‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 334 sur 761 · CHAPITRE CCXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCXIX

Comment le roi d'Angleterre Ht «ttléger le* fortcrctse* de Cliâleau-Caillard et de La Roche-Guyon, qui en la fln dirent conquisn; et autres matièrei.

En ces mêmes jours , le roi Henri d'Angleterre fit assiéger toutes les forteresses du (lb&teau-Gaillard et de La Roche-Guyon, lesquelles étoient deux des plus fortes places de la duché de Normandie, et les tenoient les gens du dauphin ; mais, au bout de deux mois, La Roche- Guyon ftat rendue, du consentement de la dame, qui étoit dedans, au dit roi d'Angleterre, lequel présentement la donna à messire Guy Le Routinier; et avec ce lui vouloit faire avoir la dite dame en mariage, mais oncques ne s'y voulut consentir, ainçois s'en alla avec ses gens hors du pays, en délaissant sa dite forteresse. Et le Chftteau-Gaillard, qui étoit au roi de France , se tint seize mois, au bout duquel terme se rendit par faute de ce que les cordes dont ils tiroient l'eau leur étoient faillies. Et en étoit capitaine messire Olivier de Mauny, qui avoit avec lui six vingts gentilshommes ou plus. El

tenoient le siège les comtes de Hautilon et de Kime.

Et durant les choses dessus dites, avoit plusieurs Dauphinois et Bourguignons qui avoient grand' confidence et communication les uns avec les autres depuis le traité de paix , espérant qu'icelle dût être perdurahle. Et s'assembloient très souvent en plusieurs lieux d'un commun accord pour faire guerre aux Anglois, anciens ennemis du royaume de France ; mais la roue de fortune y pourvut par telle manière que dedans brefs jours ensuivant furent en plus grand' tribulation et haine l'un contre l'autre que jamais n'avoient été, comme ci-après sera déclaré.

CHAPITPE CCXX,

Comment le duc de Touraine Tinti grknd' pobMneeâ Hentercau, od faut Yonne, od il manda le duc de Bourgogne, qui étoit i Troje* en Champagne, lequel fut mit 1 mort piteuaemcnt.

Or est vérité qu'après que Chartes , duc de Touraine , eut visité les duchés de Berrî et de Tours , se tira atout vingt mille combattants ou environ à Montereau, où faut Yonne. Et tel après sa venue envoya k Troyes en Champagne messire Tanneguy du ChAtel et autres de ses gens atout certaines lettres signées de sa main, par lesquelles il écrivoit très affectueusement au dit duc de Bourgogne que pour conclure et aviser à la réparation du royaume et aussi pour grands affaires qui grandement le touchoient, il voulstt aller par devers lui au dit lieu de Montereau. Lequel duc oyant cette requête différa par plusieurs jours d'y aller, et contendoit que le dit dauphin allAt au dit lien de Troyes vers son père , le roi , et devers la reine, et démontra plusieurs fois au dit Tanneguy que plus convenable et expédient seroit qu'il y allAt qu'autrement, afin de tenir leur conseil ensemble. Et sur ce retourna le dit Tanneguy devers le dauphin pour lui rendre la réponse qu'il avoit eue ; mais flnablement le dessus dit dauphin et tous ceux de son conseil prirent conclusion ensemble de demeurer à Montereau et non ailleurs.

Et derechef retourna icelui messire Tanneguy à Troyes devers le dit duc , avec lequel il traita tant qu'il vint à Bray-sur-Scine, et de là furent envoyés plusieurs messages de l'une

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