LIVRE PREMIER
ftrier ne sera jà louée ; mais non pour quant Je ne Youdrots pas que par semblables fictions colorées, ce qui a été dit et prononcé et promis par TOUS, on dtt que vous l'ayez baillé par paroles sans nul effet , je vous prie , tant chèrement et si à oertes comme Je puis , que vous me veuillez accomplir mesVites armes, ainsi comme «lies sont en mes dites lettres devisées, et que j'en ai grand désir et espoir. Et ne veuil-
' let autrement le temps tenir en paroles, car Je oe doute pas que en Angleterre n'ait plusieurs cbevaliers qui piéçà m'eussent délivré de ma peine, si par vous n'eût été la chose entreprise; et sur ce, ne Vous excusez plus par vos lettres que vous dites avoir à moi envoyées , car j'en suis tout sans couipe, comme ci-dessns est dit.
» Si sais prêt, sachez de vrai, de soutenir et garder mon honneur , et qu'il n'y a nulle chose ci-dessus écrite de ma part contre vérité, qui du contraire me voudroit charger. Et peur ce que je ne voodrois pas être si importun, qoe Je dusse le lieu et la place proprement èKre sans vous le faire savoir, j'offre , si vous voulez , aller devant le très haut et très excellent prince et mon souverain lige seigneur le roi d'Aragon, ou devant les rois d'Espagne, de Portugal ou de Navarre. Et si nuls d'iceux princes ne voulez élire, pour plus être près de voire repaire, et pour non éloigner de vos mardies et de madame la vôtre, à laquelle de mon pouvoir Je voudrois complaire. Je suis prêt
^ d'aller à Boulogne et que vous venez i Cafois ; et U où le capitaine de Calais de votre part , et le capitaine de Boulogne de ma part , et au jour que ces deux diront et voudront élire, je suis {Hét et appareillé d'y aller, et vous accomplir les dites armes, ainsi qu'elles sont en mes
, dites litres comprises , à l'aide de Dieu et de Notre-Dame , de monseigneur saint Michel et de monseigneur saint George. Et nonobstant qne je suis si lointain de mon pays. J'attendrai votre réponse jusqu'à la fin du mois d'août prochain venant: et tandis, pour l'honneur de Toos , Je ne porterai pas le tronçon de grève , comUen que plusieurs m'aient enhorté du contraire. Lequel terme passé , si Je n'ai de ions or nouvelles , Je porterai ledit tronçon de grève, et reraî aller poursuivre mes dites premières lettres par votre royaume , partout où
bon nous semblera , tant que J'aie trouvé qui me délivre de ma peine. Et afin que vous ajoutiez plus grande foi aux choses dessus dites. J'ai mis à ces présentes lettres le scel de mes armes, et icelles signées de mon seing manuel, et parties par A, B, C. Lesquelles furent faites et écrites à Paris, le quatrième Jour de septembre l'an 1401. »
S'ensuit la tierce lettre de l'écuyer d'Aragon, envoyée au chevalier angjois :
« Au nom de la sainte Trinité, de la benoi(e vierge Marie, de monseigneur saint Michel l'ange , et de monseigneur saint George , qui me Jette & mon honneur, Je , Michel d'Oris , écuyer, natif du royaume d'Aragon , fais à savoir à tous chevaliers anglois que, pour exhausser mon nom et mon honneur, et quérant armes à faire , j'ai su et sais certainement qu'il y a noble chevalerie es parties d'Angleterre, et désirant d'avoir votre accointance et d'apprendre de vous les tours et faits d'armes, vous requiers, pour l'ordre de la chevalerie et pour rien que plus aimez , que vous me veuillez délivrer des armes qui ci-après s'ensuivent :
» Premièrement, d'entrer en la place à » pied, etc., » et tout ainsi qu'il est contenu es premières lettres universelles, excepté qu'il avoît écrit en la fin ainsi :
>> Et m'offre, pour abréger mon fait et pour mieux montrer ma bonne volonté et souveraine diligence , d'être par devant votre juge à Calais dedans deux mois, après ce que J'aurai reçu votre réponse scellée du scel de vos armes, si Dieu me garde d'essoines; et dedans iceux deux mois je vous enverrai les dits deux chapeaux et deux selles, et la mesure de tous les bftlons dessus dits. Et je prie A celui qui , par sa bonne volonté, me voudra délivrer, que brief j'aie sa bonne et honorable réponse , si comme j'ai espoir de l'avoir des nobles dessus dits : toutefois, envoyez-moi sauf-conduit bon et sûr pour toutes choses qui contre moi et ma compagnie pourroient venir, jusqu'au nombre de trente-cinq chevaux ; et que J'aie votre réponse par Longueville, porteur do cestes ; et pour y ajouter plus grand' foi et fermeté, j'ai signé ces lettres de mon seing manuel et scellé du scel de mes armes. Lesquelles furent faites A Paris le premier Jour de janvier l'an 1402. »
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S'ensuit la quarte lettre de l'écuyer d'Ara> gon:
« En l'honneur de Dieu, père de toutes choses , et de la benoite vierge Marie , sa mère , qui me soit en aide et me veuille par sa grâce adresser et conforter de venir à vraie conclusion de cette œuvre que j'ai emprise ; & tous chevaliers anglois, je, Michel d'Oris, natir du royaume d'Aragon, fais à savoir que n'a guère , c'est à savoir l'an 1400, comme celui qui pour lors voulois être séparé et abstrait de toutes autres cures, ayant en remembrance les très singulières gloires que nos devanciers du temps de jadis reçurent, par les très excellentes prouesses qu'ils firent et montrèrent en exercile d'armes .- lesquels considérant de cœur acquérir aucune nouvelle louange et mérite, et pour moi habileter en aucune chose digne et vertueuse , disposai en mon cœur aucunes armes faire avec aucun chevalier anglois qui délivrer m'en voudroit par sa prouesse. Lesquelles armes accepta noble et honorable homme roessire Jean de Prendregrest, chevalier d'Angleterre, ainsi qu'il peut apparoir par ses lettres ci-après déclarées. £t afin que je puisse venir à conclusion au propos que je tins, j'ai fait incorporer après mes lettres dernières, au dit messire Jean de Prendregrest n'a guère envoyées, toutes lesquelles lettres sur ce faites d'une part et d'autre , sont ici comprises, desquelles la teneur s'ensuit : « A très noble personne, etc. ; » et puis toutes les lettres jusqu'à la tierce lettre du dit écuyer. Lesquelles lettres je fis renvoyer à Calais par Berry, roi d'armes , pour bailler audit messire Jean de Prendregrest. Et pour ce que le dit héraut, en revenant du dit lieu, rapporta lui avoir été dit de par très puissant prince le comte de Sombreseil, capitaine de Calais, que dedans le mois d'août auroit renvoyé réponse des dites lettres k Boulogne, combien qu'il n'ait pas été accompli, toutefois , pour l'honneur du dit seigneur et capitaine de Calais , qui par son humilité s'étoit chargé de renvoyer la réponse à Boulogne, ainsi qu'il fut dit et rapporté dudit roi d'armes par Faulcon, roi d'armes d' Angleterre, ' et aussi pour l'honneur de chevalerie , et afin que par nulle occasion indue ne fût dit au temps à venir que j'aie fait mes poursuites trop importunément, j'ai attendu passer ledit
terme que ma réponse oie devoit Mre envofte, par l'e^œ d'un mois après ; et en après, afin qu'il soit apparent, et chose notoire à un dmcun , de ma grâce et bonne volonté et de mes lettres a vous envoyées, et aussi, à qui k faute et coulpe de cette matière peut toucher , j'ai fait ci-après insérer mes dernières lettres à vous envoyées, desquelles la teneur s'ensuit t « Au nom de la Sainte-Trinité, etc. , » et la tierce lettre de l'écuyer ^ par cette condition que si vous ne me délivrez k cette fois , je n'entends plus à écrire sur cette matière en An^^terre , quant à présent, car je vous sais si mal courtois et si mal gracieux, quand tant de fois avez oui ma requête et bonne volonté, tant par lettres que Aly le poursuivant, à présent appelé LongueviUe le héraut, vous a présentées de par moi par Gra ville au royaume d'Angleterre, en l'an 1401 , comme de mes autres pareilles, à vous présentées par Graville le poursuivant, faisant mention de mes premières lettres générales faites en l'hétel de monseigneur de Gaucourt, à Paris, le douzième jour de mars l'an 1402 : et comme par unes autres lettres k vous envoyées de par nioi, par Berry, roi d'armes, lesquelles a reçues très puissant seigneur, monseigneur de Sombreseil, capitaine de Calais, et aussi par mes autres lettres, écrites à Paris le douzième jour de juin l'an 1402 ; si qu'il vous pourra apparoir par iceUes , et aussi par mes autres lettres, qui furent écrites à Paris le douzième jour de Juin , l'an 1403, lesquelles sont ci-dessus transcrites ; et furent iceUes présentées par LonguevUle le héraut à très puissant prince monseigneur de Sombreseil , capitaine de Calais i & toutes lesquelles lettres je n'ai trouvé nul chevalier qui m'ait envoyé son scellé , selon le contenu d'icelles. £t pourtant , communément pourrois bien dire que nulle amitié ni bonne compagnie je n'ai trouvé en tant de noble chevalerie» comme il y a au royaume d'Angleterre, vu que je suis venu de si lointain pays en approchant votre pays, poursuivant en cette peine par deux ans ou environ ; et m'en faudra aller au royaume dont je suis , sans avoir accointance de vous , comme j'ai eu et ai très grand désir, ainsi qu'il vous peut apparoir et appert par mes dites lettres générales. Et ainsi, si me pars de vous sans nul effet , je vous aurai peu à