‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 392 sur 761 · CHAPITRE CCLXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCLXVII

CommeDt meisire Jean de Luxembourg conquit cette uUon \e» forlerettea du Qaeanoj.de Loroj, de Héricourt, etw- Ires direnei matièrei.

Or convient parler d'une armée que fit en cet an messire Jean .de Luxembourg , de par les rois de France et d'Angleterre, et avecque lui plusieurs seigneurs de Picardie , c'est à savoir messire Hue de Launoy , lors mattre des arbalétriers de France, le vidame d'Amiens, le seigneur de Longueval , le seigneur de Saveuse, le seigneur de Humbercourt et très grand nombre de chevaliers et écuyers. Vrai est qu'au mois de mars, autour de la ville d'Encre , furent passées les montres ; et quand ce fut fait, peu en y avoit qui sussent auquel côté il vouloit tourner : mais en la fin se tira en la ville d'Amiens , et de là , devant un méchant chfttel nommé Le Quesnoy , qui étoit à Jean d'Arly, dedans lequel s'étoient boutés environ quarante sacquemenls tenants la partie du dauphin, qui avecque ceux d'Arainesavoient moult travaillé le pays de Yimeu, et sur la rivière de Somme, depuis Amiens jusqu'à Abbeville.

Si étoient venus devant icelui , un jour par avant, pour garder qu'ils ne s'enfuissent, le vidame d'Amiens et le seigneur de Saveuse, atout leurs gens. Et après que le dit de Luxembourg fut arrivé et logé devant la dite forteresse , fit dresser ses engins contre les murs d'icelles ; lesquels en bref dérompirent les jointures des dessus dits murs en plusieurs lieux ; pour quoi ceux de dedans , voyants que point ne pouvoient faire longue résistance contre si grand' puissance, requirent dedans brefs jours de traiter. Et finalement furent d'accord avecque le dit seigneur de Saveuse, qui à ce étoit commis de par messire Jean de Luxembourg, par condition qu'ils rendroient la forteresse et tous les biens qui étoient dedans en la volonté du dit de Luxembourg, et aussi la plus grand' partie des sacquements dessus dits demeureroient en sa volonté. Et Waleran de Saint-Germain, leur capitaine, qui, à bref dire, les trahit et leur fit

CHRONIQUES D'ÉNGUERRAND DE MONSTRELET

entendre qu'ils auroîent leur vie sauve , et fit son traité par si qu'ils s'en iroient et auroient bon et sûr sauf-conduit. Après lequel traité rendirent la forteresse et furent menés tous ensemble en une maison de la ville et tantôt après en furent pendus au dit lieu du Quesnoy une partie , et les autres furent envoyés au bailli d'Amiens, lequel les fit mettre au gibet. Et entre les autres y fut mis un gentiltiomme nommé Liénard de Péquigny, qui se disoit un peu prochain du dit vidame d'Amiens. Et ce fait, la dite forteresse fut désolée et mise en feu de fond en comble; et après, le dit de Luxembourg s'en alla vers Gamache atout ton ost ; et lé lui vinrent de deux à trois cents combattants angiois, sous la conduite de messire Raoul Le Boutillier, avec lesquels il alla mettre en l'obéis* tance des rois de France et d'Angleterre aucunes forteresses du pays de Yimeu, c'est & savoir Louroy, Hérioourt et aucunes autres.

Auquel temps aussi les gent du seigneur de Gamache, qui se tenoient à Compiègne, prirent d'emblée la forteresse de Mortemer, vert Mont -Didier, que tenoit le b&tard de Mortemer, nommé Gérard, qui lors étoit au pays de Yimeu en Farmée et exercile de messire Jean de Luxembourg. Dedans laquelle forteresse fut mise grand' garnison de Dauphinois, qui fort travaillèrent le pays. El d'autre partie, les dessus dits Dauphinois de Marcoussy, environ deux cents combattants, avecque leur capitaine, qui se nommoit Minon, allèrent par nuit secrètement prendre le Pont-de-Meulan, et y firent moult de maux ; et après, en intention de le tenir, y mirent grand' garnisoa ; mais le roi d'Angleterre y envoya hfttivement le comte de Conversan et autres de ses gens en grand nombre, lesquels le rastiégèreut. Et bref ensuivant leur fut rendue par si tel que les assiégés se partirent sauvement atout leurs bagues.

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