CHAPITRE CLXXXVn
Coauntot la dite reins, renae i Clurtrei, écrlrit i phitieurt bonno villes du royaume, et furenlhitei aucuaet noUTcUei ordonnances pour le gouvernement du dit royaume.
Après que la reine de France ftat venue en la ville d« Chartres, comme dit est, fût ordonné et conclu qu'elle éeriroit lettres en son nom à toutes les bonnes villes étant en l'obéissance du duc de Bourgogne; desquelles la copie s'ensuit de celles qui vinrent à Amiens :
« Très chers et bien amés, vous savez comment , par la coulpe et iniquité causée par la damnable convoitise d'aucunes gens de petit état qui ont pris le gouvernement de la personne de monseigneur et de son royaume, maux innumérables et inconvénients s'en sont ensuivis , tant de la molestation de ceux du sang de mon dit seigneur et d'autres comme de la perdition de la grand' partie de sa domination ; et mèmcment es duchés d'Aquitaine et de Normandie , a duré et encore dure le dit gouvernement, sans ce que les dessus dits gouverneurs veuillent entendre à quelconque bien et bonne gouverne à être mise en ce royaume ; mais ont conclu mortelle haine contre tous preux et loyaux ; et ravissent leurs biens ; et plusieurs exécutent à mort. Et en continuant en leur mauvaiseté , quand ils aperçurent que voulions entendre à labourer à la réparation et an bien de la paix de ee royaume, eomme à
nous eompéte, qui par la grâce de Dieu sommes compagne et épouse de mon dit seigneur, comme il avoit été encommencé par notre fils et cousin de Hainaut , desquels Dieu ait l'ame ! ils trouvèrent moyen d'eux éloigner de sa personne , afin que ne fût sue leur iniquité et demeurassent en leurs états et oflices. Et par ee moyen ils ont appliqué et appliquent chacun jour à leur singulier profit toutes les finances de mon dit seigneur, sans ce qu'aucune chose en soit employée pour le bien de mon dit seigneur ou de son dit royaume ; et faussement et déloyalement nous ont dépouillée et dérobée ; et ont tant fait que mon dit seigneur, nous et notre dit fils le dauphin n'avons de quoi maintenir nos états et payer nos dépens ; car , comme dit est , ils ont tenu et tiennent notre dit seigneur et notre fils le dauptùn , tellement qu'il convient qu'ils fiassent ce qu'ils veulent et commandent, et à ce pourvoir, que la domination de mon dit seigneur vienne es mains d'étranges , que Dieu ne veuille ! Après ce que notre très cher et très amé cousin de Bourgogne a fait cesser les dits inconvénients, il veut et offre paix à tous ceux qui avecque lui la voudront avoir, par ses lettres-patentes, publiées en plusieurs lieux de ce royaume. A laquelle les dessus dits non voulant entendre , icelui notre cousin se mit en armes à très grand' compagnie de chevaliers et écuyers, en intention d'ôter icelui mauvais gouvernement. Pour auquel résister et qu'il n'eût pas approchementà la personne démon dit seigneur, les dits gouverneurs mandèrent et appelèrent à Paris toutes leurs garnisons , et abandonnèrent l'héritage de mon dit seigneur aux Anglois, anciens ennemis de ce royaume. Et en ee faisant ils démontrèrent leur mauvaise intention ; mais la plus grand' partie des nobles de ce royaume et aucune grand' quantité des prélats et bonnes villes , sachant ce que dit est , s'adjoindirent avecque lui pour le bien de mon dit seigneur, comme de raison, lequel est triste et dolent, en acquittant sa loyauté de l'escaodale et déshonneur que les dits gouverneurs ont fait à mon dit seigneur, à nous, à notre génération et à la noble mesgnie de France , et à ceux qui y ont affinité ou alliance par mariage ou autrement, et non sans cause; car vrai-" ment la chose lui touche grandement; car il