‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 333 sur 761 · CHAPITRE CCXVni · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCXVni

Comnienl le duc de Clarence Msiégei GUori et le conquit; da liège de Saint-Marlin-ie-Gaillard ; et autre* Iteiognci ISri(es pÊt le* Fr«a«oi* et Angloii.

AsWB bref ensuivant , le roi d'Angleterre fltaa8iéK«r puiwamment la ville de Gisors par le duo d« Clarenoe, son frère; dedans laquelle ètoient oapilaine Lyonnet de ^urnonviUe, et dedans 14 chfttel , Daviod de Gouy. I«squel8 des dit» Anglois furent tant approchés qu'en la Bn de trois semaines après le siège mis reodirenl la dite ville et forteresse, en partie par faute de vivres, au duo de Clarenee, par si qu'ils s'en iroienl atout leurs gens, saufs leurs corps et leurs biens, et les babilans de la ville demeureroient obéissants au dit roi d'Angleterre, en faisant à lui serment de loyauté. Et ainsi se départirent les dessus dits, et s'en allèrent & fieauvais devers le sire de

Benange. Son flis, Jean de Foit, épousa une nièce de M'illiams do U Pôle, duc de Suffolk, et devint comte de Kendal. Le pire et le flii forent chevalier* de la JarreUire.

l'Ile-Adam. Et tôt après fui assise des dits Anglois la forteresse de Saint.^MartiQ4e-Gail» lard, dedans laquelle étoit Kegnaut de Fon> taines, messire karados de Quesnes, avecque aucuns autres qui avoient toujours tenu la partie du dauphin et du duc d'Orléahs.

Auquel lieu des dits assiégeants éloit capitaine un vaillant homme nommé messire Philippe Is Ut; mais de la dite forteresse , nonobstant la siéfe, se partit secrètement par nuit le dit messire de Karados, et alla à Compiégne devers le seigneur de Gamaehe, qui pour ce temps en étoit capitaine. Auquel il requit très instamment qu'il voulait assembler gens pour lever le siège dessus dit.

Le quel sire de Garoache, au plus bref qu'il put, fit très grosse assemblée, et manda Antoine et Hue de Beaussaut , frères, et mpult d'autres gentilshommes tenant la partie du dauphin , et aussi plusieurs tenant la partie de Bourgogne i tant qu'en tout assembla bien seiw cents combattants ou environ, atout les* quels il chevaucha en tirant au lieu deuus dit; et vint vers solul levant au-dessus de la dite forteresse: et Ut mit ses gens en ordonnance, et commit quatre cents combattants pour aller deVAQt gagner les barrières qu'avoient faites les dits Anglois.

Auxquelles barrières furent trouvés environ soixante Anglois gardant icelles , lesquels très flprement se défendirent et gardèrent le pas; mais enfin ils furent déconfits et tous mis à mort , excepté aucuns qui se sauvèrent psr fuite. Et adono le dit sire de Gamaehe , suivant ses gens assez roidement, entra en la ville, où les dits Anglois ètoient logés i mais la plus grand' partie ètoient déjà retraita en une grand' église qui étoit tin la ville , atout leurs xbevaux, et lé très fort se défendirent. Et en conclusion, pource que les dessus dita Anglois pouvoienl avoir bref secours de leurs gens qui ètoient sur les marches , le dessus dit sire de Gamaehe fit bouter le feu dedana la forteresse, et emmena sauvement ceux qui ètoient de-> dans. Et furent & cette besogne faits nouveaux chevaliers Antoine de Beaussaut, Gilles de Rouvroy et aucuns autres.

En après , dedana lea huit jours ensuivant » te comte deBautiton , èapilaine de Gournay. en Normandie, assembla environ deux mille

CHRONIQUES D'ENGUERRAND DE MONSTRELET

combattants anglois des frontières de la marche , lesquels il conduisit jusqu'à un gros village nommé Poix, où ils se logèrent, et y firent plusieurs dommages , et de là allèrent à Breteuil, et livrèrent grand assaut au fort de l'abbaye. Et pour tant qu'ils y eurent de leurs gens morts, ardirent la ville, qui ètoit moult puissamment amassée, et puis se tirèrent vers Clermont. Si prirent la tour de Yandcuil et boutèrent le feu dedans ; et après, en détruisant le pays par feu et par épée, atout infinis biens et un grand nombre de prisonniers s'en retournèrent en leur garnison.

Et de l'autre côté , messire Philippe Le Lis , par dessus nommé, qui se tenoit à Eu et Monchaux , couroit très souvent jusqu'à Âbbeville, au Pont-dc-Remy et par tout le Yimeu , dont le pays étoit très grandement désolé. Auxquelles courses et envahies , messire Jacques de Harcourt, qui se tenoit au Crotoy, et Hector de Saveuse avec ceux de la garnison du Pontde-Remy bailloient très souvent de grands empêchements, et pareillement en faisoient messire Louis de Thiembronne et ceux qui éloient avec lui en la ville de Gamache.

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