‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 407 sur 761 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Comment let nouTellei de h mort du roi Charlc* le Bien- Aimé tarent apporléet an duc de Touraine, daupliin, ton >eul Ois, et pluiieurt autres matière*.

En l'an mil quatre cent vingt-deux, au mois d'octobre dessus dit , furent portées les nouvelles du trépas du roi Charles le Bien-Aimé au duc de Touraine , dauphin , son seul flls , lequel étoit emprès le Puy en Auvergne , en un petit chfttel nommé Espally, qui étoit à l'évÊque du Puy. Lequel dauphin oyant les nouvelles dessus dites en eut au cœur grand' tristesse et pleura abondamment ; et prestement, par l'ordonnance de son conseil, fût vêtu d'une robe de vermeil, et y avoit plusieurs officiers d'armes vêtus de leurs blasons. Si fut lors levée une bannière de France de la chapelle, et adonc les dits oiQciers commencèrent à crier haut et clair : « Yive le roi ! «Après lequel cri fut faite l'c^Hce de l'évangile , et n'y fut fait pour lors autre solennité ; et de ce jour en avant tous ceux tenant son parti le nommèrent roi de France.

Après ce que le duc Philippe de Bourgogne fut retourné en Artois depuis la mort du roi d'Angleterre , il assembla plusieurs de ses capitaines dedans Arras , et M conclu que messire Jean de Luxembourg assemblèrent gens pour subjuguer les Dauphinois de la comté de Guise et du pays environ , lesquels travailloient grandement les marches de Cambresis et de Yermandois, et sur ce les assembla autour de Péronne. Et en ces Jours fut le seigneur de rUe-Adam mis à pleine délivrance , à la requête du duc Philippe de Boui^ogne , lequel par long temps avoit été détenu prisonnier dedans la bastille Saint-Antoine, par l'ordonnance du roi Henri d'Angleterre, défunt, et fut remis et restitué en ses biens , et avec ce en partie de ses offices.

En ce même temps furent envoyés plusieurs chevaliers et écuyers de Picardie à la Journée de Saint-Yalery , pour sommer messire Jacques de Harcourt de le rendre, comme promis l'avoit, lequel, après la dite sommation , leur fit faire ouverture de la [dite ville de Saint-Yalery, et en demeura capitaine messire Jean Blondel.

La nuit de Saint-Martin d'hiver de cet an, par certain moyen fait par avant, la ville de Rue fut rendue en la main de messire Jacques de Harcourt, auquel ceux de la ville firent serment et féaulé, pour et au nom du dauphin, en violant la paix finale qu'autrefois avoient jurée; et y commit le dit messire Jacques pour capitaine le seigneur de Yerduisant. Et pourœ qu'il avoit peu de gens pour fournir ses forteresses , manda aucuns de ceux de la comté de Guise; lesquels gens venus par devers lui , travaillèrent moult le pays par leurs courses.

En ce même temps, fut pris dedans le chàtel de Choisy-sur-Oise le seigneur des Bosqueaux, lequ^l par grands temps avoit eu très grand règne en tenant le parti du dauphin et d'Orléans. Si fut mené à Paris, où il fut décapité et ëcartelé, pource que long temps par avant il avoit occis et mis à mort, par haine qu'il avoit à lui, messire Guy de Harcourt, bailli de Yermandois.

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