LIVRE PREMIER
Or est yrai que ceut qui ètotent venus à k (file JoarnAe eoab-e le dit connétable avoient amené grand nombre de paysans, nir intention qa'Bs doasent raer jat leors advenaires ; mais leeoBtraire lear advint, car ils ftirent morts sur la place bien quatre cents ou enTÏron , et •i en ent de pris six à Sept vingts. Et bref après se retrahit le connétable atout son ost dans la ville de 6aint>Remi-au-Plain , dont il s'étoit délogé le matin; duquel Saint-Remi cette Journée et besogne porte le nom à toi^onrs. Et là Bt préparer ses gens afin d'assaiOir le tM^ tel ; mais ceux qui étoient dedans, véanls leur secours mis à décoiAUire, se rendirent incontinent au connétable au nom du roi, lequel ainsi lès reçut. Et les gens du rot de Sicile, qui étoient environ huit eents bassinets d'bommes d'armes à l'élite, en la comté d'AIençon, tantôt qu'ils surent les nouvelles que les dits Orlèan<MS étoient Je assemblés pour courir sus au siège deSaint-Remi,il8 constituèrent etordon> nérent quatre-vingts bassinets , et les envoyèrent devers le dit connétable au <til lieu de Saint^emi , pour lui ftire secours et aide, lesqcMls y furent dedans quatre heures après } et pour la grand' déconfiture et reddition du dit (MM, dont ils ne savoient rien, eurent moult grand' Joie, et grandement remercièrent le dit connètaUe , et rendirent grâces à DieH de la fortune que Dieu lui. avoil donnée ; et puis se partirent tous du dit lieu , délaissants gamisoH au dit ehlHel, et s'en retournèrent les dits de Sicile devers leur roi et seigneur; et le connétable s'en alla à BeUesme avec ses gens , c'est é savoir le mwrécbal de France et raessire Antoine de Craon.
Lesquels là venus, tantôt après le roi de Sicile et tous ses gens d'armes vinrent bàtive^ ment au dit lieu de BeUesme, et en sa compagnie plusieurs ardiers et arbalétriers, et autres habillements de guerre , lesquels assirent et ordonnèrent leur siège : c'est & savoir le roi de Skile et ses gens occupèrent la moitié do dit chfttel, et le connétable et maréchal occupèrent l'autre partie ; et moult fort le commencèrent à assaillir et envahir puissamment ; et tant y continuèrent , que les assiégeants, non pouvants résister, rendirent eux et le dit chàtel au roi par condition. Et puis après que garnison fOt mise en la viOe et au «btttd de par
le roi, le connétable Se partit et s'en alla lui et ses gens vers Paris ; et le maréchal s'en retourna vers Dreux , et le roi Louis avec ses gens s'en alla devers le Mans pour garder ses terres de son pays d'Aqjou.
Lequel connétable, venu devers le roi, le duc d'Aquitaine et le duo de Bourgogne , au dit lieu de Paris , f^t grandement festoyé et honoré, tant pouf- la victoire qu'il avoit eue au dit lieu de Saint-Remi , comme pour autres besognes qtl'il avoit achevées honorablement au Voyage dessus dit; et lui (tat présentement assignée grand' somme de péeune pour payer ses gens d'armes qui servi l'avoient au voyage dessus.dit; et avec ce lui furent donnés grands dons, tant par le roi comme par le duc de Bourgogne.
Durant lequel temps, Amé de Tiry et le bâtard de Savoie menoient forte guerre au doc de Bourbon, au pays de Beaujolois ; et environ la mi-avril eurent grand' rencontre assez prés de Yillefranohe, et ruèrent jus deux capitaines an dit duc de Bourbon : c'est à savoir Yiguier de Raffort et Bemardon de Sëres , avec huit vingts hommes d'armes, tant chevaliers comme écuyeM; et peu en échappa qui ne fussent prn ou morts.
Et d'autre partie , le seigneur de IleiUy et Enguerrand de Bournonville mettoient en grand' subjeotion le pays de Poitou; et détroussèrent en ces propres Jours deux cents combattants des gens du duc de Berri, assez près de la ville de Monlfaucon.
En outre , le grand-mattre-d'hôtel .du roi , c'est à savoir messire Guicbard Dauphin, lô maître des arbalétriers de France , et measire Jean de Chftions, atout dit mille chevaux , allèrent de par le roi mettre le siège devant Ih ville de Saittt-Fargeau, en Nivernois , appartenant à Jean, fils au duo de Bar; et eux là étants attendoient de Jour en Jour à être con>» battus par leurs adversaires. Néanmoins, après qu'ils eurent là été environ douze Jours et perdu plusieurs de leurs gens ntorts et navrés, la ville se rendit en leur (Aéissance , et y Ait mise garnison de par le roi. Et pareillement le seigneur de SainIrGeorge et autres nobles do pays de Bourgogne étoient pour lors en Gascogne, et fiiisoient guerre au comte d'Annagnao et à ses sujetSi Messire Bélion de Jaoque-Yille
CHRONIQUES D'ENGUERRAND DE MONSTRELET
[Ulî]
se lenoit vers Etampes et conquéroit chacun jour sur les Orléaoois, lesquels pour ce temps, avec tous ceux qui tenoient leur parti , étoient moult infortunés; car de tous côtés on leur faisoit guerre. Pour y remédier et avoir alliance contre tous leurs adversaires , envoyèrent les seigneurs dont dessus est faite mention leurs ambassadeurs solennels devers le roi Henri d'Angleterre et ses enfonts, afin d'avoir secours de gens de guerre.
Lesquels ambassadeurs venus devers le roi d'Anf^terre, moyennant les scellés et lettres de crédence qu'ils avoient apportés des seigneurs de France qui là les avoient envoyés , traitèrent tant avec icelui roi qu'il fut content d'envoyer aux dits seigneurs huit mille combattants, desquels seroit le chef son second fils, c'est à savoir Thomas , duc de Clarence. Et pour de ce avoir sûreté, bailla aux dessus dits ambassadeurs ses lettres scellées de son grand scel, lesquelles ils apportèrent en France devers les dits de fierri, d'Orléans, de Bourbon et d'Alençon,et autres qu'ils trouvèrent à leur retour à Bourges en Berri. Et furent bien joyeux quand ils virent le scel du dit roi d'Angleterre; car chacun jour ils attendoient d'en avoir à faire, parce qu'ils étoient tous acertenés que le duc de Bourgogne amèneroit le roi de France, avec toute sa puissance, contre eux, pour les conquerre et subjuguer.