LIVRE PREMIER
quelles l«UrM aux bonnet Yûkt àemu dites forent bénignement reçues, en remerciant moult de fois le dit sire de Montaga, pour son message, disant que moolt fortétoient dolents de rairenlure dessus dite.
Et quand, le onsième Jour de septembre, vint à la oonnoissanee des Parisiens que le dit doc de Bourgogne étoit ainsi mort, furent tant dolents et confus que plus ne pouyoient. Et pour tant , lendemain , au plus matin qu'ils purent, s'assemblèrent le comte de Saint-Pol, le lieutenant du roi i Paris , le chancelier de France, les prévôts de Paris et des marchands, et généralement tous les conseillers et officiers du roi, et avec eux grand' quantité des noMes et bourgeois delà ville, et grand' multitude du peuple. Lesquels, après ce qu'on leur eut fut remontrer la mort du due de Bourgogne , et l'état comment icelle atoit été perpétrée et fiûle , firent serment au dessus dit comte de Sainl-Pol de le servir et obéir, et d'être et enr tendre avec lui de toute leur puissance à la garde et défense de la dite ville de Paris etdes habitants, et généralement à la conservation de tout le royaume ; à résister de. corps et de biens à la damnable intention et efforcement des criminenx, séditieux, rompeurs de la paix tA union de ce royaume, et depoursuivir , de tout leur pouvoir, vengeance et réparation contre les conspirateurs, coupables et consentants de la mort et homicide du dit duc de Bourgogne, et dénoncer et accuser devers Jus* lice tous ceux portant faveur aux dits conspirateurs. Promirent aussi de non rendre la vHle de Paris, ni faire quelque traité à part sans te tu l'un de l'autre. Et semblablement leur fit serment ledit comte de SaintrPoI.
Desquels serments dessus dits furent faites lettres scellées de leur sceaux ; lesquelles furent envoyées à Sentis et autres viUes tenant leur parti , afin de les induire à faire le ser^ ■aeot pareil à leurs gouverneurs.
Après lesquelles besognes accomplies , ta* rent pris dedans la dite ville de Paris et mis prisonniers plusieurs hommes et aussi aueuaet Cemmes tenant ou qui avoient tenu le parti du dit duc de Tonraine, dauphin, tant de ceux qui étoient retournés depuis la paix comme autres sur quoi on avoit soqi^n; et tantôt après en y eut aucuns oxécutés par Justice.
CHAWTRE CCXXIV.
ConuMnt le deMiu dit diupUn le pwUt d« MmlarMa; de h déUvnnce de ceux qui avoient été en U coiapagnie du duc de Bourgogne, et lotres nutiérei.
En ces propres Jours , après que le dessus dit dauphin eut constitué roessire Pierre de Guitry capitaine de Montereau, lequel de Guitry avoit été présent quand le duc de Bourgogne ftat mis à mort , se départit de li atout ses gens, et envoya tous les prisonniers dessus dits , la dame de Giao et Philippe Jossequin à Bourges en Berri. Lesquels prison-» niers firent senpent au dit dauphin de le servir et tenir son parti , fors Charles de Bourbon , par dessus nommé, et messire Pierre de Giac. Et quant aux autres ,Jà soit ce qu'ils fussent par plusieurs requis d'icelui dauphin et de ceux de son conseil qu'ils voulsissent demeurer avec lui et faire le dit serment, et que grands biens et honneurs leur (lissent offerts à être' faits, néanmoins, oncques ne s'y voulurent consentir ; ainçois firent réponse & toutes les dites requêtes que mieux aimoient de mourir en prison ou autrement, comme il plairoitau dau« phin , que de faiire chose qui à eux et à leort successeurs p&tètre réprouvée à mal. Et pour tant, voyant leur volonté , et que autre chose on n'en pouvoit avoir , furent depuis tous mis àdélivrance,moyennantcerlaine grand' somme de pécune, qu'ils payèrent pour leur rançon, excepté le dit messire Charles de Lens , amiral, qu'ils firent mourir, et ne retourna pas.
En ou^, le dessus dit dauj^iin, venu en la ville de Bourges , comma dit est, manda gens d'armes de toutes parts i venir par devers lui,atout lesquels il alla en Anjou, et eut partes ment avecque le duc de Bretagne, lequel cott-* sentit qu'une partie des nobles de son pays ser< vissent le dit dauphin. Et avecque ce lui vint grand' aide d'Éoossois, qu'il envoya et fit conduire sur la rivière de Loire ; et de lé alla à Poitiers, puis en Auvergne et en Languedoc, par tout assembler gens, et fhire alliance , sur intention de résister contre tous ceux qui grever ou nuire lui vbudroient. Et par toutes les bonnes villes tenant son parti faisoit prononcer que ce qu'il avoit fait contre le duc de Bourgogne étoit et avoit été en bonne et Juste querelle, en remontrant plusieurs titres qui à ce
CHRONIQUES D'ENGUERRAND DE MONSTRELET
faire i'avoient mu, pour sa justification; lesquels seroient trop longs à raconter.
Et entre-temps , le roi de France , la reine et ceux de leur conseil, qui avoient su les nouyelles de toutes les matières dessus dites , en étoient très déplaisants-, et afin d'y pourvoir, furent envoyés mandements royaux en diverses parties du royaume où le roi dessus dit étoit obéi , contenant la mort du duc de Bourgogne et la déloyauté des faiteurs ; mandant et défendant aux gouverneurs d'iceUes , sur tant qu'ib se pouvoient méfaire, qu'au dauphin ni à ceux de son parti ne baillassent conseil, confort et aide ni faveur , mais se jpréparassent i toute diligence d'y résister ; et à ce faire et poursuivi r la réparation du royaume ils auroient bien bref bonne aide.