‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 314 sur 761 · CHAPITRE CdV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CdV

Comment la lentence utrefoii donnée contre maître Jean Petit rtit rappelée; de la prlie de Lagn;-6ur-Marno ; de la venue du duc de Bretagne, et aulret matières.

En ces Jours Alt faite à Paris une procession générale de toutes les églises de la ville, et fkit la messe chantée en l'église Notre-Dame. Et endementiers qu'on ohantoit la messe en la dite église, fut fait un sermon solennel au parvis d'icelle, par un frère mineur, doeteur en théologie. Et là étoient les conseillers du roi de France, comme le chancelier et autres , et le recteur et notables clercs de l'université, plusieurs grands seigneurs, le prévôt et autres notables bourgeois de Paris. Et si en y avoit auxquels étoient les vicaires et autres ofQciers de l'évèque de Paris ; lesquels, ayant sur ce puissance et commission générale spirituelle du dit évéque, lors malade à Saint-Maur-des- Fossés, rappelèrent au nom du dit évêqjie la sentence qu'icelui évéque et ses complices avoient donnée au temps passé contre l'honneur du duc de Bourgogne, et la proposition par icelui due avouée, et faite par feu mettre Jean Petit, ainsi que ci-devant est écrit ; en réparant, quant à ce, l'honneur et loyauté du duc, comme vrai champion de la couronne de France, Et au dit sermon le compara à l'échalas soutenant la vigne ; et montrant quant à ce les lettres du dit évéque, et le pouvoir à eux sur ce donné, et excusant icelui, obstant sa dite maladie. Et tant dirent et firent, présents le peuple illec assemblé et les seigneurs dessus dits, que le duc de Bourgogne en Ait content ; et tai la dite révocation faite au milieu du sermon.

Esquels Joanf vinrent nouvelles au duo de Bourgogne étant & Paris, comme dit est, que les Dauphinois, qui se tenoient à Meaux en

Brie, avoient pris la ville de Lagny-sor-Mame, par faute de guet; ce qui étoit vérité. Et le propre Jour qu'ils la prirent, ils firent moult de maux ; mais aucuns de la garnison se sauvèrent en forte tour, et tantôt envoyèrent que* rir secours au duc de Bourgogne, lequel hâtivement y envoya le seigneur de l'ne-Adam, qui, par le moyen de ceux de la tour, rentra assez tôt dedans icelle, et mit A l'épée la plus grand' partie des dits Dauphinois. Et après qu'il eut mis forte garnison léans, s'en retourna i Paris et le lendemain partit le duc de Bourgogne, A grand' puissance de gens d'armes, de Paris, pour aller au pont de Gharenton au devant du duc de Bretagne, qui venoit devers lui pour traiter de la paix du dauphin et du duc ; mais ils n'y purent rien accorder; et pour tant s'en retourna le dit duc de Bourgogne à Paris, et le duc de Bretagne en son pays. Et la cause pour quoi s'assemblèrent au pont de Gharenton, si fkit pource qu'on mouroit d'épidémie très merveilleusement dedans la ville de Paris; car, comme il fut trouvé par les curés des paroisses, y mourut pour cet an outre le nombre de quatre vingt mille personnes ; entre lesquels furent morts d'icelle pestilence, des gens du duo de Bourgogne, le prince d'Orange, le seigneur de Fosseux, messire Jannet de Poix, le seigneur d'Auxois et moult d'autres gentilshommes.

Et bref ensuivant revinrent les cardinaux d'Ursin et de Saint-Marc à Saint-Maur-des- Fossés, pour traiter la paix entre les feigneurs de France. Auquel lieu furent envoyés plusieurs notables ambassadeurs de par le roi, la reine et le duc de Bourgogne ; lesquels enfin firent un traité avec les gens du dauphin, qui y étoient, par le moyen des dits cardinaux, le quel sembioit être bon et profitable pour toutes les parties. Mais quand il fut reporté devers le dit dauphin et ceux de son conseil, ii'en furent pas contents ; et par ainsi se continua la guerre entreiceux, plus diverse que par avant

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