‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 169 sur 761 · CHAPITRE Cil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Cil

Cammciit l« roi eiiTO]fi l«t mandemenl* d« ta piix i'aei officiera pour publier par tout ton rojauma 4* lieux «ccouui< ■nés, et d'autre* matiires qui advinreot en ce teinp«.

« Charles , par la grâce de Dieu , roi de France , au bailli d'Amiens ou à son lieutenant , salut. Entre les cures des besognes que nous avons et devons avoir pour le bien et utilité et conservation de notre domination , le souverain désir que nous avons, c'est de nourrir paix , amour et union entre nos s^iets, et d'eux préserver de tout notre pouvoir des grièves oppressions et inconvénients, lesquels par dissensions et grandes guerres sont advenus , afin que dessous nous ils puissent vivre en bonne paix et tranquillité. Et pource que plusieurs discords et inconvénients ont été en notre royaume entre plusieurs de notre sang et lignage et autres complices et adhérents , dont plusieurs grands dommages se sont ensuivis à nous et à nos sqjets , et étoient encore en aventure de devenir plus grands, si par nous n'ètoit sur ce pourvu de remède convenable , de laquelle chose nous avons eu au cœur déplaisance tant que plus ne pouvions :

» Pourquoi, faisons savoir que, parla grâce du souverain roi des rois , qui est notre créateur et sauveur et créeur et donneur de toute paix , et par le moyen et bonne diligence de notre très cher et très amé premier fils , duc d'Aquitaine, dauphin de Tienne, et deplusieurs autres, qui en ce ont mis peine et labouré de tout leur pouvoir, nous avons mis et ordonné bonne paix entre les devants dits de notre sang et lignage, par certaine forme et manière contenue et déclarée es traités et accords sur ce faits. Esquels est expressément contenu que les devant dits de notre sang et lignage ont porté et fait toute la rancune et malivolence qu'ils pouvoient avoir contre tous ceux qui s'étoient entremis des débats tant d'un côté comme d'autre. Laquelle paix les devant dits de notre sang et lignage, en la présence de notre dit flis et de plusieurs prélats et autres no-^ tables personnes , ont juré à tenir et garder fermement et stablement, sans en aucune manière l'enfreindre , et aussi de la maintenir et observer perpétuellement, comme autrefois ils

CHRONIQUES D'ENGUERRAND DE MONSTRELET

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ont juré, si coipipe ce peut apparoir par nos autres lettres sur ce faites.

)> Pciqr qnol aom te maiidoii» et empressé* ment ««joignons que la dite paii, de par nous, solennellement, à son dé trompe, en notre ville d'Amiens, par tous les carrd'oiirs, et es autres yiliesiet (ieux accoutumés & faire proclamations en tout le IwilUage, tu (a^ses crier et publier , en faisant commandement de par xuiw à tous nos sujets que la dite paix ils tienoen^ ferme et i^r^ent sans enfreindre, sur toutes les c]|;to$ès qu'ils penveat envers nous inéfaire ; en eux' défendant de par nous, sur peine df) perdre corps et biens, que nul, de quelconque état , ^ignitë ou condition qu'il soit , ne soit tant ^^rdi qu'il ose la dite paix enfreindre, ni faille cbQSfi on dire qui pui^ être au contraire d'iceUe.

H Eq çi^tre , par la teneur d'icelle te man-* don$ , et comme dessus enjoignons que tous cet^x qni enfreindroift |a dite paix, soit de fait o« de paroj^e, et qui ne se seront trouvés coupables par information ou autrement dnement chargés , t". ^ punisses et corriges ^ ainsi comnie viQleurs et enfreigneurs de paix doivent être punis publiquement, teUement que. ce soit exemple à tous autres.

V Donné à Melun, le septiéifie jour de ^ptembf e Y^n de grâce 1412 , et de notre règne trente-deux.

» ^insi signé par le r^i, i. la refation du con-. seil tenu par monseigneur le duc d'Aquitaine^ measéigneurs les ducale Berri, c^ Bourgogne, Orléans , Bourbon et les çomtçs de yertus et d'Alençon , et Jean de Bar et autres présents.

» ]MLâ|UR£GA.RD. »

Qr est ain» qu^ lea Anglais deiisus dits , qui ëtoient venus pour seçouris la citts de Bourges, comme dfissuB «st tourbe , lesquels furent par toute, la marche de Constantin épandus^ vipcei^t |à es pays du Maine- et de Touraine , et 4epajr tout le pays h l'environ, tQut gâtant par C^ çtjpaf ^e. Pour quoi fut ordonné ^ M&< ^in, 9U conseil c|nroi, auquel présidoit le duc <l'Aqv(itainei! Ueutefiant du roi son père,, ot si. y étôiçilt le roi d|» Sicile, )es due^ d'Orléans , (^e Berri, ^^ 39urgo^ne pt de Çourbon, le «omUidft Yertus, les çbàfiç(|lier^ /le France , 4' Aquitaine et d'Orléans, le« sejgne^s dçi 'i'pniy et ^'Qifemçnt , et aucuns ç^u^res , le

prévôt des marchands, tes é^evins, et le cqi^ seil de Paris , que tous les nobletk et non nobles,, atout habillements de guerre, fussent mandés à Chartres , et que là fussent le huitième jour d'octobre prochain ensuivant ; aur quel lieu reçurent leurs gages et soldes pouf la défense du royaume , aQn que Içs ancien^ ftnnemis. du roi fussent mis debqçs. De laquelle ordonnance furent faites lettres-royaux et signées par notaires , et scellées du grand scel du roi ; et après, par tous les bailliages et sénéchaussées du royaume de frapoe , fwenl envoyées et publiées ; et les devants dits prin^ ces et autres , chacun é part lui , ^ent leur mandement au dit huitième jour d'octobre.

Ceux de Paris, qui plus étoie^t affectés que les autres, tantôt et b&tivement firent leur assena ))lée d'hommes d'armes et de trait à paris ; les aucuns à Melun, et les autres ailleurs en leui^ marches : et ainsi vues et reçues les lettre^par tentes du roi , chacun fit son mandement de gens i mais par le duc de Berri et |es auMre^ de son parti, qui étoient tenus aui AUBlçis d'yn^ grand' somme d'argent pour leurs gages, c'est à savoir en la somme de deux cent vc\ii\B, écus, lesquels, si on leur eA' pvjés , comme on {sur SYoit promis, ils ëtoiept tout prêts d'eux rei; tourner en Angleterre) fût par le paj s d'Aqui^ taine ou de Bordeaux : mais ioeux seigneurs , qui ayoient tout épuisé en leurs pays, ne pour ypient trouva fipances Rour quelcon.ques trai* tés ni mpyens. qu'ils pq^nt faire t et par ainsi fut tput rompu et éloigné. £t ce pendant, |e roi Louis s'en retourna en Anjou pour assembler gens et puissance à défendre ses Paï9 9^ tre les Aiiglois, qui fort l'approcboient.

£n lesquels jours aussi le difç d'AqwiiWW) remit et restitua en l'opce de Sipu çb^bf^-i jan l'ataé fils de feu Mqnlagu , jaidjs gra^-< mattre-d'hôtel du roi j et i la prière du ^ d'Aquitaine lui furent repdu^ et restituées, if\ par le roi , toutes se$ Wres et possessions » qu'il avoit de son pfitrimoioe héréditab|em.en^ de son père ; et avec ce. lui fut rendu le ^f d^ son dit père , nopidislant quelconques confis-< cations : «t ainsi reçut l'hoirie pat^nelle dn ses père et mère. Et un certaiti jour du vèpre, le prévôt de Paris et son bourrel, accompagné de douze hommes ou environ , tenant flambeaux allumés , et portants l'échelle, avec un

UVRE PREMIER

prêtre vêtu d'we aube «t j^ré de fanon et étole, vinrent' es halles : et tantôt le boorrel par la dite échelle mopta où le dit cheTétoil, lequel il ôta de la lane« eu il ètoit fiobè , et Ut fiit mis ea un moult bel suaire que Iq prMre lenoit ; lequel , eoyeli^pé dedans par le dit prêtre, fut ipis sur soo épaule , et de U porUi eo la compagnie dessus dite , les dits flambeaux ardâflt , en l'hôtel du dit feu Monlagu , grand-mattre-dliôiel dessus dit. Et pareilles ment fut aon corps ôlé du gib^t de Montfaucon, le dit prévôt présent et son bourrel , et fut rendu et apporté A Paris : lequel fut joint avec le chef et enclos en un sereus , et porté en la compagnie des enfanta de lui et de ses amis . k grand' eompagme et triomphe de {H'ëtres chantant e( de luminaire, h Marcoussy. £t là en l'él^iie de? célestios, laquelle quand il ^ivoi^ «voit fait fonder et fait uo couvent de religieux , moult honor^lement fut enterré. £t entre les autres biens qu'il fit quand il vivoit, il donna 4 l'église de Notre-Dame de Paris celle grande cloche, laquelle il fit nommer Catherine, comme il appert par ses armes et mu timbre, qui sont autour d'icelle.

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