‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 138 sur 761 · CHAPITRE LXXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXI

rom—iii, Êfttê ta puUieaUim du aHodement roTil, conlelUM que nul ne CariBâl pour In deux pirliw d'Orlénu et de Bourgogne, le dit duc de Bourgogne écrivit au baiUi iTABiem.

Or il Mt Trai que le due Jean de Boorgogne, doutant que ses amis , alliés et sujets ne délaiisaMenl aueanement de le servir en ses affaires, put le Di07cn et crainte d'un mandement royal qui atoit été publié par tous tes bailliages du royaume de France, contenant, comme il peut plus clairement apparoir par la copie i'ieelui ci-devant écrite, que nulda dit royaume ne fût si bardi de se mettre sus en armes pour servir les ducs d'Orléans ni de Boui^;ogne, ni l'uB d'iceux , pour mener guerre l'un contre l'autre, écrivit tettres au baiHi d'Amiens ou à son lieutenant, au mayeur et échevins du dit lieu, et & chacun d'eux; desquelles la copie s'easnit:

> Très chers et bien amés, noos avons entoidu de plusieurs que , par mandement de Bwnseigneur le roi, vous avez défendu généraleawat à tons sujets et autres que nul s'arme à notre instance ni de nos adversaires ; lesquelles défenses sont laites de par le dit monseigneur roi , pource qu'il avoil intention , propos et Vidonlé de mettre paix et concorde entre nous et notre dit adversaire, pour quoi il a pluneurs fois envoyé ses ambassadeurs et BMssngers spéciaux, tant devers nous, comme devers nos dits ennemis ; auxquels nous avons toujours répondu comme féables, vrais et entiers si^ets, et du dit monseigneur le roi serviteors, tant que Dieu merci toutes les répon» ses qui ont été faites ont été tendantes à bonne in et paix et union, et lui ont été plaisants et agréables. Mais nos adversaires, en continuant leor mauvais , damnable et déloyal propos et volonté , laquelle ils ont toujours eue et ont contre monseigneurle roi et sa noble génération et le bien de son royaume, et en ensuivant les mœurs et conditions de leur père, qui tout son temps déloyaumenl et traîtreusement eoBtendit h la totale destruction de monseigneur le roi et sa noble génération et le bien de son royaume, ont fait tout le contraire; et ont toujours répondu en dissimulant et allongé le temps sous feintes , fausses et mau-

vaises couleurs. Et pendant que ma très redoutée dame la reine, notre très cher oncle et seigneur monseigneur de Berri et notre très cher frère le duc de Bretagne se sont mis ensemble par l'ordonnance et bon plaisir du roi à quérir et trouver aucun bon moyen de paix entre nous et nos adversaires , ces faux et déloyaux traîtres, rebelles et inobédienis, Charles , qui se dit duc d'Orléans , et ses frères , nous ont envoyé leurs défiances ; et devant iceU les se sont plusieurs fois efforcés déloyaument et (rattreusement , contre leur serment , nous diffamer et dommager, tant de fait comme au* trement. Laquelle chose, au plaisir de Dieu, n'est pas en sa puissance, ni ne sera , si Dieu platt, qui sait et connoft l'entière et parfaite volonté et loyauté que nous avons et aurons tant que nous vivrons & notre dit seigneur le roi et à sa génération et bien de son royaume ; pour lequel nous avons et voulons mettre toujours cœur, corps, finances et puissance, et généralement tout ce que Dieu nous a donné, et pour lequel nous fîmes et conmiandAmes être fait tout ce généralement que nous fîmes, sans avoir autre regard à diffame , dommage en corps, en biens ni en honneur, qui ne pourroit être amoindri par si faux mauvais traîtres et déloyaux, rebelles et inobédienis à notre dit seigneur le roi, ainsi que les devant dits Charles et ses frères, qui sont devenus de si faux , mauvais et déloyaux traîtres, comme a été leur père , ainsi qu'il est tout notoire et commun par tout le royaume.

» El vraiment nous tenons qu'oncques l'intention de notre sire te roi ne fut de vouloir empêcher que tous nos bons parents , amis , alliés et serviteurs sujets et bienveillants, IbisiMement et raisonnablement ne pussent venir à nous accompagner et servir contre nos dits adversaires à garder notre honneur et icelle maintenir et défendre avec nos dits sujets. Et pour ce «mous vous prions et requérons , tant et si affectueusement que noos pourrons, qu'il vous plaise nos bienveillants et amis quelconques demeurant en votre bailliage et tous autres allant et passant parmi , laisser franchement venir à nous et ù notre service, sans à eux donner ni souffiHr être donné, par quelque manière que ce soit, aucun empêchement, en corps ni en bien ; et vous pouvez tenir sûrs et acer-

CHRONIQUES D'ENGUERRÂND DE MONSTRELET

tenés que tout ce que nous avons intention et propos de faire est et sera pour le bien et sûreté de monseigneur le roi, de sa génération et de tout son royaume, et & la confusion et destruction de ceux qui sont ou ont été envers lui faux, mauvais et déloyaux, traîtres, rebelles et inobédients. Et s'il est chose qui vous plaise que puissions faire , 8igniaez4e-nous , et nous le ferons de très bon eœor. Très cbert et bons amis, le Saint-Esprit vous ait en sa garde.

» Ecrit en notre ville de Douai , le treizième Jour d'août. <•

Auxquelles lettres Ferry de Hangest, qui lors étoit bailli d'Amiens , et tous autres qui avoient gouvernement de Justice furent très contents de favoriser et eux incliner & la requête du duc de Bourgogne.

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