‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 396 sur 761 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

ITtpinache, Gaiilaaine du Fossé ; lesqudles parties convinrent ensemble par plusieurs Jour* nées, et enfin vinrent à conclusion par la manière ci-après déclarée.

Premièrement fut ordonné que'ronnème jour de mai le marché de Meaux seroit rendu et délivré par les dits assiégés en la main des rois de France et d'Angleterre.

Item, seront rendus et délivrés en la volonté des dits rois messire Louis do Gast , le bâtard de Yaulru, Jean de Romières, Tromagon, Bernard de Meureville , un qui avoit buisiné du cornet durant le siège, nommé Oraces , et seront mis en Justice, laquelle leur sera faite et administrée.

Item, GuichartdeChisay, PierrondeLuppel, mattre Robert de Giresmes, Philippe de Gamache et Jean d'Aunay demeureront en la volonté des dits rois Jusqu'à tant qu'ils auront rendu ou fait rendre toutes les forteresses que eux on leurs commis tiennent en ce royaume ; et après qu'ils les auront rendues auront leurs vies sauves.

Item, tous étant dedans le dit marché, c'est à savoir Anglois, Gallois, Irlandois, Ecossois et autres, qui par avant avoient été obéissants au roi d'Angleterre, demeureront en la volonté des dits rois.

Item, tous les autres gens, tant gens d'armes comme bou^eois et habitants, demeureront en la volonté des dits rois, sauve leur vie.

Item, le comte de Conversan demeurera quitte envers Pierron de Luppel ou autres à qui ce peut toucher de sa rançon et finance ; et lut promettront de le tenir quitte à toujours, sans firaude ou malengin.

Item , en dedans les huit Jours que les dits assiégés doivent rendre la ville , mettront et feront mettre tous leurs biens généralement en certains lieux, où ils puissent venir à connoissance, sans les dégftler ou emi^rer ; et bailleront par parties les inventoires aux commis des dits rois.

Item, mettront et feront mettre les reliques, omemenls et autres biens d'église en certain lieu, comme dit est.

Item, rendront quittes et délivrés tous les prisonniers qu'ils tiennent, tant au dit marché comme es forteresses et autres lieux & eux ebéisMuits, et les acquitteront de leur foi.

Ittm. durant les jours dessus dits, ne souf-^ friront homme , de quelque état qu'il soit , se transporter hors du dit marché ; et pareillement n'y en laisseront nuls entrer, sinon qu'ils y soient commis de par les dits rois.

Item, pour entretenir et accomplir toutes les choses dessus dites sans nulle enfreindre , sur peine de non demeurer en la grâce des dits rois, bailleront les dits assiégés les lettres scellées de leurs sceaux, ou signées de leurs mains jusqu'à cent des plus notables ; desquels vingtquatre demeureront en otage devers les dits, rois tels qu'il plaira aux dits rois à demeurer.

Item, après le dit traité, finiront et cesseront entre les dits assiégeants et les assiégés toutes guerres et voies de fait.

Après tous les articles dessus dits accordés et accomplis par les deux parties, demeurèrent en cet état jusqu'au dixième jour du mois de juin, que les Dauphinois firent ouverture aux commis des rois de France et d'Angleterre; et leur délivrèrent , par la manière qu'avoit été traité, le dit marché de Meaux. Lesquels commis envoyèrent tantôt tous les prisonniers sous bonne garde en la ville ; et aucuns des plus principaux furent menés ft Rouen , et de là en Angleterre. Et si en y eut une partie menés à Paris et emprisonnés en plusieurs lieux. Et pouvoient être tous gens de guerre emprisonnés de sept à huit cents : desquels le bâtard de Yaulru, leur général-capitaine, fut décollé, par le commandement du roi Henri , et son corps pendu à un art>re au dehors de Meaux, nommé l'aibre de Yaulru , auquel le dit Yaulru avoit en son temps fait pendre plusieurs Bourgui-. gnons et Anglois , et pour ce étoit icelui arikre ainsi mmimé. Et avec ce, lui fut mise la tète sur le bout de l'étendard et attachée au-dessus de lui à l'arbre dessus dit.

Et après, fit décapiter à Paris messire Louis Gast , Denis de Yaulru , mattre Jean de Rouviëres et celui qui avoit sonné le cor durant le siège ; et furent mises leurs tèles sur lances es balles, et leurs corps pendus au gibet par les aisselles. Et tous les biens qui étoient au dit marché en très grand nombre furent distribués du tout au plaisir et pleine volonté du dit roi Henri ; lequel, glorieux de sa victoire, entra en moult n<^le arroi dedans le dit marché. El y séjourna aucuns Jours avec ses prince8,pour lui

CHRONIQUES D'ËNGUÊRfcAND DE MONSTRELET,

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SolaeieretrepoMr;etIàordonnaenbr«râe réédifler les portes et murailles de la ville deMeaux M da marché, qui par les gros engins avoient été démolies et abattues durant le dit siège.

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