CHAPITRE CCLXVra
Oomnent l'empereur d'Allemagae Bl eb cet an une am>4« contre Ici Pragois; et de cewxqui (Urent trouTés empri* Douai ; et le tiége d'Artines.
En cet an, fit le roi des Romains, empereur d'Allemagne, une moult grand' assemblée de gens d'armes de plusieurs pays de la chrétien* té, pour combattre et résister aux entreprises
des faux et empuantis hérétiques, qui se tenoient en la cité de Prague, et à Tenviron bien deux ou trois Journées. Auquel mandement allèrent grand' quantité de princes, prëlato, chevaliers, écuyers et communes gens, tant de cheval comme de pied, des pays d'Allemagne, de Liège, Hollande, Zélande , Hainaut et autres lieux. Et y arriva tant de gens qu'à peine se pouvoient-ils nombrer. Mais les hérétiques tinrent si fort la dite cité de Prague qu'on ne la put guère endommager, sinon en aucunes rencontres, où il y en eut plusieurs mis à mort. Et étoient en si grand nombre et en si fort pays que, par fïiute de vivres, convint retourner les chrétiens. Et iceux maudits béré* tiques étoient si obstinés en leur erreur qu'ils ne craignoient nuls martyres dont on les pflt faire mourir ; et mémement se défendoient et armoient les femmes, ainsi que diables, planes de toutes cruautés, et en ftarent trouvées plusieurs mortes et occises aux -dessus dites rencontres. Et d'autre part, furent trouvés en l'an dessus dit plusieurs hommes et femmes tenants la dite hérésie, et faisants leur concile en un village emprës Douai, nommé Sains, dedans lequel ils furent trouvés et menés prisonniers en la cour de l'évèque d'Arras. Desquels les aucuns se repentirent et rappelèrent, qui furent reçus à pénitenceet à merci ; et les au* très, après qu'ils eurent été prêches du dit évéqueetde l'inquisiteur, furent ars etbrouib au dit lieu d'Arras, i Douai et àValenciennes. En après, messire Jean de Luxembourg, atout ses capitaines et sa puissance, retourna, la nuit de PAques communiaux, devant les deux châteaux d'Araines, et là de toutes parts les assiégea, et fit dresser contre les mort d'icslle plusieurs engins, lesquels bref ensuivant dommagèrent très fort, et en plusieurs lieux. Et d'autre côté, les dits assiégés en grand' diligence se défendoient contre leurs ennemis, c'est à savoir de canons, arbalètes et autres traits ; et avec ce, firent aucunes saillies, auxquelles ne gapërent pas grandement; mais, pour tant qu'ils étoient bien garnis de vivres et habillements, se tinrent grand espace. Et avec ce, leur avoil été promis par aucuns tenant la partie du dauphin qu'ils seroient secourus si puissamment que pour 1m délivrer de leurs ennemis.