‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 629 sur 761 · CHAPITRE CLXXXra · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLXXXra

Comment la cardinal de Vinoaitre riol k Arrat poor CUei la coBTenUon qui li étoil astamblée.

Le dix-neuvième jour d'août ensuivant, vint le cardinal de Tincestre en la ville d'Arras, pour être au parlement là étant, et étoient en sa compagnie le comte de Huntingdon et autres nobles chevaliers et écuyers d'Angleterre, jusqu'au nombre de trois cents chevaucheurs. A rencontre duquel allèrent les ducs de B<Mirgogne et de Gueldres, les comtes de Saint-Pol, de Ligny , de Meurs , et la plus grand' partie des nobles avecque le dit duc de Bourgogne. Si fut fait par le cardinal et duc dessus dits grand honneur et réception l'un à l'autre , et pareillement des autres seigneurs. Si retournèrent tous ensemble avec icdui cardinal jusqu'auprès de la porte d'Arras, où ils prirent

UVRE SECOND

congé l'uii à l'autre. Si s'en alla le dessus dit cardinal loger en l'hôtel de Tévêque et ses gens. Si venoient chacun jour ambassadeurs envoyés de diverses nations. Etavoientordonné le lieu où la convention se devoit tenir entre les parties, en l'abbaye de Saint-Yaast d'Arras, où il y avoit en la dite abbaye salles, chambres et de notables édifices moult propices pour toutes les parties. Si assemblèrent au lieu dessus dit les trois parties, en la présence des deux cardinaux premiers venus, lesquels, et par spécial le cardinal de Sainte-Croix , remontrèrent moult autbentiquement à iceUes trois parties les grands maux et inconvénients qui étoient advenus par toute chrétienté, à l'occasion des guerres qu'ils avoient si longuement maintenues , eux admonestant moult doucement et sagement que pour l'amour de Dieu principalement , ils voulsissent entendre au bien de paix, en tant qu'ils étoient ensemble, et qu'un chacun d'eux fit requêtes si courtoises et si raisonnables qu'ils se pussent accorder les uns avecque les autres. Après lesquelles remontrances, s'assemblèrent au lieu de la dite convention par plusieurs journées, et furent par les dites parties mis avant plusieurs traités , lesquels étoient moult contraires et difficiles les uns aux autres. Entre lesquels requirent ceux de la partie du roi Charles que le roi Henri d'Angleterre se voulstt déporter et désister de lui nommer roi de France, moyennant que par certaines conditions lui seroient accordées les seigneuries de Guienne et Normandie; laquelle chose les Anglois ne voulurent point accorder.

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