CHAPITRE XCVII
Comment It ville de Verritu tal priw desOrléinoU, leiquelf peu de tempi après t'en partirent et l'abandonnèrent, et de la priae da cUtel ,de Gcniea par raeashe SiBim de Clermont.
En ces propres jours, la ville de Vervins, qni étoit moult riche et forte, fut prise par déception de messire Clignet deBrabant, de lliomas de Hersis, du seigneur de Bosqueaux, chevaliers, et aucuns autres gentilshommes. Jusqu'au nombre de six rents combattants ou environ, de diverses nations, qui étoient de la partie des Orléanois ; et dit-on que ce ftit par un bouclier et à son instance, qui avoit été banni de la dite ville pour ses démérites, et s'étoit mis en la compagnie du dit Qignet ; duqoei boucher la femme avec plusieurs de ses enfants demeuroit en la dite ville. Lesquels, sur le requoi et serein de la nuit , s'étoient mucés emprès une porte ; et quand le Jour Ait éclairci, environ soleil levant que les guets et gardes de nuit sur les murs se partirent et laissèrent leurs gardes, et que la porte fut ouverte par icelui qui avoit par nuit gardé les clés, et le . pont avalé, ceux qui étoient mucés en ccrtaiot
CHRONIQUES D'ËNGUERRANO DE MONSTRELET
Ueur, avant que les gardes des portes tassent venues, entrèrent dedans et commencèrent t envahir ceux de la ville, qui rien n'y pensoient ; et 0rent sonner leurs trompettes, en criant & haute voix : «Vive le duc d'Orléans ! » Toutefois il y eut peu de gens de la ville pris; mais ils furent tous dérobés en vaisselle comme en monnoie, tant de l'hôtel du seigneur de Yervins, chevalier, qui pour lors étoit avec le roi ou eo la voie, commme- des maisons et hôtels des bourgeois et habitants de la dite ville, jusqu'à la valeur de moult de milliers de florins. Lequel avoir fut par le dit messire Clignet, du gré ou consentement de ses compagnons, tout porté en Ardenne, afin que ceux du pays et des villes de sa patrie et quiëtoieot en son aide fussent] payés, et aussi ceux qu'il «jDèoeroit U.
Et tantôt tous les voisins d'autour furent mouh ébahis de peur quand ils surent la chose et le fait. Pour ce vinrent les communes 4'»ii< tour, tant des bonnes villes comme du pays d'environ, et les assiéigëreat et se mirent en peine de reprendre la ville. Là vint aussi la bailli de Yermandois, nommé Le Brun de Bains, chevalier, le seigneur de Chia et plusieurs autres chevaliers et écuyers , bourgeob et autres avec lui , Jusqu'au nombre de quatre cents bassinets «t six ou huit mille piétons, tous de gens armés puissamment. Auquel siège vint te seigneur de la ville, qui étoit de ^and' noblesse et moult expert ebëvalier, tantôt qu'il ouït les nouvelles. Si fut tout lé ciroait entrepris par ceux de dehors ; et par grand' force et puissance les commencèrent à guerroyer; et les assiégés ordonnèrent leurs défHMes sur les murs d'arcs et de sagettes et d'autre trait, en eux montrants et faisants bonne guerre et bonne défense.(Et là, en la dite ville furent en cet état vingtrtrois jours , et tant que le sixième jourdu mois de juin, le sire de Bosqueaux, Thomas de Hersis et le fils du seigneur de Séres, chevaliers, le bâtard d'Esne, et ceux qui étoieot avec eux, considérant qu'ils croissoient de jour en jour, et aussi te dérompement des murs, des tours et des maisons, doutants qu'ils ne ftisseut pris et tués de leurs ennemis, ee jour eurent conseil jmsemble où ils se pourroient sauver ; et montrèrent grand' «pinrence de résister et défendre, pour mimn
céler leur intention. Lesquels, à Pheure que ceux de dehors étoient en leurs tentçs et pavillons, et qu'ils sé<Hent au dtner, et qu'ils avoient vu leur guet devant une porte, vinrent les dits assiégés tout en armes, ainsi qu'on avoit accoutumé, et montés sur leurs chevaux ; et firent ouvrir les portes ; et tous» exceptés trois qui dormoient ou qui furent trop négligents, saillirent hâtivement hors de la porte, en frappant leurs chevaux très Spremenl des éperons; et à course de chevaux se boutèrent au bois le plus tôt qu'ils purent.
Ceux qui teaoient le siège, véant ce, furent tous émerveillés. Si boutèrent tantôt arrière leurs tables, montèrent à cheval et coururent après eux et les suivirent à grand efibrt, tant qu'ils en prirent jusqu'à quarante ou environ; et les aucuns se sauvèrent par force de fuir, et les autres atout leurs prisonniers retournèrent, et puis entrèrent en la ville, où ils trouvèrent les trois Orléanois dessus dits avec aucuns autres chétifs , lesquels, par le commandement du bailli de Yermandois, furent boutés en prison. £t, après ce qu'on eut oui leur confession, furent, par la sentence du dit bailli, décapités. Et de là après se partit icelui bailli , et s'en alla à Laon, où il mena les autres prisonniers orléanois bien liés, pour les dèooUer là. Et le seigneur de Yervins demeura es sa viBe, et à son pouvoir la fit refaire ; le sesgMur de Chin et les autres s'en allèrent chacun es son lieu.
Et après aucuns brefs jours ensuivant, fut pris le ch&tel de Gersies, qui étoit moult fort, des gens du dit CUgnet de Brabant; est à savoir de messire Smon de Glennoat, chevalier, un capitaine nommé Mullet d'Autre, et aucuns autres, et le prirent d'enblée à un matin. Mais tantôt le dit bailli de Yermandois, et avec loi les seignews dessus dits et grand nombre de communes, vinrent devant et le recouvrèrent par force d'assaut. Si furent pris les dessus dits Simon, MuIIet d'Autre et leurs gens, et menés à Laon, où ils furent tous décapités; et après M mise garnison dedans ledit chfttel, de par le roi, pour le garder.
UVRË PREMIER.