IL VIVAIT ENTRE 1520 ET
^ Louis Régnier de la Planche était né à Paris, et fut un des conseillers les plus intimes du connétable de Montmorency. Il paraît avoir adopté la réforne de Calvin et s'être enrOlé hautement sous la bannière des réformés; mais le patriotisme et une raison calme et ferme, prédominaient chez lui sur l'enthousiasme religieux , et l'opinion politique semble avoir entraîné ou fortifié la conviction du réformé. 11 se représente lui-même sous cet aspect dans l'ouvrage remarquable que nous réimprimons ici, et qui porte le titre d^Histoire de Vestat de France , tant de la république que de la religion^ sous le règne de François II. En rapportant les événements de l'année 1560, il raconte un entretien qu'il eut avec la reine Catherine de Médicis.
« Désirant, dit-il ', ceux de Guyse, cognoistre si le connestable se trouveroit enveloppé parmy ce qui concernoit le prince de Condé qu'ils tenoient déjà par surprise en leurs filets, persuadèrent aisément à la reine mère d'envoyer quérir un certain Louis Régnier, seigneur de la Planche, et qu'on estimoit dès lors servir de conseil bien avant au mareschal deMontmoi^ency.Cestuy-cy, appelé et introduit au cabinet de la reine mère,/e cardinal estant caché derrière la tapisserie, à Saint-Léger, enquis des vrayes causes des troubles, et des remèdes qu'il estimoit s'y pouvoir appliquer, après s'estre en vain excusé, feit en somme une response, puis après rédigée par escript et par luy-même, dont lé sommaire s'ensuit. •
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La Planche, dans son allocution, ménage peu les chefs de la maison de Lorraine dans leurs intrigues et leurs prétentions vaniteuses.
• Ce propos ainsi tenu le matin, ajouta-t-il », et entendu par le cardinal de Lorraine caché derrière la tapisserie, et La Planche renvoyé diner, il fut conclu qu'on le renvoyeroit quérir après diner pour le tenter plus avant, et finalement, s'il ne disoit tout ce qu'ils estimoyent qu'il sçavoit bien, il seroît
mis en cage pour lui apprendre à chanter La
Planche homme libre et d'entendement, au lieu de s'estonner, après avoir protesté qu'il en avoit dict la pure vérité sans aucune passion particulière, remontra que jamais ne seroit souffert cest accouplement des princes de la maison de France et de la maison de Lorraine, dont il luy deschiffra toute
l'origine Sa conclusion fut, quant à ce point:
que ceux de Lorraine ne devoyent nullement tirer au colicr avec les princes du sang, ains leur céder et faire place, qui estoient les moyens d'appaiser les plus dangereux huguenots. Et quanta la capture des prétendus rebelles dont on lui parloit, il trancha le mot: qu'il n'estoit ni prévost de marchands ni espion. La reine n'en pouvant tirer autre chose, le meist entre les mains des gardes, alléguant que, par informations, il estoit chargé d'avoir eu intelligence avec U Renâudie-, dont il se purgea si évidemment qu'il fut mis dehors au bout de quatre jours. Tel fut le pourparler de La Planche, homme politique plus tost que religieux. » ^
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