‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 663 sur 761 · CHAPITRE CCVn · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCVn

CooMDenl HuD>rh>f, duc de Glocetire, irrira 1 Calib «toat grand nombre de geni d'armes, et «ntra en Flandre el ea Artois, et es autres pajs du duc de Bourgogne, oïl il fit moult de dommages.

Après que le duc de Bourgogne et les Flamands se furent délogés de devant Calais , si comme dit est ailleurs, arriva dedans brefs jours après ensuivant le duc de Glocestre au havre de la dessus dite ville de Calais , atout dix mille combattants anglois ou environ ; et vènoient en intention de combattre le dît duc de Bourgogne et toute sa puissance, s'ils l'eussent trouvé. Et pour tant qu'il étoit parti, se mit à chemin pour aller vers Gravelines, el de là se lira en Flandre el passa par plusieurs gros villages , comme Poperingbe , Bailleul el plusieurs autres; lesquels il désola par feu, et plusieurs faubourgs de villes, dont partout ne trouvoit guère de défense; mais tout le monde s'enfuyoit devant lui, et nuls Flamands ou peu ne l'osoient attendre. Et envoya grand' proie de bétail et d'autres biens; si y firent de moult grands dommages sans perdre de leurs gens , ou bien peu ; mais ils endurèrent grand' faim par faute de pain. Si passèrent le Neuf-Ch&tel, et ardirent Rimesturc et Yalon-Chapelle , et puis entrèrent en Artois , et allèrent à Arques et Blandesques, là où Ils firent des escarmouches; mais ils boutèrent les feux par. tous les lieux où ils purent advenir. Et passèrent par emprès la justice de Saint-Omer , et partout en ces villages à l'environ ils firent moult de dommages; et descendirent autour de Tournehen, Esprelecques et Bredenarde, là où ils firent escarmouches des capitaines des châteaux à l'environ. Et Cawarl et autres compagnons de Langle y furent blessés, qui par force en reboutérent hors de leurs villages et d'autres de leurs châteaux. Donc ils furent en icelles marches et autour d'Ardre plus reboutés ; et y eut plus de gens blessés que par tout Flandre où ils avoicnt été. Et se retrahirenl vers Guines et Calais , pource que plusieurs de leurs gens prirent maladies par nécessité

de pain, dont ils n'avoienl point à leur plaisir, dont aucunes {tonnes femmes qui leur en donnoient sauvèrent leurs maisons , et aussi gagnèrent en aucuns lieux de bon bétail en grand nombre, [qu'ils amenoient de Flandre, dont les conduiseurs n'en pouvoient point bien venir à chef de les conduire , pource qu'en aucuns lieux ne trouvoient point d'eau pour les abreuver, dont elles s'espartoient ; et ceux qui pensoient à leur retourner étoient surpris souventes fois de leurs adversaires, quand ils s'éloignoient trop de l'avant-garde et de la bataille. Et en ce temps, messire Thomas Kiriel et le seigneur de Fauquemberg assemblèrent au Neuf-Châtel d'Incourl environ mille combattants, lesquels ils menèrent passer la rivière de Somme à la Blanche-Tache, et allèrent loger à Forest-Moustier; et de là alla à Broyé sur la rivière d'Authie, où ils furent quatre jours; et prirent le chàtel d'assaut, qui n'étoit point gramment fort ni de grand' valeur, et appartcnoit au vidamc d'Amiens. Si y furent morts une partie des défendeurs el cinq ou six des assaillants. Pour la prise duquel lé pays fut en grand effroi, doutant que les Anglois ne se voulsissent là loger ; car , pour ce temps, y avoit bien petite provision quant i la garde du pjys ; mais les Anglois avoicnt trouvé en icellc ville et en plusieurs autres qu'ils avoient courues et prises des biens très largement et grand' foison de prisonniers j atout lesquels ils s'en retournèrent au dit passage de la Blanche-Tache, par où ils ëtoieni venus, et de là en leurs garnisons,' sans faire perte de leurs gens qui fasse à écrire ; et firent pour icelui voyage de grands dommages au pays de leurs ennemis et adversaires.

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