LIVRE SECOND
gens derrière eux , par maïuère d'arriëregarde , et s'en retournèrent par où ils étoient venus devers leur seigneur le duc de Bourgogne, lequel duc, bref ensuivant, fit par iceux et autres de ses gens assiéger Belleville , dedans laquelle étoient , de par iœlui duc de Bourbon , messire Jacques de Ghabannes el le bailli de Beauvais , atout trois cents combattants, lesquels en grand' diligence se mirent à déreose. Néanmoins, parles engins que avoient les dits assiégeants et aussi par les approches qui faites y furent, furent teltemenl contraints el pressés qu'au bout d'un mois ou environ ils se rendirent, sauve leur vie tant seulonenl, en délaissant tous leurs biens, et se départirent tous de pied , le bftton au poing, et retournèrent devers le dessus dit duc , leur seigneur, lequel en eut au cœur grand' déplaisance , mais pour lors ils n'en purent avoir autre chose.
Après lequel département, le duc de Bourgogne fit demeurer en garnison plusieurs de ses capitaines picards en la dite ville, lesquels, en continuant et persévérant la guerre , firent maux et dommages inestimables au pays de Bourbonnois et autres à l'environ. Et d'autre côté, le dit duc de Bourgogne envoya une autre armée de ses -p&ys en Dombes, en tirant vers Lyon sur le Rhône, lesquels prirent au pays moult de forteresses et dégfttèrent icelui pays par feu et par èpèe , et après en ramenèrent très grand' proie et très grand butin, et furent conducteurs et meneurs d'icelle armée le comte de Fribourg, le bfttard de Saint-Pol , le seigneur de Yaurin et aucuns autres.