CHAPITRE CXCVn
Comment, iprès la dite priie de Ptrii, plnsiean TiUe< et forteresses se rendirent en l'ol)éissance da duc de Bourgogne, •l autre* matiirw.
En ces jours furent envoyés atout un mandement du roi Hector et Philippe de Saveuse , le seigneur de Crévecœur et leurs gens vers Compiégne et autres villes et forteresses sur les marches. Lesquels, venus au dit lieu de Gompiègne, firent traité avec ceux de la ville, par condition que tous ceux tenants la partie du comte d'Armagnac s'en iroient, sauves leurs bagues ; et aussi que tous les habitants de la dite ville et autres veuillants faire serment de tenir le parti du roi et du duc de Bourgogne demeureroient paisibles. Et après qu'ils eurent promis ce à entretenir, ils furent mis dedans. Et pareillement se rendirent à eux la ville et ch&td de Creil, Pont^Sainte-Maxence, Moussy, le Pereux, le Pont-à-Choisy et aucunes autres places; dedans lesquelles mirent de leurs gens pour les entretenir. Et aussi se rendit en l'obéissance du roi et du duc de Bourgogne la viUe de Noyon, par le moyen du seigneur de Genlis, et pareillement le Pleissier , par messire Jean de Roye, et moult d'autres villes et forteresses, comme Laon, Goii>eil, Soissons, Chauny-sur-Oise, Gisors et aucunes autres.
En la ville de Creil fut mis un gentilhomme noDunè le Bugle de Grouehes, peur la garder, et entra en icelle ville atout huit hommes tant seulement. Si étoient dedans la forteresse le comte de Yentadour , le seigneur de Chftteau» Morant et messire Charles de Saint-Sauflieu atout certain nombre de gens d'armes, lesquels tenoient le parti du comte d'Armagnac. Lesquels furent par le moyen du dessus dit Bugle de GroUches et de la communauté d'icelle ville contraints i rendre la dite forteresse, par condition qu'ib s'en alUrent saufs leurs corps et leurs biens; et en demeura icelui Bogie capitaine certain e^Mce de toups.
En outre, quant est à parler de l'état et gouvernement de Perinet Le Clerc et ses complices, qui avoient livré la ville de Paris, comme vous avez oui ci-dessus, commencèrent à lever et tenir très grand état ; et eurent par aucun peu de temps grand' autorité ; mais en la fin demeurèrent aussi pauvres et méchants que par avant ils avoient été.
En après , ceux de la ville de Péronne qui avoient toujours tenu et encore tenoient la partie du roi, de son fils le dauphin et du comte d'Armagnac, quand ils ouïrent les nouvelles de la prise de Paris et la reddition de plusieurs autres bonnes villes , furent fort émerveillés et eurent grand doute , attendu qu'ils étoient près des pays et puissance du duc de Bourgogne, d'être pris d'assaut ou du moins assiégés. Si se mirent ensemble et conclurent d'envoyen devers le comte de Charolois et son conseil , afin qu'ils pussent être reçus à eux mettre en r(A)éis8anee du roi et du duc de Bourgogne ; et sur ce envoyèrent leurs ambassadeurs devers le dit Charolois, jà soit ce que messire Thomas de Hersies, bailli de Vermandois, les exhort&l fort à tenir le parti du dauphin. Lesquels ambassadeurs], c'est & savoir maître Oudard-Cuperid,jan chanoine de Saint-Foursy et aucuns autres, traitèrent tant devers les dessus dits comte de Charolois et son conseil qu'icelle ville se rendit en son obéissance ; et nonobstant que les gouverneurs et habitants d'icelle ville«ussent promis de non faire traité au préjudice du dit messire Thomas , néanmoins il fut pris et mené à Laon, et là décapité ; et pareillement furent exécutés Jean de Brunenoourt, son lieutenant, et Allard de Yertigneul.