LIVRE PREMIER
et de |^érv»M toiuiffidn, «t «'asàetnblént Aè Jour èQ Jour en très ^ftnd nombre, en courant «t cbeteiBcIttat par notre dit royaume, enva" liitMnt par fftffee et Se Ml, tant par assauti eoauM antres toiéi subtiles, plusieurs viileé et eMteaux» appartenant tant & iMos comme • nos tassaux nobles et içens d'église de notre dit royaume, pillant de tout en tout iceux et icelles! et t^w plus est, comme meurtriers, aecratttmés en tenir faut et pervers cœurs, fjouisstnt d'etniBlo& de Sang, ont menrtri et occisent, noient et mettent à mort de Jour en Jour les pautres et simples gens, laboureurs, marchands, bourgeois et autres nos sujets de>meurtnt et habitant es dites tilles et chAteaui qui n'y pertsoient ni n'y pensent I nul mal.
» El encore qui plus est ft émerveiller , et i|ue nous n'eussions pas cru si nous n'eussions par expélrlehce Vu le contraire, c'est ft saVoi^ qu'ils sont venus et approchés en ehévaucbant plttsieuHi Ibis èmprès entôur de botre bonne ville de Paris et dté de notre dit rbyaume , eh laqtielle est notre principal siège de la Jiisticé dIoAini, qUêrant temps et opportdnitè d'ehtrer en i«3ellë pAr fhiUde, afin de mettre icelle à piN leries , occisions et rédetnptions ; et tout eh là manière que dit est; et spécialement en une eertatne nttil naguère passée, par très grande et Iblle entreprise.
» fit en continuant ces ehosel vinrent à gMnid* force et puissance d'armes devant lefc portes de notre dite ville de Paris ; et sachant qtK nous, notre très chère compagne la reine, et notre fils le duc de Tonraine , et autres dé aotM «ang étinns personnellement ëh ieëllè , «aidèrent et s'efforcèrent d'entrer lardneuse-^ ment en icelle, et tout à la fin et intention des* Ms dite, dont, si le cas fut advenu, qui ne plut pas à notre créateur, se fussent ensuivis làNdns, oflcisions, eorruptions d'églises, dffbrce- BMBts de femmes , et autres maut infinis -, et non rt^rables ; de quoi vraiment se fflt en*- Mivte annulation et corruption de notre dite vilkt , conséquemment désolation et totale dèS' traction de notre dit royanme.
•• Nous, reconnoissant iceux être bos sujets à nous obligés naturellement , comme A leur vrai et naturel Seigneur, et I la défense de notre dit royaume , et non ft la persécution et destruction d'icelui; dont il est à tenir Sans
doute qiié plu§ légèrement et plus liiirâinlent ils enVahiroient les autres bonnes villes et cités fermées, et villes champêtres et chftteaux de notre dit royaume, à prendre et piller icelles ; et qu'il soit ainsi apparu assez par èii^ dence de fait; car quand ils virent qu'ils ne purent entrer en notre dite ville àe Paris , comme tous foreenés pour leur (iiute, ils àUè-^ rent droit en la ville de Beaumont-surOise , appartenant A notre très eftér et aittié ÛH et neveu le due d'Orléans, prisonnier en Angte'^ terre ; et en allant h icelle prirent cbevAux, dé^ pouillèrent marchands et autres gens et prirent prisonniers. Après ce ils prirent par force et violence la dite ville , et le chAtel pillèrent et occireht cruellement, noyèrent plusieurs en eaux,eten grand' quantité; et pareillement prirent et pillèrent la ville de Nesle en Vermandois. Et ainsi avolent fait par avant en notre tille de Chablis, et aii chfttel de Néant, Appartenant àuk rellgieut de la Charitè-sur-Loire , avec plusieurs villes, châteaux et villeâ cham» pèlres ; en outre prenant par force femmes mariées, pucèlles, veuves et aiitres non mariées, violant ieelleS, comme si ë'étoient bètès itiues, ce prenant et pillàht ègliseé, monastères et autres lieux sacrés, dont nous recevons de Jour eh Jour et avons reçu plusieurs requêtes et clameUrS tnoult lamentables. Lesquels maux ne vondroient itl pourroiënt plus faire nos anciens ennemis les Anglois ; iceux dessus nom>tnés, obstinés en péchés , font et commettent sans cessei- les maux dessus dits, rendant et démontrant eui rebelles èl ihobédiènti AHOUS et A notre domination , en dépilkni nods et nos dits commandements, et commettant port d'armes et crime de lèse-maJestè , tet Autres grands et détestables délits, crimes et maifttits dignes de toute punition possible , et indighës de toute grâce et rémissions; mémémentde ce qu'ils n'ont notre souvet-ainetè et domination en cremeur ni en révérence. Sur lesquelles choses , après aucunes lamentables supplications et requêtes que nous font de jour en Jour plusieurs de nos vassaux et sujets, qui de ce se sont à nous complaints et dolus , et encore complaignent chacun jour , en requérant A Dieu notre créateur et k UbUs vengeance et punition de Juste sang et innocent si cruellement èpandu; .
CHRONIQUES D'ENGUERRÂND DE MONSTRELET
» Nous qui par les faits et oeuvres dessusdites autre cbose imaginer ni penser ne pouvons , fors tant seulement la subversion , destruction et perdition de notre dit royaume et domination , à quoi , comme nous croyons et tenons, les dessus nommés ont contendu, avons fait assembler plusieurs de notre sang, de notre grand-conseil et de notre parlement, que autres seigneurs, barons, nobles et autres de notre dit royauise, afin d'aviser et délibérer les voies et manières comment nous es choses dessus dites pourrons pourvoir, et remédier par avis et délibération. Desquelles , après plusieurs voies et autres manières en ce cas ouvertes et avisées , nous , qui plus ne pouvons souffrir les cruautés et autres maux dessus dits , ni trépasser sous dissimulation , afin qu'au dernier jour du jugement divin ne soit pas à nous reconnu le sang juste cruellement épandu, et que de tout notre cœur, entre les autres charges et sollicitudes que nous avons pour noire dit royaume et domination entretenir , tousdis avons désiré et désirons bonne paix et tranquillité être en notre dit royaume et nos dits sujets , avec leurs biens demeurer en paix et tranquillité :
>• Nous faisons savoir à tous que tous ceux dessus nommés, avec leurs adhérents, alliés, complices et récepteurs, nous avons déclaré et par ces présentes déclarons être nos ennemis, rebelles et inobédients, et comme tels nous les avons tenus et réputés , et par ces présentes nous les tenons et réputons. Et pource que de présent nous viennent grandes occupations tous les jours pour l'occasion de la guerre que nous avons contre nos adversaires de notre dit royaume et ennemis d'Angleterre , en laquelle plusieurs nobles et autres de notre dit royaume sont occupés , nous ne pouvons entendre à bouter hors iceux de notre dit royaume, nous , iceux dessus nommés , avec tous leurs alliés, adhérents et complices , qui sont et seront trouvés avec eux et en leur compagnie, avec tous leurs biens , quelconques que ils soient, et là où on les pourra trouver et savoir, avons abandonné, et par ces présentes abandonnons , donnons licence et autorité à nos vrais sujets et obédients, de quelque état, condition ou autorité qu'ils soient, d'iceux envahir par voie de fait , de prendre , de saisir
et d'arrêter tant par armes que sans armes , avec tous leurs biens, et d'occire iceux s'ib se défendent, sans ce que pour cette cause ils sdent pris , emprisonnés ou autrement arrêtés, ni mis en procès ordinaires, par quelconques justiciers ou ofQciers de notre dit royaume, et sans ce qu'il leur soit nécessité d'avoir sur ce grâce ou rémission aucune. Si donnons en mandement au bailli d'Amiens ou à son lieutenant , par notre présente ordonnance , qu'il fisisse crier solennellement deux ou titMS fois chacune semaine, haut au son de la trompette , et publier en toutes les bonnes villes et ressorts d'icelles, en souffrant tous nos sujets et <diédients envahir les dessus dits par voie de fait , prendre , saisir et arrêter avec tous leurs biens, et occire iceux si besoin est, sans faire détourbier ou empêchement, en corps ou en biens. Mais du contraire, si aucun détourbier ou empêchement étoit fait pour cette cause en leurs personnes ou en leurs biens, qu'ils se fassent mettre & pleine délivrance, et que es choses dessus dites, et circonstances, et dépendances d'iceUes , ils entendent diligemment , tellement que par leur négligence aucuns inconvénients ne s'en puissent ensuivir au préjudice de nous et de notre dit royaume et domination. Auxquels aussi mandons qu'ils fassent ajouter foi à la copie et transcrit de ces présentes es lieux où elles ne peuvent être portées ; et ainsi le voulons comme à l'original foi être «joutée.
» En témoin de ce , nous avons mis en ces présentes notre scel. Donné à Paris le trentiëme jour d'août l'an de graw mil ^latre cent et seize , et de notre règne le trentesixième.
a Ainsi signées par le roi , à la relation de son grand-conseil. Fer»on. »
. Lesqudies lettres furent solennellement publiées en la ville d'Amiens, environ le douzième jour de septembre , et puis furent envoyées à tous les prévôts du bailliage d'Amiens à publier es lieux de leurs dites prévôtés. Mais pour le doute et cremeur du dit duc de Bourgognée, les dits prévôts, c'est à savoir de Beaoquesne, de Montreuil , de Saint-Riquier et de bourians, ne l'osèrent publier fors tant seidement une fois en leurs plaids , où étoient peu de gens.
Et tôt après', RenM»et de La Guerre fut envoyé de par le roi et de par le connétable à Noyon et à Nesle, pour détendre te pays avec Bwssire Thomas «le Hersies, bailli de Yermandois, eoBtre les gens du dessus dit duc de Bourgogne. Si commença lors la guerre à être du tout ouverte et émue entre icelles parties sur les marchés dessus dites, et en divers autres lieui au royaume de France. Et pour vrai, quand les geas du roi pouvoientprôidre ni atteindre aucuns des gens d'ioelui duc, peu en échappoieat, fussent nobles ou autres, qu'on ne les nt mourir par Justice. Et par spécial ceux qui cbétùent es mains des ofBciers de Noyon et des gouTemeurs d'iceUes étoient exécutés sans miséricorde; et tant qu'aucuns arbres assez près d'icelle ville en étoient merveilleusement chargés et hourdés.