiiov^ et Rocrdyi éstitnê Aësji cMriéé «1 (A'épAréi Mff les fiettx; et ëfiAd léé kmma êi «etiret* à boi marché i <}uë, Ai iëà fH^cÂi AnsmfHm amie pour sec6ur^ àeë (Aàcé«i'et y tttfieiiér rfvtHi seroi t itéantmoiiM en Ik^ pdv^oir ieêè fcrtiflK^ et choiiiil^ Hecf advrillta^it: sW )epkÉÊBf^p(nsf M attendréf et etttfpeicHer. Tmm cet éià&êê venues à la cogntifséMhde deM^ deNévurf , aprM eti avoir donné àdver^issemem wi to^4 fat té*^ ^otu de (kite tift a^hatlleménf %^^Ai Martem^ boui^^ pkii9gnim4oiànip)eqi]0toiuileaaiKV8»
précédens. Lequel toutefois ne peut estre prest ny parachevé devant le commencement du mois dé novembre, pour diverses causes et relardemens que je veux bien icy spécifier, d'autant qile pIwieQft perstonnesi' tant gentilshommes qiii s'y seraient ttouvéSyiet qui y anroient ressenti pertty et ««pport^ travail et maladie, ou astres tfàea avuroient ony parler, se sont esmerveilléa po«rqu»y l'omattendoit si tard à le o^mmeûoer^ Sur g^« bult-il premièrement scavçMT qfx^f qur lepoinct qu'on advisoit et qu'ion préparoit tous moyens pour l'entreprendre, advint, qu'ua capitaine Beameu, de b^ Franchedomte, ayant quet^hè èHàr^é^cibfflfabihdédént dans th^iivillcpraf {cqûidë tfefoth^réf ilti dhaiitéau A deut tiéueS 0^ â!é M^k, àp^lèflé Efle^, a ia conduite et iûtélll^éù(^' â'ib^ pitfflSirtf 8<d-
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GUERRES DE BËLGlQpE» UV. Mil.
dat, ^i estoit du TiUa^ n^ej^poe ^e 1^ çompa-. |;iii^ des barqaeb\i8i'ers ^ cheval 4-^ capitaine i I^Dcqaes. De sorte qu*aû|e i^uiçt, ^I^tce capitaine Beaujeu et aiqénéet coDdi^tj^r le doigt dans ce.cbasteaa, et y eçtans entrés autres soldats ennemis, snrprindrent un gentilhomn)<e que le capitaine ]Lanç()ues y avpit prdonné poqr la garde, avec vipgt-cinq ou tirentf de s^ .soldats, lesquels il mit dèho^ sai]^ levur faire aucun dç^plaisir, et, se s^sissant de 1^ place, se dé^bérQit jpar-IfL appareiUer diverses embuscades et fatigues à ceux de II4!.ets ; faisant aussi quelque dé- ^monstfation que, pour cest efTect, ce chasteau i^eroit fortifié et remparé selon que desjà il faisoit seçiblant de remuer terre, jet seinoit un |)rujt (favour en brief plus jgraud secours. A ceste cause. M* dfe Sansac, qui estoit chef dans Mets , en l'absence de M. de yieilleviîle, fut contraint t^er des garnjpons de Thoul^ Vetdpn, Banville, Yvoy et Montmedy les compagnies d^ cheval et de pied qui estoien^ prestjes à esîre envoyées ^ cest a.vitaillement général, et, avec jcelles qui estoient à Mets, avanTd'entreprendre pluslging- 1 tain voyage, essayer de recouvrer ce chasteau ! qu'il scavoit pouvpir donner beaucoup d'ennuy et de troubles aux copamunes circopvoisines, et que; saQS contredit, ceux qui seroient dedans j|uroient Ip ^ranjd chemin ouvert pQur se présenter journellement aux portcjs de la ville, sçachans mesmement qu'elle seroit idesfournie de ses garnisons prdin^ires, sans p^Iejr encore (^autres secrettes conspirations ^i se pourroient trafiquer soubs cesi adveu, et, a la sollic^itation de ce Beaujeu, homtnecault pt subtil. 'PonrtaiPt, environ le commencement d'octobre, M. de Sansac, avec toutes les forces, qu'il peut mettre ensemble, promptement alla assiéger ce chasteap, lequel Içy fut rendu après avoir tiré contre enviroja qwtou six- vingts coups de canoi>. Voilà une des premier^ cause^s^ui retarda ravitaillement de Qlariembourg -, davantage, puisqu'il estoit besoing y aller si fort, que si le prince d'Orenges, lequel fay deqà dit avoir adonc une|ort puissante et bien complette armée près de là, se vouloit opposer et empescher , nous le pei:^ion$ et soustenir et contraindre nous ouvrir pa^^sage, il estQit prdonné que M. TadmitbI avec les garnisons de Picardie se joindroU 4yeç^es,nous. Ce que toutefois pe peut estre udt soudainement» pour estre adonc lesdites
soust^^ et repoulsé l'ennemy en averses courjjes rn'il .ftvojt entreprises sur ceste frontière. ^\n^\ ne pe^rent arriver qu'environ la fin d'octçbfe. Oultre tout cela encore, ce pays de Champagne et Réthelois, ou il falloit recouvrer la meilleure part de vivres et provisions qu'on vouloit mettre dans Marlembourg, estoit tant mangé et espuisé de toutes choses, et les labou- ;'eurs et villageois si las et ennuyés de fournir aux voyages et charrois précédens, qu'ils n'en ppuvoient plus , et à toute peine pouvoit-on trouver chevaux et attelages en ceste saison qu'on laboureles terres, pour quelque contrainte et menasses qu'on leur fist. Ainsi qu'on faisoit estât d^y en conduire un si grand nombre qu'il estoit fort difficile le pouvoir amasser en si peu de temps, et si propre qu'on l'eust peu souhaiter. Pojur résolution, il n'y eut ordre de pouvoir avancer cest avitaillement avant le mois d'octobre et commencement de novembre, combien que M. Tadmiral, avec cinq ou six cens hommes d'annes de son gouvernement, et les compagnies de cavallerie et fanterie qui estoient ceste part, se trou vast dès le vingt-deux ou vingt-troisiesme de ce mois devers Réthel et chasteau en Forcéan ; aussi fit le Ringrave avec ses vieilles enseignes d'AUemans à Montcornet en Thirasse. Et devers Mésières M. de Sansac s'approcha avec les sieurs des Pots, de Rabaudanges et de Haultcour, et les vieilles enseignes françoises
Ïjï avoient esté tirées des garnisons de ceste entière pouf s'y trouver, ensemble les compagnies de jgendarmerip et cavallerie. Le pénultiesn^e de ce îoaois d'octobre se trouvèrent toutes lesdites compagnies vieilles de fanterie françoise campées à Tentour de Maubert-Fontaine, au nombre de vingt-cinq enseignes, autant bien complette3 et armées quMl est possible d'estre, et celles d'AUemans de vingt enseignes campèrent en un petit villagç demi lieue de là. La gendarmerie et cavallerie fut logée à couvert es villages circonvoisins, comme à l'Eschelle, Aubiçny et autres. Dès ce jour mesme M. l'admirai afla coucher à Rocroy avec l'ayant-garde de cinq cens hoomies d'armes ; aussi firent les compagnies de gens 4e pied fi*ançoi$es. Et fut con clud que M. de Sansac, avec la cavallerie légère et trois cens harque.busiers à pied, et M. de BordiBon avec un régiment de gendarmerie pour les souistenir, passeroient encore oultre, et
ymiaong kn travaillées et harassées d'avoir \ diemiseroient toute la nuict pour recognoistra
I^KàNÇOIS DÉ RiBUTiN.
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lésbois, etdonneradviflde cequ'ibentendroieiit de la délibération de rennemy, pow y donnar tel ordre que l'on verroit pour le meilleur, et pour faire marcher ou retarder les charrois, qui montoient un fort gros nombre, et qui arri- Yoient d'heure à autre. Je puis asseurer que dès lors chacun commença à taster du mal et du travail que ceste importunité d'hyver a coustume dedonner , et ce qu'il promettoit augmenter desjà, pource que toute ceste nuict ne cessa de venter et plouvoir, estans les pauvres soldats et chevaux noyés et transpercés jusqu'au cueur d'une si aspre froidure qu'il en mourut beaucoup dès l'heure, et ce qui empira tellement les chemins qu'il ne fut en aucune sorte possible qu'une certaine quantité de charriots tous prêts à Maubert- Fontaine, qui dévoient suivre par mesme train, se peussent rendre jusques à Rocroy ce jour-là, distans seulement de Fun à l'autre trois lieues, demourans les uns versés et rompus par les chemins, et des autres les chevaux estoient si las et défaillis, qu'ils ne pouvoient estans tombés se relever. Ce qui fut à mon jugement une des principales causes de la longueur de nostre fatigue et incrédible peine, pour n'estre toutes choses prestes comme il eust esté nécessaire.
Le jour ensuivant M. de Nevers, avec autres cinq cens hommes d'armes, se trouva au matin audit Rocroy avec le Ringraveet les Allemans, d'où estoitjà parti M. l'admirai avec toute l'avant-garde. Et ne veux oublier à dire que, nonobstant la contrariété du temps, et diversité des mauvais chemins, toute l'armée tenoit forme et ordonnance de bataille pour la résolution que chacun avoit pris de combattre en ce voyage, selon que mesmement les chefis l'avoient asseuré à chacun, ayant souvenance d'avoir ouy dire à M. de Nevers, un jour ou deux auparavant, qu'il Moit que chacun se tint prest, et qu'on fist bien aiguiser les couteaux, qu'à peine l'on retoumeroit de ce voyage sans les desguainer et employer à bon escient, advertîssant et encourageant, par ces propos et plusieurs autres dignes d'un grand prince, ses soldats à ne rien oublier de leur devoir. A la vérité aussi tous les rapports des espions se trouvoient conformes, que les ennemis proposoient en toutes façons nous empescherde faire cet avitaillement, d'autant que si ceste fois^nous y faiffions, c'estoit pour tout l'hyver que ceste
ville demeurdt sans pouvohr estre tecoonie et munie, qui leur seroit un Cadle moyen de b recouvrer à peu de frais. Et, pour sur cela dire un mot de la diversité des opinions qui se tenoient parmy nous, des moyens que Fennemy pouvoit suyvre pour nousarrester et divertir, les uns disoient qu'il s'estoit fortifié au gué dfe Houssu, avec force arbres aUiattns et plessés*, et là, ayant attiltré force harqud)U8ier8, nous défendroit passer plus avant. Les autres jugeoient que ce ne seroit point là, mais bien k l'hermitage de Convins qu'ils nous préacaiteroient en teste leur harquebuserie et quelque ca* vallerie et reistres pour les soustenir ; et que, de l'autre part du bois, à Convins mesme, au heu où nous devions aller camper, nous attendroit le surplus de leur armée, ayant choisi l'advantage du lieu premier que nous, et que là se donneroient les coups sur le dq[>artemait da logis. Auquel lieu sepourroit encore retirer ceste première embuscade et amorce, de pas ai pas, si elle se voyoit forcée de nous. ToateCins il n'advint rien de tout ce que les uns et les autres en disputoient et attendoient ; car, ayans messieurs de Sansac et de Bordillon recogneo et revisité les bois et les chemins, ne trouvèrent aucuns ennemis nyempeschemens, et arrivé- rent le matin en la plaine soubs les bois, sur h descente pour alleràCouvins et à Mariembourg, sans aucune rencontre, dont il ad vertiiMt messieurs de Nevers et l'admirai, comblai (pie ceste doute et opinion de combattre, non advenue, fut cause d'un grand retardem^it et destoarbier de plustost avancer les vivres. Car sans cela on eust fait marcher oitre l'avantgarde et la bataille un gros nombre de chariots qui estoient desjà arrivés à Rocroy ; et cependant ceux qui estoient à Maubert - Fontaine eussent peu suivre la queue de l'arrière-garde, et arriver d'heure à Rocroy , pour estre conduits le jour mesme jusques à Mariembourg. Mais, pour ce qu'il estoit de nécessité que l'armée tint cest ordre de bataille, et qu'eDe se trouvast délivrée et non embarrassée s'il surv«iott afEaire, l'on fit arrester tous charrois et bagages à Rocroy «jusques à ce qu'on fust du tout certain de la volonté del'ennemy. Parquoy ne fut possible ce jour-là faire entrer dans Mariembourg plus de quinze ou vingt chariots de vins ei de brines.
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GUERRES t>E BÊtGlQÙË, LiV. Vllt.
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Ce soir éa dernier jour d*octobre , nous campasmes à Tentour de Convins ; les compagnies de fonterie françoîse forent logées sur les collines et montagnettes, devers Faignones, et la cavallerie légère un peu au dessus d'eux sur la descente du ruisseau, les AUemans au long de la lisière du bois vers Thermitage, et la gendarmerie, partie aux ruines du bourg et du chasteau de Convins et à Tentour, partie en la prairie au dessoubs selon le ruisseau. £t, dès rbeure, advint bien à ceux qui avoient eu la puissance, et s'estoient rendus si soigneux et pouvoyans que d'apporter des vivres pour eux et pour leurs chevaux; car en ce lieu estoit très difficile d'en pouvoir recouvrer , pour ce soir mesmement, d'autant que la pluspart des bagages estoient demeurés derrière, les aucuns esgarés pai" les bois, et les autres destroussés. Il semUoit, sur les vespres et à l'entrée de la nuict, que le temps se disposast à la gelée et froidure seiche^ ce que chacun désiroit le plus , pour estre plus allègre et facile à supporter que le temps pluvieux, sombre et mélancholic, trainant toutes maladies après luy, et mal commode pour toutes choses; mais sur la minuict, il se démonstra tout contraire, se diversifiant, par vents impétueux, en neiges, froidures en Pair, gresles et grésils, si très froids et très piquants, que plusieurs pauvres soldats, qui estoient aux sentinelles et escoutes, y demeurèrent transis et morts de l'aigreur du froid. Et deslors ces variétés et importunités de froidures ne nous abandonnèrent, comme s'il eust semblé que le ciel et l'air eussent conjuré contre ceste entreprise. A quoy néantmoins la grandeur et magnanimité des courages des princes et grands seigneurs, jusques aux moindres soldats, résista tant que la force humaine se peost estendre. Dont pouvoient rendre tesmoignage adonc les cadavres et corps morts , tant d'hommes que de chevaux, qui s'y voyoient au deslogement du camp, et les tentes et bagages qui y restèrent, à faulte de les pouvoir retirer et remporter. Nous estions adonc, les ennemîiB et nous, si près campés et proches voisins , comme d'une bonne lieue et demie, que quand l'air estoit quelque peu esclairci, les tentes se pouvoient veoir des uns et des autres, estans lors campés les ennemis en un pendant de montagne , entre Saultour et leur fort de Pbilîppe-viUe;cequi faisoit penser à chacun
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de nous que malaisément se sépat*èlroit ce voisinage sans venir aux prises et sanglante menées. Toutefois ils nous laissèrent pour ceste nuict paisiblement supporter nostre peine, comme je croy aussi qu'ils en pouvoient sentir leur part, et non pas tant que nous, eux y estans de plus longue main habitués que nous. Le jour de la Toussainct, premier jour de novembre, les ennemis commencèrent à se déclairer et faire parler d'eux j et nous fut rapporté qu'entre Rocroy et le gué de Houssu ils avoient destroussé quelqu^e quantité de chariots, taillé en pièces partie des chartiers et chevaux, les autres avoient emmenés, nonobstant quelques soldats à cheval et à pied, harquebusiers franiçois, qui se cuidèrent présenter pour les sauver; lesquels ne s'y trouvèrent assez fotts, et n'en remportèrent que les coups. Pareillement fut dit qu'ils avoient esté recogneus et descouverts escartés en plusieurs endroits de ces bois, par troupes tant de cheval que de pied, pour tenir subjects les passages et advenues, et dévaliser ceux qu'ils pourroient attrapper, et pour enfin nous rompre les vivres et nous affamer, comme ils firent pour quelques jours; de sorte que la faim se faisoit desjà entendre par nostre camp, n'y arrivant plus aucuns vivres.
Sur quoy on fit rapport à messieurs' de Névers et admirai qu'ils estoient ostés et ravis aux marchands par les François mesmes, qui altoient au devant d'eux bien avant dans lés bois entre l'hermitage et le camp. Pour ces causes furent renvoyées de renfort deux compagnies de gendarmerie et cavallerie, et deux autres de gens de pied, tant à Maubert- Fontaine que à Rocroy ; et une compagnie de harquebusiers à cheval du capitaine l'Adventure, avec une compagnie de gens de pied, furent logées à l'hermitage; lesquelles compagnies dévoient conduire d*un lieu à autre, tant les chariots de la munition qu'on menoità Mariembourg, que les vivandiers et vivres qui arrivoient en nostre armée, au-devant desquels alloient de nostre camp autres compagnies pour les recevoir et amener. Nonobstant tout cela, les ennemis, plus usités que les François des destroits et eschappatoires de ces forts bois et taillis, ayans leui^ retraites proches et asseurées, ne désistoient d'heure à autre exéctiter diverses cargues, taillans en pièces hommes et chevaux, rompans chariots, dévalisans soldats et marchands; et
pJ^^îiQOïp DÉ Ri^OTm.
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ne s'oy^i^t^ à br^ ^^ ga'j^nn^ dan$ c^ 1)018) teltemeat ga^ùn matin, aa relèvement 4a |aet, Ton çntendit nrès de cest ^ermitAge une nirieuse scopeterie et allarme, et fut dit incontinent après ^ae c'estoit la compagnie du capi-. taine rAdventnre qu^unç embuscade des enn^ i^is avait des^it, et y avoit esté tué ;son portçcornette fivec la pluspart de ses ^idat^. Sur cela, estant desjà l'allarme fort eschautfée entre nous, redoubla à Tinstant un autre rapport que les ennemis avoient donné juaques a la 3^iliie des bois sur la descente de nostre camp, ï^arquoy, estans desjà beaucoup de compagnies à cheval, et se retirans les gens de pied aux enseignes, et 3e mettons jà en bataille, fut envoyé M. de Rabaudanges avec sa compagnie de cavallerie et quelques autres, et le capitaine Maternas ^ avec trois ou quatre cens barquebusiers à pied, pour recognoistre et rapporter comme le tout estoit passé. Lesquels, donnans jusques fort loing p^r-delà Theninitaj^e, trouvèrent que les ennemis, de cheval, après ce massacre, s^estpient soudainement sauvés et retirés, majs bien estoientTestés encore embusquéscinqnante pu soixante de leurs barquebusiers, qui f^rept taillés en pièces, xé^ix^ nn que Dieu, par une très grande grâce, ,sauyia, ayant receu une hafquebusade de six pa^ près ; une pièce d'argent, appellée une double réale, de Ja valeur de nuict sols, arresta le coup qu'^ n'entra point dans le cpi]ps ; chose trouvée si rÇstran^, et <çoiimie miraculeuse, qu'il fut aliéné à jpg^je^iro de Neyer3 et admirai, qui J'interrogèrept comme 11 s' estoit peu eschapper de la mort. Von dit ^'il ne fut trouvé §ur luy (ju'up petit billet, où estoient ^çsçfitç quelques mots divips, avec aucuns cbaractè|res, cç queUDUtesfois^e ne vey point. Jae priucç, pource qu'il estoit blessé d'un coup d'espée sur l|i teste, feit appareiller sa playe à son chirurgien ; pui^, ayant donné quelques e^us au soldat qui l' avoit ^rfs et am^ né, le renvoya en porter les nouvelles à sçs compagnons. Ce jour-là, pource que les fourrages estoient faillis à l'entour de nous, et qu'à cause 4es neiges et dçs pluies il n'estoU plus possible de couper et amasser des berbes, ainsi qu'on popvoit, par les prés et les bois, ayant es^é feit rapport ^ messieurs de Nevers et iadfldiral que devers (ïmçts, à deux et trois lieues ^e jà, s*en troay^t en jgwMie 4hbondançe,
toutesfois difficiles à an^c;U(^sa^ grande escorte^ y envoyèrent le cornue de |i| Iflocheloçcault avec la compa^ie d? M. de Lprraipe, dont il estoit lieutepant, et ceUes du miuresçhal de Sainct-André et comte de Sancerre, et quelques autres de cavajlerie légère ; et, se présentans devant Cimets, tindrent longuement eu e^ carmouche ceux qui estoient dedans ceste viUe cependant que les fourrageurs s^ cbargeoient de vivres aux villages à l'entour, et avoient loisir de se pouvoir encore retirer jusques ep leurs logis ; èsquelles escarmouches, entre autres choses, fut fait un acte de très grande hardiesse et digne de perpétuelle mémoire, selon qu'il me fut dit, de deux frères (pe sçay ^e
S pelle compagnie, et le nom desquels je vourois bien sçavoir pour leur donner en mes e%crits quelque lieu de iptiarque et recommandation, non encore tel qu'ils le méritent), Tup desquels estant fait et demeuré prisonnier es mains d'une troupe des ^nnemis qui l'emmenoient, et ce qu^eslant apercep de spn frère, luy, d'une forpe et hardiesse redoublée d'amour fraternelle, l'espée a\i poing, enfonça ceste troupe, sans crai];ite de mort, et, chargeant de tous costés, recouvra et retira son frère. En ce voyance furent tués et pris par nos cbevaux légers anglois quelques ennemis rencontrés à la sortie d'pn bois pour entrer pa un village, ou Ils déjibéroient exécuter de nos fourrajçeurs. jf)'aulre part, ce jour mesme fut envoyé le seigneur de Yillevailier, homme d'armeç de |a compagnie de M. de Nevers, pecNingt-cii^ji ou trente chevaux de laditte compagnie, 3ur le <^emin de nostre camp à celuy des ennemis, recognoistre et sçavoir s'il estoit vray qu'une grosse troupe de leur cavallerje estoit départie et sortie aux jch^mps, comme en avoit esté fait rapport, et quel chemin elj^ avoit pris. En mesme instant le seigneur Paule Ba.pti?te eut charge d'aller avec sa compagnie dé cbevaux-légers battfe et descouvrir le grand chemin de Givels à leur camp, par lequej on disoit que les vivres qui leur venoient des tays-Bas par la rivièiie de Meuse leur estoient apportés sans aucune doute et à petite escorte. Le siçur de Villevallijsr, estant entré bien avant dans les jTorts des forests qui estoient entre nostre camp et le leur, prest à en sortir devers eux, trouva et remarqua une pvBte et fraie d^un grand nombre de ^ cheviLUX ir^scbement battue» laqueSe, à Veom.
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GUERRES DE BEtGIQUE, LiV. VHL 66âJ
dhiH o& il ^'âiteétft, se iépkrtAt en deol, xïùë èàHié titànt dë^ëi^ Chnéts à teiôta ganché, et ràtttre dcvétttWstlrè tkthp ; pàf qti6jr, ctài^aUt ie perdre et demeurer avéÀ ses dûtopàgnons ënv«lot){)é, se retira, saitô passèi^^lusôtitt'e, pbar âàûûkt àdVértisseirtèlat de ce tfa'H âvoit troutè. Le sëigûëdr l^ànie Baptiste ayant dppfôctié ati pltiH pH§ de Givetô, oh il s'eslott etnbùisqué, arrWà ii à pro^ qn*î! penst &tre dné cargiie stir qtlelqnes gens de cheval qoi condnisoient âti ^vtès et provisions^ desquels il exécuta tidè pAtlté, lès àûite^ se sauvèf ent à bien èourît, on t)rossfe^fit« à travers les A)rts da bois, et lè sarpids ennnena t)rtsonnierÀ, avec forée cheVani dé liafîiofsét pàysanë qni charrtoient èéir Vi6tnalReà et {irbvisioâs ; et» ^i* le chemin 4e to i-étlrtîlttè, de meilleure fortune encore, tirottva autitë tingt-cihq on trente éhevaux, ëii> ite lesquels é^oiént le bailly d^ AVe^nés et le seigneur de IVelon, sur lesquels il redoubla la cârguëdeuhe!^ grande àâseutatice et hardiesse» qu'il le^ renversa et tourna en faite, et à grande peine Sé sanvèi'ent le bailly d'Avesfaééet ce set^gneur de trtlon, duquel toutefois le cheval fat fort blessé, detneurant le sdgtieui- de tauldrey, Â>n liedténant, prisôrniiëi*. Le iroisiesmé joiir de novferiibi^ê, jour que Pdn dédie pour fiiire drainons pour les trespassés, ft la diàne et t*etnuetnent dû guet, Cent où stl-vingt chevaui des ennemis ^tent tine ^ette^ et cargue à Fimph)v{Âte sur Tune des advenue^ de nostrè camp, au long de la prairie et Cours du aisseau deters Èfmets, où, traversant d*an bois k autre, donfièrent coups d'espées et pistoladts jusque^ dàh^ un quartiét' et lés tentée de quelques compagnies de gendarmerie qtd estbieht Kgëes en ce quartier là, et en se retirané troUvëreàt qdéiqtie^ èhevatbc qui buàtbieiit et paissoiént, iésqtiéU ils emmenèrent^ après avôii' donné maintes sùtf lades et coups d'espées Kclx vé!ets qiri tes gardôlent. Estant fàlarmé pa^ toute nostrt ihnéé, de tàÉ fortdlt te troti- Virent vingt-dHdéii trthte cfievatî de la compagnie de M: de we^^, tous prests età cheval devant le* tentes de te tii^intie, peur estre envoyés au-rfeVantdesilvreé, lesquels de^bàndferent et coururent kptkà tioui" les àrrester et «ttàeqdei* à reécafmôtiche ; ihais, avant qu'ils Aissent dévalléè le vatlôn, leÀ ëtoemis eëtolent déjl bien loirig <iâns léK MH^ et pàf âitosi ëétoit (I) S*éUbttcot sa ti^aten des brou55àmeè.-Cg) AtUqM aer^
fort à craindre quelque e^iârâsèadfé i les par itop sûyvré. Peîidânt que toutes ces choses é'exécutôient, Pon faisoît toUt devoir et ditigehcè de fâif e entrer lès chariots dés munitions et vï- 1r^esdans Mariembourg, selon qu^ils arrivoient, non sans un incroyable travail et tourment^ tant àûx chisirtiérs et chevaux qu'à ceux qui les éôndtiîsorent, et non seulement pour la doute et le dadgei* où ils éstôîeht dé moment en moment, mais aussi pour la malignité dés chemins et contrariété dd temps, se diversifiant d'heure à autre ; mais je dy de telle sorte et froidure fasupportàblé, que cVstôit pitié voir les soldats, mesnies gens de pied, que fon trouvait môriîl et ti'ahsis, sans une infinité de malades ; avec toiit cela noîis défailloient vivres pour nous et! nW cbeVàux, estahs devenus les fourragé^ éi hei*bages si rares et faillis, qu'il âitioit amasser et feéùper des génestés, et les rompi^e et détrah-» cher menues, pour sousténir lés chevaux, qttè la rigueur dû temps rie leur pefmèttoit èù(^6re ronger, pour la pluie et la neige qui détrèmpbî^ la tehre parmy, langiiJssans ainsi et doniians un grand Crèvècueûr aux gentilshommes i qui ils àppaftenôîent, les voyahs mourir & leiîri
Îèux sans les pouvoir sécodrif ; tellement que e ceâte misère éd modi^dt non-sëulemént ûh gt'àrid nomtlte de valèut* et de pris, mais s^y ék sont trouvés d* enragés de froid et de faim ; et me souvient en avoir veu un, qiiî éstoit âù siétil^ de Blàrru, gentilhomme dé là maison dé Ai. de Nevefs, le(^él en ceste fiirèur masèha et éinpoha à belles dents là moitié du ^às dé la jambe à un valet ïuy présentant uiie poignée de foiftg ; chose qtii a esté peu Souvent vetie. dr, après àvoiir supporté toUs ces défauts et misères sept 6u hoict jours, pour faire pàfoisti-e & Pehnemi que tous labeurs noUs éstoièrft communs et stipportables pour le fait dé 1^ guérite et le service de néstre prince, et pôiii', en fnuriis^nt là ^ille de Manèmboùrg, ihj ostèi^ f èsp^fancè de la pôuvoit* rëCôuVfer s^loii sa prii-' mière àtteùté, ndus i-etirasmes dévéï^s Rocfoy, et de & à Mlâùbéit-Fontaine, et au fiélhélôîs, et eh noé gaiiiisons.
(1556) Sur nostré rétdhr les ennemis, éii e^tàns àdVékis, àppai'éillèrent forcé embuscades è^ déstrôits et passages par où ils présumèrent que nous ferionà nostre retraitte, en laquelle pôuvoieilt fàéllement juger y advenir quelque désordre, pbur ce que, dès lé Jour pré*
FaiNÇOIS DE RiBUTIN.
cèdent, avoient peu sçavoir que plusieurs de nos gens de cheval et de pied, oppressés extrêmement des froidures et autres injuresdu temps, ou estant tombés malades, desbandés, et la pluspart sans congé ny ordonnance de leurs chefs, retournoient en leur logis et garnisons. Aussi s'asseureroient bien qu'il estoit fort difficile conduire une telle armée et gros cariage par tels chemins malaisés, couverts de neiges, enfondrés et empires jusques à tout, encore que la conduite y fust bien observée, sans qu'il y en eust quelques-uns qui s'escartassent, soit pour trouver meilleurs et plus aisés sentiers, soit pour aller devant prendre les premiers logis, selon la couslume de nous autres François. Toutefois messieurs de Ne vers et admirai, prévoyans tous ces dangers, au deslogement feirent tenir toutes les compagnies de cheval les plus unies et serrées qu'il fut possible, envoyans une partie de la cavallerie légère devant pour descouvrir et asseurer nostre suite; et après marchoit M. l'admirai avec l'avant-garde de cinq cens hommes d'armes, que suivoient nos enseignes de gens de pied françoises, costoyées d'une partie des charrois qui estoient de retour de Mariembourg. Puis venoient sur la queue M. de Ne vers avec l'arrière garde d'autres cinq cens hommes d'armes, nos Allemans, et le surplus de la cavallerie légère, ayant ainsi à leurs flancs le surplus qu'on avoit peu ramener des charrois, avec l'artillerie, que l'on ne pouvoit avancer que bien malaisément, et avec grand travail, à cause des bourbiers et mortes qui s'estoient tellement abbreuvées des pluyes et fles neiges et par là faites si mauvaises, que bien souvent falloit désatteler les chevaux, et la faire arracher à force de bras par nos Allemans, qui s'y employèrent diligemment et de bonne volonté. Ce néantmoins il fut impossible d'y tenir estroittement la main, pour quelque solicitude et esgard qu'on y eust sceu prendre, qu'à cause de l'importunité de l'air et de l'aigreur du froid, il n'y en eust quelques-uns qui se desrobassent et séparassent, et pensans s'avancer, s'esloignèrent, tombans prisonniers es main des ennemis qui les attendoient, ainsi qu'ils l'avoient préveu, combien qu'il n'y eut en ce nombre d'hommes de grand marque. Entre autres fut pris un vieil hommes d'armes de la compagnie de M. de Nevers, nommé Daspart, conducteur en partie (Jes fl[^unit|ons pour çe^t
çivitaiUeiBent,et trouvèrent sorloilepcavoir ^ commission qu'il avoit dudit prince pour cest effect ; de quoy bien aises et resjouis, pensoient avoir fait un grand butin, principalement pour entendre et s'enquérir de luy de toutes »ouvelles, et sur tout de la quantité de vivres et munitions qui estoient entrées dans ceste ville. Lequel toutefois leur en responditau plus loing de sa pensée ( ainsi qui depuis a esté sceu ), leur faisant le nombre beaucoup plus gros qu'il n'estoit, et le scavoit à la vérité. Ce que leur ayant fait croire par diverses et vives raisons, qu'il leur affermoit, leur efEaça et osta du tout ceste opinion de plus y temporiser et s'y addresser pour ceste fois. D'autre part, estant certainement advertis qu'au surplus de toutes les viUes de la frontière estoit si seurement proaveu qu'il ne leur restoit un seul moyen d'y pouvoir fonder aucune entreprise, prindrent une dernière conclusion de se retirer comme nous, et remettre la partie à une autre saison. Et dès lors, le prince d'Orenges, après avoir laissé quelques garnisons à Philippe- ville et à Charlemont, donnant congé au surplus de l'armée, prit chemin devers Bruxelles, où estoit adonc l'empereur. Lequel dè^ ce temps, comme les nouvdles nous furent rapportées, délibéroit se retirer en Espagne, tant pour sa santé, par l'advis de ses médecins, qu'oubliant la solicitude de tant d'affaires qu'importe ce tiltre d'empereur, sortir des tempestueux troubles, pour se contenter d'une nmgnifique maison qu'il avoit fiât basUr en un lieu de plaisir appelle Just^, et la parachever le surplus de sa vie en repos. Quant à déduire sur ce pr(^;)08 particulièrement les causes des passions et maladies, tant intérieures qu'extérieures de Sa Majesté, et les causes qui ont meu ce grand empereur se retirer en lieu solitaire et privé, après tant de. triomphantes victoires, certainement je ne le puis faire, et ne le voudrois ou pourrois entreprendre, pour n'avoir eu aucune cogooissance ny fait un seul approche de sa personne; estant ce subject et argument assez suffisant pour la charge d'un parfaict orateur, comme je m'assçure qu'il ne penlt estre qu'aucuns bons esprits et doctes personnages, tant de son party quedu nostre, ne s'y employent, pour de chose si rare et non advenue de la souvenance de nostire aage laisser une perpétuelle mémoire à, la postérité. Tou-
{1} SaiRWU3t était un loooBstèro dloé pr^de Piaoepcif^.
GUERRÎèâ fite feEtbtcitîÉ, LtV. VIII.
tesfbfg, pour sur cela en dire mon avis, afin d'oster tout doute aux lecteurs d'estre suspect, ignorant ou scrupuleux, fay ceste opinion que les travaux et labeurs supportés es premières guerres de son advénement luy ont causé les imperfections et maladies de sa personne ; et confesseray par mesme moyen que les trop ardues et excessives entreprises qui roulloient en son esprit, et le crucioient^ sans intermission, ont peu eslre et le commencement et l'augmentation de Taigreur de son mal, et Font tellement, depuis, de plus en plus altéré et atténué, quMl en estoit réduit en ce dernier estât. Mais quant à plusieurs autres occasions qui ont été forgées et inventées luy avoir engendré tel regret qu'il se soit voulu démettre de toutes charges et estais de Tempire, pour voir soubs ses yeux diminuer sa grandeur et renommée, je ne veux en aucune sorte y toucher ny en parler. Je ne doute point, et suyvant les apparences et efTects qu'on en a veu réusdr et advenir, que l'empereur Charles n'ayt eu un incrédible et très grand regret et remord de conscience de voir les troubles et divisions des AUemagnes et les guerres intestines et sociales entre les princes et parens d'un mesme sang, dont il estoit autheur , mats surtout des contrariétés et schismes de la foy et religion chrestienne, dont il prévoyoit, comme homme de très subtil entendement, infinité de malheurs et guerres renaistre et arriver à toute la chrestienté. Et croy fermement que toutes ces préméditations et pensées lui esmouvoient un estrange tintamarre en l'esprit, et lui hisoient plaindre sa vie si courte et abbrégée, avant y avoir donné quelque ordre, oo bien lui raiouvelloient incessamment la ikute où il s'estoit oublié, et qu'il avoit fait es premières guerres qu'il avoit eues contre les proteslans ; i quoy pour rheure ne pouvoit remédier, n peoh estre aussi que,de longue main, a'estoit persuadé que les roys de France l'avoient tousjours traversé, et interrompu ses délibérations de bonne intention, en son premier advénement et prospère fortune, ainsi que luimesme s'eir estoit plainct , tant au pape Clément vn, en plem consistoire, que par divers escrîts pid>l!é^ et envoyés par toute l'Europe. En laquefle obsthiée opihion Pauroit bit davantage entrer et opiniastrer le bonheur qui avoit tou^oufs accooApiagné ce roy à présent (I) Toumientatent, cnMcOaàeoL
XVI« siicLB, La PI. et U Pl^
régnant, en toutes les guerres quUl avoit eu a démesler avec luy à l'entrée et commencement de son règne, et lors que cest empereur se sentoit avoir plus d'expérience, et se voyoit au plus hault degré d'authorité, et commandoit à tant d'hommes qu'il avoit subjugués ou lui estoient subjets. L'onpourroit conjecturer et penser que tout cela meslé ensemble lui auroit suscités un aiguillon et désir de vindicte. A quoy ne pouvant satisfaire, pour voir la disposition et santé de sa personne journellement décliner, sans espoir de convalescence, et les malheurk et afQictions de ce monde résusciter et renouveller tous les jours plus estranges que les précédens, suyvant le plus certain conseil, qui est de rejecter et se décharger des affections humaines, et renoncera toutes monarchies et empires temporels et caduques, pour obtenir une cité permanente, il auroit proposé retotirner eh Espagne, lieu de sa naissance, aymé de luy, et propre à parachever le surplus du cours de sa vie. Ce sont, à mon jugement, au pIuS près dé la vérité, les principales causes qui l'ont rangé à ceste dernière résolution, délaissant en dire davantage à ceux quicnscauroient plusquemoy .
Pour cest effect l'on dit que, dès le mois de septembre précédent en cest an, il avoit fait passer d'Angleterre, et retiré rière luy à Bruxelles le roy Philippe son fils, avec lequel, par l'espace de six semaines on deux mois, seul à seul il communiqua de tous advertissemens et mémoires, et l'informa de tous poincts qui concernoient le fondement et maintien de sa grandeur et conservation de ses royaumes, biens et possessions, et l'entretien et amitié des princes, tant estrangers que proches de sa personne, parens, alliés et confédérés, qui le pouvoient conseiller, ayder et secourir en tous ses affaires ; mesmement luy recommanda, entre autres particularités, la recognoissance de ses anciens serviteurs et leurs services, qu'il n'oublieroit, ains récompenseroit, leur donnant moyen et occasion de continuer et ne se dégousler et absenter de son service. En après luy conseilla, attendant qu'il fust stabilité et confirmé es estats qu'il luy délaissoit, et laissant escoulerles nuées et troubles qui régnoient, qu'il s'appoinctast avec le roy de France, ou, pour le moins, temporisast avecques luy à certain temps, pour estre le plus fort ennemy qu'il eust, et auquel de
(1) près de lui.
ril4NÇOI5 Dli^àfip'rifî
9oy seol ne paurroU résista. Que ^i ils lote po^» voient tom))er d'^ccord^ 3at^ujt U^ ganUst «é desQuer et séparer du roy des Romains son ODcie, premier entrant an degré de Tempire ] nj dxx roy de bohème soncoosin et J)e9^-frère, ny de tous ceux qui le pouyoient sposlenir; d^autant que le roy de France, tel et si puissant qu'il le seavoity et son prochain voisin, anroU meilleur accès et entrée à s'avantager et ag- ^randir sur luy, estant seul et séparé, veu que luy estant constitué en toute hautesse et subUjnlté de pouvoir, et commandant à tant de pays et d'hommes, tant s'en Moit qu'il Teust pe^ ranger et matter, que la prospérité de luy entreprenoit sur la sienne. Après avoir fait toutes ces remonstrances, et plusieurs autres qu'un bon et sage père, et qui avoit longue et certaine expérience de diverses mutations d'àccidens, peult remonstrer à un jeune j>rince succédant à une nouvelle charge, après avoir particulièrement et privément convoqué tous les princes et grands seigneurs de sa maison et ceux de son service, pour leur déclarer sa délibération, et leur recommander son fils, leur nouveau seigneur et maistre, feit une assen^blée générale à ^Bruxelles, le vingt-troisiesme octobre en cest an 1555 de tous les estats de son Pays-Bas, et là leur feit entière déclaration de Tindispositiop de sa santé pour l'amendement et continuation de laquelle estoit conseillé et contrainct s'absenter et esloigner d'eux et passer en Espagne. Puis, leur ayant déduict de mot à mot les biens et secours qu'ils avoient receus de luy, les requist accepter et recevoir son fils pour leur naturel seigneur, luy aidant tous d'un commun consentement et union, pour maintenir tousjour^ le service de Dieu et sa justice, aussi la défense de ce pays. Ce qu'estant accepté et accordé de tout le peuple, avec grandes acclamations et favorables applaudissemens, le roy Philippes se leva de sa chaire, et se vint mettre à genoux la leste nue devant l'empereur son père, lequel, en luy mettant la main sur le chef, lui dit : « Mon cher fils, je vous donne absolument tous mes pays patrimoniaux, vous recommandant le service de Dieu et la justice ; ce faisant il vous sera tousjours en aide, auquel je prie vous augmenter de bien en mieux; *» et adonc luy donna sa bénédiction. Puis le prince se leva, faisant la révérence deue à son père et à la royne Marie sa tante; et» se retournant devers le peuple.
rendit g^:aces i^ Dîe^, ^t p^nn^ia VisfoafeKjjar son père ; à Diep, de J'âection qf^% fi^mi JEait de luy, le ftjsant najstre en telle ^ute^ae et gri^deur* 0t. de la cont^mation ^ aJQgW^tation de la prospérité qu'il Un plaisait ^micéder; luy suppliant ne détourner sa|açie i^aa maii^ de luy, àce qu'il ne se meacogneust, e^ a'xrar hliant, rînst à commettre cas CQnl,re aaa hmneur et «es cpmmandemensy suyyant lesquete luy octroyast tantde^racequeoondnirelepea' pie qni jluy estoit comnû;5 à sa gloiDe et accroisr fiement de sa foy . Et, s'addressant à l'empereor son père avec une très grande hwnUité^ le renyexcia de la soUcitode qa% av<Ht eue de luy^ aelon le naturel et affection d'un très-bon et très-hvunain père, l'ayant bit pourrir dooceloent, et délicatement instituer en toutes louables et vertueuses doctrines et ensei^aemens , puis l'avoir eslevé et mainte^in josques mt Faage qui luy devoit sembler assez £^ <et mboste et propre à raison et prqdeiM^, auroiteu tint de confidence ef, bon jugemenjt ^e luy ifie kif résigner et doigter libéralemeipt tant de biens et patrimoix^es. Se retournant ^eve^ le peuple, le remercia de l'aiccq^on qu'il avoH laijt 4e luy, r^p^sseip^aot d'une ^ entière a^mini^tratioi^ et police, sdon i'o$Qce4'na boa {urinç^^ et^équât^Ie justice, et le vouloir de Dieu, qu'M Qie leur donnernit occasion de se repentir 4e jcest ad^eo et consigUe^nent. Il est facile à croine^e toms ces propos et pitoyable» baraw^'^^ ^ toceiat tenues, et ne passeront aan^ a^ii^«is lannea; mesmeme^t^ constance de ren^Mfrenrnepemit astre adone si ferme que la révérée recognoîa'sance de son AM ne ûiy esmeust teUemoit les sens et affections paternelles qua le contraindre en rendre tesmoignage par Wiœs, qui lui décpuloient le long dç ;sa face ternie et piole, et lu^ arrousoient sa barbe bbncbe; ce que pa.peillement pieut esmouvoir la phwwt 4es ^^ 4s[tans à piUé et commipémtion meslée de joyç. I^ royne Alarie, douairière de Hongrie, à qui •l'^emperepr ^on frère avoitdonné charge etcomjnandementsur tous tes Paya-Qa^, se leva adonç de fioù siège, et^ dressant sa parole m peuple, xiit que depnis vingt-trois ans qu'il av#it pieu àla €ésarée Majes^luy donnweesle/c^ge et .gonvemeoient» elle avoit emptoyé tont.ce qpae je Seigneur Dieu luy pwroît preste de .gi;ace et de moyen pour, s'en ai^qiûttftr a« ipteitt iia'U luy avoit esté possible; tootefoia que si mMXt-^
GUERRES DE BELGIQUE, LIV. VIII
evneobose eBe «vdit &it flMite, ee n^esloitàioii efciem et é^ naMgniléy et prieit à chaoïn kxf ptwlwmer^ se WMBrtwnarphg FcaperenraMi frère fûm atfffaiHet eoDlettiiVeUe. Toiles ces oénmonia et ctocopgNraeet ptracbevées, l'eid* pefcm* CB piiHîo reuiîtet qvétta à looftses sub* jeeto hs sMrmeoiqK^ibluy avofent fait», et s'o»* tant du thnoeet négeoi il estoit y feît asseoir le ray PWKppeeaon fib, ^ reeeot dès rheure ieekeminageMt smnmadelousesvassaiix. Et en k yrétcttoe ettreoe détente eésta adsemUée terent oattés et vonpas les preiiiera seau de l'enpcveQt, et en mesne instant l'ott apporta oem do roy Ptaî^ppea, desqoris waat le obamp iniNil scellées qpEuÂ^Qe» graees el autres dépes^ diet« Ainsi couHaença ee grand empereur à se dewpetlte etdeshéritef voiontaôreBient de tour tMses amplesetepdenlespossessîonset estats pour esUre une paeifiqua rie, pour TeAtreticft de laqtteUe Fondit^ seoleoienlil réserra Tuadl*uiet de CaMiUeS et la ÉuperinteDdence de tooiee les cofauuoideries*
£d ce samne teoipa se dîsoit aussi qu'il es-
ertvit lettres fért amples et gracieuses au éleis
teors et princes d'AUemagne, les prtaat et ad-
nmestant en paroUes fort graves, entremcalées
4e douleeor et admoDitlon, qp'ik eussont à se
ré<ioneilier les unaanii aai^eâ, leur déduisant
les causes ii^ustes qu'ils avaient à se ruiner
d'euuBSsmea, et par mesme stik leur aUégueît
et proposoit le moyen qu'ils deroient suivre
pour se restituer et fûie droit réciproque; que
s'ils n'y Yooioieat unanlmemcDt entendre et
pvester la auàn, il kor prédieoit, et voy oit pres^
qiQe de^à à l'efiilt une eslrange et très ealami-
leuse ruine« Avec ee, ks advtftiasoit de k né-
nessité 91'il avoit de plisser en £spi^oe, et de
kk cesskn volontaire qu'il rea>etioit en kurs
asaias des estats et diarfes de rEmptrCf à quoy
le eoiMtraîgnoient et l'aage et les makdiea;. ks
conseillant toutdok fure éketion du roy des
Romains son frère pour kur empereur» prinoe
qu'ik CQgnoissoknt pour avoir knguement oon^
versé avec eux, ei lequel estoit deqà me» et
parvenu enrasjge qui ayme k repos et k tnuH
quiUité^selonstossIquenaturelkmeHtil y estoit
enclin ; ee qui leur estoit adone nécessaire, d'au-^
tant que, si ik esUsoieot un jeune empeseur^qm
{ustdeooe^ptoioB maniitk, et qui MJ^oustost
^; CtoriéH^oim iiesé réset^ ^osb ^ieiMon de c^
éêf
nouvdks guerres à celles qui régulent et es-* teient si fort enflammées, ce seroit ouvrir un beau et krge chemin au Turc pour entrer encor plus avant sur leurs limites, lequel n'eepioif que ceste occasion pour pesdier en eaue trou* Me. Enfin il leur recommandoit et rendoit soubs leur protection Pbilippes son fils, les remémo^ rant et a^j^rant que si en sa vie il avoit &it aucune chose pour eux et leur patrie, qui méri^ tast estre reeogneue, que ce fust à l'endroit de son fik, lequel il dïHidssoit avec très-grandes charges, ayant ben besoing de chercher et em« pkrjrer tous ses amk. Que si leurs affaires ou antres privées et particulières aflèotions les em^ pesoboient et divertissoient de le secourir, au . moms qu'ik ne kty fassent contraires et emiemk. PareiUement il envoya vers le roy desRo-» mains Ferdinand sou frire, un docteuTy homme de grande doctrmef nommé Sekr^ pomr prendre congé de luy, et luy déposer de sa part tou^ tes dwrgtes et adSaires de Pempire ; l'«ItnoDestttat et priant chercher tous moyens d'aeeord et union entre les princes, èsquek coAsiscoit Tappuy et aocroissement de cest emptre, et par la divisiondesquek il meaassoit prodiaîne ruine et décadcnee. Oultre phis, qu'il ne dékiffist de conseil et ayde« non comme onde seulement, ains comme père et protecteur ait roy PbiHppes se» fik^ en considération qu'il ky kissoit sur les bras un trop fort ennemy, non-seuiemem de kiy, mAk de toute k maison d'Austriche, k roy de France, auquel de soy seul ne pourroit s'opposer et résister^ veu l'heur et la fortune qui av<Ht tousjoiws eité pour loj en ces der^ nières guerres; de sorte que, si les princes n'y remédioient, il luy seroit facUe s'investir et re^ couvrer la pluspartdesItahesetdesPays-^as.
S'estant l'empereur acquittéetdescfaargé envers cent à qui il se sratoit tenu, ayant dressé tontes et si ampks instructions qu'il peut songer et inventer pour servk d'advertissement et confort à son fik, délibéra partir sur k cononencameiit de cest by ver. Toutefois^ la débilité de sa persomie et k contrariété du temps, addonné à froidures, y contrevindrent, et i'empesehèrent^ mesmement qu'en ceste Mson 1^ mers sont fort impétueuses, et sans cesse y survknneot tonnentes et ten^pestes; Missi que ces vaisseaux n'estaient encore prests ny armés, et , davmmgA k chosekphis requise, quiestPargent, dâUtfoil peur l'heure^ coibmé le brait cs«
FRANÇOIS DE RÀBUTIN,
toit coQ^mun par tout. Pour ces causes, fut question différer et dilayer ce partement, cependant que la royne d'Angleterre fisisoit diligence de serrer et amasser deniers ; laquelle pour cest effet principalement avoit &it assembler tous ses estais, et, entre autres inventions, requist et demanda certaine somme d'argent pour payer les debtes de ses feus père et frère. D'autre part, il y avott encore quelques difBcultés à reigier et appaiser, pour autant qu'aucunes villes de ^rabant refusoient d'accef^er le roy Philippes pour leur seigneur, vivant encore l'empereur. Sjembiablement autres villes des Pays-Bas disputoient et différoient de recevoir Ferdinand second fils du roy des Romains pour gouver* neur. £t d'ailleurs plusieurs grands seigneurs , qui avoient consumé et leur aage et partie de leurs biens pour le service de cest empereur, en intention d'en retirer à temps récompense et avancement, se voyoient en ce partement frustrés et fort loingde leur espoir, dont ils étotent fort mal contens, et en murmuroieat à bon escient. Parquoy tous ces négoces et affaires estoient restreints et réduits en telles difficultés, ^'il ne pouvoit encore départir sans les avoir démeslés et rangés en bonne disposition. Cependant que ces choses se passoient ainsi ceste part, nouvelles vindrent, et s'esleva un grand murmure que le Grand Turc assemblolt une fort grossearmée pour descendreen Hongrie, et pour assiéger encore une fois Vienne en Austridie; à quoy voulant pourveoir et remédier, Ferdinand, roy des Romains, sur la fin du mois denovembre, dévaHa sur la rivière du Danube jusques à Vienne, où il dressa tous préparatifs pour le recevoir et repoulser, avec aussi grande confusion que la première fois qu'il y estolt descendu. Or, pour le faire court, selon le rapport des nouvelles séditions et diverses menées qui se pratiquoient par toute l'Europe, sur le partement et retraite de cest empereur, l'on powoit pronostiquer advenir le pareil temps du décès d'Alexandre le Grand, à la mort duquel son royaume, lequel auparavant avoit esté régy et gouverné d'un seul, fiit parti et divisé; et ce qu'un seul souloit posséder plumeurs satrapes et tyrans raviretit et occupèrent; de sorte que celuy qui estoit le plus fort se saisissoit, fust à tort ou à droit, de ce que luy estott bienséant et convenable, en dépossédant et déchassaat \% plus foible, Tous ces dançc^s eafèm pru-
deaunent^vréveus par le roy Hnlif^pes^HiasBie^ ment que pour de nouveau reoommeneer la. guerre an roy tous moyens luy débiUoiaat, promplement voulut suivre et s'aîder du conseil de son père, qui esloît de dierefaer la paix ou la trefve pour le moins. A quoy le soUieftoît assiduement la reyne d'Angleterre, sa femme, pour deux raisons : la prenuère, qu'elle s'asseuroit que tant que la guerre eontinueroît ne jouyroit de la présence de aen mary, et n'auroit ce bien de l'avoir auprès de soy, de qui mesmement eUe s'attend«)il av<»r encore en-* &ns ; Tau^, qu'il seroit fort difficile que son royaume îi'entrsirt en guerre stiîvant aon paity et alliance, ce qu'elle crasgnoit et foyoit le plus qu'elle pouvoit, tant pour le désir de remettre sus la religion selon l'Égtise romaine, <pie pour éviter les insupportables frais, et ne susciter nouveaux mutinemens et riottes entre son peuple; ce que les conseillers et généralement tous les amis de chacune partie avoient fort agréable, et en fûsoient toutes les poursuites qu'ils pouvoient. j&i ceste intention le roy Philippes manda et pria de redief le cardinal Pol d'Angleterre remettre sus ses premières propositkms et termes de paix, comme chose qu'à désiroit le plus en ce monde, et ce que parachevant, il hiy demeureroit redevable d'une très estroitte et recommandaMe oMigation, l'exhortant et priant davantage se b»ster et donner commencement i ce sainct oeuvre avant qu'il fost révoqué du pape, qu'il craignoit estre de bref. Pour satisfaire ausqudies lettres iceluy cardinal Pol d^ors ea communiqua à l'ambassadeur de France qui estoit en Angleterre ; et a esté dit enoore plus que la royne d'Angleterre, et luy peu après, en escrivirent au roy, avec si grandes Inductions ei remonstranoes, qui importoient tout le repos «t bien de chrestïenté, que, comme il est prince débonnaire et qui ne veult diiTérer a se soubsmettre à toute équité pour le &lct et utiHté universelle, fjMilement y consentit et s'y accorda. Mais pource que, pour résouMre une paix uni^ verselle, teUe et comme la proposition le portoit, par un lien indissoluUe de mariages*, et que pour cest effect il falloit un long traict de temps peur traiter et diffinir de toutes choses, trefves fbrent accordées entre tous ces princes dès ce temps, qui estoit sur la fin du mois de janvier, pour cinq ans révdus et finis» cessaw
GUERRES DE BELGIQUE, LIV. VIII
toittes goerni et diMords d'tne part 6t d'âotm el ks traîctés de toottfft Uifiqaes et commet de oMnAandites en hors pays et contrées, tant sur terre que sv mer, envertes et libres, avec pkjttenrs antres circonstances et pactions qne Ton penk veoir es articles de ces trefves. Lesquelles toutefois ne forent publiées à Paris qne le seîalèine de février en eest an; et depuis le comte de Lalain vint trouver le roy à Blois sur le eommeneement du mois d^avril ensuivant* pour estre confennées de Sa Majesté, ainsi qu'au cas semblable M. Fadmbral de ChastUlont aHa à ftruiellefl par devers l'empereur et le roy Fhilippes, pour estre conclues et jurées de leur jMtrt.
L'ouverture et eommencemeoi de ces trefves, transitées et passées ainsi facilement entre ces princes imparavant tant irrités et aussi tost rappaisés, sônbloit estre un OBUvre de Dieu et inspiration divine, desqudks bcMi* boop de personnes espéroient advenir une paix de longue durée et perpétuelle. Et, par le moyen de ces mariages, mesmement de dom Curio, fils aisné du roy Mnlippes et prince d'Espagne, avec madame isabel, fiUa aisnée du roy et autres qui estoient en termes, Ton s'attendoit de veob encore un coqi» ces manons de France et d'Espagne urnes et conjointes de tonte amitié, eomme anciennement eUes <mt persévéré par longues années. De sorte qu'estans idnai les plus grands princes de l'Europe alliés et bons amis^ ils tiendroient tout le reste du monde en obéyssance; et n'y auroit celuy, tant grand Aist-il, qui s'osast bouger pour brouiller et remuer quelque mauvais message; et, pour résolution, cpie, s'aoeordans bàiérolement les princes, aussi fsroient ety seraient biduits et contvaincts leurs subjeets. Mais ks traverses et diverses menées qui, en si ptu de temps qu'elles
(1) L'wnmw Q^a Mrit, ft cwÊÊd de wi gonttet, sur me daiae ooinrerte de drap noir, et toute la chambre estoit teodoe de tapisseries de cette couleur. Coligny lui fit son compineot et M ptéaeMa «ne lettTO de Bflnrf II. « M. fadmiral, M rérmlt GlHff«e»•0!dbl^ le i«or, MMiileur BOB bem^^ me rend un très apparent témoignage de sa vraye et parfoite amitié, me fiisant cest honneur de ra'escrire et d'avoir choM VÊktk digne niiiiMrei|iieToiii,(|iri «tel le bien ven, peor estre porteur de la lettre. » Ghailea-Quiot voulut ouvrir cette lettre, mais ses mains estoient tellement douloureuses que ce ne fet pes sans peine' qit*H y réonit. « Qoe peStar-voM de ■Wy, MMieur radniral/ dUril, ne mis^ PM uA bnve chevalier pour courir et rompre une lance, moy qui ne puis qu'à Mengrandepeineonvrir une lettre? y (Iklatkm du toifoge de UU9mém$k9prm9etd$MmÊltmil»ailimm'}
ont duré, ont esté conduites, et les maux et malh^irs qu'elles coovoient, ont tait apparoir depuis universellement tout le contraire, et ont fait cognoistre et croire à chacun que c'estoit un songe ou, à mieux dire, une attente de l'issue de plusieurs couvertes et dangereuses entreprises qui se iMrassoient cependant, lesquelles avoient bâMûng de temporisement et laps de temps. Combien que de si ardue et haulte matière je ne v^x et ne me appartient estre juge et arbitre, me contentant en descouvrir aucunes et les plus apparentes causes et ce que depuis en est succédé, et en remettre le jugement à toute personne neutre et qui ne sera^ picquée et transportée d'aucune affection particulière ; si l'on veult en cest endroit rapporter en jeu les avantages que le roy avoit obtenu sur ses ennemis aux premières guerres, tant en Italie» Piedmont, Corsègue, que en ceste Gaule belgique; si, avec cela, l'on veult adviser et avoir esgard aux accessions, ligues et alliances qui luy estoient offertes de toutes parts, pour veoir luire et prospérer de plus en plus sa fortune, et celle de ses ennemis diminuer et périr; et si d'ailleurs l'on vient à examiner les afiaires de l'empereur, les haines et inimitiés qui luy estoient portées, l'abbréviation de ses jours, les charges fort pesantes et onérenses qu'il délaissoit à son fils, avec tous moyens fort couru pour y satisfaire, je croy que, tout bien e^ucbé et considéré, l'on trouvera que la nécessité a contraint l'un de tenter et esprouver la bonne volonté de l'autre. Toutefois, pour n'user beaucoup de papier en ces procès, et n'estre suqpect en ceste cause, comme j'ay dit, j'en laisseray la décision à quelque autre de meilleur jugement que moy, poiu|repreDdre et continuer moa proposé discours.
Au mesme temps que les choses que j'ay escrit cy-dessus estoient passées et se traittoient de par-deçà, nouveaux troubles et renouvellemens de guerre se démenoient en Italie, mesmement à Rome ; car ayant esté, selon que j'ay déduit briefvoment cy-devant, le cardinal Tbéatin, de l'ancienne maison des Caraffes, néapolitains, esleu pape» pource que, de toute anciennelé, ceste maisKm et cdle de Melphe, qui luy est proche et alliée ont esté encûnes et conunedédiéesàla bienveillance et faveur de U cquronne de France^ et aussi que des dite^
ér^
FRANÇÔiâ'ÔÉ RAÉeTlfc
maisons pfosienn^ seigneurs, desfaérités par femperetii' Charles à petite faisoii et cause, s^estoient tetiréi et estoient encbf fî art séhricé dû toj, où ils avôiént trouvé toute «èWlèénr et humanltér, et âuji^tlel^ Sa Maji?«tié arôît défUétrlV tous nioyens et bienfaîts pout* N miStefieflh' éé pat" deçà sefon leur grandeur ë^^u'fla Je tn*i1-^ toient, le» impériaux!, incontinent .àprèé ^n élection^ su^péetèfem ce pape estfc'ftraAçoi« et de favoriser le |>arty rfu foy, imaginant qùé, s'if vivôît loùguemént, il s^mpioycroft jtis^es att bout et ferdt iàtli ses cflbrtsi d'Mkiettre' èf ràppeiler lès jpràncois en Itafie ; ((dé , àoub^ te prétexte oub ffeglise t^fmàîfle prétén* le rof étome de Wapfes estre de atein ptt)|flhé ét*^ lùaine^ et stirtti les ddnàtion^ ^i ett cttill «8«é ftîtes aul princes de Ffartcé, corifertrtéetf par les précédens papes, et kxïites querefles que ïè rby y demande, ttluy éri feroit nouvelle ratTficàtîôn et raideroit de son ^ours^ en intention de s'en prévaloir, et que éeê paren* et rifiéà séroiènt r^stituéif èrt leurà Blenà et avée èe toroietît èonïntiandèment et ffttpérintettdaâfCé nàn ^dlemenf eb Ce tty^kàÈïé, lïMs pouf tonne ritaliè. Pai^(;|ii^ phrsietirs Céhtfnàdt Mpfl^ols et autres sèfgn^fs Kaliéns, tâïît èé^^iër* qiMf de réalise, adhérais et tèh^s lé paiHy de rtmpereut, niesmement de la ttiaiéori des €6k)n- Éiois et lettrs alliée, cdtnmehcèrent S Conspirer ciontre luy, pour la doute, h Won âdvis, et crainte qui le^ tenoit de5(fà à Ié te9te de tomber en tàhhïÉ et diMhiution dé ledf pouvoff et Cfé^ dit, si ceUt de (a maison de ce pape veiieM^t à f âggf àndir el avoif authoiflté <*e pai*-4èii ; de softe que, pobi^ donner Conâmiencement h letif entreprise, et pou^ dettèui*è!' leë ^xxi fort» ddfid Rouie, poufveuretft etMiiiii^iii le«ré paMfct maison^ dé touté^ soites â'ariâre§, a(te- ^annef subitement gens de guerre qu'ils y aménei<ol«nt s^ecréttenàfent, et tôUs tmt qcri iè iroweroient de lettt filctîôrt. T6U* Ces monopoles et c0ns)[»tratiéns/ estant dé^t^tertèfs et grenue» h la «og^ noissfahëè du pape, é»i p^mielr^lioch M ^»tbst (|uMI fut tK>8stble, fit aerret» et amassercMH dé gérfsdè ^fté, dé cheval et 4e pied qfiM pét^st irecotfvtéf*, et les fit encret* dana Roim, et dépmiYét «fSMifie»èapte<W9 p^At^foes m eômthûiie§ à Mtré assétiiblées, et devant kea fifhîié et doftIitSiléi de (sëàic ^i luf estoierM^ sàim pém, fdOrtifmint M i^rpNii to obaateaiifMnct^ A^ O^mtiM^ «siiui ei fidèles, k ea qu'il dt^
meurast en tout et fhtum le ifkaMnr n Mfë^ rféuf . Ei^ api^ft bm reeliipche €t iMMioÉ dèâf ro|^ dé tous \és mtéksmat, tant èeptBgksM qëé mÂ'Cdfflf et ttaiMMiiS, él jfénénrtetitsiit di^ testés seîgftetira m ^otililidmdKev NÉttloar e€ de loua éèux desqtffila il a^doaDÉH) eilà <fè fitfeM trouvées aMfea et Imuaimv dt ^oofi^ pfos que'dé e6ua«iis(é et ttAÉm; hê Al ^àk^tf em fransponer; ated Ce^ par m^ètû» mof&a^ fit fèienif et arr^eater pHso»ri«» aecci qufK avôit scetf aulftevra et téÊêiti^mïP ô$ eèg$& bf%«ie et mmi», emro autre» te ctvdliml dv SiiiniM- Fleur, él ta aelgniiM ÔÉÉHIè Cd- Umne»^ MHtfn CMarttt at Aiwitode Ia €brne ; et, poorce que ceste ndakMUi às9 (Mmnél0 et ^ito êm UntkM^ tatoto et OM^omtes d^aMittm (Et amMéy M0t«Bt t» dsos prtacftpaicK et pf etsUirei^ «Uifam» de Aon» et M plus fMtes at ptrtMaiitea pmr Ivf mdra, ieaqfKMs nuesmenient oft lay vt^tt tapporié ef sçsvoil avoir «ai^fè eoatre tey, et foev jKKir a'asararer dea lÉNriadrea et ièfèmma, il hSkÉi a'attaaher ai» jptos gnÉads et M matur él offotUir les praufa^,; il envai;^ oertota ûoaàfm de «oUoéa^ tMt de tUtml qw de pied, pour rédom et remettre ei^ve sea nmkm totit lear eiM et dewdM, et ae aaisît dee ofaaateavs d'ioècx Cukrooia^ la piiifl|MUrt desquda aoal om portée de Roém^ de trèa grand revenu, eonane fut iûl ao aetsMabU de k viHe de BracMano , capitale de la eei^ gneorie des UrsiiiB. Par ces mtfjeoMf se voyant iN»ax Cobnnoia fort afieibtis, et ton» oioyene leur estré retraoekég de se pomroir veleter ei d'eux m^sasKs r^ti^ier en tenrs bienaf reooa*' rarem àFtoopcretir ei ov roy PbSippeaoïiLfila» g^advoOBffis km Taesaux el.kur denwidaae seco«V8r rasqvlels ik feiretti trooircr m maovaia etr jEignrefl telkaiiat le fekt et imUiMmk di pq)e, et pervertirent de telle façon l'ordre auqqel H ovoit proeédé ed k pre«ve et pemition du crime de la èonspiratîon délibérée contré iuy, que faciieoieat ik s'aceordèreat à les seeourir, ausst que k seeretié hohie qu'il portoil de longue main à ces maisons de Caraffe et de Meiphe les y pouvoit tégèremeiil induire. £t ppurtaut maiidèrent attx ducà d'AIbe et de FIo^ renée serrer ^ amasser toutes les forces qu^fls avoietst de par delà, avec autres nmvelles qo^iU y firent joindrer avec lesquéllea Us eussent à MMaufaMnem aeiâiltre ke Golefioek et
GUERRES OIE RÊt^jQUE, J.lV. VIlî.
>/^n^er plus jivaAt è? tares <Jv P«*e qv'U ^- ^U jpQ;$9îble, Qt, se jortifians te plus près d^ Borne qa'iU pouiroient le t^eiyr, e)t tous ceux .ffV luy ftdhèreroie^t, ep telle subjeçjtioa, qii'il p^ l»y rp9ta3t axiaw «spoir <jie secouns, de m*iMère (ju'il fiist contrainj à se réunir et contescendre à leur volonté, <^omme ses prédéces- 8eors,a.y oient fait. Ce qu'eux exécutans à toute .(Uigence, ;selon que le temps et toute commodité leur pennettoient, se saisirent et regajgnè- ^tent sur le pape plusieurs chasteaux et forts, €^ rendirent aux Colonnois une partie de ce i ^ui avoit Qsté prips et occupé jsur eux , puis. | bastissans plusieurs fortj$ à Tentour de Rome, | prè^ d'UQ3tie« et sur la ^ve et le co^irs du Ty- 1 Ire , rendirent Iç pape assiégé ai;i cba3teau I Sainct 4nge« tpujte CQste grande ville en es- ^ite nécessité et crainte, et grande partie des ^iés ^ itunis du pape fort desnués de puisfimce et bien estonnés* Pov lesquelles occasions et rigueurs injustes, fut contraint le Pape demander ;$ecours au roy y comme au premier fils de FÉglise, luy envoyait par Je .cardinal Carlo Caraffe, son nepveu et légat, un chappeau , tel qu'estoient anciennement ceuf des ^éni^eurs romains, et une espée, signiûwt h tpitiox^ 9t défense de TÉglise et '$aiuet Siège apostolique. Lequel estant venu trouver le roy en son cbasteau de Fontainebelleau, ^ur la an du mois de juin, en cest an mil cinq cen^ cinquante six, mit entre les mains de Sa Miyeslé, avec grande^ cérémonies, les offres et prévus que le pape luy faisoit ; et, selon sa charge et ce que luy estoit ordonné, 3omma et adjura le roy du secours qu'il devoit donner, à la néç^té, an pasteur et premier chef de toute 1^ religion cbrestienne , ^qome son devoir Tobligeoit et son plus excd- Jlent tiltre le pprtoit, selon aussi qpe ses pré- 4éoe3senrs Tavoi^t.pbservé; lesouels non-sepclément le bien et revenu de l'iéglise .avoient j ^l^ugmenté et acereu, mais plusieurs fois, les j armes au poing, avec toutes leurs forces, 1 Avoient remis et restitué en leurs si^es les pre- j ,mier? et anciens p^es, desquels Ss estoient 4ébouté8 et démis par les tyrans et princes ^adobiciepx , ainsi ^e de frescbfe mén^ire son feu père avpit fiBiit le pape Clément; a^joustant ^amres rmonstrances et causes qui poQvoient ]csmo|ivoir pn cran J {frincc cooraj^eux et haidy
> entreprendre la pro^t ion let ^uye gwrde d'wi couvre charitable.
Ausqûellqs sommations et réquisitions Ton dit le roy avoir fait response qu'il vouloit enspiyre.ett ne vouloit en rien différer à ses prédéçjBsseurs en tous ouvries de verjtu, et qui estoient selon Die\i e]t son devoir; ains qu'il essiayeroit de Éedre encore mieux, s'il luy estoit possible, et ne faisoit refkis de secourir le Sainct $iége apostolique, et le Sainct Père qui y eslpit assis et ordonné, en chose juste et d'équité, après en avoir toutefois donné advis à renapereur ejt au roy Philippes, et leur en avoir proposé toutes deues et gracieuses remojistrances, afin de moyenner ce différend par une yoye pacifique, sans de nouveau mettre les armes au feu, pour la crainte qu'il avoit . d'enfreindre les trefves et interrompre la paix, laquelle, avec très grand désir, il espérojt ob* tenir pour le bien et repos universel. Ce qu'il asseura faire en brief , et, la response ouye, ,en advertir le Çainct Père, avec asseurance de filiale obéissance et de ne luy défaillir en sa vie de toute sa puissance.
Le cardinal Caraffe, estant ainsi bien adverti et instruit de la volonté et certaine affection de Sa Majesté, peu de jours après s'en retourna à Rome. Et, d'auUr^ part, le roy, selon que l'ay peu sçavoir, advertit l'empereur et le roy Philippes des torts que l'on impropéroit au pape, leur déclairant appartement toutes les conspirations qui avoient esté mises eu avant et prati* quées x^ontre sa propre vie et personne , desquelles il estimoit la vérité n'estre jamais veni;e à leur cognoissance, et croyoit fermement eujx n'y avoir voulu et ne vouloir encore donner port ne faveur. Ce que luy donnoit occasion les prier 1res affectueusement que tellesmolestes et troubles qu'on luy suscitoit cessassent, et que les ii^ures injustement attentées à sa personne fussent r^Muréçs et chastiée^. En quoy ils feroient oeuvres dignes de princes chrestiens, et à quoy ilsestoient tous tenus et obligés par tous droicts divins et hpmains , qui les astraint maintenir, jusques k exposer leurs propres vies , la foy de Dieu, et .son église et religion , et le souverain presbtre, comme celuy qui est constitué au pren^ier degré ; lequel, ep sa nécessité, ne pouvoit de moins que leur demander secours , commç , de sa p^rt > il Ten^volt desjà sommé et reqi^s insUfnment ; d(f nt il les avoit bien touIu adver^
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f*RÀN<;6iâ DE ftAbtiTiJy.
tir, à ce <)tie, t)6fai^ st mauvaise occasion, ib vinssent de rechef entrer en picqne et à recommencer la guerre, ce qu'il ne désiroit fiiire ny advenir de son costé.
L'on a voulu dire que la response que le roy Philippes y fit en peu de paroUes estoit assez aigre, à sçavoir que, de sa part, il désiroit la continuation des trefves et encore mieux la paix, s'il estoit possible la parCsiire ; mais qu'il avoit tousjours trouvé le pape et toute son affinité tant ennemy et malveuHIant de sa maison, que quiconque se déclaireroit son amy et entreprendroit sa défense, il le tiendroit pour ennemy. Si telle estoit sa response, elle Caisoit assez démonstration quelle estoft sa volonté, et que ces trefves, accordées par nécessité, ne pou voient avoir long cours et durée. Toutefois , celle du roy estoit desjà tant gagnée et vaincue d'un désir de mettre fin au travail universel, et d'ailleurs tant surprise et persuadée de l'asseurance que Regnard , ambassadeur du roy Philippes , luy répliquoit ordinairement que la Majesté de son maistre ne désiroit rien moins que la guerre, et ne procuroit autre chose que condescendre à toutes conditions raisonnables pour un tel et grand bien, veu qu'à la transaction des trefves en ceste intention, s'estoit, ainsi qu'on avoit voulu, rendu facile et traitable , qu'il ne pouvoit croire et imprimer en son esprit que, pour cause si injuste et mal fondée, voulust de nouveau rentrer aux premières arres de guerre, et que par luy réitérassent les malheurs à demy oubliés , mesme à son advénement. Pour le moins le roy espéroit que si l'empereur et son fils proposoient secourir les Colonnois , comme leurs vassaux et soubmis en leur protection , contre le pape, qu'ils disoient leur ancien ennemy, qu'encore qu'il aydast et secourust le pape qui l'en avoit sommé et requis , comme tout droict et justice luy ordonnoient, ce nonobstant se maintiendroient tousjours les trefves de par-deçà.
Et tant persévéra en ceste opinion, qu'il n'estoit aucunes nouvelles, tant que l'esté dura , d'envoyer secours au pape , jusques à ce que ces clameurs et plaintes des estranges oppressions que l'on faisoit au Sainct Père redoublèrent aux oreilles de Sa Majesté, et qu'il fut sceu que les ducs d'Albe et de Florence s'estoient desjà de tant advancés que d'estre fermés et parqués aux portes de Rome, et le pape enfermé
et réduict en grande captivité au chasteati Sainct-Ange. £t d'ailleurs que le seigneur Octavien Famèse, à la sollicitation des Impériaux et des cardinaux Famèse son firère, et Saincte- Fleur son cousin, après avoir receu du roy toute douceur, confort et ayde, s'estoit révolté devers ceux qui auparavant , après avoir procuré la mort de son père, le vouloient desh&îter. Estant aussi adverty seurementque le progrès de toutes ces force? tendoit à chasser les François de toute l'Italie et Lombardie, et ran- ,ger le pape à recevoir toutes telles conditions qu'ils luy proposeroient, ne peut plus temporiser et attendre, et luy fut force à la haste dresser une armée sur le commencement de l'hiver, et y envoyer M. de Guy se, qui fut contrainct , pour diligenter, passer les montagnes de Savoye et les Alpes, aux grandes fi'oidures, avçc infinité de travaux. Voilà, à mon jugement , Fane des principales causes de la roupture des trefves, et dont l'on dit ^[ue ces dernières guerres sont renouvellées.
Quant à rechercher les choses de plus lolng, et dire que c'estoit une couverture que l'on prenoit pour tascher à recouvrer le royaume de Naples, suy vaut l'opinion de quelques-uns , et sur cela débattre les raisons de Tune et l'autre partie, pour réfuter l'une et colorer l'autre, je laisse, comme j'ày dit, ceste charge aux bons orateurs et à ceux qui ont veù et sont appelés aux privés et plus secrets àflbires de tels et si grands princes, et qui tirent d'eux grandes récompenses et bénéfices, pour défendre leurs querelles à coup de plume. Et pourtant , sans m'esloigner par trop de mon propos, je meparforceray monstrer et faire paroistre à toutes personnes de boo jugement , que ces trefves n'étoient qu'une dissimulation, ou, si l'on veut, un repos et reprise d'haleine pour recommencer de plus belle, quand le pouvoir et le moyen seroient recouverts, ou, pour parler encore mieux à la vérité, quaud Ton verroit quelles issues auroient plusieurs secrettes et dangereuses entreprises qui se traitoient couveriement.
Mais, pour venir aux principales causes de la roupture des trefves de par-deçà, nous tenons pour certain que le roy Philippes et les Impé* riâux ont commencé les premiers , ce qui se peult vérifier par plusieurs moyens et effects , que je n'aurois presque besoing adjouster id , ayans esté desjà imprimés et publiés par touS
GUERRES DE BELGIQUE, LIV. VIII
îe monde; tOTitefoîs,poarfiiirepreuveparinesme moyen démon argument et proposition, j'en ay bien voulu discourir quelques-uns des principaux. Et, pour le faire court , sans faire grandes clameurs du rigoureux traitement qui a esté fuit à nos prisonniers de guerre, plus cruel que ne pourroit cstre celuy des Mores et infidèles , laissant à part, ainsi que chacun le scait, comme M. de Bouillon fut iniquement et proditoirement empoisonné et vendu mort , il est tout notoire que, bien peu de jours après Paccord et transaction des trefves , lors que pardeçà Ton ne pensoit qu'à se resjouir pour l'espérance que chacun avoit de la paix, fut trouvé et vérifié , parla voix et confession des conspirateurs mes^ mes, que plusieurs surprises et machinations avoient esté dressées sur des principales villes et en divers endroits de ce royaume : comme des soldats de Mets qui avoient entrepris ren • dre et trahir la ville , à la poursuite du comte de Meigue, gouverneur de la ville de Luxembourg, et à Tadveu du prince de Piedmont ; celle d'autres soldats sur la ville de Bordeaux « en Guienne, à la conduite du sieur de Barlemont , général des financesde Fempereur, un peu avant Pasques,un mois après les trefves accordées. Peu de jours ensuyvans fut surpris près La Fère en Picardie un mgénieur, conducteur de fortifications, nommé Jacques de Flectias » qui advoua et confessa avoir esté envoyé par le prince de Piedmont pour recognoistre et dresser portraicts et principales villes dé la frontière, mesmement de Montereul , Sainct-Esprit de Rue, Dourlan, Sainct- Quentin et Mésières , et,pour cest effet, luy avoir esté fournis deniers par «on commandement. Encore pourray-je adjbuter une conspiration, estrange entre chrestiens , d'un soldat provençal , qui avoit esté pratiqué et tellement suborné avec grandes promesses et présens, qu'il avoit entrepris empoisonner les puits de la ville de Mariembourg, et par la faire mourir misérablement tous les gentils-hommes et soldats qui estoient dedans, pour de tant plus faciliter la reprised'icelle ville. Toutes ces entreprises ontestési publiées et sont encare si frescbes et manifestes, qu'eux-mesmes ne s'en sçauroient eslaver et répliquer le contraire. Ainsi ées causes semblent assez suffisantes pour avoir donné juste occasion au roy de s'en ressentir et d'estimer que le roy Philippes et les Impériaux auroient les premiers, en contreve- XVI> stàcLB, La PI. et La FI.
nant à leur serment«fait ouverture de la guerre de pardeçà, d'autant que tous contracts et accords qui se traittent mesmement entre les princes , estant exemplaires de plus grande confirmation aux loix et décrets qu'ils érigent , doivent estre non-seulement sans dol et malignité, ains exempts de toute suspicion, veu que en cela leur seul fait particulier n'y est compris, ains tout le bien et repos universel y consiste. Donqiies en ces beaux et honnesles exercices, fort difTérens aux promesses précédentes et affermées en bonne foy , se passa la meilleure part du temps de ces trefves. Outre tout cela encore l'on pouvoit sçavoir de pardeçà que , tant s'en falloit que le roy Philippes désirast réconciliation et amitié pacifique, qu'il soUicitoit le roy de Bohème et les potentats des Allemagnes à entreprendre la guerre contre le roy pour le recouvrement des villes franches, et que, de sa part, au lieu de donner congé et licencier ses capitaines et soldats, et rompre son appareil de guerre, il faisoit plus que auparavant extraordinaires préparatifs , mesmement d'argent. Finalement il est tout manifeste que, ne pouvant plus contenir ses entreprises , les garnisons du Mesnil commencèrent à courir sur le plat pays à l'entour d'Abbeville et Sainct- Esprit de Rue, et celles d'Àvesnes et de Cimets vers La Chapelle, Rozoy en Thirasse et Aubenton, soubs ombre de dire que la nécessité les con traignoit , estant adonc la famine fort grande devers eux.
Estant ceste première année des trefves, 1556, brouillée et diversifiée des variétés d'accidens et menées dissimulées que j'ay aucunement touché et déclaré cy-dessus, et passée jusques sur la fm du mois d'aoust, l'empereur Charles, voyant les afiaires de ce règne, et sa santé au lieu d'amendement tous les jours empirer, résolut, sans davantage temporiser, passer en Espagne ; et au partir de Bruxelles prit le «hemin à Gand. Au quel lieu appella les ambassadeurs résidans près Sa Majesté, et leur donna mesme heure d'audience le mercredy 26 de ce mois, les faisant entrer les uns aprè^ les autres en sa chambre; où il ne tint en général autre langage que leur remonstrer sa vieillesse et indisposition; les priant vouloir faire bons et dignes offices d'eux, au bien gt advantage de la chrestienté, protestant au nonce ( c'est celuy qui est comme ambassadeur
FRANÇOIS Dk RABOtlN.
du pape) qae toute sa vie U avoit aymé et défendu le Sainct Siège apostolique; a celuy de Venise, qu'il honoroitceste seigneurie et république, de laquelle il a aussi toute sa vie désiré la liberté et conservation, sçachant combien elle nourrit et entretient le repos de Tltaiie; que son fils suyvroit le mesme chemin, luy ayant laissé par exprès commandement et testament. Aux ambassadeurs de Ferrare et de Mantoue, il dist parolles générales aussi, et un peu plus particulières à celuy de Florence, le chargeant escrire à son maistre ne jamais prester Voreille à nouveaux desséings ny entreprises, et ne rien de soy brasser sans en advertir le roy son fils, comme il avoit fort tien faît Jusques à présent, et dont il ne s^stoit pas mal trouvé, ainsi qu'il y paroissoit. Iceluy àmbas> sadeur, qui est évesque, se meit à le vouloir dissuader de son parlement et remonstrer que tous ses plus chers et fidèles serviteurs s'en esbahissoient, considéré mesmes que toutes raisons et bons discours estoient contraires à telle résolution, et qu'au lieu d'aller en Espagne il faudroit tourner vers rilalie,^u pour le moins n'abandonner son fils, qui se pourroît aider et secourir de son prudent conseil. Ace propos l'empereur respondit qu'il ne pouvoit pas estimer qu'un vieil prince, mal disposé et affligé de toutes parties comme luy, peusl ée qu'un jeune prince pouvoit ; lequel II laissoit si bien instruict et en si bonne volonté de se monstrer grand et homme de guerre, s'ilfalloit y entrer, que l'on cognoistrôit que son absence ne apporteroit aucun dommage à ses amis. Et là dessus voulant cesl évesque de rechef luy inculper et remémorer tes affaires et gràïidcur de ce monde, Sa Majesté Tinterrompit, le priant croire que ses pensées et cogitation^i n'àvotent plus rien de commun avec le mortde, auquel II disoit adieu et à luy aussi ; et là-dessus se départirent.
Le vendredy ensuyvant il partit de la vifle de Gand, et alla coucher à Sail, petite bourgade distant de là cinq lieues, et le lendemain il paifei le bras de mer qui est etître ledit Saîl et l'IsFe de Zélande, n'estant ce bras de mer large que de quatre lieues, qui sont neuf de distance de Gand à icelle isle, laquelle n'a que sept lieue^ de tour; mais elle a trois petites villes les urtes près les autres, où estoient tous les vaisseaux et l'armée qui dévoient porter et conduire Tem-
pereur. Ces trois villes soni Fteisselngj Hérin" nés et"Mè1deboî!irg, auxque)!^ toutefois ne logea point, maïF à une demie lieue up J><>rt, eu \m petit chasteau nommé Lambour^, apparténanl au seigneur de Itfontlambes. lies deux roynéf Éléonor et Iviarie partirent de iSarid un Jour après t'empereur leur iVeré, et atlérent diine traitte Jusques a la vàle fle FIèsséinl|, ^rocb« dudict c1iasteah,i)u énseinbïé attéhdirenileboç vent et le témaîs pfppr^e pour pafirr, estiiht adonc l'armée preste et Icis kv'ftaulétnéns iaiû j; vray est qu'il reitoït encore quelque jwyeméni aux mariniers, mais les ihafcbaïKÎs. aÀnverè ^ arrivèrent aussitbst pour y satisfaire, tk roy ^hilippes coitduisit jusques a Saïl Tempereur son père, et là il prin't le dernier cohj^è *àè luy et luy dist le dernier adieu- Voilà le triste département du père et du iSis, clés plus grands princes de toute l'Europe, des àeux tantes et dà nepveu; qui ne fut éommé il est facile à croire, sans très grands et très aigres regrets, se reiii*ant des parties de deçà, et comme 9es misera de ce siècle inconstant et mobile, le plus griin^ empereur et le plus renommé qui ayt régné depuis Charlemagne. Le roy Philippes reioufnà à Gand, où il se vit àî accablé de reauestès et de debtes qu'il lie lùy senibloit pour rheure eà pouvoir sortîr de sa vie, îîy avoir le 'moyen Se retourner sitost en Angleterre ; car lés éstats de pârdelà se monstroîent adonc si rebellés àui contributions, que l'on h'enléridoît quasi par tout qu'une voix commune d'un peuple (Jui a envie dé ne longuement suppoker telles oppressions, qui estoient à là vérité telles et si extresihes, qu'eux mesmes n'en àtieniioiéht qii'dhè riiine et dangereuse révolté. Le <ïuc dé fevoyë. sur lequel alors repôsoit f'enlîei'gouveriiemeht de ces Pays-Bas, fat contralnci, quelles jours auparavant le parlement de l'empereur, retournef à Bruxelles avec toui soh éonsèil, où lés éstats estoient deineurés, pouf les persuader d'aidét et secourif le fby, a(Tn quelTon peùsl payer atlx A-ontières ce qui esloîl deti, èl pour fournit quelques dem^rs au foy pour soii voyage, né pouvant afléi* en Angléteffè sans cela. Ce que premièrement lésdits estatsèt jprinces estàhs à* Bruxelles avblènt ijuelqùément * Accordé; toutefois dépuis le tbut fut renversé et feihîs en controversé.
Tel estbit îè chaii^èmént que prehoïeiit les
(1) A UD cerlain poiot.
GUERa^3^ ïiÊ SÊLG^UB, UVv VIII,
a{&im de. pa^elà, . aiis(iq,(|U^ aur toute^ choses le roy Fhilippei^désirojtqpiÇ celles d'^^lîé peussent donner, apctin çepoj? e^ ^urséaniçe^ la confusion en ta(j^uelle il se yoypit, combien qu'elles ïuy. suçcédcjient ^ut çjy reliçurs, ijpjuuccê au'adonc les novjiveiTes esj^piçnt telles que Iç pap^ ayoit da tout refuse et r.gftt^ S^'^T V^ de la çajrt du duiç 4*^lbe, et, aulreç tenans çiç par^y/luv avoit voùl^u faire quelque ouverture de paix. Aussi au ine§me instant 1^. pape rçQyoya qi^erir, et raçpella le nonçf (pfji\ avoit devers le roy Philippe^ ; duquel ipeluy^ lî.oac^ prenant congé, Sa Majesté Taç^eura, avec lo)^tes protestations, de sa bpnne volçnté enver^ fa samcteté du pape. Mais le plusgrand ennuj et regrett qui (Jie ce fâict troublast l'empereur et son fiis estoient les njenasses que l'on leur f apporta que lé pape les youlgit excommunier, et le duc de Florence, avec tous leurs fauteurs et adhérens. Il est incroyable combien l'empereur pour cela estoit en peine, comme il a esté sceu par hommes dignes defp'^ qui/ei^ ^^eif^ plaindre en sa chambre deux heures avant ison*^ partement,*et du grand tort qu'on luy faisoit pour quelque vengeance. Au surplus, le roy Philippes, suivant fèxfH^e ordonnance que son père luy avoît eojoioete de recognoistre et n'oublier ses seinriieitr»^ «Trocherebereem qui pou voient ppufisoii seP«to6eUMieniq[ltatioi]i de sa grandeur, par personnes exprès interpô^ sées faisoit attirer et regaigner en toutes sortes de promesses tous ceux qu'il sentoit reculés et absentés t
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gentilshommes françois, partit de France au mois de déçenibre. Lequel, nonobstant tous labeurs et^tra^vaux des montagnes de Savpye et ^es Alpes, et l^s insupportables froidures et paissions, que ceste saison d'hyver traîne coo^: mnnément après elle, feit si grande diligence, qu'en peu de jours ayant passé tout le Piedmont se trouva bien avant, en Lombardie, sans aucune rencoiitre et résistance ; et après avoii: emporté d'assaut la ville de Valence sur le Thésin çt mis en pièces quelques Espagnols qui luy çuidpient eropescher le passage, se fendit heureusement en Italie. De la venue duquel estant adverty le duc (J'Àlbe, craignant expérimenter la première furie des François, ou bien par faute, de vivres, et d'argent, leva le sié^e de Rome, et se. retira i^ur le rçyaume de Naples, garnissant les places fortes des limites de soldats et munitions, pour attendre l'entreprise des nostres. Le duc de Florence, pour sauver le plat pays florentin et ses colonies et apparte- 9ai>cesrdu. g as^ Qt (Repopulation, et pour avoir fcoisir de' fbrtifie/ et munir ses forteresses, feit semblant de prester l'oreille à quelque alliance avecques le roy ; toutefois les choses ne s'estans ' peu accorder, se sentant bien soustenu et pro- ' ébain de son secours, se retira dans sa ville, et se o<mtiut sur ses gardes; dé sorte que le sei- 'gtteoT Pierre Sirôssy, maresehal de France, qui oatoit p^oty ée^ premiers, et qui s'estoit enfermé dans Rome avec autres gentilshommes, capitaines et compagnies françoises, pour soust e^dre la personne du pape
( |e M. de Guyse.fust arrivé,
i Qt pris la pluspart des forts
i fmpériaux avoient basty et
1 dç Rome et sur le Tybre.
i nis en liberté, et ceste très
j ; toute la province circ'on-
et ostée de la captivité où 1 imettoipnt la rendre en bref,
ps de toutes cesexécutions»
i ouvelles de guerre de par-
( r: murmures l'on pronosti-
( ^ donneroit commencement
i desjà le pouvoient donner
i pirç les préparatifs qui es-
1 î Ift part du roy Philippes :
< ue peu de jours ensuyvans
1 îs garnisons d'Artois et Hé-
ircées» et les villes remplie^
FRAI^ÇOIS DE RABt3TIÎ^.
titté]
de gens de gaerté, sans qu^on penst entendre la cause, sinon qu'il fut dit y courir un bruit couvert eux vouloir exploiter quelques secrettes entreprises en Picardie, en des principales villes de la frontière, où ils avoient intelligences. Parquoy s'y estant retiré M. l'admirai qui en est gouverneur, et ayant assemblé les garnisons ordonnées en ceste province, les voulut prévenir et jouer au plus fin, asseuré que l'ennemy feisoit le semblable, et en ayant commandement; de façon que sur le commencement de janvier, la veille des Rois, s'estant embusqué près la ville de Douay, faillit à y entrer et la surprendre la nuict, pendant que ceux de là dedans, qui s'estoient ce soir eny vrés à crier « le roi boit, » estoient à cuver et reposer leur vin et cervoise *, et ce, sans une vieille qui donna
(1) Bière.
Falarme et qui esveiUa le guet à fine force décrier, à laquelle trop tost et trop témérairement s'estoient descouverts quelques soldats françois. Ayant fally à celle-là, depuis retourna à Laos en Artois, où il entra, et fut ceste ville pillée et saccagée : où les ennemis ont reproché et fait grandes plaintes après y avoir esté perpétrées et commises de grandes cruautés par les François. Ce sont les causes et preuves que les Impériaux allèguent pour monstrer que nous avons les premiers enfraint les trèfles, et contrevenu à nostre foy et promesse, quoy que, comme dit a esté, ils eussent diversement commencé les premiers. Depuis ce temps, les garnisons et soldats de chacun costé et party commencèrent à courir les uns sur les autres, et à se chercher et rencontrer comme ennemis : et ainsi commença la guerre de pardeçà.