‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 395 sur 761 · CHAPITRE CCLXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCLXX

Gomment Hanri, roi d'Angleterre, eut robéiaance du marché de Heaux ; et de< eiAcations qui (Urent biles i ceux de dedans, par le dit roi.

En après, le roi Henri d'Angleterre,qui à grand labeur et diligence avoit continué son siège et encore conlinuoit devant le marché, et astreint les assiégés par telle manière que grand' partie de leurs murs étoient tous crevantes et dé- - rompus en divers lieux , les fit un certain jour sommer qu'ils se rendissent franchement en la volonté du roi de France et de lui, ou si ce ne faisoient les feroit assaillir. A laquelle semmation ne voulurent pour cette fois entendre aucunement , mais dirent qu'il n'étoit pas encore heure d'eux rendre ; et pourjtant le dessus dit roi fit commencer l'assaut très puissamment, lequel dura de sept à huit heures moult cruel et ensanglanté ; et y furent, tant d'un côté comme d'autre , moult d'hommes navrés et occis. Mais, nonobstant que les dits assiégés fussent fort travaillés de résister à la puissance des dits Anglois, qui moult étoit grande, néanmoins se défendirent moult vaillamment; et combattirent tant qu'ils n'a voient dedans le dit marché de lances , sinon en petit nombre, que toutes n'eussent été rompues aux défenses dessus dites ; mais au lieu des dites lances combattirent par longue espace de| bastiers de fer, et tant continuèrent que pour cette fois reboulèrent iceux Anglois hors de leurs

fossés , dont grandement furent réjouis. Et entre les autres, des dits défendeurs se porta moult prudenlement Guichard Cbisay, et tant que pour sa vaillance et prudence le roi d'An^eterre après la rendition d'icelle ville lui fit <^rir grands biens 's'il vouloit trait son parti et faire serment à lui , ce que pmnt ne voulut consentir, mais demeura Iteuphipois.

Si furent faits à l'assaut dessus dit plusieurs chevaliers nouveaux de la partie des Anglois, entre lesquek le furent Jean Guigny, savoisien, et le bfttard de Tbien , qui autrefois , comme dit est en antre lieu, avoit été grand capitaine avec les régents des compagnies sous le due Jean de Bourgogne. Et d'autre partie étoient avec le dit roi d'Angleterre à icelui siège les seigneurs de Gbàtillon et de Genly, avec {rfosieurs autres nobles hommes des marches de France. Et de première venue que le siège y fut mis jusqu'au derrain que les assiégés n'eorent plus espérance d'avoir secours , tant de nuit que de jour , dirent moult d'injures et de paroles vilaines aux dits assiégeants. Et entre les autres choses, mirent sur les murs de la ville un ftne, lequel par force de coups ils faisoient braire , en eux moquant des dits Anglois , en disant que c'étoit Henri, leur roi, et qu'ils le vinssent secourir ; pour quoi le roi anglois avec autres choses fut moult indigné contre eux. Et aussi devant icelle ville fut tué un jeune chevalier, fils du seigneur de Ck>rnouaille, qui étoit cousin-germain du dessus dit roi Henri, et fut tué d'un canon. La mort duquel lui vint à grand' déplaisance et A tous les princes d'Angleterre ; car, nonobstant qu'il tût jeune d'flge, si étoit-il très sage et prudent.

En outre, après toutes les besognes et continuation dessus dites, environ la fin d'avril, iceux assiégés, qui plus n'avoient, comme dit est, quelque espérance d'avoir secours du dauphin, leur seigneur, sachant que longuement ne se pourroient tenir ni défendre contre la puissance du roi d'Angleterre , commencèrent à pariementer pour avoir traité. Et y fût commis de par celui roi son oncle le duc d'Excestre, les comtes de Warwick et de Conversan, et messire Gaultier de Hongrefort. Et de la partie des assiégés , messire Philippe Mallel , Pierron de Luppel, Jean d'Aunay, Sinador de Giresmes, Le Borgne de Gauchon, Jean de

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