‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 686 sur 761 · CHAPITRE CCXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCXXV

Comment U trallé $e Dt entre le duc de Botugogot et eeax de la ville de Bruges.

Entre-temps que toutes les besognes dessus dites se faisoient , les devant dits Brugelins , qui bien véoient, comme dit est ailleurs ci-devant, qu'à demeurer longuement m l'indignar tion de leur prince étoit totalement à la destruction d'eux et de leur ville , si commencèrent fort à continuer quérir les moyens à aToir traité avec lui. Lequel traité enfin ils trouvèrent; et se soumirent du tout à leur prince dçssus dit, «veo ceux de son conseil, par cer-

UVRE SECOND

Uines conditioM déclarées entre icelles par> ties. Duquel traité, au moins aucuns desprinoîpaax points prononcés à Arras, le quatrième jour de mars, présent le dessus dit duc et son conseil, et très grand nombre d'autres gens, la teneur s'ensuit :

« Premier, M, ordonné qu'à la première fois que le duc iroit à Bruges, viendrdent audevant de lui Tingt personnes arecque ceux de la loi, sans chaperons, nd-pieds et décbaus' ses, une lieue hors la dite ville. Et eux venus en sa présence, se meltroient à genoux , en lui requérant pardon et lui prierolent qu'il lui plût venir en iceUe ville.

» Item, que la porte de la Bourerie seroit eonvertie en une chapelle, où on célébreroit diacan Jour les sept heures canoniaux.

» Item, que dorénavant à toujours, quand mon dit seigneur et ses successeurs, comtes et comtesses de Flandre, viendroient à Bruges, icenx de Bruges viendroient hors de la dite ville, portant les clés de toutes les portes , en perpétuelle mémoire d'obéissance.

» Item, que chacun an, le iour de leurs mesdits , ils feront en l'église de Saint -Donat chanter une messe solennelle à diacre et à sousdiacre , où ils feront être vingt et quatre personnes , chacun tenant une torche ardente , tant que la messe durera , d'une livre de cire chacune torche , et à chacun quatre gros.

» Item, qu'au bout de la Liève on fera une belle croix.

» Item, que les biens des bft tards ne seront plus affranchis à la mort, mais seront confisqués au prmce.

» Item , que ceux de Bruges quitteront et rachèteront à mon dit seigneur les rentes viagères , en quoi ces domaines sont tenus et obligés.

» Item, que ceux de Bruges n'auront phis de connoissance sur ceux de l'Écluse : c'est ft savoir que ceux de Bruges ne seront leur cheflieu ; et ne les suivront plus ceux de l'Écluse en l'ost ni autrement; et n'auront à faire avec eux , lors seulement en ce qui louche la marchandise.

» Item, qu'aux métiers qu'on fait à recluse, dont longuement a été question entre les deux villes, iceux de Bruges n'en auront plus nulle connoissance..

» Item, que eeux de Bruges ne pourront faire nulle armée, sur la forfaiture de corps et de biens.

» Item , quiconque feroit cesser les métiers, quand armes et dissensions se nattroient, encourroit moult grièves peines contenues en la principale sentence.

nitem, sont réservées à mon dit seigneur aucunes personnes A être en sa volonté de eeux de Bruges et de ceux qui sont devenus bourgeois durant la dissension.

» Item, donneront et paieront ceux de firù' ges A mon dit seigneur deux cents mille riddes d'or.

» Item . ceux de la loi et antres dénommés de Bruges iront dedans huit Jours hors de la ville à rencontre d'aucuns députés qui y seront envoyés de par le dit duc, et les recevront en grand' obédience.

» Item , que nul ne sera plus bourgeois fo« rain d'icelle ville , s'il n'y demeure par trois fois quarante Jours.

» Item, Alt ordonné que le fils du seigneur de rik-Adam auroit , pour la mort de son père , dix mille éci» , avec aucunes amendes honorables ; et pareillement amenderoient la mort du fèvre à sa femme et & ses amis, lequel fèvre avoit été écartelé pource qu'il avoit baillé les marteaux pour ouvrir la porte. ••

Avec lesquelles amendises en y avoit de plusieurs autres, mises par écrit au principal traité, desquelles , pour cause de brièveté , je me tais d'en faire récitation ni mention. A laquelle sentence prononcer et ouïr, étoient présents à genoux devant leur prince; en son hôtel dedans Arras, plusieurs notables personnes, et jusqu'au nombre de vingtetquatre A ce commis et députés de par la viUe de Bruges; leaquels furent moult troublés pour la lecture et longueur d'icelle sentence; et tant qu'enfin le duc, ce voyant, par pitié ordonna qu'on les fit seoir pour être plus à leur aise. Et tontes ces besognes parfaites et accomplies , et que les dessus dits députés (tarent retournés en la ville de Bruges, assemblèrent le peuple en très grand nombre et multitude, et montrèrent la copie de la sentence , laquelle , pour le grand désir qu'ils avoîent pour retourner A la grâce du prince, leur naturel seigneur, fut A la plus grand' partie assez agréable. £t à aucuns aur

CHRONIQUES D'ENGUERRAND DE MONSTRELET

Ires gens de petit état, qui aroient eu gooveraement durant les tribulations , ne fut point plaisant ; et eussent volontiers derechef, par leurs paroles séditieuses, ému le peuple contre les puissants ; ce que faire ne pouvoient , car ils doutoient grandement, après icelle paix, être punis de leurs outrages et démérites ; et comme ils doutoient leur advint. £t dedans bref temps ensuivantfurent pris Jusqu'au nombre de douze ou environ des principaux qui avoient soutenu et entretenu toutes les rigueurs dont dessus est faite mention, lesquels eurent les hàtereaux coupés; et si en y eut plusieurs bannis qui se rendirent fugitifs.

Et fut faite cette justice à la venue du damoiseau de Ciëves , neveu du duc de Bourgogne, qui, de par lui, avec aucuns de son conseil , fut commis d'aller recevoir les dites amcndises , selon le contenu du traité fait et passé à Arras. El par avant avoient été envoyés devers le dit duc, en la ville d'Arras , soixante-trois hommes , lesquels avoient été pris en la ville de Bruges quand le dit duc en fut débouté ; et à leur département de Bruges leur fut délivré à chacun une robe de vair, aux dépens de la dessus dite ville.

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