‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 155 sur 761 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

et les autres priaonniers Curent emmenés bfttivement devers Orléans.

Et entre-temps, le dit seigneur de Raœbures venant & leur secours , fat fourvoyé par un homme qu'il avoit pris à son logis pour le guider pour venir au secours ; et quand il y vint , tout étoit départi et emmené , dont il fut moult dolent. £t pourtant poursuivit sans délai ses dits ennemis par si grand' vertu qu'il les ratteignit; et se bouta en eux vigoureusement, tant qu'il en rua jus plusieurs; et avec ce rescouit aucuns prisonniers ; mais le comte et environ quatre-vingts de ses gens, comme dit est, furent emmenés devant, tant comme chevaux les pouvoient porter, et fut mis prisranier en la ville d'Orléans. Si fut icelui seigneur de Rambures moult troublé de ce qu'il ne le put rescourre. Et furent morts à ces deux besognes de trois à quatre cents hommes , tant d'un parti comme d'autre, dont la plus grand' partie étoit des Orléanois ; et entre les autres y fut navré à mort, de la partie du comte de Vendôme , GuyotLeGois aîné, fils de Thomas Le Gois , grand bourgeois de Paris, dont les Parisiens furent moult déplaisants.

Après cette besogne, le dessus dit seigneur de fiambures assembla grand nombre de gens de par le roi, et fit plus que par avant forte guerre à la duché d'Orléans, et eux à lui ; pour quoi le pays de tous côtés fut fort oppressé.

Auquel temps vint en la ville de Paris, du pays de Provence, le roi Louis de Sicile, atout trois cents hommes d'armes bien habillés , et se logea en son hôtel d'Alton -, si fut grandement reçu et honoré du roi , du duc d'Aquitaine et des autres princes et grands seigneurs. Si s'allia du tout avec le roi de France, les ducs d'Aquitaine et de Bourgogne , et promit de tenir leur parti contre les enfants d'Orléans et leurs alliés.

Et d'autre partie, la duchesse de Bourgogne et une sienne fille vinrent par ce temps du pays de Bourgogne au bois de Yincennes , où étoit la reine de France et la duchesse d'Aquitaine, qui très honorablement les reçurent; et là les alla visiter le duc d'Aquitaine et le duc de Bourgogne, et y furent laits très grands et solennels diiattements pour leur bienvenue ; et depuis y demeurèrent avec la dite reine grand espace de temps aux dépens du roi.

En ce même temps fat envoyé de par le rot ie seigneur de Dampierre , amiral' de France , et auctins autres à Boulôgne-sur-Mer, au-devant des ambassadeurs du roi d'Angleterre , qui étoient & Calais; et tous ensemble convinrent à Lolinghen, et là traitèrent trêves entre les deux rois durant un an entier.

Après lequel traité icelui amiral et ceux qui étoient avec lui retournèrent à Paris devers le roi ; auquel lieu étoient assemblés très grand nombre de prélats et autres gens d'église pour la réformation de l'église universelle, c'est à savoir afin qu'on élût aucuns sages et experts d'iceux gens d'église pour aller devers notre saint père le pape lui faire requête qu'un lieu fût pris et élu & tenir un concile général de l'église chrétienne. Mais , à vérité dire , assez peu y fut besogné, et ne purent ceux de cette assemblée venir à une seule conclusion. Si fut élu et pris autre Jour pour être ensemble et avoir plus grand nombre des dits prélats et gens d'église que là n'avoit eu.

En outre, en ces propres Jours, les Parisiens entendant loyaument et constamment avoir servi le roi et son fils le duc d'Aquitaine en ses guerres, procurèrent tant devers lui , par le moyen du duc Jean de Bourgogne , que l'état de l'échevinage de ta dite ville de Paris avec toutes les franchises d'icelui , qui par avant , c'est à savoir l'an mil trois cent quatre-vingtdeux , au mois de janvier, leur avoit été ôté par l'autorité royale, leur fut rendu de par le roi pleinement et libéralement; et sur ce lettres faites et à eux baillées , dont très grandement furent réjouis, et par ce moyen eurent le dit duc de Bourgogne en tous ses affaires en grand' recommandation.

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