‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 373 sur 761 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

atlrabil à lui plusieura hommes d'armes et ^8 de guerre de Compiégne et ailleurs. Et ftussi s'allièrent derecbef plusieurs nobles hom> mes du pays de Yimeu et Pontbieu avecque le seigneur de Rambures et les autres dont dessus est faite mention , c'est k savoir Louis fie Yaucourt, Le Bon de Saveuse, Philippe de Neuf-Yille, Perceval de Boudent, Pierre Quier ret, capitaine d'Araines, et moult d'autres. Si furent bref ensuivant mises en sa main la TÎlle de Samt-Riquier, et auprès d'icelle, les forteresses de La Ferté et de Drongy , Lille et le chfltei du Pont-de-Remy, et les forteresses d'Araines et de Aucourt et de Moruel; et à l'autre côté de Saint-Yalery, Rambures, Gamaehe et aucunes autres. Dedans lesquelles, i la poursuite du dit messire Jacques, se boutèrent plusieurs Dauphinois, qui commencèrent à faire guerre ouverte aux pays du duc de Bourgogne et A ceux tenant son parti ; et par ainsi furent les pays à l'environ moult fort travaillés. Toutefois la dite ville de Saint- Biquier ne se mit pas en l'obéissance du dit messire Jacques, jusqu'à tant que le roi d'Angleterre fût repassé à revenir en France, comme vous orrez ci-après.

GQAPiTRs can.

Comment Henri, roi d'Angleterre, reloam* eq Fr«i)ce i grand* polsance, ponr aller contre le daopbin, qui avoit mitei i« tHI* de Obarirei.

Après que le dessus dit roi d'Angleterre eut ordonné ses besognes en son royaume, et que toute son armée fut prête autour de Cantorbie , et iceux payés de leur souldées pour huit mois, s'en vinrent à Douvres; et là et es autres ports Yoisins, lui et toutes ses gens entrèrent en mer dedans leurs vaisseaux au poiqt du jour, la vigile Sainte-Barbe. Et en ce même jour entrèrent et arrivèrent au havre de Calais, à deux heures après midi. Et adonc le roi issit de sa barque, et se logea en son chàlel au dit lieu de Calais. Et semblablement tous les autres, issant de leurs vaisseaux, furent logés , tant en la ville comme es lieux voisins, selon l'ordonnance du dit roi et de ses fourriers. Et tantôt après que les dits vaisseaux furent déchargés, le roi les renvoya en Angleterre. Et comme il fut estimé par

plusieurs notables hommes à ce connoissants, il y descendit pour ce jour de trois à quatre mille hommes d'armes , et bien vingt-quatre mille archers. Et le lendemain, jour Saint- Barnabe, fit le dit roi partir le comte Dorset et le seigneur de Clitfort pour aller à Paris conforter et aider son onele le due d'Excestre et les Parisiens , qui pour lors éloieut moult court tenus de vivres par les garnisons des Dauphinois qui éloient autour d'eux. Et mer nërent les dessus dits douze cents combattants, atout lesquels chevauchèrent hâtivement, eschevanl les aguets de leurs ennemis, jusqu'au dit lieu de Paris, ou ils furent moult joyeur sèment reçus, tant pour leur venue comme pour les nouvelles qu'ils portèrent de la descendue de leur roi d'Angleterre , auquel les Parisiens avoient plusieurs fois transmis leurs messages en Angleterre pour le hftter ; car le duc de Touraine, dauphin, pour ee temps avoit assemblé de plusieurs pays très grand' puissance de gens d'armes, atout lesquels se tira pour aller vers Chartres ; et se rendirent à lui les villes de Bonneval et Gallardon, avecque aucunes autres forteresses, lesquelles il garnit de ses gens) et puis s'en alla loger an plus près de la dite ville de Chartres, et i'assiégei^ de tous eôlés très puissamment; mais elle fut fort défendue par le bfttard de Thieh et autres capitaines , lesquels hâtivement ltv<4ent été envoyés de Paris pour se* courir la dite cité. Et comme il fut estimé par gens à ce conooissant , pouvoit avoir le dit dauphin, en sa compagnie, de six é sept mille bernois de jambes, quatre mille arbalétriers et six mille archers ; et ainsi fut mandé au rot d'Angleterre par ceux qui les avoient vus. Si commencèrent iceux Dauphinois à dresser plusieurs engins contre les portes et murailles d'icelle ville , dont elle tut aucunement travaillée ; mais pour tant que ceux de dedans étoient asses açertenés qu'ils auroient bref secours par le dit roi Henri d'Angleterre, n'étoient pas en si grand souci pour les besognes et anproobes dessus dites.

CHRONIQUES D'ENGUERRAND DE MONSTRELET

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