‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 162 sur 761 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

et en reçat des dits Aris^ois' certaine somme d'argent.

Pour laquelle prise, quand le lendemain les nooYdIes en furent épandues par le pays , en fut le peuple , tenant la partie des François, fort troublé ; mais ils ne le purent avoir autre, et leur convint souffrir. Si demeura le dit capitaine et sa femme paisiblement avec iceux Anglois. Et par ainsi fut assëvéré que la prise dessus dite avoit été par son consentement; car avec ce, aucuns soudoyers qu'il avoit avec loi furent détenus prisonniers et mis à finance. En outre, le roi Henri d'Angleterre, de l'affinité et alliance de mariage qu'il avoit voulu pour son afnè avec la fille du doc de Bourgogne, Alt pour ce temps du tout refroidi, par le moyen dès alliances dont dessus est faite mei»* lion qu'il avoit faites avec ses adversaires ; et aax Gantois, à ceux de Bruges , d'Tpres et du Franc envoya lettres en françois par un sien héraut, desquelles la teneur s'ensuit :

« Henri , par la grâce de Dieu , roi d'Angleterre et de France , seigneur dlbemie , & honorés et sages seigneurs , bourgeois , échevins et avoués des villes deGand, de Bruges et d'Ypres, et du territoire du Franc , nos très cbers et spéciaux amis, salut et dilection.

« Très chers et honorés seigneurs et amis, il est venu h notre connoissance , par relation créable, comment, sous ombre de notre adversaire de France , le duc de Bourgogne , comte de Flandre, prend et vent prendre en bref son chemin vers notre pays d'Aquitaine, pour icelui détruire et g&ter nos sujets , et par spécial nos bien chers et amés cousins les ducs de Berri, d'Oriéans, de Bourbon, les comtes d'Alençon et d'Armagnac et le seigneur d'Albret ; pour quoi, si votre seigneur veut persévérer en son envieux et mauvais propos, vous nous veuillez , par le porteur de cestes , certifier par vos lettres, le {dus tôt que vous pourrez, si ceux du pays de Flandre veulent, pour leur partie, tenir les trêves entre nous et eux demièrement eues, sans vous assister au mauvais propos de votre seigneur contre nous ; entendant, honorés seigneurs et très chers amis, que au cas que tous et les communes de Flandre les Toodroient tenir et garder au profit du pays de Flandre , nous entendons et avons proposé de faire pareillement pour notre partie.

« Très cbws et honorésamis, le Saint-Esprit vous ait en sa sainte garde.

» Donné sous notre privé scel, en notre palais de Wesmoûliers, le seizième Jour de mai, le treizième an de notre règne. »

' Sur lesquelles lettres les dits Flamands répondirent et dirent au porteur que ies trêves desquelles ses dites lettres faisoient mention ne vouloient * nullement enft^indre ; et qu'au roi de France, leur souverain seigneur, et le due de Bourgogne, comte de Flandre, serviroientet assisteroient, comme autrefois ils avoient fait, selon leur pouvoir. Lesquelles lettres tantôt après envoyèrent devers le rOi et le dit duc de Bourgogne, lesquels étoient encore en la ville de Sens en Bourgogne.

Esquels jours, le duc de Berri, par le conseil du comte d'Armagnac, fit forger monnoie du coin du roi en écriture et en armes, en la ville de Bourges, pour payer les soudoyers ; c'est A savoir blancs, doubles et écus d'or, assez semblables à la monnoie du coin du roi en écriture et en armes, dont le roi et son conseil fu> rent moult déplaisants.

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