‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 684 sur 761 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

atroir à tmvrer et gagner par lei ViUet. Et n en ce les écbeTins et babilaott de 0«iid ne touloient fkire assit teaee, qu'entre eux fèvres le fefoieat d'eux-mÊmes^ moyennant l'aide de ceux de leur alliance. SI aatreoient ne se T0«^ loient départir de leurs armes. Si étoil ftTre le doyen des métiers pour le temps de lors, le« quel éloit appelé Pierre Hemubloo. .Lesquelles ehoses les èolievias remontrèrent aux bour~ geois et attK doyens des tisserands et des autres métiers de Gand, en la plaee à ce ordonnée, en l'hôtel de la tille, alla que sur ce ils eussent avis chacun aYec ceux de son métier, et oe qu'ils trouveroient en conseil ils l'apportassent le lendemain à la loi. Et adono chacun métier fut sur ce » eongrégation es lieux accoutumés en tel cas. Si revinrent les dessus dits doyens faire leurs rapports à la loi le neuvième Jour d'octobre; et après plusieurs interrogations, concordèrent aux fèvres leurs dites requêtes, pource qu'il leur convenoit ainsi faire, par limportuoité d'eux et de leurs alliés, dont toutefois grand murmure fut des plus notables, pource qu'en oe temps ceux de la ville de Bruges traitoient de paix, en la ville de liOe, aux députés du duc de Bourgogne, leur seigneur, le où ceux de Gand même avoient envoyé cer^ tains ambassadeurs. Sidoutoient plusieurs que les menues gens ne voulsissent appliquer à eux les biens des riches.

Tantôt les fèvres atout leur bannière allèrent sur le marché au blé; et tantôt incontinent vinrent avec eux lus parmontiers, les vendeurs de vieilles robes, et bientôt après tous les autres métiers. Après y vinrent les vingt-sept iMnnières de tisserands, et puis le bailli avec la loi et la bannière de Flandre et de la ville , et avec eux la bourgeoisie ; et tant qu'il y eut en nombre quatre-vingt-deux btumières.

Tantôt après se départirent ceux de la loi, et après eux toutes les autres bannières, par la manière accoutumée et l'ordonnance coutomiére. Si s'en allèrent au marché des Vendredis, devant l'hôtel des Remontrances, où ils demeurèrent toute icelle nuit Jusqu'au lendemain, que les dessus dits fèvres et les autres de leur opinion vôoloient aller aux champs. Mais la bourgeoisie et la plus saine partie de tisserands désiroient de laisser icelle armée, pource qu'ils D'avoient point volonté do guerroyer, mais

éloiantd'opinlMooiitrairet tiétoienteodianee d'eux discorder et entre4)ailre. Lors les fèvres se retrahirent de l'autre côté du marché, et se séparèrent des autres, disant que ceux venissent qui suivre les vmidroient) dont plusieurs se mirent avec eax de leur côté ; et après, tous les autres se départirent par bonne ordonnance et allèrent à Méreoquerque, qni est le ehemin de Bruges, loger en tentes et en pavillons. Si étoient en ce temps phisieurs apauvris; et par oe étoient émus et riotcnx, tant pour la perte de la monnoie nouvelle de l'an trente-trois et del'abaistement des vieilles monnoies, comme pour ce qu'ils avoient moult frayé en (ailles au voyage de Calais ; et aussi ils n'avoiant point de laines d'Angleterre ; par quoi plusieurs no savoient à quoi employa* leur temps pour ga^ gner leur pauvre vie, et en spécial ceux d'Ypres, qui étoient accoutumés de draper de ces laines d'Angleterre, et plusieurs autres.

Et d'autre part, le firoment et tous autres Ués étoient moult ohers ; et si n'y uu)il-on ni ne trouvoient mar^andises en Flandre pour la «anse de la guerre de ceux de Bruges. Par quoi les biens cessoiont à venir au dit pays de Flan> dre. Car ceux de rficldse avoient flché piliers au fleuve de la Liève, si que les marchandises ne pouvoient entrer au pays ; et les riches gardoieat le mieux qu'ils pouvoient œ qu'ils avoient de chevanoe, pource qu'ils véoient que ces gens de labeur se vouloient maintenir d'eux armer et apprendre à vivre de rapine, et que aucuns ne se pouvoient remettreileurs labeurs, et les riches ne vouloient rien mettre dehors, pource qu'ils se doutoient de guerre avoir tous 1rs jours, tant d'un côté que d'autre,

Après ce, les dessus dits Gantois mandèrent ceux des villes et villages de leur chAlellenie qu'ils vinssent incontinent devers eux en armes, en tel nombre qu'ils étoient quand ils furent au voyage de Calais. Lequel mandement les échevins montrèrent au commun et habitants, pour eux sur ce conseiller ensemble ; et pource qu'ils ne le faisoient mie vdonliers, allèrent aucuns devers les échevias de Gand, pour avoir délai et qu'ils pussent passer à moins de nombre i mais adono leur comman* dèrent les échevins de Gand qu'ils obéissent.

Ce temps pendant, les dits Gantois élurent un capitaine Agé d'en vifoo trente ont, nommé

CHRONIQUES D'ENGOERRAND DE MONSTRELET

Basse Ouren, bourgeois de Gand, auquel (M^ donnèrent douze conseillers qui oncque& n'avoient été en la loi de la dite ville. Et de ces douze, en y eut quatre de la bourgeoisie, qoatrc des tisserands et quatre des mélio^ ; lequel capitaine ainsi élu ne vouloit entreprendre le dit office.

Item, le nenrième Jour d'octobre avoil été publié en l'bôtel des échevins que tous les bourgeois forains vinssent en la dite ville de Gand, sur peine de corps et de biens, dedans trois Jours, tdtement habiUés ea armes oomme ils Youdroient garder leurs corps. Donc en ce dit terme plusieurs y comparurent; et aucuns autres s'envoyèrent excuser, disants que ils avoient loyale essoine par quoi ils ne pouvoient venir; et firent traité que ils paieroient aucune pécune pour être excusés. Et pourra qu'm ne donnât charge ni àbesogner & ceux qui y étoient venus, quand ils eurent séjourné trois jours ou environ en la dite ville, ils s'en partirent allant en leurs besognes. Par quoi, le vingt-septième Jour du dit mois d'ocudtre, Airent mandés, sur peine de perdre leur bourgeoise et de payer issue. Ce dit Jour furent pris huit hommes, soudoyers de l'Ecluse, lesquels, sous ombre de guerroyer ceux de Bruges, dërobeient le pays. Et les prirent ceux de Saint-Laurentau-Bloc; car il avoit été crié et publié que chacun prit et men&l devers la Justice tous dérobeurs qu'on pourroit trouver, si on les prenoit vifis ; et si on ne les pouvoit prendre, qu'on les tuflt etmtt & mort. Lesquels les désarmèrent, et retinrent icelles armures avec leurs vêtements ; si les emmenèrent en leurs pourpoints à Merenquerque en l'ost de Gand^où le lendemain, parle jugement des éclievins, eurent les hAlereaux coupés; été la prière du souverain doyen, furent leurs corps donnés aux augustins, qui les ensevelirent. Depuis Airent quatre hommes boutés hors de l'ost de Gand pour cause de pillage par eux fait par ceux des villages.

Le dit Basse, qui fut élu capitaine , alla devers le duc de Bourgogne à Ârras, pour quérir sa commission, si son plaisir étoit qu'il fût capitaine , et laissa trois lieutenants à Gand de trois membres de la ville : un de la bourgeoisie, nommé Jean L'Estauble ; des métiers, un nommé Jean Cacielle, et un des tisserands, nommé Jean de Sterqoe. Le lundi quatrième Jour du

mois de novembre, revint Basse dessus dit atoutia commission d'ieelni duc de Boulogne d'être capitaine des dits Gantois ; et comme il en eut fait le serment en la viUe de Lille, devant les seigorars du dit conseil, semblablement jura en l'ost, devant le bailli et écbevios de Gand, d'être bon et loyal au {urioce, k garder ses droits et seigneuries, et les privil^esde la ville, mettre paix endroit et justice, et tenir k peuple en paix et union ; et pareillement jurèrent les douze oonseillws. Le cinquième jour du dit mois de novenriMre, Basse le capitaine atout deux personnes de chacune bannière, avecque ceux de la loi, vint de Merenquerque à Gand, i la requête de ceux qui avoient pour ce pris armes. Si prit plusi«irs personnes qui avoient été des principaux gouverneurs de la dite ville de Gand, c'est h savoir Louis deHdIe, qui avoit été premier échevin ; Liévin Le Jagre, qui plusieurs fbis avoit été échevin et trésorier ; Gilles Le Clerc, avocat ; Jean L'Apothicaire, qui avoit été trésorier et échevin de Gand ; Jean deGrauUM, qui avoit été échevin. et Jacques La Jachère, qui avoit été souverain doyen des métiers. Et furent ensemble prisonniers en la maison du prince. Et encore eussent-ils pris des autres ; mais ils s'éloient absentés; et aussi les appeloit-on mangeurs de foie.

Si fit le dit capitaine publier que tous ceux qui avoient été en loi en la ville de Gand, depuis dix ans, qu'ils vinssent en l'ost. Lors étoit grandement accru l'ost de Gand-iez-Moenquerque , car ceux de leur cbfttellenie ètment venus éloffément, excepté ceux de Oourlrai ; et sembloit une grande bonne ville de leurs (entes et pavillons qu'on y véoit. Si prirent leurs armes derechef, le sixième Jour de novembre; et vouloient aller à Gand quérir les prisonniers de la ville, pour iceux être en leur compagnie ; mais le capitaine les refreignit et dit qu'il avoit été ordonné qu'on les laisseroiten prise» Jusqu'à ce que l'ost seroit retourne en la vitt», et que lors on feroit droit et loi selon ce qu'on trouveroit par une générale inquisition par toute la comté de Flandre. Si eût volontiers va icelui capitaine que le dit osl se fût appelissè, disant qu'il mettroit bien la paix en droit et en justice atout la quarte partie d'icelui ost; mais ceux de l'ost ne se vouloient nullement dépar-

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