CHAPITRE LXXXVI
Comment Jeanne la pocelle fut prise dei BonrgnignoM devant Compiègne.
Durant le temps que le dit duc de Booiiogue étoit logé à Condin, comme dit est , et ses gens d'armes es autres villages auprès de Condin et de Compiègne , advint-, la noii de l'Ascension , & cinq heures après midi , que Jeanne la pucelle, PoUion , avecqoe i^usiears autres noMes et vaillants capitaines francois, avec eux de cinq à six cents combattants, saillirent hors , tous armés de pied et de cheval, de ladite ville de Compiègne, par la porte do pont vers Mont-Didier; et avoient intentioi de combattre et ruer Jus te logis de raessâre Baudo de NoyeDe, qui étoit à Marigny, an bout de la chaussée, comme dit est en aatrs lieu. Si étoit, à cette heure, messire Jean de Luxembourg, avec lui le seigneur de Créqay, et huit ou dix gentilshommes , toos venus i cheval, non ayant sinon assez petit , de son logis devers le logis de messire Baudo ; et regardoit par quelle manière on pourroit asn^er icelle ville de Compiègne. Et adonc iœox François, comme dit est , comnàeDoèrenl très fort à approcher icelui logis de Marigny, auquel étoient, ou la plus grande partie, tous désarmés.
Toutefois, en assez bref terme' s'assemU^ rent, et commença l'escarmooche très grande,