LIVRE SECOND
se cowaaepcètinl à apercevoir Iw Aofloif qu«t mouU avoiept perdu çn ee que le duc de Bourgogne étoit d'eux déjoinl et rallié avecque h» Fraocoiv- Si rçneonuoencèrenl à avoir en grand' baiw> lui et le« viens, et en plut grand' indignation que leur» anciens ennemis.
CHAPITBB CXCV.
CMnoMt le roi Henri ifAiiiiieUrre ea?oyi ut leUre* i ceux du payt de HolUnde, ^r >ei «Unire de h pwtie, et U copie des dites ieltrei.
fin cet an, iienri de Lancastre, roi d'An^ terre, envoya des lettres scellées de son scel aux |)ourgeois, maîtres et éebevins, conseillers et communautés de la ville de Céricée , afin d'ieeux attraire et entretenir de sa partie contre le due de Bourgogne, desquelles la teneur s'ensuit :
« Hmri, par la graee de Dieu, roi d'Angleterre, seigneur d'Irlande, à nos très cbers et grands amis les bourguemestres et éebevins , eonseillers et communautés de la >iUe de Céricée , salut et continuation de vrai amour et affection. Très chers et grands amis, quanles et quel repos apporte le fruit de naturel amour aux royaumes, seigneuries et personnes qui, par longue conlinualiou, sont conrédérées et alliées ensemble , leurs faits et leurs besognes le démontrent assez , comme bien en avez eu l'expérience. Et nous, remémorant en notre pensée les douces amitiés et confédérations qui de grand' ancienneté ont été continaées entre nos nobles progéniteurs, ses royaqmes et pays, elles princes qui au temps passé ont eu seigneurie en Hollande, Zélande «t Frise , moyennant laquelle amitié, bonne paix et union, tranquillité, sûreté de marchandise, amoureuse continuation, profitable conservation de loyauté et de foi, ont été gardées d'un côté et d'autre au reboutement de toutes divi-* sions, haines, débats et envies, qui sont toujours occasion de pertuiiwr et pervertir toute bonne police et sûreté humaine, désirant pour ce, de kxtt notre ccenr, icelles être coatbuéesj et en suivant les traces de nos prédécesseurs, qui, tant par U^ag&et aflOnité de sang comme par loyale confédération et alliance qu'ils ont eue avec les dessus dits princes du pays de Zélande, ont été eoetinoés en si grand amour les uns avecqoe les autres, comme de prendre et porter par les dessus dits princes notre
honorable ordre de la Jarretière, avecque empereurs, rois et autres princes et seigneurs, icelui ordre portants pour notre amour, avons pris juste occasion de vous écrire présentement l'affection que nous avons d'entretenir et continuer les dites confédérations et amitiés . qui piéça ont eu commencement, comme dit est. A quoi, de notre part, avons et sommes bien enclins [et disposés, estimant que quelconque nouvelle confédération n'est à préférer à ancienneté, comme chose plus honorable et profitable à entretenir.
H Mais toutefois , pource que franchement, sous ombre et couleur de terme de paix , aucunes nouvelletés et mutations ont été faites en notre royaume de France, au grand préjudice de nous et notre état, honneur et seigneurie, en enfreignant la paix générale de nos deux royaumes, tant fidèlement faite, pro* mise et jurée par feus, de très noble mémoire, nos très chers seigneurs père et aïeul les rois Henri et Charles, dernièrement trépassés, auxquds Dieu pardoint! et les plus grands de leur sang et lignage, et états des dits royaumes, comme tenons vous avoir en mémoire ; en laquelle cause plusieurs rumeurs et nouvelles courent en divers lieux, comme on dit, qu'aucuns pays se disposent en romptures de confédérations et alliances que nous avons eues avec eux, desquelles n'entendons, ni cause n'avons d'entendre ni imaginer que soient. Néanmoins, pour votre consolation et avertissement , nous voudrions bien savoir en cette matière votre bonne volonté , pareillement que vous faisons savoir la nôtre. Et pour ce, , nous vous prions très affectueusement, et de cœur TOUS faisons savoir notre inclination et désir pour l'entretènement de bonne amitié d'entre nos sujets et vous; semblablement , nous veuillez de votre intention sur ces choses pleinement et entièrement rendre certaines réponses par le porteur de cestes, qu'envoyons par^evers vous pour ceste cause, ou par autres de vos messagers, si les voulez envoyer pardevers nous, en nous certifiant au surplus de toutes choses honorables et agréables à vous; et nous y ferons entendre très volontiers et de bon cœur.
f Très chers et grands amis, le Saint-Esprit vous ait en sa sainte garde.
CHRONIQUES D'ENGUERRAND DE MONSTRELET
«Donné, sous notre scel privé, en notre palais de Westmoulier, le qualorziëme jour de décembre l'an de grâce mil quatre cent trentecinq et de notre règne le quatorzième. »
Et la subscription étoit :
» A nos très chers et grands amis les bourguemestres, échevins, conseillers et communautés de la ville de Céricée. »
Lesquelles lettres reçues par les dessus dits, sans faire réponse au messager qui les apporta, sinon qu'ils se conseilleroient sur le contenu d'iceUes, les envoyèrent devers le duc de Bourgogne et son conseil ; lequel fut très mal content des manières qu'iccuK Anglois lenoient vers lui et ses pays, tant en ce comme en autres besognes.