‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 473 sur 761 · CHAPITRE LU · texte numérisé non relu

CHAPITRE LU

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où U fut oceit.

Après ce que le comte de Salsebery eut con* qnis et mis en obéissance du rui Henri de Lancastrc Joinville , M eung et plusieurs autres villes et forteresses au pays d'environ , il se disposa très diligemment pour aller assiéger la cité d'Orléans. Et de fait, environ le mois d'octobre , atout sa puissance arriva devant la dite cité , en laquelle ceux de dedans , long temps par avant attendant sa venue , avoient préparé leurs besognes , tant de fortifications , habillements de guerre , comme de vivres et gens élus et exercilés en armes, pour résister contre le dit comte et sa puissance , et eux défendre. Et mèmement , afin qu'il ne se pût loger autour d'icelle, lui ni ses gens, à leur ahe, ni eux fortifier, iceux d'Orléans avoient fstit abattre et démolir de tous côtés, en leurs fenbourgs, plusieurs bons et notables édifices, entre lesquels (tirent détruits et abattus Jus-

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qu'à douze églises et au-dessus, èsqueUos èloient les quatre ordres des mendiants , et avec moult d'autres belles et solennelles maisons de plaisance qu'y avoient les bourgeois d'icelle ville, et tant en icelle œuvre continuèrent qu'es dits faubourgs et tout- à l'environ on pouvoit pleinement voir et Jeter de canons et autres instruments de guerre tout à plein.

Toutefois ne demeura mie que le dit comte de Salsebery atout ses Anglois ne se logeât assez près de la dite ville,-ji soit ce que ceux de dedans de tout leur pouvoir se mirent vigoureusement en défense, en faisant plusieurs saillies, en tirant de canons, coulevrines et autres artilleries, occisant et mettant à mescbef plusieurs Anglois. Iféanmoins les dits Anglois très vaillamment et rudement les boutèrent et approchèrent plusieurs fois, tant qu'iceux défendants avoient merveilles de leurs hardies et courageuses entreprises. Durant lesquelles le dit comte de Salsebery fit assaillir la tour du bout du pont qui passe par-dessus l'eau de Loire : laquelle, en assez bref temps, fut prise des Anglois et conquise avec un petit bonlevert qui étoit assez près, nonobstant la défense des François; et fit icelui comte dedans U vieille tour loger plusieurs de ses gens, afin que ceux de la ville ne pussent par là saiUir sur son ost. Et d'autre part, se logea, lui et ses c&pitaines et les siens, assez près de la ville en aucunes vieilles masures là étant, es quelles, comme ont accoutumé ioeux Anglois, firent plusieurs logis de terre, taudis ethabillemeots de guerre, pour eschever le trait de ceux de la ville, dont ils étoient très largement servis. Le dit comte de Salsebery, le troisième jour qu'il étoit venu devant icelle cité, entra en la dessus dite tour du pont, où étoient logés ses gens -, et là dedans icelle monta haut au second étage, et se mit en une fenêtre vers la ville, regardant tout ententivementlesmarchesd'entour d'icelle pour voir et imaginer comment et par quelle manière ilpourroit prendre et subjuguer icelle cité. Et lors, lui étant à la dite fenêtre, viat soudainement de la cité avolant la pierre d'un veuglaire, qui férit à la fenêtre où étoit le dit comte, lequel d^à, pour le bruit du coi^), s« reiiroil dedans. Néanmoins il fut acossoivi très grièvement et morteQemeot à» la dilo feuêlro, et eut grand' partie du visage emportée

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