‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 263 sur 761 · CHAPITRE CLXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLXV

Comiaent Liboai en Sinierre (Ut pUM de pluieura capiuinn qui le mirent iu> ; U prise du chltel de Bcaumoat, et l'unul et priie de Netle, et autres matièrei.

Asses iwief ensuivant, le dit messire Mauroy de Saint-Léger et Jean d'Aubigny allèrent loger & Lihons en Santerre; laquelle ville avec la prieuré ils pillèrent, et ravirent tous les biens, et avec ce rançonnèrent plusieurs bommes à grand' finances ; et ce fait, atout leurs proies, s'«> retournèrent en Artois. Ainsi, par cette manière, commencèrent à assembler plusieurs compagnies, tant nobles comme non nobles, étant au duc de Bourgogne dessons divers étendards, desquels étoient les principaux le dit messire Mauroy, messire Jannet de Poix, Daniot, son frère, le seigneur de Sauresen Beauvoisis, Jean de Fosseux, Hector et Phili^M de Saveuse, Ferry de Mailly, Louis de Wargnies, messire Payen de Beaufort, messire Louis de Brunel, Jean de Donqueore, Girard, bâtard de Brimeu, et antres sans nombre, qui très souvent cbevauchoient k étendard déployé sur le pays du roi, c'est h savoir sur tes marches de U comté d'Eu et d'Auniak, et aussi an pays de Santerre et de Beanvoisis, Jusque sur la rivière d'Oise, par qtécial sur les terres de ceux qui autrefois avoient tenu la partie d'Orléans. Esquels pays iceax faisoient maux sans nombre, prenants homme* prisonniers et autres proies, comme il est de coutume de faire sur les ennemis, desquelles malefaçons et rapines les dessus dits et leurs gens étoient grandement remplis.

Et pareillement y avoit plusieurs autres capitaines, par manière de c<Mnpagnies , qui se discrfent aussi être au dit duc de Bourgogne; desquels étoient conducteurs messire Gatilina, chevalier lombard , Jean de Gingin , Jean du Clan et Clauvin du Glau, savoyens, Jean d'Aubigny,. le bAtard de Sallebruse, Charles LaUw,

IebàtftrddeThien,Mathieu]desPrés, Pancele, le bâtard Penart et aucuns autres, qui étoient bien deux mille chevaux quand ils étoient joints ensemble. Lesquels par long espace tinrent les champs, tant sur les pays du roi cmnme sur ceux du duc de Bourgogne, qui faisoient maux inestimables.

Et mèmement le dit m^sire Gatilina et ses gens prirent te chfttel d'Oisy en Cambresis, appartenant à la fille et héritière de messire Robert de Bar, où il fut par long .espace ; et fit d'icelui et de toute la terre comme de son propre.

En après , te dessus dit seigneur de Saures atout six cents combattants alla passer au Port-Avaire , et de là se tira vers Paris ; et au point du jonr se mit en embûche entre la chapelle de Saint-Laurent, jusqu' à tant que les portes furent ouvertes. Et tanlM vint à eux un homme chevauchant un Uanc cheval , qui en bref parla au dit de Saures, et après retourna à Paris te chemin qu'il étoit venu. Et eux là étant, prirent plusieurs hommes et femmes là passant, pour doute qu'ils ne fussent découverts. Et après, voyant leurs entreprises être rompues, en sonnant leurs trompettes, se partirent de là et tirèrent bien en hâte vers Beaumont-sur-Oise. Si étoient là allés pour prendre le roi Louis à l'aide d'aucuns Parisiens.

Et quand ils vinrent auprès de Beaumont, si envoyèrent quatorze de leurs gens atout les droites croix devant , qui dirent aux portters que te roi les envoyoit sur l'eau de Somme pour garder les passages contre les Bourguignons ; et tant firent que pour tenrs aiseignes et paroles ils entrèrent en la ville. Tantôt après qu'ils virent venir leurs gens, si tuèreni tes portters et saisirent la porto, et puis incontinent assaillirent te chfttel , lequel ils ^rent , et occirent le capiteine et son fils. Et après qu'ils eurent pris, ravi et fait grand' oceision par toute te ville et chfttel, sans bouter feu ils se départirent, emportant tous les biens et emmenant plusieurs prisonnters , et aUèrent ft Moy vers Ctermont , tout pillant le pays : et puis de là s'en aUèrent par devers Mont-Didter à Nesle en Vermandois, appartenant au comte de Dammartin. Et se rassemblèrent là plusteurs des dits capiteines, entre lesquels étoit messire Mauroy , dessus nommé. Lesquels en

CHRONIQUES D'ENeUERRAND DE MONSTRELET,

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conclusion tsSftilUrent iceUe titlé ; et Ae ftit la prirent de force, nonobstant la défense des habitants, qui grandement en firent leur devoir. Et 7 eut plusieurs bommes nlorts et les aotret navrés^ et très grand' foison de prisonaieH i desquéfat prisonniers fut principal le goHver~ neur de la YiUe, nommé messire Blandiet du Solier. Si fut la TiUe du tout pillée, et y avoit des biens largement) t*i ta foire | étottt

Et après eâ quiils eurent là été enviroB quinze jours pour vendre leiir butin et hUeor dre la rançon de lenrs prisonniers, se départi* rent , emmenant sur chars et charrettes biens sans nombre. LelqucUes besognes TAines & la Qonnoissance du roi , de son connétable et dn aoa grand-conseil , fuirent très mal contents d'i^ ceux etpitaines, et aussi du duo de Bourgogne, auquel ils se disoient. Et pour y poarvtrfr , fto<rent envoyés mandements royaux k divers ef- Aciers du royaume j désqucds la teneur s'ensoit.

GHAPITRË CLXYI.

Copie dtf iiundem«nU rojanx que le roi de France envof a

éa pluaieuri places de son royaume, â cause des maux et piUagei que M» ^lia dti ddc de detifgogne f biioieiit.

« Charles^ pftr la grâce de Dieuj rdi de FraBçe^ à tous ceux qui oei présentes lettres verront, saliiU

» La préexoiUeaoe et bantésse royale à taquelle le très haut Tbu^Puissanl et le ftpave» rain roi des rois nbtre créitour Jésus-'Cbrist , par digne graoe et démence^ nous a ètai et ap^ pelé en taonb laissant et baillant le régime de ee très renommé et très ncdâe royaume de Franéë, A quoi dous sotnmes tenu et (ddigé par le sceptre de la vergé royale, il appartient di« ligemment à la paix entendre de jour et éi nuit, en avisant et imaginant toutes voies et manières possibles par lesquelles nos dits su^ jets puissent obtedir paix et sûreté en notre tempi; et les sèditiebt et troubleurs de paix ttre B^rés des pktùbles, et demeurer soM notre régiihe en paix^ et vivre en bonne josti-' «e, et c'est ce (i quoi nous, de tout rlotrecceur, toasdis avons entendu et entendons.

» Et somme il est venu à notre connoistance^ par la relation des gens de notre conseil et del Antres dignes de fbi, tant par complaintes vA* sérables et clameurs douloureuses de pluMMfS

de iidti« dit rdyftttme qtié (MT la èonfession d'aucuns matfaitéiirB norts justement et paj> justice, laquelle chose noitf recordons dolentement en grand' tristesse et amertume de notre eenir, ^e Héetor de Baveuse, Philippe, son frère, Hélion de JaqoevUle, Pierre de Saureé^ Gontrant, sire de Saint-léger et Mauroy de Saint-Léger son fils, Jacques de Fosseux, âao' vin du Clau, Jean d'Aubii^, Fiecebourg, Mathieu des Prés, Jean de Poix, Daniot, son frère, Camuset de Ligny, Gatilina, Cormoi, de l'ordre de l'hôpital de Saint-Jean de Jérusalem, le commandeur de Faugette, Panchetet, Henri de La Tour, Pierson Tobé, i««a deCbattfottr, Henri de Ghaufour, Le Yaléis, Jacques de Calivray, Raymon Mareq, Denisot de Baugis, GttillautneLeGalois, Martelet Testart, Jacques Le Afasson, Benoit de Bessin, Guilletnot de La Planche, de Douai, Le Tor, d'emprés Douai, Jean Pallemargue, Rebinet le vicomte, La Barbe de Graon, Jean Jaully Pioart, Robiuel de Brai, le ouré de Vaux, prMre, Jean Louis de Guvillers, RiAitt d'Ays, GttiHsiBne Migaol de Brebiettes, emprès C^mpiègne, Thomas de Ptaisance, le grand Thomas Mignot, JacqMt dé Clavin, Perrin de Qhevriéres, Henri de Heillyj Jean de Perisin, Jean Bertrand, booehw de Saint-Denis, Guillaume àê Oorinevilie, CMUaume de CJiify de Brunet, mattre Robert, trompette de iiotre cousin de Bourgogne, Per> rin, trompette du dit Jean d'Aubigny, Jcnnet, aréher du corps de notre dit cousin de Boar~ gogne, Jean de Yienon, Jean de Tournai, ca-^ pitaine de Ghamplot, Poisevin d'Âuxenrois, Charles Labbe, le b&tard Gognart de l'Auxerreis, le bâtard de Launois, Gvittis, Rousseiet, batelier, PhilijMMt Vexis, de Sens, Etienne Guiart, de Sens, Simon le vigneron, de Joigny, Etienne de La Croix, le fils du petit Hotellier en Sens, Gollin de L'Hôpital, le bfttarddeCbaallay, le bfttard Gulgnart, trois frères du moine de Cottlanges- sur -Yonne, Jean de Duiliy, Gharlot de Duiliy, et une compagnie de haos-^ seUtires, qui se nomment les Begeaux, accomr pagnés dé plusieurs séditieux et partroubleurs de paix. Desquels aucuns pour leurs péchés perpétrés furent bannis par notre justice de notre royautne^ acoompkgnés aussi de ptasiënrs autres de pérdUien. Lesquels, contre notre vMontè^ ont «séeitMè gens de mauVaite voIoBté

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