‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 336 sur 761 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

poiale d'ane bâche , et le seigneur d'Ancre d'une taiOade en la main. Lequel seigneur de Monlaga, quand il ftit outre la dite barrière, oia très Tort à l'arme. £t adonc messire Antoine de Thoulongeon, messire Simon Olhelimer, Saubretier et Jean d'Ermay avec aucuns autm s'approchèrent de la dite barrière, et eommencteent à lancer de leurs épées à ceux de dedans. Et en ce faisant le dit messire Simon tat nayrè en la tète, car ceux de la ville et des dites barrières s'efforcèrent de louï côtés à tirer arbalètes sur les dessusdits: pourquoi, non poutant entrer dedans ic«lle barrière, se retrabirent dedans le dit ch&tel. Ainsi et par cette manière fut le dit duc de Bourgogne croeUement mis à mort sur la sûreté du duo de Toaraine, dauphin du Viennois, et de ceux de son conseil. Laquelle besogne tant seulement à ouïr raoonter est si pileuse et lamentable ^le plus grande ne peut être, et par spécial tous coeurs de nobles hommes et autres prud'hommes natifs du royaume de France doivent avoir grand' tristesse et vergogne rayant ai noble sang comme des fleurs de lys , tant prodiains de lignage, eux-mêmes détruire l'an l'antre, et le dit royaume être mis, par le moyen des choses dessus dites et autres par avant faites et passées, en voie et péril de chan* ger nonvel seigneur, et aller du tout à perfitiiMi.

Si furent les principaux faisant cette contpiralion contre le dit duc de Bourgogne, Jean LouTet, préaident de Provence, le vicomte de NaiiMmae, messire Guillaume Balilier, messire Tannegny du Chàtel, messire François deGrimaille, messire Robert de Loire, Pierre Fratier, Olivier Layet, messire Pouçon de la Namac, sénéchal d'Auvergne, et aucuns autres. Lesquels, grand espace de temps par avant, avoient conclu, promis et juré l'un é l'autre de mener à fin cette besogne, comme ils firent. Et mêmraient dès la première assemblée qui tal feite entre iceux princes auprès de Pouillyle-Fort, quand la paix fut faite entre eux, eomme Je tat inf<Mrmé, eurent volonté et intentim de l'achever ; mais lors fut délaissée pource qne le dit duc de Bourgogne avoit tn^ grand' puissance de gens d'armes, et aussi que iesdites parties étoient près l'une de l'autre aux pleins champs < pour quoi eût convenu qu'il

y eût eu de trop grands meschefs entre eux.

En après, le seigneur de Jonvelle et les autres qui étoient dedans le chfttel de Montereau, et auxquels le dit duc de Bourgt^ne l'avoit baillé en garde à son parlement, furent moult émerveillés et non pas sans cause, quand ils surent et virent les manières qu'on tenoit contre eux, tant pour la personne de leur dit seigneur et prince, dont encore ne savoientpas la vérité de son état, comme pour les autres seigneurs qui étoient avec lui ; et aussi pour eux-mêmes, qui étoient lé sans avoir quelque provision de vivres ni habillements de guerre, «inon ce qu'ils avoient apporté, qui n'étoit pas grand chose, car, par avant leur venue, on avoit ôté toute l'artillerie et les vivres du dit chfttel. Si eurent sur ce plusieurs imaginations pour savoir s'ils se départiroient ou non ; mais en la fin se conclurent l'un avec l'autre d'y demeurer Jusqu'à tant qu'il auroient plus véritables nouvelles de leur dessus dit seigneur qu'encore n'avoient oui.

Et combien que le dit seigneur de Jonvelle et le seigneur de Montagu priassent moult de fois aux gens du dit duc qui étoient venus avec lui qu'ils voulussent demeurer avec eux dedans icelui chfttel, néamnoins n'en voulu" rent rien faire, ainsi se départirent hfttivement sans tenir ordonnance, et chevauchèrent au plus tôt qu'ils purent droit vers Bray-sur- Seine, dont ils étoient partis au matin. Mais les gens du dauphin, ft grand' puissance, les poursuivirent très ftprement et en tuèrent, prirent et détrousserait grand' partie sans trouver quelque défense. Et iceux seigneurs de Jonvelleet de Montagu demeurèrent, coromQ dit est, dedans le chfttel, et avec eux messire Robert de Marigny, messire Philippe de Gervoles, messire Jean Mural, le seigneur de Ro* semate, Jean d'Ermay, Jean du Mesnil, Saubretier , Philippe de Montant , Reaaut de Gheuly, Renaut de Rétbel, Guillaume de Bière, la dame de Giae et ses femmes, et Philippe Jossequin, avec envirMi trente varlets que pages de la famille du dit duc de Bourgogne.

CHRONIQUES D'ENGUERRAND DE MONSTRELET

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