‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 232 sur 761 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

logie et autres s'en émerveiOèreot , en recommandant icehii duc déftant et le gouvernement de ce royaume par lui administré en son vivant dtre meilleur que celui qui a été dq[>ui8. Auquel sermon il sembloit qu'il votdstt plus teHHivoir ht guerre que l'apaiser contre le duc de Bourgogne, en disant que pas il ne enhortoit ni conseiUoit la mort du dit duc de Bourgogne ou sa destruction ; mais icelui deroit être humilié, afin qu'il reconnût son péché en faisant digne satisfaction, et par conséquent la salvalion de son ame. En outre, dit que l'exécution au carême dernier passé, devant la porte de cette église, de la proposition Jadis de maître Jean Petit, par lui proposée au conseil de France pour le dit duc de Bourgogne contre le duc d'Oriéans défunt , comme mauvaise et fausse , avoit été bien faite, et qu'encore n'avoit>on pas fait tant qu'il appartenoit. Et (k)mme il dit , il étoit prêt et appareillé de ce soutenir tout partout et contre tous.

Adonc le roi étmt en un oratoire emprès l'autel au droit lez, non vêtu de noirs habits. Après lui étoient le duc d'Orléans devant tous, pour la cause dessus dite du dit service de son fea père ; puis le duc de Berri , le comte de Vertus et plusieurs autres princes , tous par ordonnance assez écoutants le dit prêcheur. Là étoient deux cardinaux , c'est & savoir les archevêques de Rheims et de Pise, plusieurs évèques, et si grand' multitude de clergé, de chevalerie et de peuple qu'à peine les pouvoit comprendre la dite église. Après lequel sermon les ducs d'Orléans et de Berri et le comte de Vertus recommandèrent au roi le dit prêcheur.

Et le lundi ensuivant le dit roi fit faire un pareil service pour le dit duc d'Orléans défunt, en la chapelle des célestins , à Paris , en laquelle il fut enterré, présents les dessus dits nommés. Et prêcha au dit lieu mattre Jean Courtecuisse, docteur en théologie , en ensuivant le propos de mattre JeanGerson.

Pareillement le dit roi fit faire encore un pareil service comme dessus, de vigiles, commandalions et messes pour le dit défunt d'Orléans, au collège de Navarre , à Paris , en la «hapelle du dit lieu, présents ses parents dessus nommes, avocque le roi.

CHAPiniE CXL.

Comment le roi et son grind-conaeil eovojèrent pour dé- ' troluser les gens du duc de Bourgogne, et de plusieurs autres besognes qui se firent.

Orest vrai qu'après la destruction du chfttel de Tonnerre dessus nommé, plusieurs hommes d'armes et gens de trait qui avoient été à la destruction se tenoient ensemble par manière de compagnie, bien sept mille chevaux , et en plusieurs lieux faisoient moult de maux es pays du roi, tant en Auxerrois comme ailleurs. Pour quoi fut ordonné de par le roi et son conseil le seigneur de Gaucourt , messire Gastelin du Bois et plusieurs autres, pouriceux combattre et subjuguer; lesquels gens en manière de compagnie furent poursuivis par les dessus dits vigoureusement. Et en la fin y eut bien deux ou trois cents morts et pris, lesquels pris furent menés à Pari$ et mis en Cbfttelet, et depuis en y eut d'exécutés, mais par avant le roi paya leur finance à ceux qui pris les avoient. Et étoient conduiseurs des dessus dites compagnies, Jaqueville, Fribourg et au< cuns autres, lesquels, sachants l'assemblée des goM du roi venant sur eux, se retrahir«it vers le pays de Bourgogne.

En après, messire Jannet de Poix, neveu de messire Jacques de Chfttillon , seigneur de Dampierre et amiral de France, allant devers le duc de Bourgogne atout deux cents combattants ou environ , fût rué jus et détroussé de tmis points, que oncques de sa compagnie n'en échappa qu'un seul homme , lequel se nommoit Tambulan, et se sauva par fuite ; et tous les autres, comme dit est, furent morts et pris. . De laquelle détrousse moult déplut au duc de Bourgogne. Et pareillement, Hector de Saveuse, qui avoit fort guerroyé les gens du roi devant Arras, fut pris, en faisant le pèlerinage de Liesse, par les gens du roi , et mené à Paris. Et de fait, si n'eût été par le pourchas et prière de la dame deHainaut, eût été exécuté, et aussi parce que Philippe de Saveuse , son' frère , prit prisonnier Henri de Boissy, seigneur de Chaule, etEustache d'Aync, seigneur de Sarton, lesquels deux avoient de leurs prochains amis au conseil du roi, qui firent grand' diligence du dit Hector, afin que leurs amis dessus dits fussent délivrés , cl par ces

CHRONIQUES D'^GUERRÀNO DE MONSTRELET

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moyens M iceloi Hector mû à pleine déli- Yrance.

Pour lfl8<|aeUe8 besognes et plusieurs autres, nonobstant la paix de devant Arras , si avoit-il peu de sûreté et d'amour; car la partie d'Orléans se tenoit devers le roi et le duc d'Aquitaine ; pour quoi ceux de la partie de Bourgogne et tous ses favorisants n'avoient quelque accès ni gouvernement devtrs le roi , ainçois étoient traités A rigueur de justice très rudement. Et en pareil cas le dit duc de Bourgogne très rigoureusement traitoit et souffroit être traités ceux de la partie d'Orléans qui lui avoient été contraires la guerre durant.

Néanmoins, tellement queUement M la paix traitée. Durant lequel temps la dame de Haïnaut atout grand' et noble compagnie par Vermandois, par Noyon et Compiëgne vint & Senlis. Avec laquelle vinrent les députés des trois états de Flandre moult noblement. Et après vinrent le duc de Brabant et le conseil du duc de Bourgogne , c'est A savoir l'èvêque de Tournai , le seigneur de Rouq , messire Guillaume Bouvier, gouverneur d' Arras, maître Thierry Le Roy et aucuns autres. Lesquels, après la requête du conseil du roi, allèrent A Paris pour plus convenablement traiter, excepté la dite dame de Hainaut , à laquelle son seigneur et mari avoit défendu et mandé par lettres qu'elle et ses gens de son hôtel n'allassent avant de Sentis ; auquel lieu elle fut honorablement reçue par le duc d'Aquitaine dessus dit , accompagné du duc de Berri , lesquels vinrent à Paris à l'e&contre d'elle. Et après tui visitée des autres princes du sang royal ; et mèmement de la duchesse de Bourbon , laquelle vmt de Qermont à Senlis par l'accord de son mari , pour icelle festoyer, et demeura avecque lui tov^jours Jusqu'au retour d'icelle.

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