CHAPITRE CLXXn
Coamwu le comte Donel, etriuioe d'HarSeur, flt une cb»- TaucMe lu paji de Ciux, et l\it eombatlu des Françftif ; et de rampereur, qai flt le comte de Sivoie duc.
En ce même temps le comte Dorset, qui se tenmt i Harfleur, se mit sus un certain jour atout bien tnns mille combattants anglois et alla courir devant Rouen, et de là alla encein> dre le pays de Gaux, où il fut par trois Jours, et jM de grands dommages par feu et par épée. Mais entre-temps s'assemblèrent les garnisons et nobles du pays, avec le seigneur de Yilk^er, et tant qu'ils furent trois mille, comme étoient icenx Anglois. Si se rencontrèrent assez près de Yahnont , et promptement les François leur coururent sus très vaillamment, et en bref mirent icèux Anglois en déroi. Si demeura en la place des dits An^ois bien huit cents ; et les autres, avec le dit comte, se relrsdiirent en un jardin qui étoit environné de fortes baies d'épines ; et Ut se tinrent le sur- {dus du Jour que les dits François ne les purmt avoir, j& soit ce qu'ils se missent en peine.
Et quand ce vint au soir, ils se retratairent pour eux rafratdiir en un village qui étoit au plus près; mais le dessus dit comte Dorset, doutant la Jonméé du lendemain, se partit du dit Jardin avec ses gens environ le point du jour, et se tira pour retourna à HarQeur. La- ■qodle départie surent assez tôt après les François, qui derechef les poursuivirent et r'attein- 'dirent sur les marais assez près de Harfleur à ^eux benes. 1^ les assaillirent comme devant; aaais, pdurce qu'iieeux François n'étoient pas tous eoseinble . tunti déiionfits , et morts sur
la place bien deux cents ; entre lesquels tat le principal le dit seigneur de Yiliequier et plusieurs autres nobles du pays avec lui.
Auquel an, le roi d'Allemagne, au retour de son voyage de Fr&nce et d'Angleterre, passa par Lyon sur le Rhône, où il vouloit faire d'Aimé, comte de Savoie, un duc ; mais les officiers du roi là étant ne lui voulurent pas souffrir;, et pour œ s'en partit tout indigné et l'alla faire duc en un petit ohfttel de la rivière nommé MouUet , qui sied en l'empire. Et est vrai que quand il partit de son pays pour venir en France, il avoit toujours tenu le parti contraire au duc de Bourgogne, par le moyen et enhort du duc Louis de Bavière , frère de la reine de France, et autres ambassadeurs tenant la partie d'Orléans ; mais quand le dit roi des Romains fut retourné en son pays, il avoit volonté toute contraire, et aimoit mieux la partie de Bourgogne que celle de ses ennemis et adversaires.