CHAPITRE CXLVI
Gomment l« roi d'Angleterre uiembla grand' puinance pour v«ntr on France, et dei ambaatadeurs qui farenl envoyés deTctf le dit ni, et la riponie qu'il* earent.
En après, les ambassadeurs du roi d'An^eterre qui avoient été en France, comme dit est dessus, retournés vers lui, quand ils eurent fait la relation de la réponse qu'ils avoient eue du roi de France et de ceux de sa partie, lui ni ses princes n'en furent pas bien contents. Et pour ce assembla son grand-conseil, pour sur icelle avoir avis et délibération. En la fin duquel conseil fut conclu qu'il assembleroit de tout son royaume la plus grand' puissance de gens de guerre que flner pourroit, sur intention d'entrer en France, et conquerre et travailler h son pouvoir le royaume, et tant faire, s'il pouvoit, qu'il en débouteroitle roi de France et ses successeurs. Et afin d'avoir navires pour passer ses gens, envoya ses commis * en Hol-
> Cm eommisaires étaioat Richard Clitlierow (t Simon FleeU. (Voyejf 1<« Fcedera de Rjmer.)
lande et Zélande, lesquels, moyennant qu'ils assuroient ceux & qui les dites navires étoient d'être bien payés, leur promirent en livrer et bailler ce que besoin leur en seroit. Et avec c«, le dit roi d'Angleterre fit préparer toutes ses provisions généralement qui pouvoient compéter et appartenir i faire guerre; et pour payer ses soudoyers, furent trouvées manières de lever finances par tous moyens qui faire se purent, et tant qu'il assembla outre la somme de cinq cent mille nobles d'Angleterre ou monnoie et vaisselle A la valeur ; etfinable^ ment, avec ses princes et les gens des trois états de son royaume, conclut de venir en personne descendre en France au plus bref que faire le pourroit, et atout la plus grand' puissance qu'il pourroit, comme dit est dessus.
Lesquelles conclusions furent assez tôt divulguées à Paris et sues en l'hôtel du roi ; et pour tant le duc d'Aquitaine, qui avoit pris le gouvernement du royaume pour l'occupation du roi son père, fit présentement assemUer le grand-conseil, et remanda à venir & Paris le duc de Berri, son oncle, et aucuns autres seigneurs, avec lesquels et aucuns autres sages il tint plusieurs conseils pour savoir sur cette matière comment il s'auroit à conduire et gouverner, car le roi étoit lors malade. Si fut délibéré qu'on feroit préparer gens d'armes par toutes les parties du pays du royaume de France, pour être prêts pour résister et aller à rencontre du dit roi d'Angleterre et les siens tontôt qu'on sauroit sa venue ; et avec ce, qu'on mettroit garnisons es villes et forteresses sur la mer ; et aussi qu'on lèverpit finances, tant par tailles comme autrement, par tout le royaume, en tout ce qu'il seroit possible; et outre, qu'on envoieroit devers le dit roi d'Angleterre une solennelle ambassade, pour lui faire aucunes offres raisonnables assez, selon les requêtes qu'a voient faites ses derniers ambassadeurs; à laquelle faire furent commis le comte de Vendôme, mattre Guillaume Bouratier, archevêque de Bourges, l'ëvêque de Lisieux, nommé maître Pierre Franel, les seigneurs dlvry et de Braqiiemont, mattre Gautier Ck>l, secrétaire du roi, et mattre Jean Andrieu, avec aucuns autres du grand-conseil.
Lesquels, durant encore les trêves d'entre les deux royaumes, partant de Paris, allèrent