CHAPITRE XCIX
Cominent le roi ail tiége dercnt FonUiMTi et apri* i Bourga en Berri, et de« besogne* qui advinrent durant le tempi qu'il y fut.
Après que le roi de France eut séjourné par aucuns jours en la ville de Sens en Bourgogne, et qu'il eut eu plusieurs grandes ddibérations avec son conseil sur les affaires de son royaume, se partit de là et alla à Auierre, et de là à la Gharité-mr-Loire, où il séjourna par dnq jours ; et après prit son chemin devers un fort cbfttd nommé Fontenay, lequel les Orléanois tenoient. Et tantôt, voyant la grand' puissance du roi, rendirent le dit chAtel par condition qu'ils s'en iroient saufs leurs corps et leurs biens. Et cependant plusieurs capitaines qui avoit tenu les fhmtières contre les dits Orléanois venoient chacun jour de divers pays à grand' puissance devers le roi ; entre lesqueU y vinrent le seigneur de Heilly, Enguerrand de Boumonville, Amé de Yiry et plusieurs autres.
Et dn dit lieu de Fontenay, le roi alla loger an pays de Berri, devant une ville nommée Dun-le-Roi, et la fit assiéger tout à l'environ, et moult fort combattre de ses engins. Durant lequel siège, Hector, b&tard de Bourbon, Itère au duc de Bourbon, vint atout trois cents hommes d'armes sur aucune compagnie de gens du roi, quialkMei^à l'estrade; si en prit et tua plusieurs : et après hâtivement s'en r^uma en la ville de Bourges, où étoient les ducs de Berri et de Bourbon^ auxquels il raconta son aventure. £t après, ceux de Dun-Je-Roi furent tellement contraints par la. force des engins du roi, que le neuvième jour du dit siège, saufs leurs corps et leurs biens, se rendirent et livrèrent la dite, ville au rei« par telle conditiMi
que Louis de Corailles, chevalier, naguère sénéchal de Boulenois, de par le duc de Berri, pût revenir atout ses gens devers le dit duc de Berri, sainement et sauvemenf. Donc, après l'espace de trois jours, le roi et tout son ost se partit de là et délaissa en la dite ville messire Gautier de Rupes, «^valier bourguignon, capitaine et gardien d'icelle ; et à trois lieues ou environ, en une ville près d'un bois, le vendredi dixième jour de j«n, le roi et tout son exercite se logea.
Et le lendemain du matin, c'est à savoir le samedi ontième jour du dit mois, se partit et vint devant Bourges la cité, ville forte et peuplée, et de provisions surabondante et remplie de biens. Laquelle cité souloit être royale et chef de tout le pays et régne d'Aquitaine, située sur la rivière d'Yèvre ; et parmi une partie de la ville court un petit fleuve qui vient de Danle-Roi. En laquelle cité les bourgeois et habitants d'icelle montroient et faisoient grand' apparence de résistance, c'est à savoir les dues de Berri et de Bourbon, le seigneur d'AIbret, le comte d'Auxerre, Jean, frère du duc de Bar, et moult d'autres qui s'étoientpartis et fuis hors du pays, l'archevêque de Sens, l'archevêque de Bourges, les ëvèques de Paris et de Chartres, le seigneur de Gaucourt, Barfoasan, le sire d'Aubrecicourt et Le Borgne-Foueaul, avec mille cinq cents bassinets, ou environ, et quatre cents hommes de trait, arbalétriers et archers. Lesquels, voyant venir le roi atoet son exercite, auquel étoient, selon l'estimation et commune renommée, mieux de cent mille chevaux, aucuns issirent de la ville armés en venant contre eux, et criant : « Yive ieroi ! » et les ducs de Berri et d'Orléans, en assaillant terriblement les coureurs de devant,* et tant que d'une partie et d'antre y en eut mouR de blessés et tués. Mais l'avant-garde du roi, qui les suivoit, les fit tantôt rentrer en leur ville. Et eux entrés dedans, laissèrent leurs portes ouvertes ; et bien courageusement s'ordonnèrent et mirent en défense.
Cette avant- garde du roi gouvemoient et menoient le grand -mattre- d'hôtel du roi, c'est à savoir messire Guichard Dauphin , les seigneurs de Croy et de Heilly, chevaliers, Amé de Yiry et Enguerrand de Boumonville , écuyers; lesquels seigneurs deCroy et de HeiHy ,
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