CHAPITRE CLXX
ËtaiMM l« coolie ti HiMMt tutttt «m btiiMH* deMak dit i Saint-Quealin, et d« U 1 Compiégne, où U moMnil) el le» maniëret qui furent tebues en ce voyage.
Le quatorzième jour de novembre, le duc Guillaume ramena son beau-filSj le dauphin, à son ebitd, au Quesooi , awpiel lui furent en* voyès plusieurs ambassadeurs de tons états de par le roi et la reine, aOn qu'icelui dauphin allât & Paris devers le roi son père; toutefois ils demeurèrent au dit lieu du Quesnoi Jusqu'après la if àlivité de Jësns-Christ.
Et après, le dit duc Guillaume mena icelui daaplun à Saint-Quentin, en Yennandois, oà ils attendirent la reine Jusqu' après les Trois-
Roisi Btpoar tant qii'eUe hb 'mM pis aHéf an dit lieu de Saint-QuenUn, le dit dauj^in tak mené par le duo Guillaume en la ville de Com« pâègne ) et lé se logea en l'hMBl du roi Son père i auquel lieu tantôt après la dame de Haihadi amena la da^phine sa fiUe , en grand' eompà-> gttte. Et après ce, la reine, en grand état, viM de Paris à Sentit, aceompagoèe dadae de Ton* raine, son fils, et du due de Bretagne, son beau^ fils, aveeque le grand-^coaseil du roi. Esqttels jours tint le Jeune duc d'Almçon et attcunS autivs jeuUes seigneurs à Gompiègne devers le dauphin, et lui fbrent très grand honneur. Et adonc les seigneurs commencèrent à traiter en envoyant ambassadeurs de Compiégne à Sentis. Et lors la dame de Hollande mena sa fille, la daupbine, à Senlis, vers la reine ; et après qu'elles eurent été l'une avee l'autre en grand' liesse, elles retournèrent au dit lieu de Compiégne, et ta reine et sa compagnie retourna à Pairis ; et là traitèrent le duc Guillaume et le conseil du dauphin , avec lesquels allèrent les ambassadeurs du duc de Bourgogne. Et est vrai dù'en ces Jours le dauphin envoya Ses lettres au bàilll de yermaudois, d'Amiens et autres lient, scellées de son graild scel, contenant que ils fissent publier que tous gens de guerre cessassent leurs rapines et se retrabissent, sur confiscation de corps et de biens. Lesquelles lettres peu profitèrent au peuple , cai- pour ce ne laissèrent pas iceui gens d'armes à tenir les champs. Et le mardi pénultième Jour de mars, te duc Guillaume, comte de Hainaut, étant ft Paris, dit en . pleine audience du conseil du roi qu'il mettroit ensemble le dauphin et le duc de Bourgogne , ou il ramëneroit îcelui dauphin eh Hainaut, si autrement n'éloit pourvu par le roi et son conseil à la réparation et pain du royaume. Pour quoi fut cobclu de ceux qui gouvernoient le roi que le dessus dit duc Guillaume seroit arrêté jusqu' à tant qu'il auroit mis le dauphin et rendu au roi son père. Laquelle chose lui fut noneée secrètement pai* aucun sien dmi; 0t pour ce, le lendemain, très matin, il feignit s'en vouloir aller à Sainl-Mor-des-Fossés en péle^ rinage, et retourner à Paris ; mais il s'en alla hâtivement, lui troisième, à Compiégne, où éloit le dauphin, son beau-fils, lequel il trouva très grièvement malade , de laquelle maladie il trépassa le Jour de Pftques fleuries. Et avoit
CHROMQUES D'ËNGUËRRAND DE MONSTRELET.
emprès une oreille an aportiune, lequel se creva par dedans, son col et l'é(rao{^. Et après sa mort fut mis en un cercueil de plond», et enterré à Saint-Gornille, présent le duc Guillaume, sa femme et sa fille, daupbine; pour l'ame duquel ils donnèrent pour Dieu très grand' somme de pécune ; et après retournèrent en Hainaut en très grand' tristesse. Et lors fut très grand' renommée que le dit dauphin avoit été empoisonné par aucuns de ceux qui à présent gouvernoient le roi , pour tant qu'»celui étoit fort allié au duc de Bourgogne, comme son frère précédent.