LIVRE PREMIER
dire, ceux de dedans se défeodirent trëa obe-> Taleareusement et navrèrent plusieurs d'iceux assaillants ; et arec ce en tuèrent aucuns, pourquoi fidlut qu'ils se trahissent arrière, et ce Alt par un Jeudi. Et le lendemain , qui fut le tendredi , le duc de Bourgogne , ne sais à quelle cause , fil crier que nul , de quelque état qu'il fût, n'assaillit ceux de dedans ; mais fil IdMurer à faire ponts et passages sur la rinère de Somme, afin de passer outre pour enviroBner et assiéger la dite ville, et aussi pour la clorre de tous côtés. Mais il en advint tout aotrenoent et au plus loin de sa pensée ; car quand ce vint le lendemain au matin, qu'il avoit ordonné à livrer le dit assaut, ainsi qu'à huit heures au matin, fut su que ceux de la garnison et la plus grand' partie des notables bourgeois s'en étoient fuis et avoient emporté grand' partie de leurs biens ; et n'étoit denewé dedans icelle sinon pauvres gens de commun et des villages qui s'éloient là retraits ; lesquels, comme demi-vaincus, quand ik virent partir la dite garnison , n'eurent point grand' puissance ni volonté d'eux défendre. Et par ainsi , sans grand péril , entrèrent dedans les gens du duc de Bourgogne, et preuiërement les Picards.
Adone les dits Flamands vojaut la besogne deMos dite, y allèrent à si grand nombre et poissaBce pour y entrer, que les aucuns, pour la grand' presse , furent morts et éteints; et quand ils tarent dedans , si commencèrent à piller et rdaer tout ce qu'ils trouvèrent, en osanA du droit que leur avoit donné leur seigaeur le due de Bourgogne; car il avoit &Ua A leur parlement , comme dit «s( dessus, qu'il leur eAt abandonné tout ce qu'ils pourroieot cooquerre sur leurs ennemis. Et en y e«t vue partie qtù se mirent à un lez et A l'attira de la rue vers la porte par où les Picards derolent retourner à leur osL Lesquels Picard! et Ions ceux qui n'ètwent pas de leur fangoe ik détrouisoient de tout oe qu'ils avoient gagné , quand il les pouvoient atteindre, et n'épargnoient homme, de quelque état qu'il Ml, nobles ni autres. El en celle IribulatioD ea y eut plusieurs aiorts et navrés.
Après entrèrent dedans l'abbaye qui éloit dedans la ville, si prirent et ravirent tout ce qi^ils T trouvèrent; et après enanenèrenl de<
hors plusieurs hommes et femmes et petits enfants, et les mirent en leurs tentes. Et au derraio, quand ils eurent ôlè et vidé tout oe qu'ils pouvoient porter, ils boutèrent les feux en plusieurs et di verslieux dedans icelle ville. Et finablement etpour brèveconclosion, loutesles égli* ses et édifices d'icelle Airent consommées et arses à grand' destruction ; et mèmemenl plusieurs hommes et femmes et petits enfants, avec foison de bétail, qu'on avoit retraités bovès et es celliers, furent péris piteusement. Mais, nonobstant les cruautés dessus dites, en échappèrent, A l'aide d'aucuns nobles hommes , six ou sept des religieux de la dite abbaye ; desquels l'un , c'est A savoir le prieur, tenoil en «es mains moult révéremment une croix ; et furent conduits Jusqu'A la lente du duc de Bourgogne, où ils furent A sauvelé.
Si fut le commencement des dits Flamamto tel que vous oyes ; et pource qu'en plusieurs villes, outre la rivière de Smnme, appartenant au duo d'Orléans et A ses alliés , ouïrent nouvelles de ce qu'ils avoient fait en la dite ville de Ham,ne faut point douter qu'ils hirentmer' veilleusemenl crémeus; et étoil peu de gens qui vodlsissenl cimolure A les attendre, de peur d'être assiégés en qudque bonne ville ou forteresse que ce fût ; car déjà messire Glignet de Brabanl et messire Menasses Quiérel avoient abandonné, comme dit est dessus, la dite viHo de Ham, qui étoil assez forte et bien garnie de plusieurs vivres, et s'étoient retraits A Gbauny et A Coucy. Et adonc ceux de la ville de Nesie, qui étoil au comte de Dammartin, quand ils virent la fUmée et les feux d'icelle Ville de Uam, furent en très grand doute : car leur garnison se partit inconlinml. Et pour ce les bonnes gens de la viUe, A l'exemple de ceux d'Alhies, vinrait devers le duc de Bourgogne ; et tout en pleurant lui présentèrent les clefs de leur ville , en offrant du tout A eux mettre en sa subjection et merci. Lequel duc les reçut en grand' révérence au nom du roi et de lui, par tel convenant qu'ils n'anroient plus de garnison , et jureraient que dorénavant ils seroient vrais sujets et (hissants au roi leur souverain seigneur ; lequel serment ils firent très volontiers. Et après qu'ils eurent regracié et remetàé le dit duc, ib s'en retournèrent en leur ville, et par son ordonnance alHAtireot et dé-
CHRONIQUES D'ENGUERRàND DE MONSTRElilT.
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molirenten plusieurs lieux leui% portes et murailles. Derechef firent jurer tous les bourgeois et autres qui avoient le gouTemement en icelle ville d'entretenir et maintenir ce qu'ils avoient traité, et par ainsi demeurèrent paisibles pour cette fois.
Et pareillement ceux de la ville de Roye, qui éloienl nuement sujets au roi, envoyèrent devers le dit duc à son logis devant Ham , lui remontrèrent comment les Orlèanois frauduleusement ètoient entrés dedans leur ville , et leur avoient fait plusieurs violences, et depuis s'en éloient partis quand ils avoient su sa venue, en lui requérant qu'il. fût content d'eux, et ils ètoient prêts de le recevoir et foire son bon plaisir. Auxquels le dit duo fit réponse que d'eux il éloit assez content , moyennant qu'ils promettroienl et feroient serment solennel de ne plus recevoir son adverse partie, c'est à savoir les gens du duc d'Orléans ni ses alliés. Après laquelle réponse , remontrance et requête, et que le dit duc fut ccmtent d'eux , ils se départirent très joyeux de sa réponse et retournèrent en leur ville.
£t ce fait, le dit duc de Bourgogne fit passer son ost la rivière de Somme , tant par Ham comme par autres lieux ; laquelle ville de Ham il laissa tout désolée, et prit son chemin pour aller à Chauny-sur-Oise, appartenant au duc d'Orléans. Mais ceux de la garnison , sachant les nouvelle», se départirent hAtivement ; et pour ce, les bourgeois, atteintsde peur, envoyèrent sans délai devers le dessus dit duc de Bourgogne lui présenter les clefs de la ville, en lui humblement suppliant en larmes et en pleurs qu'il eût pitié d'eux , disant comment les gens d'armes de leur seigneur s'en ^ient fuis pour doute qu'ils avoient eu de loi et de sa venue. Lequel duc le» reçut à merci et prit leur serment par tel convenant qu'ils rtéiroient du tout au roi leur souverain seigneur, et à lui, et reeevroient garnison de ses gens pour garder eux et leur ville.
Après lequel traité ainsi fait, ledit duc prit son chemin vers Roye en Yermandois ; et se logea dedans k ville, et tout son ost au pays à l'environ : duquel lieu de Roye il envoya messire Pierre des Essarts , chevalier et son conseiller, naguère prévôt de Paris, devers le roi et le duc d'Aquitaine son gendre f et aussi de-
vers les bourgeois et htdbitantsd'ieeUe ville de Paris. £l portoit nouvelles de la puissance et armée qu'avoit le duc de Bourgogne.
Lequel des Essarts , venu au dit lieu de Paris, fut du dit duc d'Aquitaine et des Parisiens reçu moult honorablement. Et en faveur du dit duc de Bourgogne fat présentement rètabK et remis en l'offlce de la dite prévôté, au lieu de messire Brunel de Saint-Cler ; lequel m^sire Brunel flit commis par autorité royale è être bailli de Sentis,'en déboulant du dit bailliage messire Gaslelin du Bois , pouree qu'il étoit mécru de tenir la partie d'Orléatts. Et après qu'icelui messire Pierre des Essarts eut b^ogné et fait à Paris ce pour quoi il y avoit été envoyé , se partit de Paris incontinent , et se tira vers Rèthel pour noncer et dire au comte de Nevers, qui d^à avoitassemblè grand nombre de* gens d'armes , qu'il se tirftt devMV son frère le duc de Bourgogne vers la ville de Monldidier, et que ik il auroit certaines nouvelles de lui. Lequel comte de Never« , sachant les nouvdles de son dit frère le due , fit derechef grand' diligence d'assembler gens d'armes, et se mit A chemin pour venir devers son dit frère.
Et entre-temps , le duc d'Orléans , le comte d'Armagnac, le connétable de France et le mattre des arbalétriers, avecque eux grand' compagnie de gens d'armes et de eoBabattants, vinrent en la ville de Mehin, où éloient la reine de France elle duc de Béni, avecque lesquels ils eurent aucun parlement, et cte U s'en allèrent A la Fertè-sur-Jouarce, cpii étirit à messire Robert de Bar, à cause de sa CraMne, vicomtesse-de Meaux ; et passèrent la rivière de Marne; et vinrent & Arsy-en-Mua«en, ta la comté de Valois, appartenant au dit duc. d'Orléans. Et de là vint devers lui son frère le comte de Vertus, leqvd avoil en sa compagnie grand' quantité de combattants, c'est i savoir le duc de Bourbon, le comte d'Alençoo, Jean, flisau duc de Bar, messire GuiUaunw de Gouchy, Amè de Salld>rttse, messire Hue de Hufolite, et aucuns Ardennois, Lorrains et Allemands , lesquels tous ensendde et Biis eo seul ost ètoient bien six mille hommes de obe* val, chevaliers et écuyers, sans les variets armés et gens de traits ; lesquels de ce Jour es avant furent appelés par les populaires et ociu
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MVRR PREMIER.
ée Paris, «i eommao langage, Armagnacs, eomine dit est dessus. Lesquels tous et chacun d'eux portoient sur leurs hamois et Yêtemenls pour enseignes bandes, comme autrefois «voient fait deyant Paris.
Si se partit le duc d'Orléans avecque tout son exercite de son pays de Valois et s'en alla pisser par devant Senlis; et puis prit son diemin à Beaumont, sa comté. Mais Enguerland de BoumonTille, qui étoit venu au dit lieu de Senlis atout foison de gens de guerre pour ioelle garder, se férit en ceux de derrière ; ti en prit et détroussa plusieurs, avecque un chariot tout chargé de bonnes bagues, mais en ce faisant il j perdit aucuns de ses gens, qui 7 furent morts et pris. Si s'en retourna au dit lieu de Senlis, et le dit duc d'Oiléans se logea «n son cbâtel de Beaumont, et ses gens avecque les autres princes, tous assez près de lui rapays&renviron.
Et entre-temps que ces besognes se foisoient, le comte de Nevers dessus dit, qui cuidoit venir devers son frère, le duc de Bourgogne, fut en partie^contraint par les dits Orléanois, qui èloient ph» forts et plus puissants que lui, d'aller à Puis avecque toute sa compagnie. Lequel duc de Bourgogne étoit jà venu atout son osl de la ville de Roye loger devant la ville de Montdidier, et y avoit séjourné par aucuns jours. Quand il eut nouvelles de l'assemblée qu'y avoient fait ses adversaires, et comment Ôs étoient à grand' puissance entour Beaumont ^ Qennont, si fit diligemment préparer son est et mettre en ordonnance toutes manières de gens, afin de les recevoir et combattre au cas qu'ils viendroient pour lui courre sus, ou ansci pour aller envahir au lieu où ils étoient. d bon loi sembloit : mais à celle heure ses communes de Flandre, qui déjà se commen- (oient à tanner et désirment moult fort de relonraer en leur pays, lui demandèrent congé d'eux en r'alkr, disant qu'ils avoient servi le terme et espace qu'il les avoit requis à leur partement da pays de Flandre.
Be laquelle requête le dit duc M fort émerveillé et déplaisant, et ne leur voulut pas aceorder le dit congé : mais leur requit bien instamment quMls le voulsissent servir encore hait jours tant seulement, disant à eux qu'il avoit oui certaines nouvelles que ses ennemis
étoient ensemble à grand' puissance assez près de lui, près de le venir combattre, et que jamais à plus grand besoin ne le pouvoient servir. Et étoient à cette heure venus devers lui la plus grand' partie des capitaines et gouverneurs d'iceiles communes pour prendre congé, comme dit est. Lesquels, quand ils ouYrent la requête que leur faisoit si doucement le dit duc leur seigneur, et pour si peu d'espace, furent contents de retourner devers leurs gens, et promirent de faire leur devoir envers eux et les instruire, afin qu'ils voulsissent accorder la requête dessus dite.
Quand ils furent retournés en la tente de Gand, où se tenoient leurs conseils, là firent assembler très grand nombre de connétables^ et dixainiers d'iceiles communes, auxquels, quand ils furent assemblés, dirent la réponse, et aussi remontrèrent la requête que faisoit leur dessus dit duc, c'est à savoir qu'ils voulsissent demeurer huit jours, comme dit est, pour être avec lui et l'accompagner, et combattre ses adversaires, qu'il savoit être assez près de lui en grand nombre, prêts pour ce faire.
Et adonc, quand ils eurent ouï la dite requête, forent par iceux mises avant plusieurs et diverses opinions, et vouloient les uns demeiu-er, et les autres n'en étoient pas contents^ et disoient qu'ils avoient servi le temps et espace que leur seigneur leur avoit requis, et avec ce, que le temps d'hiver approchoit fort, pour quoi bonnement ne leur étoit pas possible de tenir les champs en si grand nombre qu'ils étoient, que ce ne fût à grand danger. Et pource qu'ils furent, comme dit est, de diverses opinions, et vouloient les uns demeurer et les autres non, ne se purent accorder ni prendre conclusion sur quoi les chefs et capitaines pussent rendre réponse au dit duc de Bourgogne. Et fut icelui conseil tenu le vingtième jour de septembre, après dtner. Et quand ce vint après Jour failli, ils firent, en plusieurs et divers lieux, très grands feux par leurs logis, du bois des maisons des faubourgs de Montdidier, qu'ils avoient démolies et abattues, et commencèrent à charger toutes leurs bagues sur leur charroi. Et avec ce s'armèrent commu-
• Chefs de eonnétabliesoacompagiiiet.
CHRONIQUES D'ENGUERRÂND DE MONSTRELET
Qèment. Et quand ce vint droit à minuit, tous ensemble, par leurs logis, commencèrent à crier à haute voix : « Wap! wap! » qui est à dire en françois : « A l'arme! & l'arme! » et pour lequel cri tout l'est fut fort ému ; et par spécial le duc de Bourgogne eut grand' merveille quelle chose ils vouloient faire ; et envoya aucuns seigneurs de leur langue devers eux pour savoir aucune chose de leur intention. Mais à tous ceux qui y alloient n'en vouloient rien découvrir, et leur répondoient tout au contraire de leur demande. Et entre-temps, la nuit se passa ; et au plus tôt qu'ils purent apercevoir le jour, firent atteler leur charroi et boutèrent le feu par tous leurs logis; et en criant derechef tous ensemble : « Gau ! gau ! » se départirent et prirent leur chemin vers leurs pays.
Lequel cri et clameur ouT par les gens du duc de Bourgogne , qui étoit en ses tentes , ils lui allèrent tantôt noncer. Et adonc tout émerveillé monta à cheval , le duc de Brabant son frère en sa compagnie, et alla devers eux. Et là, le chaperon ôté hors de la tète devant eux , leur pria à mains jointes très humblement qu'ils voulsissent demeurer avecque lui jusqu' à quatre jours, en eux disant et appelant frères, compains et amis les plus féables qu'il eût au monde, et en eux promettant grands droits , et par spécial d'eux donner et quitter perpétuellement tout le coUectage de la comté de Flandre, s'ils lui vouloient accorder sa requête. Auxquels aussi le duc de Brabant pria moult humblement que pour leur seigneur, qui les prioit si acertes pour si peu de chose, ils y voulsissent entendre : mais ce rien ne valut ; car, tous ensemble fabant la sourde oreille, passèrent outre , et n'en voulurent rien faire ; ainçois, qui plus est, lui montrèrent les lettres et convenances que le dit duc leur avoit octroyées, lesquelles ils avoient apportées avecque eux , et en les lui remontrant , lui dirent que le contenu en icelles , qui étoient scellées de son scel , il accomplit , et qu'il les conduisit ou ftt conduire outre la rivière de Somme jusqu' en lieu sûr ; ou si non , son seul fils , comte de Charolois , lequel avoient à Gand , ils lui rendroient taillé en pièces. Et lors le dit duc de Bourgogne, voyant leur sotte et rude manière , et que ce qu'il disoit rien ne lui profi-
toit , par belles et douées paroles les commença à rapaiser, et en faisant sonner les trompettes, commanda à déloger avecque eux : mais ce ne fut pas sans qu'il y eût grand' perle : car le dit duc, tendant à rompre la volonté des dits Flamands , n'avoil pas fait détendre ses tentes ni charger ses charrois ; pour quoi grand' partiedes dites tentes et autres bagues furent ara» par les dessus dits feux qu'ils avoient boutés en leurs logis : lequel feu saillit de logis en antre jusqu' au propre lieu où le dit duc étoit logé; lequel duc étoit tant troublé , triste et ennuyé en cœur que plus ne pouvoit ; car, conmie dit est, il savoit ses ennemis en grand triomphe et puissance & une journée près de lui, et avoit grand désir de les aller combattre, si véoit que par le moyen du délogement dessus dit il ne pouvoit venir à son intention. Et qui pis étoit, il savoit véritablement que tantôt ils en sfr> roient avertis et diroient qu'ils s'en seroieot fuis sans les oser attendre. Néanmoins il loi convint souffrir et endurer, et prendre en paf tience ou autrement les choses dessus dites, parce qu'il ne les pouvoit avoir autres. Car quand nos maîtres Flamands furent mis en voie et qu'ils eurent retourné leur cluëre ver* leur pays, ils s'en allèrent autant en un jour qu'ils étoient venus en trois ; et tout ce qu'ils pouvoient prendre ni atteindre étoit par eux ravi et mis sur leur charroi, comme dit est dessus. Et avec ce eurent durant ce voyage plusieurs rigueurs et débats contre les Picards et Anglois. Et advenoit souvent que, quand murmure s'y mettoit , quand ils étoient trouvés à l'écart, U y en avoit toujours de morts et navrés. Et pa:* reillement, quand ils étoient les plus forts, ne se feignoient pas de faire le pareil.
Et n'est pas oublier que ce voyage se fit «a mois de septembre que les vendanges sont en point. Si se boutoient asses Hprement parmi les vignes , et en prenoient tant dedans leur ventre que plusieurs en furent trouvés morts et crevés dedans les dites vignes. Et d'autre part, pour trop largement et outrageusenient donner des biens qu'ils trouvoient sur le pays à leurs bêtes, chacun jour en mouroit gr«nd' planté de leurs chevaux et juments. En outre, quand le dit duc de Bourgogne et ses gens d'armes fbrent retournés jusqu'à Péronne , et que les dits Flamands étoient logés assez près