CHAPITRE CLXXXVU
Cegunenl la paix Ait tiite et conBrmie entre le roi Gharlei de France et lo duc de Bourgi^e, en la ville d'Arr».
Après que les ambassadeurs du roi Henri d^ Angleterre se birent partis de la ville d'Arras, comme dessus est dit, et qu'ils furent retournés en Angleterre sans prendre conclusion de paix avec les Fraiiçois, les deux autres parties , qui étoient demeurées au dessus dit lieu d'Arras, c'est à savoir de France et de Bourgogne, s'assemblèrent l'un avec l'autre au parlement , au lieu accoutumé , par aucun peu de Jours , et là eurent ens^nUe grand' délibération etavis sur plusieurs besognes. Et aussi, par l'exhortation des deux cardinaux de Sainte- Croix et de Chypre , de plusieurs prélats et autres notables gens de conseil Ut étant , de chacune partie , conclurent 4 faire paix finale enise le roi Charles , d'une part , et Philippe , duc de Bourgogne, d'autre ; de laquelle la teneur s'ensuit :
« Philippe , par la grâce de Dieu , duc de Bourgogne, d'Autriche, de Brabant et de Lemboorg ; comte de Flandre, d'Artois et de Bourgogne ; palatn de Hainaut, de HoUande, de Zélande et de Namur ; mardis du Saint-£m^ pire, seigneur de Frise , de Salm et de MaK- ■es, savoir faisons à tous présents et à venir que eontme, pour parvenir à paix générale en oe royaume, aient été tenues plusieurs conventions ^ assendïlées , et mèmement en notre ville et cité d'Auxerre , en la ville de Corbeil, atdeniièrenient ail été accordée de tenir en celle notre ville d'Arras certaine Journée et con- Teolion «or le fttit de la dite paix générale, i btqoeUe BKiB très redouté seigneur, le roi Gtiar-
les, ait envoyé, et y sont venus nos très chers et très aimés frères et cousins duo de Bourbon et d'Auvergne, le comte de Hichemont, connétable de France ; le comte de Vendôme, grand-maltre-'d'hôtel, et très révérend père ep Dieu l'arebevêque et duc de Rheims, grandohancelier de France; Christophe de Harcourt, Gillebert, seigneur de la Fayette, maréchal de France ; maître Adam de Cambrai , premier prérident au parlement, mattre Jean "Tudart ; doyen de Paris , conseiller et maître des requêtes de l'bôtel du roi; Guillaume Charretier, Etienne Moreau, aussi les conseillers Jean Ghastignier et Robert Marliére, secrétaires de' mon dit seigneur le roi et tous ses unbassadeurs ; et] de la part mon très dier seigneur et cousin le roi d'Angleterre, y sont venus très trèvérend père en Dieu le cardinal de Yincestre, l'archevêque d'ïork, nos aimés cousins les comtes de Hutingdon et de Suffisrt, nos révérends pères en Dieu les évèques de Norrovich, de Saint-David et de Lisieux, et idusieurs autres gens d'église et ambassadeurs de mon très cher frère et cousin le roi d'Angleterre ; et aussi y sommes venu et comparu en notre personne , accompagné de plurieurs de notre «tng et autres , nos féaux et sujets en grand nombre ; à laquelle journée et convention, de par notre saint père, ait été envoyé très révérend père en Dieu notre très cher et spécial ami le cardinal de Sainte- Croix, atout bon et suffisant pouvoir de notre saint père; et de par le saint concile de Bàle semblablement aient été envoyés et soient venus très révérend père en DÎen notre très cher et très aimé oousib lé cardinal de Chypre, très révérends pères en Dieu les évèques de Vérone, d'Albigne; NLccrfas Prévôt et Calconie Huobe , archidiacre de Mets en Lorraine , ambassadeur d'icehii concile , et ayant pouvoir 'suffisant sur ce du dit concile ; par-devant lesquels cardinaux, légats et mh» bMsadeurs de notre saint père et du saiat concile sont venus et comparus les dits ambassadeurs de France, d'une part, et ceux d'Angleterre, d'autre, et nous aussi eu noire personne, toutes les fris qu'il a été besoin ; et par iceux ambassadeurs aient été faites plusieurs ouvertures et oblations d'un cMé et d'autre; et combien que finaUemeat, 4e la
CHRONIQUES D'ENGlîERRAND DE MONSTRELET.
fl435]
part de monseigoeur le roi , par les dils ambassadeurs aient été Taites aax gens et ambassadeurs d'Angleterre grandes et notables offres, afin de parvenir à la dite paix générale , lesquelles, comme il semble aux dits cardinaux, autres légats et ambassadeurs de notre dit saint père et du concile, être Justes et raisonnables, et ne les pouvoient ou dévoient raisonnablement refuser les dits ambassadeurs d'Angleterre; et que les dits cardinaux de Sainte- Croix , de Chypre et autres ambassadeurs du saint concile eussent prié et requis à iceux ambassadeurs d'Angleterre de les accepter, en leur disant et remontrant qu'autrement et au cas qu'ils ne voudroient entendre & l'effet de la dite paix générale, ils avoient charge et commandement de notre saint père le pape et du concile de nous exhorter, requérir et sommer d'entendre , avec mon dit seigneur le roi , à paix particulière et réunion avec lui , en tant que toucher nous pouvoit : toutefois les dits ambassadeurs d'Angleterre n'ont voulu accepter les dites offres & eux faites , mais se sont départis de notre ville d'Arras sans aucune «'inclusion et sans vouloir prendre ni accepter jour certain ni compétent de retourner ; pour quoi après Teur parlement par les dits cardinaux, légats et ambassadeurs de notre dit saint père et du concile ayons été exhortés , requis et sommés de vouloir entendre par effet à la dite paix particulière et réunion avec mon dit seigneur le roi , moyennant que, par le cas de la mort de feu notre cher seigneur et père, que Dieu pardoint ! et pour notre intérêt en cette partie nous seroient , par mon dit seigneur le roi et par ses ambassadeurs dessus nommés à ce suffisamment fondés par lui et en son nom, foites offres raisonnables afin de satisfaction , récompeasation et autrement , qu'en devrions être contents -, lesquelles offres faites par les dits ambassadeurs de mon dit seigneur le roi aient été baillées par écrit en un rôle de papier aux dits cardinaux et ambassadeurs de notre dit saint père et du concile et par eux à nous présenté ; duquel rôle la teneur s'ensuit t
« Ce sont les offres que nous, Charles, duc de Bourbon et d'Auvergne, Artus , comte de Richemont , connétable de France ; Louis de Bouri)on , comte de Yendôme ; Regnault de
Chartres, archevêque et duc de Rheims, grand-chancelier de France ; Gillebert , seigneur de la Fayette, maréchal de' France: Adam 'de Cambrai, président en parlement; Jean Tudart, doyen de Paris, conseiller et maître des requêtes de l'hôtel du roi ; Guillaume Charretier et Etienne Moreau, conseillers ; Jean Chastinier et Robert Malière , secrétaires, et tous ambassadeurs de Charles, roi de France, notre souverain seigneur, étant présentement en la ville d'Arras, faisons, pour et au nom du dit roi , à monseigneur le duc de Bourgogne et de Brabant, pour son intérêt et querelle qu'il a et peut avoir à rencontre du roi , tant à la cause de la mort de feu monseigneur le duc Jean de Bourgogne, son père, comme autrement, afin de parvenir à traité de paix et concorde : premièrement, que le roi dira ou> par ses gens notables suffisamment fondés fera dire & mon dit seigneur le duc de Bourgogne que la mort de feu mooseigueur le duc Jean , son père , que Dieu «d>sotve! fut iniquement et mauvaisement faite par ceux qui perpétrèrent le dit cas et par mauvais conseil, et lui en a toujours dé|du et à présent déplaît de tout son cœur ; et que s'il eût su le dit cas et eût tel Age et entendement qu'il a de présent , il y eût obvié à son pouvoir; mais il y étoit bien Jeune et avoit poor lors petite connoissance, et ne fut point si avisé que d'y pourvoir. Et priera à mon dit seigneur de Bourgogne que toute haine et rancune qu'il peut'avoir à rencontre de lui à cause de ce il ôte de son cœur, et qu'entre eux ait bonne paix et amour, et se fera de ce expresse mention es lettres qui seront faites de l'accord et traité d'eux .
» Item, que tous ceux qui perpétrèrent le dit mauvais cas ou furent consentants , le roi les abandonnera et fera toutes les diligences i lui possibles de les faire prendre et appréhender, quelque part qu'ils pourroientèlre trouvés , pour être punis en corps et ea biens ; et si appréhendés ne peuvent être, il les bannira & tcw^ours et «ans rappel hors du royaume et du Dauphiné, avec confiscation de tous leurs biens, et seront hors de tous traités.
» lUm, ne souffrira le roi aucuns d'eux être reçus ou favorisés en aucun lieu de son obéissance et puissance, et fera crier et puUiorpar tous les lieux des royaumes et Dauphiné ao-