‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 328 sur 761 · CHAPITRE CCXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCXV

S> DHiU U aopi* de* traité* d'entre Ckark*, doc de Tonrain*» dauphin, et le duc Jean de Bourgogne.

M Gharlss, fils du roi de France, dauphin de Vieima, duc de Berri et de Touraine, comte de Poitou, et Jean, duo de Bourgogne, comte de Flandre, d'Artois et de Bourgogne, palatin, seigneur de Sqlm et deMalines, Alous eeux qui ces présentes lettres verront ou orront, saint.

» Gonme pour l'occasion des grands divisions qui depuis certain temps en ça ont régné en ce royaume, aucunes suspicions se soient engendrées en nos ocrarset de plusieurs nos officiers, vassaux et serviteurs, les uns contre ta» autres, pour quoi et pour aucunes

imaginations, avons conclu d'entendre d'un commun accord aux grands faits et besognes de notre sire le roi et de son royaume, et résister aux damnables entreprises et efbrcements desAnglois, nos anciens ennemis, qui, sous ombre et par le moyen des ditss divisions, se sont enhardis d'eux bouter au milieu de ce royaume, et de fait ont conquête et occupent une grand' partie de la seigneurie du roi notre sire, et pourroient encore plus faire si les dio» ses èloient en celle ou semblable disposition: nous faisons savoir qu'attendant et considérant si grands maux et innumérables inconvénients qui, pour le fait des dites divisions, si elles n'étoient apaisées, pourroient encore plus ensuivir, au très grand confondement et perdition de celte seigneurie, qui redonderoit A un chacun de nous, A qui la chose plus touche qu'A nul autre, A très grand' charge et confusion, désirant, comme nous y sommes tenus , de A ce remédier et pourvoir de tout notre cœur et affection.

» Pour quoi, après aucuns traités sur ce euB, et pourpariers entre aucuns de nous d'une partie et d'autre, derechef aujourd'hui nous sommes assemblés, et d'un commun accord et consentement, pour l'honneur et révérenoe de IXen principalement, et aussi pour le bien de la paix, A qui chacun bon catholique est et doit être enclin, et A relever les pauvres peuples des dures et grands (q>pressions qu'A cette cause ont souffert, nous avons promis et juré, en la main de révérend père en Dieu, Alain, évèque de Léon, en Bretagne, envoyé A nous du saint siège apostolique pour le fait de l'union et paix du royaume, sur la vraie eroix et saintes évangiles, pour ce attouchéesde nos mains, par la foi et serment de notre corps, fait l'un A l'autre sur notre part de paradis, «n panda de prince et autrement, en outre que faire se peut, les choses qui s'ensuivent.

N Et premièrement nous, Jean, duo deBour»' gogne, tant comme nous vivrons en ce monde, nous, après la personne du roi notre dit seigneur, honorerons et servirons de tout notre cœur et notre pensée, plus que nuls autres, et aimerons la personne de notre dit seigneur le dauphin; et, comme A son état appartient, A lui obéirons; et no ferons ni souffrirons ètm fait A notre pouvoir aucune chose qui soit A

CHRONIQUES D'ENGUERRAND DE MONSTRELET

son préjudice, et de tout notre pouvoir lui aiderons ft garder et maintenir son état en tontes manières; et lui serons toujours vrais et loyaux parents, procurerons son bien et honneur, et eschëverons son mal et son dommage par toutes voies à nous possibles, et de ce nous l'avertirons. Et s'il advenoil qu'aucun, de quelque état qu'il fût, lui voulslt faire guerre ou porter dommage, nous, en ce cas, le servirons et aiderons de toute notre puissance contre tous, comme pour notre propre fait.

» £1 pareillement, nous, Charles, dauphin dessus dit, si longuement qu'il plaira à Dieu nous donner vie au corps, à quelque étal, domination et puissance qu'au temps & venir pourrions venir, toutes choses faites mises en oubli, de bonne foi nous aimerons notre très cher et très aimé coUsin le duc de Bourgogne dessus dit; et en toutes ses affaires et besognes, le traiterons comme notre prochain et loyal parent, voudrons et procurerons son bien, honneur et profit, et esche verons son mal, le garderons et maintiendrons en son état, et en toutes ses affaires et besognes le traiterons ; et si aucun, de quelque état qu'il fût, le vouloit grever d'aucune chose, nous le soutiendrons et porterons, et aussitôt cpie^de ce nous requerra, lui aiderons et défendrons de toute notre puissance contre tous, qui vivre puisse on mourir; et même si aucuns de notre sang et lignage, ou quelconques autres, par la raison d'aucunes choses au temps passé, en ce royaume ou ailleurs, vouloit demander ou faire de notre dit cousin de Bourgogne, ou de ses pays et sujets, nous et toute notre puissance lui aiderons, soutiendrons et défendrons contre tous ceux qui le voudroient grever et dommager.

» Item, nous, Charles, dauphin, et Jean, duc de Bourgogne, entendrons dorénavant par bonne union, chacun selon son état, A tous les grands affaires de ce royaume , sans vouloir ' entreprendre ou avoir envie l'un sur l'autre ; et si aucune relation nous étoit faite par aucuns de nos officiers ou par autres, qui fût A la diarge l'un de l'autre à engendrer aucune division nouvelle, nous de ce avertirons l'un l'autre en bonne foi, et n'y ajouterons aucune foi, et comme bon et loyal parent, et prochain d^ notre seigneur le roi et de la couronne de France, nous, principalement, sans

aucune fiction , nous emploierons A débouler les dits ennemis et autres , et A réparer la domination de ce royaume, et ne prendrons avec les dits ennemis aucuns traités ou alliances , fors du bon plaisir et consentement l'un de l'autre; et, qui plus est, en toutes alliances que ferons dorénavant , nous comprendrons l'un l'autre en bonne foi , et si aucunes alliances ou traités avoient été faits devant la date de ces présentes avec les dessus dits ennemis anciens ou avec autres , préjudiciables l'un à l'autre de nous, dorénavant voulons icelles être nulles.

» Et toutes ces choses dessus dites avons promis et promettons, comme dit est, fermement et entièrement à tenir, sans jamais 'aller ou faire aller au contraire.

» Et si aucun de nous, de sa volonté ou autrement, enfreignit ou fit enfreindre le dit traité de cette présente alliance, que Dieu ne veuille ! nous voulons et nous platt et A un chacun de nous que les gens , vassaux et serviteurs, présents et A venir, de celui qui enfreindra la dite paix ne soient obligés après la dite infraction d'icelui servir; mais serviront l'autre des dites parties, etencecas seront absolues et quittes en tous serments de loyauté et autres , de toutes promesses et obligations de services ; et lesquels au dit cas , dès maintenant comme adonc, nous de ce les tenons quittes et absous, sans ce qu'au temps A venir on leur puisse imputer A charge ou reproche , ni aucune chose demander.

» Et en plus grande sûreté et confirmation , A ce que n'ayons aucune imagination sur les serviteurs et olficiers l'un de l'autre, nous avons voulu et ordonné que nos principaux serviteurs et officiers jurmt, et de fait en notre présence , es mains du dit évéque de Léon, jureront tenir les choses dessus dites de par eux, et en tant qu'il leur pourra toucher, et spécialement que de tout leur pouvoir ils nous entretiendront en bonne et vraie amour I'ob avec l'autre, et ne feront aucune chose ni procureront qui dé ce nous doive empêcher; mais si aucun empêchement apercevoient , de ce ils nous avertiront et de toutes les choses dessus dites, et ils feront leur devoir, et bailleront sur ce leur scel.

» Et mèmcment ont juré sur les' saintes

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