‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 364 sur 761 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

des Anglois, commença à régner, jusqu'à présent , en Angleterre , 'qui ëtoit appelée la Grand' Bretagne, ne fut vne en la dite ville de Londres la pareille fôte de nuls des rois anglois.

Après laquelle fêle, le dit roi alla en propre personne par les cités et bonnes villes de son royaume; et leur exposa et déclara, comme homme discret et beau parleur, toutes les grands et bonnes avenues qui, par son labeur et peine , par long temps et en moult de places lui étoient advenues en France, et les besognes qui restoient et demeuroienl encore à faire au dit royaume , c'est à savoir subjuguer son adversaire le daupbin de Vienne , seul fils du roi Charles, et frère de sa femme, reine d'Angleterre, qui, & lui contredisant, se disoit régent de France et héritier, et tenoit, occupoit et pessédoit en doute la plus grand' partie du dit royaume, disant que pour ce faire et pour conquerre , deux choses lui étoient moult nécessaires, c'est à savoir finance et gens d'armes. Lesquelles requêtes par lui faites lui furent accordées et octroyées libéralement de tout son peuple des bonnes villes du dit royaume. Et pour vrai il assembla tantôt si grand' pécune en or, argent et joyaux qu'à peine les pourroit-on nombrer. Et ce fait , il élut en son dit royaume une grand' compagnie de toute la jeunesse du pays, des plus forts et des plus habiles à traire et combattre , et en bref en cueilla et fit un ost qu'il joignit avec ses princes, chevaliers et écuyers, tant qu'en tout assembla bien trente mille combattants, pour derechef les mener en France , et combattre et subjuguer son adversaire le dauphin. Mais lui étant en son dit royaume d'Angleterre , et pour icelui obtenir plus sûr, prit et donna trêves à ses ennemis de Galles et d'Ecosse, et avec ce consentit la délivrance du roi d'Ecosse, qui par très long temps avoit été prisonnier en Angleterre, comme dit est ailleurs , moyennant qu'il prtt i femme sa cousine-germaine, sœur du comte de Sombresset, et nièce du cardinal de Wincheslre, lequel ftit principal envers le roi dessus dit de traiter icelui mariage et délivrance.

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