CHAPITRE Xm
Cr parle de plnsieDra anlrei matièrea en bnt.
En ce temps, ceux de la comté de Hainaot furent en moult grand effroi et tribulatioa , pour doute de la guerre des dues de Glooestre
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UVRE SECOND
et de Brabant, dont ils Toyoient l'apparenoe, parce que toas deox «voient épousé leurdame et tièritiëre, et se disoit chacun d'eux être seigneur du pays, ayant la meilleure querelle , et aussi que les seigneurs do pays étoient divisés, et tenoient les uns le parti du duc de Brabant et les autres le parti de la dame et du duc de Glocestre , nonobstant que par avant tous eussent fait serment de loyauté à iceiui duc de Brabant , et l'avoient tenu long temps pour seigneur. En ce temps s'assemblèrent à Amiens les ducs de Bedforl et de Bourgogne •veoque leur grand-conseil de chacune partie, pour traiter de la paix entre les deux ducs dessus dits de Glocestre et de Brabant; mais en conclusion, au dernier ils se départirent l'un de l'autre sans rien pouvoir concorder, et prirent jour pour être k Paris sur la besogne dessus dite. En ce temps le duc de Bedfort fit assiéger très puissamment par les Anglois , et aveoque eux le seigneur de l'Ue-Adam et le bAlard de Thien, le diâtel dlvry.
Pour lequel siège lever s'assemblèrent en grand nonÂre le comte d'Âumale, le bâtard d'Alençon et plusieurs autres capitaines ; lesquels, chevauchant par-devers le dit siège, trouvèrent le capitaine d'Avranchea, trère au eomte'deSuffort, qui venoitde courre, et avoit donné congé à une partie de ses gens. Lequel fût assailli des dits François et déconfit, et fut de sa personne prisonnier. Pour quoi iceux François, espérant trduver la dite ville dégarnie, se mirent à chemin pour la conquerra; et ce fait, eux venus devant, y livrèrent un grand assant; mais les habitants se défendirent vigoureusement, tellement qu'ils occirent et navrèrent plusieurs de leurs ennemis, lesquels demeurèrent en leure fossés; et après, iceux François, sachant que le duc de Bedfort venoit pour les combattre, se départirent de lA en chevauchant h&tivement vers la duché de Tonraine; toutefois (ùrent-ils poursuivis de leurs
Jt$m. le troisième Jour d'octobre au dit an , (tat prise la ville de Han-sur-Somme par les gens du roi Charles, que menoit Pothon de Sainte-Treille, par échelle, par faute de guet. Pour laquelle prise messire Jean de Luxembourg (tat fort troublé, parce que c'étoit à lui. Et pour tant, en grande diligence, assembla m
qu'il put assembler de gens d'armes, atout lesquels, au tiers jour de la prise, il chevaucha jusqu'à la dite ville; et en grand' hardiesse, tout soudainement fit icelle assaillir et passer ses gens d'armes parmi la rivière, avec son étendard, lequel porta ce jour très vaillamment un homme d'armes nommé Jacotin, de Cambrai. Finablement, le dessus dit Jean de Luxembourg reconquit en bref la ville sur ses ennemis, et en prit et mit h mort cruelle grand' partie ; et te dit Pothon, au plus tôt qu'il put, aveoque aucuns de ses gens, s'en refnit en Thierasche. Toutefois ils furent poursuivis par le dit de Luxembourg et ses gens, et y en eut en icelle poursuite grand' foison de pris. Auquel Jour fût pris dedans la dite ville et navré terriblement, comme en péril de mort, un homme d'armes nommé messire Jean de Fontenelle et Yalérien de Saint^^rermain, auquel le dit messire Jean de Luxembourg bref ensuivant fit trancher la tète, c'est à savoir au dit Yalérien.
Item, en ce temps , la reine, femme du roi Charles, accoucha d'un fils, lequel M nommé sur les fonts Louis, premier dauphin de Viennois. Pour la nativité duquel fut feite grand' liesse et grand' joie par toute son obéissance , et par spécial en sa bonne cité de Tournai ; et furent (bits grands feux par toute la ville. Et crioit le commun Noël! à haute voix, en menant grand' joie et liesse.
Jtem, en l'an dessus dit, les François prirent le chfttel de Beaumont-sur-Oise, lequel bref ensuivant fut assiégé par le commandement du duc de Bedfort, et enfin reconquis et tout démoli et abattu.
Item, en ce temps se remuèrent ceux de la ville de Tournai, et se mirent en annea l'un contre l'autre à bannière déployée. Et fut la cause de cette émeute, pouroe que la communauté dontoit que les seigneurs de Moy et de Gonflans, qui étoient en leur ville et avoient grand' audience, ne leur baillassent garnison plus puissante d'eux. Néanmoins, soudainement ils se rapaisèrent sans coup férir; et assez tôt après se départirent ks seigneurs dessus dits de la dite ville de Toamai, doutant la fureur d'ieelni commun ; et alla le dit seigneur de Moy demenrerjen Li^.
Item, en ce temps , la ville de Compiègn* fat
CHRONIQUES D'ENGUERRàND DE MONSTRELET,
échelée, par faute de guet, des gens du roi Charles. Lesquels ëtoient environ trois cents combattants, desquels étoient conducteurs Yvon du Puis, Angelot de Laux et Broussart, ksquels, sans délai, prirent et emprisonnèrent tous ceux de la ville qui tenoient le parti des Anglois et des Bourguignons, avecque tous leurs biens. Et bref ensuivant vinrent devant la dite ville de Ck)mpiègne, pour icelle reconquerre, le seigneur de rile-Adam, Lyonnel de Bournonviile, le seigneur de Tbien, et aucuns autres, qui peu ou néant y firent; et pour tant tout le pays d'environ fut derechef, pour icelle prise, en grand souci et tribulation.
Item^ en ces mêmes jours fut reprise sur les gens du roi Charles la ville de la Charilé-surlioire, par un aventurier tenant le parti du duc de Bourgogne, nommé Périnet Crasset; lequel. par avant, et long temps après, fit forte guerre au roi Charles sur les marches de Berri et au pays d'environ. Pour laquelle prise les François furent moult fort dolents et courroucés , pour ttbit qu'ils perdirent le passage de l'eau , qui leur étoit fort duisable.
' Item, en ce temps, Arthus, comte de Richemont, après ce qu'il eut épousé Marguerite, sœur au duc de Bourgogne, nonobstant le serment et les alliances qu'il avoit faites par avant avec le roi Henri défunt et ses successeurs, s'en alla par devers le roi Charles, pour aucun discord qui fut entre le duc de Bedfort et lui ; duquel roi Charles il fut moult fort joyeusement reçu. Et bref ensuivant, il fut fait connétable de France par le dit roi Charles. Pour le département duquel comte 'moult de gens furent émerveillés, attendu l'alliance si nouvelle qu'il avoit eue avec le dit duc de Bourgogne.
Au mois de janvier en cet an, s'assemblèrent en la ville d'Amiens les ducs de Bedfort et de Bourgogne, le comte de Conversan, l'évêquede Tournai, son frère, messire Jean de Luxembourg, avecque grand nombre de notables personnes et conseillers de chacune partie, et les ambassadeurs des ducs de Glocestre et de Brabant. Et toutefcHS, jà soit ce que plusieurs fois sur ce propos furent en conseil, ils ne purent rien concorder; et pourtant assignèrent & iceux ambassadeurs un jour à
être environ la Trinité ensuivant, et après se départirent les notables princes dessus dits.